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Algérie-Egypte 2009 : un des duels les plus explosifs de l’histoire

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Algérie-Egypte 2009 : un des duels les plus explosifs de l'histoire

L’histoire des éliminatoires pour la Coupe du Monde comprend des matchs mémorables et de grands classicos régionaux. La rencontre décisive disputée au Soudan en 2009 entre l’Algérie et l’Egypte, pour définir qui allait se qualifier pour le Mondial en Afrique du Sud en fait partie.

D’où vient la rivalité entre l’Algérie et l’Egypte ?

Tous les ingrédients pour une rencontre explosive étaient présents : un match unique, sur terrain neutre, avec des supporters chauffés à bloc, des générations historiques, et des traces du passé. Tout cela pour un ticket pour disputer la Coupe du Monde. Cette dispute a même engendré des épisodes de violence et des incidents diplomatiques. La victoire des Algériens 1-0 a mis fin à 24 ans d’absence de la compétition et a lancer les Fennecs dans une décennie victorieuse. Mieux encore, elle leur a servi de revanche pour une autre rencontre des Éliminatoires, en 1990, et a empêché qu’une des meilleures équipes de l’histoire des Pharaons, triple championne de la CAN, puisse disputer la Coupe du Monde.

Le match de la haine de 1989

Avant toute chose, il faut rappeler ce qui s’est passé en 1989 entre ces deux rivaux historiques d’Afrique du Nord. À une époque où seuls deux pays représentaient le continent lors de la Coupe du monde, le calendrier a voulu que l’Algérie et l’Egypte s’affrontent lors du dernier tour des qualifications, avec le match aller à Constantine en Algérie et le retour au Caire, en Egypte. Les Algériens comptaient sur leur meilleure génération depuis l’indépendance, qui avait disputé les deux Coupes du Monde précédentes. Les Égyptiens avaient eux aussi une belle équipe, qui avait remporté la CAN en 1986 et voulait retrouver le Mondial après une sécheresse qui durait depuis 1934 et une défaite contre la Hongrie.

Une victoire polémique de l’Egypte

Le match aller qui s’est disputé à Constantine, en Algérie, devant 55 000 spectateurs s’est terminé sur un score nul et vierge, laissant le suspens intact pour le match retour. Plus de 120 000 spectateurs ont rempli le stade international du Caire et vu l’Egypte s’imposer 1-0, au terme d’un match dont on se souviendra pas seulement pour la qualification pour la Coupe du monde en Italie. On s’en souvient comme « le match de la haine ». Le but de la victoire avait été inscrit en tout début de match, par le buteur Hossam Hassan de la tête. Cette action a ensuite provoqué la furie des Algériens à l’encontre de l’arbitre après le coup de sifflet final, qui réclamaient une faute non sifflée sur leur gardien.

De la contestation à la bagarre générale

En 1984, lors du dernier tour de qualification des J.O. de Los Angeles, au Caire, on avait déjà assisté à une bagarre générale. Chose qui s’est répétée ce 17 novembre 1989. Les joueurs algériens étaient tellement révoltés qu’ils ont commencé à jeter les vases des plantes qui étaient autour du terrain contre les tribunes où étaient les Égyptiens. Dans le même temps, un supporter a agressé un joueur des Fennecs après avoir sauté par-dessus la clôture. La bagarre a pris part à plusieurs coins du stade et s’est étendue jusqu’au tunnel, entre les deux équipes.

Et comme si cela ne suffisait pas, les deux équipes ont assisté à une réception après ce duel chaud bouillant. Les esprits se sont alors à nouveau exaltés et une nouvelle bagarre a éclaté, au point de provoquer une blessure grave: le médecin égyptien a été aveuglé d’un œil, après avoir été atteint par une bouteille brisée. La star algérienne, le milieu de terrain Lakhdar Belloumi a été condamné par la justice égyptienne à cinq ans de prison. La carrière internationale de l’un des plus grands joueurs de l’équipe algérienne a ainsi pris fin à ce moment-là. Et il était innocent ! En effet, ce serait le gardien de but des Fennecs qui avait cassé la bouteille.

Pour disputer la Coupe d’Afrique de 1990, qui s’est déroulée en Algérie, les Pharaons ont envoyé leur équipe B par crainte de représailles et ont même menacé de boycotter la compétition.

Des matchs « sans enjeu » lors des éliminatoires de 2002

En 2002, les deux nations se sont retrouvées lors des éliminatoires de la Coupe du Monde, mais le classico n’a pas eu le même poids. L’Égypte et l’Algérie ont fait partie d’un des groupes les plus difficiles de l’histoire des qualif’ avec le Sénégal, le Maroc et la Namibie, pour une seule place qualificative. La victoire 5-2 au Caire a peu servi aux Égyptiens.

Les retrouvailles à Annaba, lors d’un match qui s’est terminé sur un match nul 1-1, étaient déjà sans enjeu, avec la qualification qui se jouait entre le Sénégal et le Maroc. Au final, ce sont les Lions de la Teranga qui ont gagné et se sont qualifiés pour leur première Coupe du monde.

Les retrouvailles 20 ans plus tard lors des éliminatoires de la CDM 2010

Ainsi, vingt ans après le « match de la haine », les retrouvailles pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2010 semblaient vraiment être l’occasion rêvée pour une revanche entre l’Egypte et l’Algérie. L’affrontement de 1989 était resté frais dans les têtes de nombreuses personnes. De plus, la rivalité en dehors du football a également étendu l’inimitié entre ces deux pays de grande influence régionale. Le terrain de foot n’a fait que raviver cette querelle. La Zambie et le Rwanda étaient les deux autres équipes qui complétaient ce groupe C.

Des agents de sécurité au stade du Caire, en Egypte

L’Egypte n’avait plus disputé de Coupe du monde depuis sa qualification en 1990. Et elle méritait de retrouver la scène internationale, au vu de ses prestations sur le continent. L’équipe entraînée par Hassan Shehata avait remporté les deux derniers titres de la Coupe d’Afrique des Nations, en 2006 et 2008. C’était une équipe solide, avec des joueurs historiques comme le meneur de jeu Mohamed Aboutrika, le gardien Essam El-Hadary, le défenseur Wael Gomaa, les milieux de terrain Ahmed Fathy et Ahmed Hassan. En attaque, Amr Zaki et Mohamed Zidan évoluaient tous deux en Europe.

L’Algérie attendait également son moment depuis la Coupe du monde 1986. Le pays a traversé plus d’une décennie de guerre civile depuis 1991, qui a directement affecté son football. Après tant d’obstacles, cela semblait être le moment idéal pour la résurgence des Fennecs sur la scène internationale. Après tout, la fédération avait également lancé une politique massive de recrutement de descendants d’Algériens nés en France, y compris ceux qui sont passés par les équipes de jeunes des Bleus.

C’est ainsi que des joueurs comme Madjid Bougherra, Rafik Halliche, Abdelkader Ghezzal, Rafik Djebbour et Karim Ziani, qui évoluaient tous dans les principaux championnats européens sont venus ajouter de la qualité à l’équipe. L’entraîneur Rabah Saâdane a dirigé cette renaissance, en formant une équipe avec une mentalité défensive.

Le match aller à Bilda

La première confrontation a eu lieu le 7 juin 2009, à Bilda, en Algérie. On n’avait alors pas encore atteint le pic de la tension. Les deux équipes avaient fait match nul lors de la première journée du groupe C. Il y avait même eu un effort diplomatique pour empêcher que la rivalité vienne perturber le match. Le président algérien de l’époque, Abdelaziz Bouteflika, était intervenu pour que Belloumi soit blanchi de sa peine de 20 ans auparavant, et qu’il ne soit plus fiché par Interpol. Les sélections semblaient prêtes à écrire un chapitre différent. Ce n’était pas le cas de la presse, qui incitait au conflit dans les infos.

Pour échapper au bruit, la préparation des équipes n’a même pas eu lieu dans leurs pays respectifs. Les Égyptiens ont été reçus avec des fleurs à leur arrivée en Algérie. De plus, le stade Mustapha Tchaker avait un très bon système de sécurité, avec 5 000 agents de police. Parmi les 26 500 spectateurs présents dans les tribunes, il n’y avait pas un seul mineur, barré par l’organisation elle-même.

Sans perturbations, les Algériens se sont imposés 3-1. Tous les buts ont été marqués en seconde période. Les Fennecs ont inscrit leurs trois buts entre la 15e et la 27e minute de jeu, par l’intermédiaire de Karim Matmour, Ghezzal et Djebbour. Aboutrika a ensuite réduit la marque en fin de rencontre.

