Grêmio – Internacional : histoire du Grenal

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Grêmio – Internacional : histoire du Grenal

Le Gre-Nal divise les supporters du Rio Grande do Sul, dans le sud du Brésil. La rivalité a commencé avant même que ne roule le ballon, avec des désaccords entre dirigeants. Et une victoire écrasante 10-0 du déjà expérimenté Grêmio, face au récemment fondé Inter. Chaque rencontre entre les deux équipes est tendue, un Grenal sans confusion n’est pas un Grenal.

Quelques chiffres sur le Grenal

Quand tout a commencé : le 18 juillet 1909, lors de la victoire de Grêmio face à son nouveau rival sur le score de 10 à 0.

Meilleur buteur : Carlitos (Internacional) : 38 buts

Qui a le plus gagné (jusqu’en août 2020) : Internacional – 156 victoires. Grêmio a gagné 135 fois. Il y a eu 135 matchs nuls.

Plus larges victoires : Grêmio 10-0 Internacional, le 18 juillet 1909

  • Grêmio 10-1 Internacional, le 18 juin 1911
  • Internacional 6-0 Grêmio, le 1er novembre 1938
  • Internacional 7-0 Grêmio, le 17 octobre 1948

La naissance du Grenal

Les frères Henrique Poppe Leão, Luiz Madeira Poppe et José Eduardo Poppe ont quitté São Paulo au début du XXe siècle pour se rendre dans la ville de Porto Alegre, qui connaissait une période de modernisation intense, avec des tramways électriques, un éclairage public et un sport en plein développement qui commençait à captiver tout le monde : le football.

Les frères Luiz et José Eduardo voulaient jouer au football, ce sport qu’ils avaient connu à São Paulo, mais c’était alors difficile car les clubs de la ville, Grêmio et Fuss Ball, étaient réservés aux membres. Du coup, ils ont décidé, avec leur frère Henrique de créer leur propre club : le Sport Club Internacional, qui doit justement son nom au fait d’accepter des Brésiliens ainsi que des étrangers, contrairement à l’identification de nombreux clubs de l’époque aux colonies italienne, allemande et portugaise.

18 juillet 1909 : la première rencontre

L'équipe de Grêmio en 1909
L’équipe de Grêmio en 1909

L’Inter voulait disputer son premier match contre l’équipe la plus traditionnelle de la ville : Grêmio. Suite à une réunion, l’organisation d’un match amical a été convenue, mais le tricolor voulait envoyer son équipe réserve pour disputer la rencontre. L’Inter n’a pas accepté, et a exigé que le match se joue face à l’équipe type, et à la date qu’il a choisi. Les tricolores ont été surpris de l’audace des nouveaux venus et ont accepté d’envoyer leur équipe type, mais seulement le 18 juillet, car leur calendrier était rempli.

L’Inter, l’année de sa fondation en 1909 utilisait un maillot à rayures rouge et blanche

Avec moins d’un mois pour préparer ses joueurs, l’Inter a perdu 10-0. Suite à cette debâcle, le Colorado n’a plus joué pendant trois mois, et a presque fermé le club. Mais l’enthousiasme de ses passionnés et la création d’un championnat entre les équipes de la ville ont ravivé la dispute et la volonté de prendre leur revanche sur leur rival.

La première bagarre

Agression de l'arbitre árbitro Luiz Torres lors du clássico de 1977
Agression de l’arbitre árbitro Luiz Torres lors du clássico de 1977

Lors de la deuxième confrontation entre les deux équipes, le tricolor a gagné 5-0 et on a assisté à la première bagarre. Après avoir dribblé toute la défense colorada, le joueur de Grêmio Edgar Booth a reçu un coup de pied du défenseur Volksmann, fatigué de ce « manque de respect », et les joueurs ont commencé à s’échanger des coups. Le match n’a pas été arrêté mais il s’en est fallu de peu. Cela a été la première bagarre dans un Gre-Nal, et cela, dès la seconde rencontre.

Le clássico le plus important du pays ?

Avec les années, le Gre-Nal s’est consolidé comme le clássico le plus chaud, le plus disputé et le plus populaire du football brésilien. Il y a tellement de passion qu’il parvient à surpasser le poids de l’historique Fla-Flu, la monopolisation de la plus grande ville du pays entre Corinthians et Palmeiras et le duel entre l’Atlético et Cruzeiro (clássico mineiro).