Un match retour décisif au Caire

Les résultats lors des autres matchs du groupe ont contribué à alimenter les attentes pour le match retour. L’Algérie et l’Égypte se sont retrouvées comme les deux prétendants pour la place qualificative en Coupe du monde. Les deux ont remporté neuf points sur les neufs possibles lors des trois matchs qui ont suivi leur premier duel, avec trois victoires contre le Rwanda et la Zambie. Ainsi, les retrouvailles au Caire, lors de la dernière journée, ont pris les dimensions extraordinaires d’une finale.

Il suffisait d’un match nul ou même d’une défaite avec un seul but de différence pour que l’Algérie se qualifie pour le Mondial, grâce à sa victoire 3-1 du match aller. Les Égyptiens avaient quant à eux besoin de l’emporter avec trois buts d’écart s’ils voulaient remporter leur ticket. Une victoire avec deux buts de différence des Pharaons laisserait les deux équipes à égalité et forcerait un match extra, ou un tirage au sort si la FIFA en décidait ainsi. Et bien sûr, c’est ce scénario dramatique qui est arrivé.

Des revendications nationalistes et un climat de guerre

Quelques semaines avant la rencontre, les tensions ont commencé à augmenter en Égypte et en Algérie. Des cris nationalistes sonnaient l’alarme, tandis que les deux pays connaissaient une vague d’attaques virtuelles. Des hackers égyptiens ont fait tomber un site web de la presse algérienne et, en représailles, un hacker algérien a également piraté le site web du principal journal égyptien. Les gouvernements ont essayé de calmer les choses, mais le climat de guerre était établi.

Le bus des Fennecs caillassé

L’avant-veille du match, en quittant l’aéroport, le bus des Fennecs a été caillassé. L’une des vitres s’est brisée et a blessé trois joueurs, ainsi que le médecin. Pire encore, la presse égyptienne a accusé qu’il s’agissait de « fake news », comme si les joueurs algériens eux-mêmes avaient brisé la vitre pour simuler la violence afin que la rencontre soit disputée sur un terrain neutre.

Les rapports des journaux incluaient plusieurs hypothèses, affirmant même que des joueurs avaient agressé le conducteur du véhicule. Cependant, l’enregistrement d’un documentaire de Canal + a apporté des images montrant l’incident et l’observateur de la FIFA lui-même a confirmé les blessures des joueurs. Les Maghrébins ont déclaré que la police avait reculé et facilité cet événement.

Une victoire égyptienne et tout est à refaire

Bien sûr, ces échanges d’accusations n’ont fait qu’empirer le contexte d’un match qui avait déjà suffisamment de raisons pour inquiéter. Pourtant, la FIFA a laissé se jouer la rencontre, et demandé aux autorités d’assurer une sécurité maximale. Le 14 novembre 2009, le ballon a roulé au Stade National du Caire, devant 75 000 spectateurs – dont seulement 2 000 Algériens, mécontents du faible nombre de billets accordés. L’Egypte s’est alors imposée 2-0.

Sur la pelouse, les signes de l’attaque du bus pouvaient se voir sur deux joueurs algériens. Khaled Lemmouchia et Halliche avaient un bandage sur la tête à cause des coupures. En plus de cela, un bruit fort provenant des tribunes avait étouffé l’hymne des visiteurs. Le manque de concentration se faisait sentir chez les Fennecs, qui ont encaissé le premier but après trois minutes seulement, par l’intermédiaire de Zaki.

Rafik Halliche avec un bandage sur la tête suite à l'attaque du bus avant le match contre l'Egypte

Mais les Pharaons avaient encore besoin d’un but pour éviter l’élimination, et alors que les espoirs semblaient s’anéantir, Emad Moteab s’est érigé en héros. Dans le temps additionnel, à la 95e minute de jeu, l’attaquant a profité d’un bon centre pour placer un coup de tête vainqueur. On a alors rarement vu une célébration si effusive, qui a fait trembler tout le stade. Une invasion de terrain a même eu lieu. Soulagée, l’Égypte s’est sauvée, même si, au vu de la célébration, on aurait dit qu’elle avait remporté sa place pour le Mondial.

Egalité parfaite et donc match sur terrain neutre

Ce résultat de 2-0 ramenait les deux équipes à une égalité parfaite, que ce soit en nombre de points, de victoires, de buts marqués et encaissés. La seule différence était le but marqué à l’extérieur par l’Egypte, mais cela ne rentrait pas dans les critères de départage. Consciente de cette éventualité, la FIFA avait déjà prévu de faire jouer ce match le 18 novembre, soit quatre jours plus tard. Chaque fédération a suggéré un terrain neutre pour ce troisième match, et après un tirage au sort, c’est le Soudan (suggéré par l’Egypte) qui a été choisi, au détriment de la Tunisie, proposée par les Algériens.

La guerre mentale entre les deux pays allait prendre alors une ampleur encore plus explosive.

Les heures qui ont suivi le match au Caire ont mis encore plus de feu aux poudres. La presse algérienne a rapporté que sept supporters du pays sont morts à la suite d’affrontements au Caire. L’ambassadeur de l’Algérie au Caire a lui-même nié l’incident, malgré qu’au moins 32 personnes aient été blessées des deux côtés, dont 20 Maghrébins.

La situation en Algérie n’était pas plus tranquille. La population locale a attaqué des entreprises égyptiennes dans le pays, ce qui a incité l’Égypte à rappeler son ambassadeur à Alger. Même en France, des descendants algériens ont provoqué des tumultes et la police de Marseille a arrêté huit personnes.

Le match décisif entre l’Algérie et l’Egypte, au Soudan

Le match décisif s’est déroulé au stade Al-Merrikh, dans la ville d’Omdurman, la plus peuplée du Soudan – près de la capitale Khartoum, située sur la rive opposée du Nil. Ironiquement, le bus égyptien a également touché par des pierres en quittant l’entraînement, mais cette fois sans blessures.

Face à tous ces risques, le gouvernement soudanais a déployé un contingent de 15 000 policiers pour assurer la sécurité du match. Il a également ordonné que les rues soient vides le jour du match, et fermé les écoles et les bureaux publics.

Un grand nombre de spectateurs se sont déplacés à Omdurman. Chaque sélection avait droit à 9 000 billets, mais de nombreux Égyptiens et Algériens ont acheté des billets censés être réservés aux Soudanais. De plus, le stade était bondé, avec plus de spectateurs que de billets disponibles. Les estimations évoquent 50 000 personnes, loin des 36 000 initialement prévus.

Et les rumeurs n’ont pas cessé. La presse égyptienne a accusé les Algériens d’avoir attaqué leurs supporters au Soudan. Le ministère de la Santé a lui-même parlé de 20 personnes blessées. Les diplomates soudanais n’ont quant à eux évoqué que « quelques blessés dans peu de confusions », sans préciser les chiffres, ce que la presse étrangère a confirmé. Au moins cette fois, le football a prévalu.

Victoire et qualification de l’Algérie pour la Coupe du Monde 2010

Tout autour du terrain, des militaires soudanais faisaient office d’agents de sécurité. Et, malgré les tensions, le match a pu se jouer. Cela a été un match avec de nombreuses opportunités de buts, lors duquel les deux gardiens ont brillé. Finalement, c’est l’Algérie qui est repartie avec le sourire grâce à une victoire 1-0. Le but décisif a été marqué à la 40e minute de jeu par Antar Yahia. Mais il ne sera pas le seul héros du match, car le gardien des Fennecs a résisté à la pression des pharaons en seconde période et permis à son équipe de remporter cette rencontre décisive.

Au coup de sifflet final, l’Algérie a célébré la qualification malgré les limitations. Il y a eu une petite invasion de terrain et les joueurs ont fêté la victoire près de la tribune où se trouvaient leurs supporters. De retour au pays, ils ont été reçus comme s’ils avaient remporté la Coupe du monde. Ils ont défilé devant des milliers de personnes avec une réplique de la coupe, puis ont été reçus par le président. En France, des milliers d’immigrés et de descendants d’immigrés sont descendus dans les rues pour célébrer. Plus de 10 000 Algériens se sont rendus sur les Champs-Élysées.

Des relations diplomatiques qui ont fini par s’améliorer

En raison des incidents survenus au Caire, la FIFA a puni l’Égypte avec deux matchs en dehors de la capitale lors de l’édition des éliminatoires qui a suivi. La fédération égyptienne a déposé une plainte pour agression contre ses supporters au Soudan, mais la confédération a clôturé le procès faute de preuves. Au Caire, des supporters égyptiens se sont révoltés devant l’ambassade d’Algérie, faisant 35 blessés et 20 prisonniers.

Les échanges d’accusations ont continué lors des semaines qui ont suivi. Les relations diplomatiques entre les deux pays se sont refroidies. La situation ne s’est améliorée qu’en décembre, avec la médiation des gouvernements du Soudan et de la Libye. Responsable d’avoir incendié le débat autour du match, la presse a reçu l’ordre de cesser toute info sensationnaliste sur le sujet. Il y a également eu un accord pour réparer les dommages financiers, en particulier pour les entreprises égyptiennes attaquées par des Algériens.

Les gouvernements derrière ces tensions

Des accusations ont également surgi comme quoi les gouvernements seraient également derrière ces revendications nationalistes, en contrôlant les médias – en particulier l’Égypte. Hosni Moubarak a tenté de légitimer le pouvoir de son fils, afin qu’il lui succède aux commandes du gouvernement. Des intellectuels du pays ont même publié un manifeste dans lequel ils ont dénoncé l’écran de fumée réalisé par le président, qui se maintenait au pouvoir depuis 1981. Un peu plus d’un an plus tard, en février 2011, Moubarak allait être destitué lors du printemps arabe.

Comme en 1990, l’Egypte a ensuite eu la possibilité de prendre sa revanche face à l’Algérie durant la Coupe d’Afrique des Nations. Si 20 ans auparavant, l’Algérie n’avait eu aucun souci à éliminer l’équipe B des Égyptiens lors de la phase de groupes, en 2010, les pharaons se sont largement imposés 4-0 lors des demi-finales, avant de remporter leur troisième victoire continentale face au Ghana.

Malgré cela, les Fennecs ont eu le plaisir de disputer la Coupe du monde en 2010. Éliminée en phase de groupes, l’équipe a fait un match nul 0-0 contre l’Angleterre, leur seul point pris dans un groupe qui comprenait également les États-Unis et la Slovénie. Cela a été le début d’une ascension qui a abouti à la campagne inoubliable de la Coupe du monde 2014 et à la reconquête de la Coupe d’Afrique en 2019.

La bonne, les brutes et le barreau : retour sur quelques scandales sexuels dans le football moderne

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La bonne, les brutes et le barreau

Le football professionnel nous fait rêver chaque semaine, on s’émerveille devant le petit pont d’un Neymar, la puissance d’un Cristiano Ronaldo, la technique d’un Messi. Mais le football, comme bien d’autres milieux où l’argent est roi, possède une facette beaucoup moins prestigieuse.

Après un bon match, certains joueurs troquent shorts, maillots et crampons pour une séance de massage avec Happy End. Il faut les comprendre, ils sont tendus. Et comme chaque fan qui se respecte, ils payent leurs billets d’entrée. Et parfois très cher. Pour les plus naïfs d’entre vous, je parle de relations tarifées avec des prostitués, des gourgandines, des courtisanes, des filles de joie.

Le football est plein de ces histoires entre footballeurs et escortes. Ne nous cachons pas, le monde du football est comme la culotte de Pierre Ménès. De loin, on pourrait croire que tout est blanc, ça semble confortable et spectaculaire. Mais à l’intérieur, l’odeur est plus qu’aigre et on ne compte pas les traces de dérapages.

La sexualité des sportifs de haut niveau est un sujet traité et retraité. La médiatisation à outrance, notamment avec les réseaux sociaux, le culte du corps et de la virilité, mais aussi la pornographie ont créé une génération de joueurs avec une libido aussi monumentale que la soif de Gérard Depardieu à un vin d’honneur.

Je vous propose donc de revoir quelques scandales qui ont ébranlé le monde du football. Et une fois pris la main dans le sac, les footballeurs, craignant pour leurs sponsors, doivent faire amende honorable. Un exercice très américain qui fait sourire en France, mais pris très au sérieux par les communicants du ballon rond.

En plein confinement, Kyle Walker n’oublie pas « les gestes barreau » à l’hôtel

Au moment je vous écris cet article, nous sommes encore en plein confinement à cause de la pandémie de coronavirus qui sévit dans le monde. Ainsi, nous devons rester confiner chez nous et ne pas oublier les gestes barrières pour protéger nos proches.

Une épidémie qui ne semble pas empêcher Kyle Walker d’organiser chez lui une partie fine avec deux escortes. Après une partie de jeu du taureau, l’une des escortes a été racontée, aux tabloïds friands de ce type d’histoire, sa soirée avec le joueur. Ce phénomène du « Fuck and Tell » est redouté par tous les joueurs professionnels qui préfèrent faire appel à des escortes plutôt que d’avoir des relations avec des partenaires qui iront dévoiler des aspects de leur vie privée dans les journaux. Une stratégie peu efficace si on en juge l’expérience de Kyle Walker.

La séance d’excuses publiques de Kyle Walker après le scandale

Franck Ribery et le fantôme de Jean Luc Lahaie

Cette affaire a eu un tel retentissement médiatique que des responsables politiques ont dû publiquement condamner les agissements de Frank Ribery pour avoir fait appel à des prostitués. Pour ses 26 ans, Franck Ribery aurait fait venir à Munich plusieurs escortes de Paris, dont une certaine Zahia Dehar. Or, cette dernière était mineure au moment des faits…

Frank Ribery a avoué avoir eu des relations sexuelles avoir Zahia, 17 ans au moment des faits, mais a déclaré qu’il pensait qu’elle n’était pas une prostituée. Il a déclaré aux enquêteurs : « Elles viennent pour coucher avec moi, pour mon nom, parce que j’ai de l’argent, parce qu’elles voulaient passer un bon moment »…

Zahia a affirmé que Frank Ribery ne savait pas qu’elle était mineure au moment des faits. Finalement, il sera relaxé par le tribunal correctionnel en janvier 2014. Frank Ribery reste un formidable dribleur. Clairement moins agile hors des terrains et dans l’utilisation du subjonctif.

La séance d’excuses publiques de Frank Ribéry après le scandale

Préparer une Coupe du monde ? Le Mexique a sa technique spéciale

Pour le mondial 2018 en Russie, certains joueurs de la sélection mexicaine ont tout misé sur une préparation purement physique. En effet, 9 joueurs ont décidé, et ceci par pur intérêt sportif, d’inviter 30 escortes pour les aider à être au top de leurs performances pour la Coupe du monde.

Parmi les joueurs concernés, on retrouve les frères Santos et le gardien Guillermo Ochoa. L’orgie aurait duré plus de 24 heures. La fédération mexicaine a préféré ne pas donner de sanction arguant « qu’un jour de congé est un jour de congé » et que les joueurs faisaient ce qu’ils voulaient. Un mini scandale dans un pays habitué à ce genre de frasques, seul le capitaine Raphael Marquez a publiquement critiqué le comportement de ses joueurs.

Mais après le scandale viennent les excuses publiques. Jonathan Santos y a été de « J’ai commis une erreur et je me repens de tout ce qui s’est passé »… Mais oui Jonathan, tu es tout pardonné, va jouer au ballon avec tes amis ! Les femmes des joueurs n’étant bizarrement pas conviées, Hector Herrera a même obtenu une dérogation pour retourner à Porto, club où il évoluait, pour s’expliquer avec sa femme au sujet de ce 5 à 7 avec 30 escortes… En tout cas, on ne peut pas leur reprocher de pratiquer le collectif jusqu’au bout !

Au-delà de l’aspect médiatique et des buzz à répétitions, ces pratiques révèlent bien une violence symbolique, celle des joueurs riches qui doivent payer des prostitués pour des relations sexuelles. Les relations de domination et de pouvoir forment le socle du football moderne. Mais si le football est tant décrié aujourd’hui, c’est qu’il est un révélateur des travers de notre propre société. Par sa médiatisation à outrance, elle révèle les failles de notre système de valeurs et des relations entre les personnes. Et bon, seule la victoire compte hein !

Sources utilisées :

  • « Coupe du monde 2018 : neuf joueurs mexicains épinglés pour une orgie sexuelle », Le Parisien, juin 2018
  • « Il y a 5 ans, un scandale nommé Zahia », La Depêche, octobre 2015
  • « Dix scandales sexuels qui ont secoué la planète foot », VanityFair, juillet 2015
  • « Kyle Walker (Manchester City) impliqué dans un scandale sexuel », L’Équipe, avril 2020
  • « Coupe du Monde – 30 prostituées pour 9 joueurs : le scandale sexuel qui touche le Mexique », Goal.com, juin 2018
  • « Les footballeurs dans les scandales sexuels, proies et prédateurs », Le Temps, octobre 2018

 

 

Chants de supporters : todos los momentos que vivi – Vélez

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Aujourd’hui, nous nous rendons du côté de Liniers, quartier de Buenos Aires d’où vient le club de Vélez Sarsfield et sa fameuse barra brava La Pandilla de Liniers pour écouter le chant todos los momentos que viví.