Batista et Geraldão lors d'un Grenal dans les années 80
Batista et Geraldão lors d’un Grenal dans les années 80

Aussi électrisants que soient ces duels, aucun d’eux ne peut vaincre la rivalité que l’on retrouve lors d’un Gre-Nal. Luís Fernando Veríssimo, un colorado a bien résumé cette rivalité : « L’Internacional a besoin d’être meilleur que Grêmio, qui doit être meilleur que l’Internacional, qui meurt s’il n’est pas meilleur que Grêmio ».

Deux équipes qui ne cessent de se surpasser

C’est exactement cela. Année après année, si l’un faisait quelque chose ou était champion, l’autre allait l’égaler ou le surpasser. L’histoire du Grêmio a commencé dans l’ancien estádio da Baixada. Celle de l’Inter dans le vieil Eucaliptos, qui a été rénové et a accueilli des matchs de la Coupe du Monde 1950, surpassant alors le stade de son rival. Dans les années 50, Grêmio a construit le stade Olímpico. L’inter a répondu en faisant le Beira-Rio. Ensuite, Grêmio a créé son Arena. Et l’Inter a rénové son Beira-Rio pour qu’il soit plus moderne (et a accueilli des matchs de la Coupe du Monde 2014).

La légende de Lara, mort pour le club

L'équipe de Grêmio avec son gardien Lara
L’équipe de Grêmio avec son gardien Lara

Pour ce qui est des titres, l’Inter a entamé une hégémonie historique dans l’État du Rio Grande do Sul à la fin des années 1930 avec une victoire 6-0 contre Grêmio en 1938. Trois ans plus tôt, le légendaire Gre-Nal du centenaire de la révolution Farroupilha avait lieu. Lors de ce match, le gardien de Grêmio, Lara, a fait de nombreux arrêts et a aidé son équipe à gagner 2-0, avant de quitter le match à la mi-temps. Il est mort deux mois plus tard, créant ainsi la légende selon laquelle « il serait décédé après avoir arrêté un tir violent du rival colorado ».

Une histoire de revanches

En 1948, l’Inter s’est imposé 7-0 contre Grêmio, en pleine Baixada, score le plus large depuis l’arrivée du professionnalisme. En 1954, durant un tournoi d’inauguration de stade Olímpico, l’Inter a gagné 6-2 face à son rival, sans aucune pitié. Mais Grêmio a ensuite pris sa revanche. En 1960, le tricolor s’est imposé 5-1 en plein Eucaliptos, décennie lors de laquelle l’équipe a remporté 7 championnats d’Etat.

Dans les années 70, l’Inter a été 8 fois champion gaúcho, deux fois champion du Brésil (1975-1976) et champion invaincu en 1979, donnant alors au Rio Grande do Sul ses premiers titres de champion du Brésil.

L'Internacional, champion du Brésil 1975, 1976 et 1979
L’Internacional, champion du Brésil 1975, 1976 et 1979

Grêmio a vite répondu à son frère ennemi en remportant le brasileirão en 1981 et en devenant le premier club gaúcho à être champion d’Amérique et du monde, en 1983.

L'équipe de Grêmio, championne d'Amérique et du Monde en 1983
L’équipe de Grêmio, championne d’Amérique et du Monde en 1983

En 1989, l’Inter a remporté le « Gre-Nal du siècle », qui valait une place pour la finale du Championnat du Brésil. Dans les années 90, Grêmio a une nouvelle fois pris le dessus, et a remporté des titres nationaux et internationaux, laissant ainsi son rival derrière lui.

Mais, comme il y a toujours un mais, l’Inter a ensuite pris sa revanche. Le club a remporté sa première Copa Libertadores en 2006, ainsi que le Mondial des clubs cette même année, puis une nouvelle Libertadores en 2010, égalant alors le nombre de trophées dans la compétition que son rival. Jusqu’en 2017, car Grêmio a alors remporté sa troisième Libertadores, et en compte donc actuellement une de plus que son rival.

Une rivalité sans trop d’incidents graves

On compte plus de 100 ans de clássicos, beaucoup de duels électrisants et un point positif : il n’y a jamais d’incidents très grave entre les supporters. Il y a déjà eu beaucoup de bagarres, bien sûr, mais le seul décès connu a été le résultat d’un accident inattendu survenu en mai 1948, lors du Grenal numéro 100, lorsqu’une tribune en bois du stade de Timbaúva a cédé, et qu’un supporter de 17 ans est mort suite à la chute. La rivalité et la haine n’ont jamais été au-delà du terrain, des railleries, des provocations, des discussions des dirigeants des joueurs. C’est peut-être pour cela que le Gre-Nal est aussi grand, dans tous les sens du terme.

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