Paroles du chant des supporters de Vélez : todos los momentos que vivi

Todos los momentos que viví
Todas las canchas donde te seguí
Cada campeonato que ganamos
La Copa que levantamos
Cuando fuimo’ al Morumbí
Vélez sos mi alegría
Vos sos el campeón
Yo te llevo en el alma
Te llevo en el corazón

La Pandilla de Liniers qui chante todos los momentos que vivi

Todas las canchas donde te segui

Vélez sos mi alegria

Voir aussi :

Chants de supporters : bostero soy – Boca Juniors

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Petit tour du côté de l’Argentine et plus précisément de Buenos Aires où nous allons aujourd’hui découvrir le chant des supporters de Boca Juniors, bostero soy.

Paroles du chant des supporters de Boca Juniors : bostero soy

Bostero soy,
y boca es la alegria de mi corazon
Sos mi vida vos sos la pasión,
mas allá de toda explicación
Y a mi no me interesa en que cancha jugues,
local o visitante yo te vengo a ver
Ni la muerte nos va a separar,
desde el cielo te voy a alentar

La 12 qui chante Bostero soy à la Bombonera

Boca es la alegria de mi corazon

Ni la muerte nos va a separar

À noter que ce chant a été repris par d’autres clubs, notamment par le FC Porto avec son chant Tripeiro eu sou.

À lire aussi :

Les meilleurs joueurs qui ont porté le numéro 10 avec la Sélection argentine

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Les meilleurs numéro 10 de la sélection Argentine

Dans le football, le numéro 10 représente en général le meilleur joueur de chaque équipe. En Argentine, lorsque l’on évoque ce numéro, on pense tout de suite à des cracks, notamment depuis que Maradona l’a porté. Depuis, c’est le rêve de nombreux Argentins de devenir son digne successeur.

Voici une sélection de grands joueurs qui ont porté le numéro 10 avec l’Albiceleste, avec plus ou moins de réussite.

Dix joueurs qui ont porté le n°10 de la Sélection argentine

Diego Armando Maradona

Pas de surprise, on ne peut pas parler de numéro 10 de l’Albiceleste sans penser à Diego. Comment résumer rapidement son parcours en sélection ? Il a débuté avec son pays lors de la Coupe du Monde 1982 en Espagne, lors de la transition Menotti-Bilardo, puis nous a montré toute l’étendue de son talent lors du Mondial mexicain de 1986. Il nous a alors présenté un football encore jamais vu auparavant, notamment lors du quart de finale contre l’Angleterre match lors duquel il a inscrit le plus beau but de l’histoire de la compétition, en plus de la fameuse « mano de Dios ».

Leadership émotionnel et sportif, charisme, habileté, technique et vice. Il est l’homme le plus adoré de toute l’Argentine et considéré comme un Dieu.

Lionel Messi

Pas besoin de le présenter. Le crack de Barcelone est considéré par beaucoup comme le meilleur joueur du monde actuel, et il le prouve lors de chaque match avec Barcelone. En sélection, il a dû attendre avant de porter le fameux numéro 10, mais depuis qu’il l’a endossé en 2009, il ne le quitte plus.

Ses premières années avec l’équipe nationale ont été difficiles, avec des échecs lors des Coupes du monde en Allemagne et en Afrique du Sud, mais il a ensuite montré qu’il en avait les épaules et nous a montré tout son talent. Finaliste au Brésil en 2014 et en Copa America 2015 et 2016, il lui manque encore de remporter un grand titre avec l’Albiceleste pour pouvoir envisager de détrôner le grand Diego.

Leader footballistique, incomparable techniquement avec d’autres joueurs de l’actualité, intelligent, Messi est l’un des meilleurs joueurs de l’histoire.

Juan Román Riquelme

El último diez. Riquelme avait le profil type du meneur de jeu sud-américain. Technique, intelligent, avec une bonne vision du jeu, passeur et parfois buteur. Il est devenu la plus grande idole de Boca Juniors pour ses grandes capacités balle au pied et cela l’a conduit à l’équipe nationale, avec laquelle il a joué lors de la Coupe du monde 2006 en Allemagne et de la Copa América 2007 au Venezuela.

L’inoubliable 10 bostero est arrivé tard en équipe nationale et l’a quitté quand il l’a décidé, notamment en raison de divergences avec Diego Maradona, sélectionneur de l’équipe entre 2008 et 2010. Il représentait le numéro 10 classique, le meneur de jeu, le créatif, qui semblait marcher sur le terrain, mais qui à tout instant pouvait faire gagner un match. Pour en savoir plus sur ce joueur de talent : Juan Román Riquelme : el último diez

Mario Alberto Kempes

Cela peut sembler injuste de placer « El Matador » en quatrième position, sachant qu’il a été le premier 10 à être champion du monde avec l’Argentine en 1978. C’était un grand joueur, plus finisseur que passeur, contrairement aux numéros 10 traditionnels.

Kempes est l’un des plus grands joueurs de l’histoire du pays sud-américain. Il a brillé en tant qu’attaquant à River Plate, Valence et en sélection. Avec César Luís Menotti sur le banc, il a conquis la gloire.

Ariel Ortega

« El Burrito » était l’un des grands espoirs des Argentins pour être le successeur de Maradona, lorsque ce dernier a mis un terme à sa carrière. Il a été le premier à porter le fameux numéro 10 de la sélection lors d’un Mondial, en France 1998, après que Maradona ait été contrôlé positif au dopage en 94 aux États-Unis.

Habile et rusé, il jouait comme s’il était dans la rue ou dans la cour d’école. Ortega était un grand joueur qui avait d’énormes qualités, mais qui ne savait pas s’adapter aux changements tactiques du jeu, c’est pourquoi il s’est limité à briller dans son pays, où ils comprenaient son style de jeu sans lui en demander plus.

Pablo César Aimar

Messi a dit que Pablo Aimar était son idole. Rien que pour cela, le « Payaso » (le clown) mérite sa place dans le classement. Joueur de classe mondiale, il a mis un terme à sa carrière en 2015, pour le plus grand malheur des amateurs de spectacle. En effet, c’est un joueur qui a toujours montré une grande qualité balle au pied. Beaucoup le considéraient comme un danseur sur le terrain et cela lui a valu de porter le numéro 10 de l’Argentine, bien que par intermittence.

Il a en effet dû le partager avec un autre crack dont on a déjà parlé dans ce classement, son ami Riquelme. Mais il l’a porté notamment lors de la Coupe des Confédérations 2005.

Carlos Tévez

La star actuelle de Boca Juniors apparaît dans ce top, car il a eu l’occasion de briller avec le numéro 10 de la sélection, sous les commandes de Marcelo Bielsa. Il a été le 10 de son pays, mais seulement peu de temps, jusqu’à ce que Juan Román Riquelme rejoigne l’équipe. Il a alors commencé à avoir plus de responsabilités en tant qu’attaquant.

« El Apache » n’est qu’en septième position de ce classement à cause de la courte période durant laquelle il a porté le 10, même si dans n’importe quelle autre sélection, il ne fait aucun doute qu’il aurait pu le porter pendant plusieurs années sans problème.

Marcelo Gallardo

« El Muñeco », connu aujourd’hui pour ses succès en tant qu’entraîneur de River Plate, a lui aussi porté le maillot albiceleste avec le 10 sur le dos, bien que sur une courte période. Ses performances avec le club Millonario l’ont conduit à être le meneur de jeu de la sélection en 1995, lors de la Copa América en Uruguay, même si on ne peut pas vraiment dire que ce soit lui qui ait le mieux porté cette responsabilité.

Il était encore très jeune lorsqu’il a eu ce privilège, et même s’il a ensuite continué à être convoqué en équipe nationale pendant plusieurs années, il a vu d’autres joueurs porter ce maillot.

Antonio Rattin

Antonio Rattin n’était pas un numéro 10, pourtant il l’a porté. En effet, l’idole de Boca Juniors dans les années 60 a utilisé ce numéro lors de la Coupe du Monde 1966 en Angleterre. On se souvient d’ailleurs de son expulsion houleuse face aux Anglais. Vous pouvez retrouver cette anecdote dans l’article d’où vient la rivalité entre l’Argentine et l’Angleterre ?

Mais à cette époque, le numéro n’avait pas autant d’importance qu’aujourd’hui. Rattin était un milieu de terrain plus du style « Cholo » que Diego.

Diego Pablo Simeone

On termine ce top 10 avec « el Cholo » Simeone, non pas parce qu’il fait partie des meilleurs joueurs de l’histoire grâce à sa technique, mais plutôt parce que cela fait bizarre de l’imaginer avec ce numéro. Pourtant il l’a porté entre 1991 et 1993, lors de deux Copa América et une Coupe des Confédérations.

Diego Pablo Simeone a été le premier successeur de Maradona après sa retraite internationale à la fin de la Coupe du monde 1990 (il reviendra pourtant aux USA) et bien qu’il n’ait jamais essayé d’imiter Diego, il a eu la chance de porter ce maillot. Simeone était connu pour être un joueur dur au milieu de terrain et toujours à la limite, en plus d’avoir un sens tactique supérieur à la moyenne, comme il le montre désormais en tant qu’entraîneur à l’Atlético Madrid.

D’autres grands joueurs comme Éver Banega, Javier Pastore, Sergio Agüero, Ángel Di María, Ramón Heredia ont également porté le numéro 10, mais pas suffisamment pour apparaître dans ce classement.

D’autres au contraire ne l’ont pas porté, pourtant leur profil correspondait parfaitement à ce qu’on attend aujourd’hui d’un numéro 10. C’est le cas notamment de Norberto Alonso, qui lors du Mondial 78 a porté le numéro 1 (!).

On peut également citer Ricardo Bochini « El Bocha ». En Argentine, on lui doit d’ailleurs l’expression pase bochinesco (passe bochinesque) qui est utilisée pour décrire une passe permettant à un attaquant de se trouver en situation de marquer. S’il portait le numéro 3 avec l’Albiceleste, il avait bien le 10 avec l’Independiente, avec qui il a remporté de nombreux titres.

Curiosité

Alfredo Rojas a été le premier joueur argentin à porter le numéro 10 lors d’une Coupe du Monde. C’était lors du Mondial 1958 en Suède, lors de la rencontre face à l’Allemagne.

La sélection argentine en 1958, avant la rencontre contre l'Allemagne : Francisco Lombardo, coach Guillermo Stabile, Pedro Rodolfo Dellacha, goalkeeper Amadeo Carrizo, Jose Varacka, Nestor Raul Rossi, fitness coach Roberto Borau, Federico Vairo; Omar Orestes Corbatta, Eliseo Prado, Norberto Menendez, Alfredo Hugo Rojas, Pedro Zarate, an assistant.  +++(c) dpa - Report+++
La sélection argentine en 1958, avant la rencontre contre l’Allemagne : Francisco Lombardo, coach Guillermo Stabile, Pedro Rodolfo Dellacha, goalkeeper Amadeo Carrizo, Jose Varacka, Nestor Raul Rossi, fitness coach Roberto Borau, Federico Vairo; Omar Orestes Corbatta, Eliseo Prado, Norberto Menendez, Alfredo Hugo Rojas, Pedro Zarate, an assistant. +++(c) dpa – Report+++

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FIFAGATE : au royaume du ballon rond, l’argent est roi

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FIFAGATE : au royaume du ballon rond, l’argent est roi

Après plusieurs années de procédure, il semblerait que le scandale du Fifagate, avec ses ramifications (Qatargate…), touche à sa fin. Si les instances de football ont longtemps été soupçonnées de corruption, notamment lors des attributions des Coupes du monde, ce scandale a révélé les coulisses de l’instance la plus puissante du football mondial.

Mais au juste, c’est quoi le Fifagate ?

Laissez tomber vos calculettes, cette affaire est plutôt simple à comprendre. On parle de pots-de-vin versés par des sociétés de marketing sportifs pour récupérer les droits télés. Ces derniers sont une véritable rente pour la FIFA. Pour la seule période 2015-2018, elle a empoché plus de 3 milliards de dollars de droits télé. De plus, certains responsables sont suspectés de corruption pour l’attribution de la Coupe du monde en Afrique du Sud en 2010.

À partir de mai 2015, les justices américaine et suisse lancent une procédure commune pour arrêter les suspects de cette sombre affaire de corruption. À Zurich, les autorités suisses perquisitionnent le siège de la FIFA et arrêtent 7 hauts responsables pour blanchiment d’argent et gestion déloyale.

Dans le même temps, la justice américaine arrête 9 élus et 5 fonctionnaires de la FIFA pour des malversations financières qui auraient lieu lors les 24 dernières années. Le siège de la CONCACAF (la confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes) est lui aussi perquisitionné. Au total, 42 personnes ont été inculpées par la justice américaine.

L’enquête s’est largement appuyée sur Charles Blazer, ancien secrétaire général de la CONCACAF.  En délicatesse avec la justice, il a préféré collaborer. Il aurait touché des pots-de-vin pour l’attribution des Coupes du monde 98 et 2002. Sentant le vent tourner, il a préféré négocier avec les enquêteurs américains et reçu une jolie proposition pour devenir informateur du FBI et du fisc américain.

Accusés, levez-vous !

Au final, après plusieurs années d’enquête, seul le tribunal de Brooklyn va condamner des suspects à de la prison ferme. Ainsi, José Maria Marin, 86 ans et ancien dirigeant de la fédération brésilienne de football, a été condamné à 4 ans de prison. Il a été jugé coupable de six chefs d’inculpation pour participation à la corruption, fraude bancaire et blanchiment d’argent. Au total, il a reçu la coquette somme de 6.55 millions de dollars de la part de plusieurs sociétés de marketing sportif.

Juan Anel Napout, 59 ans et ancien président de la Confédération de football d’Amérique du Sud, la Conmebol, a été condamné à 9 ans de prison et a dû restituer 3.3 millions de dollars à la justice américaine. Sa ligne de défense a été plus originale, mais moins efficace que son ex-collègue de la FIFA puisqu’il a déclaré au juge « qu’il était un gentil, tout en touchant des pots-de-vin»…

Enfin, José Hawilla, fondateur de deux sociétés de marketing sportif, a été condamné à 500 000 dollars pour sa participation à une corruption active auprès des dirigeants de la FIFA.

Et c’est tout… La justice suisse a été moins prolifique. Après des mois d’enquête, plusieurs procureurs ont été récusés. Les révélations des FootballLeaks ont permis de mettre en lumière les relations ambiguës entre certains fonctionnaires de la justice suisse et la FIFA.

Selon ces informations, le procureur général suisse,Michael Lauber, aurait rencontré plusieurs Gianni Infantino, nouveau président de la FIFA depuis 2016. Ainsi, les accusations contre Jérôme Valcke, ancien bras droit de Sepp Blatter, risquent d’être abandonnées. Ce dernier est suspecté d’avoir participé à transférer 10 millions de dollars à Jack Warner, ancien vice-président de l’organisation en 2008 à la demande du gouvernement sud-africain pour « aider la diaspora africaine dans les Caraïbes ». 

Beaucoup de bruit pour rien ?

Finalement, les hauts responsables de la FIFA n’ont pas été inquiétés. Sepp Blatter, président quand le scandale a éclaté, a toujours juré qu’il n’a jamais été au courant de pratique de corruption. Il a même déclaré au journal l’Equipe qu’il était innocent et n’avait rien à se reprocher en ajoutant « j’ai été victime de ma bonté ». Saint Blatter, priez pour lui…Sous la pression, il a dû démissionner de son poste de président.

Les sponsors de la FIFA, comme Coca-Cola ou Mc Donald’s, ont bien, un temps, demandé à l’organisation plus de transparence. Mais les places coûtent cher et les contrats de plusieurs dizaines de millions d’euros sont trop précieux pour gâcher sa relation avec la FIFA…

Après tout ça, il reste le succulent scandale du Qatargate à venir. Le président du PSG et du média BeIN média, le Qatari Nasser Al-Khelaifi, est toujours suspect dans un « nouveau » scandale de corruption autour de l’attribution des droits télés des Coupe du monde 2026 et 2030. L’enquête suit toujours son cours.

Dès le début de sa présidence, Gianni Infantino a déclaré qu’il allait doter la FIFA de nouvelles institutions de contrôle. En 2017, il a remplacé les chefs des deux commissions d’éthique… Comme changement, on a vu mieux. Dans le fond, peu de choses ont changé à la FIFA. Le président, s’il veut changer l’image de la FIFA, devra prouver par des réformes ambitieuses que son discours est bien différent de son prédécesseur.

Le mot de la fin revient à la ministre de la Justice américaine, Loretta Lynch, en poste en 2016. Elle décrit la FIFA comme « une organisation qui connaît une corruption rampante, systémique et profondément ancrée ». Ah bon ? Mais Blatter nous dit qu’il ne savait rien !

Sources utilisées

  • « Fifagate : 4 ans de prison pour l’ex patron du foot brésilien », L’Express, 22 août 2018.
  • « Tout savoir sur le Fifagate », Les Echos, 29 mai 2015
  • « Fifagate : 9 ans prison Juan Angel Napout », Le Temps, 30 août 2018
  • « Fifagate : deux sociétés marketing sportif condamnées 500000 dollars amende », La Croix, 19 mars 2019.
  • « Deux ans après Fifagate », Le Temps, 13 juin 2017
  • « Rapport financier de la FIFA 2018 », FIFA, 2018. 

Les plus grands buteurs de l’histoire du foot brésilien

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Les meilleurs attaquants de l'histoire du foot brésilien

Le Brésil est l’un des plus grands fournisseurs de stars du football mondial, et cela depuis des années. Aujourd’hui, nous allons nous focaliser sur les plus grands attaquants que le pays du joga bonito a produit.

Pour cela, plusieurs critères ont été pris en compte : technique, habilité, opinion générale et bien sûr, le plus important pour un attaquant, le nombre de buts qu’il a marqué. Pour faire cette liste, je me suis fortement inspiré de la page youtube Futebol Nacional, et adapté la liste en fonction de mes goûts personnels. Cette liste n’est pas un classement, elle ne suit pas forcément un ordre logique, pour certains joueurs, c’était difficile de trouver des vidéos, du coup j’ai simplement mentionné leur nom en fin d’article.

Les meilleurs attaquants brésiliens de l’histoire

Pelé

Pelé, Edson Arantes do Nascimento ou tout simplement « le Roi ». C’est le joueur le plus important de l’histoire de football brésilien et même mondial. C’était un joueur exceptionnel et bien en avance sur son temps… Rapide, puissant, ambidextre et d’une précision extraordinaire, il a conquis le monde alors qu’il n’avait que 17 ans, en 1958. Il a remporté 3 Coupes du monde, la Libertadores, le Mondial des clubs et de nombreux titres pour Santos. À l’heure d’aujourd’hui, il est encore le meilleur buteur de la Seleção avec 77 buts en 92 matchs.

Le nombre de buts qu’il a inscrit est exceptionnel et inégalable, même si on ne compte que les matchs officiels : plus de 800 et une moyenne de 0,98 but/match. Si on compte les matchs non officiels (à cette époque les matchs amicaux étaient très importants), il a marqué plus de 1200 buts.

Depuis, le football a changé, mais on ne peut pas nier que ce joueur était un génie, même s’il est parfois critiqué par les Brésiliens eux-mêmes.

Ronaldo

Ronaldo Nazário, o Fenômeno est l’un des plus grands joueurs de l’histoire du football mondial. Un joueur complet, technique, rapide, ambidextre et tueur devant le but. Il est le précurseur du football moderne. En plus d’être un très bon finisseur, il était extrêmement habile balle au pied. Quand il était lancé, personne ne pouvait l’arrêter ! Il fait partie des meilleurs dribbleurs que l’on ait connus.

Avant sa première blessure, qui l’a éloigné des terrains pendant 15 mois, il avait une moyenne de 0,97 but inscrit par match. Cependant, sa capacité à récupérer est aussi frappante que ses buts. On a pu le constater lors de la Coupe du Monde 2002, lors de laquelle il a fini meilleur buteur de la compétition. Avant de marquer les deux buts en finale contre l’Allemagne, R9 avait été dit comme fini pour le football. Il a prouvé que rien n’était impossible.

Romário

Romario est le meilleur attaquant de surface de la liste, un finisseur né. À son apogée, c’était un joueur très rapide, explosif, technique et un matador. O Baixinho a inscrit 55 buts avec la sélection du Brésil lors d’une période lors de laquelle la Seleção a reconquis des grands titres. Il a remporté la Copa América à deux reprises (en 1989 et 1997), mais c’est surtout sa performance lors de la victoire en Coupe du Monde 1994, lors de laquelle il a été élu le meilleur joueur, qui l’a fait entrer dans l’histoire.

Au top de sa carrière, il a voulu rentrer au Brésil, car le pays lui manquait trop. S’il était resté en Europe, nul doute qu’on se souviendrait de lui comme l’un des meilleurs attaquants de tous les temps.

Lire aussi : Romario : le génie de la grande surface

Tostão

Contrairement à Romario qui était plus un joueur de surface, Tostão était un attaquant qui bougeait beaucoup. C’était un joueur intelligent avec une vision du jeu impressionante. Il a été le numéro 9 de la spectaculaire équipe de 1970. Pourtant, il n’était pas attaquant en début de carrière, mais c’est à ce poste qu’il s’est fait un nom. Lors du Mondial 1970, il a été considéré par beaucoup comme le meilleur joueur de l’équipe. Pour vous rendre compte de l’exploit, il suffit de citer les noms de ses coéquipiers, comme Pelé et Rivellino.

Tout comme Reinaldo, il a dû mettre un terme à sa carrière très tôt, à cause d’un ballon qu’il s’est pris dans l’oeil, qui lui a causé un problème oculaire. Mais bien que sa carrière n’ait pas durée longtemps, l’idole de Cruzeiro est entrée dans l’histoire comme l’un des plus grands attaquants de l’histoire du football brésilien.

Careca

Careca était un attaquant rapide et très technique. À partir du moment où on a commencé à entendre parler de lui, lorsqu’il a remporté le championnat brésilien avec l’équipe de Guarani, il se distinguait déjà non seulement pour instinct de buteur, mais aussi pour sa technique digne d’un numéro 10. Après des titres remportés avec São Paulo, il a rejoint Naples, où il a formé avec un certain Maradona, l’une des meilleures paires d’attaquants de l’histoire du football.

Il s’est blessé juste avant la Coupe du Monde 1982 et n’a donc pas pu y participer. On dit que s’il avait été en pleine condition physique, le destin de la Seleção aurait pu être différent. À noter que cette sélection brésilienne de 82 est pour beaucoup considérée aujourd’hui encore, comme la meilleure génération que le pays ait connu, avec des joueurs comme Zico, Socrates, Falcão…

Roberto Dinamite

Idole de Vasco, il est le meilleur buteur de l’histoire du club et du championnat brésilien. Rien que pour cela, il mérite sa place dans ce top. Il a été meilleur buteur du championnat brésilien en 1974 et 1984, du championnat de l’État de Rio en 1978, 1981 et 1985 et de la Copa América en 1983.

En plus de sa puissance, il était aussi très technique. Il est également considéré comme l’un des meilleurs tireurs de coup franc de l’histoire du football brésilien.

Lire aussi : Roberto Dinamite, l’idole de Vasco

Reinaldo

Pour beaucoup (Zico, Marcelo Oliveira…), Reinaldo aurait pu être aussi grand que Pelé. Mais dès son début de carrière, il souffrait déjà de problèmes aux genoux à cause d’opérations mal faites. Il a également souffert face aux défenseurs : on dit que les coups étaient la seule façon de pouvoir l’arrêter. Technique et habile balle au pied, il faisait preuve d’un sang froid impressionnant face au gardien.

À noter qu’en 1977, il a inscrit 28 buts en 18 matchs, soit 1,55 but par match !

Edmundo

Beaucoup de football, mais un mauvais comportement. Voilà comment on pourrait décrire Edmundo. Surnommé « l’animal » à cause de son fort tempérament et son indiscipline sur le terrain, s’il avait eu un meilleur comportement, il serait allé bien plus loin avec la seleção…

Rapide, puissant, matador, et en 1997 un génie. Cette année là, au service de Vasco, il a inscrit 29 buts en 28 matchs, permettant à son équipe de remporter le championnat. Il a également été récompensé en remportant le ballon d’or brésilien du meilleur joueur de la saison.

Bebeto

Quand on dit Romario, il y a Bebeto qui va avec. En effet, il a formé une doublette parfaite avec o Baixinho qui a permis à la seleção de remporter la Copa América 1989, la Coupe du Monde 1994, et d’être vice-champion en 1998.

Malgré son physique plutôt frêle, il était très bon ! Il a su adapter son football pour jouer de façon rapide afin d’éviter le contact avec les défenseurs. En plus d’être habille, c’était un tueur face au but.

Muller

Müller était un joueur rapide, ambidextre et très intelligent (peut-être l’un des plus intelligents sur le terrain de cette liste). Meilleur buteur et meilleur joueur du championnat en 1987, il a collectionné les titres comme la Copa Libertadores et la Coupe Intercontinentale en 1992 et 1993 avec São Paulo, la Recopa en 1999 au service de Cruzeiro, et le plus important de tous : la Coupe du Monde 1994. Il a d’ailleurs participé à trois Coupe du Monde, en 1986, 1990 et 1994. Une référence au Brésil.

Adriano

Adriano Leite Ribeiro, ou Adriano Imperador ou encore Didico pour les intimes. C’était un attaquant impressionnant, puissant, habille et rapide. Le peu de temps qu’il a joué au haut niveau, il a marqué de son empreinte les clubs dans lesquels il a joué : Flamengo, Parme, Inter et en seleção. Il aurait pu être un des meilleurs joueurs de l’histoire… Dommage.

Túlio Maravilha

Túlio Humberto Pereira Costa, plus connu sous le surnom de Túlio Maravilha est une idole du côté de Goiás et Botafogo. En plus d’être un grand provocateur, il était également un très grand buteur. Il a fini meilleur buteur du championnat en 1989, 1994 et 1995, record qu’il partage avec Romário, Dadá Maravilha et Fred. Il était également connu pour son style irrévérencieux et arrogant, et par le fait qu’il n’avait pas la langue de bois. On dit qu’il aurait inscrit 1000 buts au long de sa carrière, mais il n’y a pas de registre officiel.

On pourrait poursuivre la liste encore un moment tant le Brésil a eu de grands buteurs. Voici des noms qui ont marqué l’histoire, mais pour qui il était difficile de trouver des images de leurs exploits.

Dadá Maravilha

Idole à l’Internacional et à l’Atlético-MG, il marquait des buts comme peu en sont capables. Il n’était pas particulièrement doué avec le ballon (il disait lui-même être le meilleur buteur des buts du tibia), mais même comme ça il était bon de la tête et avait un très bon sens du positionnement. C’est de lui dont vient la phrase: il n’y a pas de but moche, ce qui est moche c’est de ne pas marquer de buts.

Il est le quatrième meilleur buteur de l’histoire du football brésilien avec 926 buts inscrits. Il est juste devancé par Romário (1002 buts), Pelé (1284 buts) et Arthur Friedenreich (1329 buts).

Serginho Chulapa

Il est le meilleur buteur de l’histoire de São Paulo (242 buts) et un des meilleurs de Santos (104 buts). Il est également connu pour ses nombreuses bagarres, qui lui ont valu de longues suspensions. Pour l’anecdote, il n’aimait pas voyager, alors avant un long déplacement, il se débrouillait toujours pour se faire expulser.

Pour finir la liste, mentions spéciales pour ces joueurs qui ont été de très grands buteurs :

  • Friendreich
  • Leônidas
  • Coutinho
  • Ademir

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D’où vient la rivalité entre l’Argentine et l’Angleterre ?

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rivalité Argentine Angleterre

Les sélections de football de l’Argentine et de l’Angleterre nourrissent une rivalité depuis de nombreuses années. Une rivalité intercontinentale qu’il est rare de trouver. En effet, généralement les rivalités footballistiques existent entre pays voisins, comme par exemple entre la France et l’Italie, ou l’Argentine et le Brésil.

Bien que cette rivalité ait pour origine un match de la Coupe du Monde 1966, elle a été exacerbée par un événement qui n’a rien à voir avec le foot : la Guerre des Malouines de 1982 entre les deux pays. Elle a ensuite été amplifiée par plusieurs événements controversés, comme par exemple le but de la main de Diego Armando Maradona, « la mano de Dios » lors de la Coupe du Monde 1986.

En plus de ces événements, l’Argentine et l’Angleterre ont entretenu plusieurs conflits au cours de leur histoire, comme les invasions britanniques de Buenos Aires en 1806 et 1807, l’incident des Malouines en 1833, la Guerre du Paraná (blocus anglo-français du Río de la Plata), et enfin la Guerre des Malouines qui ont ravivé certains de ces antagonismes historiques.

Pourquoi l’Argentine et l’Angleterre ne s’aiment pas ?

Inglaterra la concha de tu madre

Toute rivalité dans le football a un commencement. Il se passe toujours quelque chose que ce soit en lien direct ou non avec le football, qui produit cette étincelle qui peut tout faire exploser lors des confrontations futures. Les relations sportives entre l’Argentine et l’Angleterre étaient très cordiales, jusqu’à la fameuse rencontre de 1966. Ils s’étaient d’ailleurs affrontés à plusieurs reprises sans aucun souci lors de matchs amicaux ou tournois officiels.

Les relations entre les deux pays avant 1966

Le football a été introduit en Argentine par les Britanniques durant le 19e siècle. La première rencontre disputée en Argentine a vu s’opposer deux équipes britanniques : les White Caps contre les Red Caps, au Cricket Club de Buenos Aires, le 20 juin 1867.

La première ligue argentine a été fondée par un instituteur britannique en 1891, et toutes les équipes étaient initialement composées de joueurs britanniques, avant que des joueurs argentins ne commencent à se joindre à eux, en particulier au début du 20e siècle.

D’ailleurs, les noms de plusieurs équipes parmi les plus connues d’Argentine sont d’origines anglaises (comme River Plate et Newell’s Old Boys) ou ont été influencés par cette langue (comme Boca Juniors ou Quilmes Athletic Club).

Les deux sélections nationales s’étaient déjà affrontées avant le choc de 1966. L’Argentine a été la première équipe avant l’Écosse à jouer contre l’Angleterre au stade de Wembley en 1951. Ils ont également disputé deux rencontres en 1953 à Buenos Aires. Lors du premier match, qui apparaît dans la liste officielle des matchs internationaux joués par l’Argentine, l’Albiceleste s’est imposée 3-1, résultat qui est donc considéré comme la première victoire des Argentins face aux Anglais. La deuxième rencontre a été interrompue après 36 minutes de jeu à cause d’une pluie torrentielle, alors que le score était de 0-0.

L’expulsion de Ratín et la naissance de la rivalité Argentine-Angleterre

Comme nous le disions, toute rivalité dans le football a un début. Un fait ou une condition qui définit pour toujours la relation entre deux équipes et qui est à la base d’une inimitié éternelle. En général, ce sont des conflits de voisinage, lors desquels un pays cherche à être meilleur qu’un autre dans toutes les compétitions où ils se croisent.

Dans le cas de l’Argentine et de l’Angleterre, deux pays séparés par un océan, l’élément déclencheur a été particulier. Les relations footballistiques entre les deux pays étaient très cordiales jusqu’en 1966. Ils s’étaient affrontés lors de matchs amicaux et même en Coupe du Monde quatre ans auparavant, au Chili, match au terme duquel les Anglais avaient gagné 3-1.

Tout était normal, jusqu’au 23 juillet 1966, lorsque l’arbitre Rudolf Kreitlein a décidé d’expulser Antonio Ubaldo Rattin. Ce jour-là, les deux nations se sont affrontés à Wembley, pour les quarts de finale de la Coupe du Monde, organisée en Angleterre, et ce match restera marqué comme un des plus polémiques de l’histoire du foot.

Dès le début de la rencontre, on a pu voir que l’arbitrage de l’allemand Rudolf Kreitlein, qui sifflait tout en faveur du pays hôte, penchait en faveur des Anglais. À la 36e minute de jeu, le milieu de terrain et capitaine Antonio Ubaldo Rattin s’est fait expulser par Kreitlein pour avoir réclamé des décisions arbitrales.

Cependant, le joueur argentin ne voulait pas quitter la pelouse, et demandait qu’un interprète vienne sur le terrain pour pouvoir communiquer avec l’arbitre allemand, car il ne comprenait pas ce qu’il était en train de lui dire.

À noter qu’à cette époque, les cartons n’existaient pas encore pour sanctionner les infractions et les expulsions étaient indiquées d’un geste du doigt. Près de 10 minutes se sont écoulées durant lesquelles tous les joueurs argentins réclamaient auprès de l’arbitre, tandis que Rattín refusait de quitter la pelouse.

Finalement, à la 47e minute, le joueur a fini par sortir, en faisant quasiment tout le tour du terrain en même temps qu’il faisait des signes en direction de la tribune comme pour dire :« Vous l’avez payé combien ? ». Les supporters anglais criaient alors “¡Off, Off!”.

L’image qui allait suivre allait finir par faire le tour du monde : alors qu’il était au niveau du point de corner, Antonio Rattín a froissé le drapeau de corner, qui portait le drapeau britannique, et s’est assis sur un tapis rouge, symbole de la reine Elizabeth II, dans un coin du terrain.

Cela a attisé la colère de tous les supporters anglais qui hurlaient contre le joueur, et même de l’entraîneur anglais, Alf Ramsey, qui a qualifié les Argentins d’animaux.

Le match a repris, et après une première période qui a duré 55 minutes, Geoff Hurst, l’attaquant de West Ham United a inscrit de la tête le seul but du match, à 12 minutes de la fin, donnant ainsi la victoire à l’équipe de la Reine, qui finira par se sacrer championne du monde.

À la fin du match, l’arbitre central, Rudolf Kreitlein a déclaré que l’expulsion d’Antonio Rattin avait été : « Pour sa mauvaise façon de regarder », une décision considérée aujourd’hui encore comme polémique et qui a donné lieu à une des plus grandes rivalités de la Coupe du Monde de Football.

La création des cartons jaunes et rouges

L’expulsion d’Antonio Rattin en 1966 a marqué un avant et un après dans l’arbitrage. Jusqu’à la Coupe du Monde en Angleterre, les arbitres expulsaient les joueurs avec des gestes et des mots. Du fait la confusion qui a eu lieu entre l’arbitre allemand Rudolf Kreitlein et le capitaine argentin, la FIFA a jugé nécessaire d’incorporer un élément qui indiquerait qu’un joueur a été exclu.

Cette même année, lors d’un voyage en voiture, l’arbitre anglais Ken Aston a trouvé la solution alors qu’il était arrêté à un feu tricolore : jaune = attention, rouge = interdiction. Lorsqu’il en a parlé à sa femme, elle lui a confectionné des cartons rectangulaires en papier qui tenaient dans une poche. Aston a proposé cette solution à la Commission des Arbitres de la FIFA, dont il était membre, et son idée a été acceptée et mise en place à partir du Mondial suivant, au Mexique en 1970.

Le contexte de la Guerre des Malouines

Après des matches amicaux en 1974, 1977 et 1980, qui n’ont présenté aucun signe particulier de rivalité, le match entre les deux équipes en compétition officielle qui a suivi a eu lieu lors de la Coupe du Monde au Mexique, le 22 juin 1986, une nouvelle fois en quart de finale.

La rencontre, disputée au Estadio Azteca, à Mexico était particulièrement incendiaire du fait de la guerre des Malouines menée par les deux pays quatre ans auparavant seulement, et beaucoup d’Argentins voyaient dans ce match une occasion de se venger de l’Angleterre pour avoir perdu le conflit.

La Mano de Dios

Lors de cette rencontre, Diego Maradona a inscrit deux des buts les plus mémorables de l’histoire de la Coupe du Monde. Le premier a été inscrit de la main à la 51e minute de jeu, ce qui a provoqué la furie des joueurs et des supporters anglais. Ce but, connu comme « la main de Dieu » est devenu célèbre en Angleterre, car les Three Lions ont perdu la rencontre, et l’Argentine a fini par remporter la compétition.

La Mano de Dios de Diego Maradona

Le deuxième but a été inscrit quatre minutes après. Maradona est parti du milieu de terrain et a dribblé cinq joueurs anglais : Peter Beardsley, Peter Reid, Terry Butcher, à deux reprises, Terry Fenwick, et enfin, le gardien Peter Shilton avant de pousser le ballon au fond des filets.

Gary Lineker a ensuite réduit la marque de la tête à la 81e minute de jeu, portant le score à 2-1 en faveur de la sélection argentine.

Malgré la beauté de son deuxième but, Maradona a écrit dans son autobiographie : « parfois je pense que je préfère le but de la main… c’était un peu comme voler le portefeuille d’un anglais ». Il a aussi écrit, en référence au conflit des Malouines : « c’est comme si on avait frappé tout un pays, pas seulement une équipe de football… Même si nous avions dit avant le match de football que cela n’avait rien à voir avec la guerre des Malouines, nous savions qu’ils avaient tué de nombreux jeunes argentins là-bas, nous les avons tué comme des petits oiseaux. Et cela a été notre vengeance ».

Aujourd’hui encore, les joueurs et les supporters argentins rendent hommage chaque année aux soldats morts durant cette Guerre des Malouines, et pour eux « Las Malvinas son Argentinas ».

Depuis, lors de chaque confrontation entre les deux pays, il est inévitable de faire référence à cette mano de Dios.

L’expulsion de Beckham en Coupe du Monde 1998

Après avoir disputé un match amical, le 25 mai 1998, à Wembley, match qui s’est terminé sur un match nul 2-2, les deux équipes se sont retrouvées en 16e de finale de la Coupe du Monde 1998, à Saint-Etienne.

Face à une équipe d’Angleterre considérée comme une des meilleures de l’histoire du pays, l’Argentine s’est imposée aux tirs au but 4-3, après avoir fait match nul 2-2 à la fin du temps réglementaire.

On se souvient de ce match notamment pour l’expulsion de David Beckham, qui après avoir été bousculé par Diego Simeone, lui a mis un petit coup qui n’a pas échappé à l’arbitre.

Malgré l’infériorité numérique, l’Angleterre a bien résisté aux attaques argentines, et dans les derniers instants du match, a même cru avoir inscrit le but de la victoire lorsque sur corner, Sol Campbell a placé un coup de tête qui a fini au fond des filets. Mais alors que les joueurs célébraient le but, l’arbitre a signalé une faute de Shearer sur le gardien Roa.

La décision s’est donc disputée aux tirs au but, où le gardien Roa a été héroïque en arrêtant deux tirs anglais.

Immédiatement après le match, Beckham a été pris en grippe par la presse anglaise. Le lendemain, le Daily Mirror titrait : « 10 lions héroïques, un seul enfant stupide ». On notera également le talent théâtral de Diego Simeone.

La Coupe du Monde 2002

En 2000, les deux équipes ont disputé un nouveau match amical, une nouvelle fois à Wembley, qui s’est terminé sur un 0-0. Puis en 2002, les deux équipes se sont retrouvées lors de la Coupe du Monde, qui s’est disputée au Japon et en Corée du Sud.

Après avoir été éliminé par l’Argentine lors de deux des trois précédentes Coupes du monde auxquelles elle avait participé, la tension était forte en Angleterre. D’autant plus que l’Angleterre avait fait match nul lors de sa première rencontre contre la Suède, du coup elle avait besoin de faire un bon résultat contre l’Argentine pour ne pas être éliminée.

David Beckham, qui était alors capitaine de l’Angleterre, a marqué le seul but du match, sur penalty, suite à une faute de Mauricio Pochettino sur Michael Owen. Ce but lui a permis de se racheter aux yeux des supporters anglais, après son rouge lors du Mondial 98.

L’Argentine, qui faisait partie des favoris pour remporter le tournoi a été éliminée dès le premier tour. Même si les joueurs et les supporters argentins ont critiqué l’arbitrage suite au penalty accordé aux Anglais, le match s’est plutôt bien passé, et bien que la rencontre était compétitive, il n’y avait pas cette rancoeur comme lors des rencontres de 1966, 1986 et 1998.

Verón le « traitre »

Les supporters ont bien sûr été extrêmement déçus de cette défaite puis du match nul qui a suivi contre la Suède. Une nouvelle controverse a alors surgi parmi les supporters à la suite du match, en disant que le capitaine Juan Sebastián Verón avait volontairement baissé le pied parce qu’il devait ensuite retourner en Angleterre où il jouait, à Manchester United.

Les matchs entre clubs anglais et argentins

Les clubs argentins et anglais n’ont pas eu beaucoup d’opportunités de s’affronter, mais quand ils l’ont fait, il y a eu quelques incidents notables. Les matchs les plus mémorables ont eu lieu en Coupe Intercontinentale (qui n’existe plus).

En 1968, Estudiantes de La Plata a joué contre Manchester United pour remporter ce trophée. Le club argentin a remporté le match aller 1-0 à la Bombonera (Buenos Aires) grâce à un but de Marcos Conigliaro. Le match retour, disputé à Old Trafford (Manchester) s’est conclu sur un match nul 1-1, avec Juan Ramón Verón qui a ouvert le score dès la sixième minute pour Estudiantes, et Willie Morgan qui a égalisé à la 90e minute pour Manchester United.

Estudiantes s’est imposé sur le score cumulé de 2-1 et a ainsi remporter sa première Coupe intercontinentale. À noter que les deux matchs ont été rugueux avec des cartons rouges et des blessures lors des deux rencontres.

Neuf ans plus tard, en 1977, Liverpool a refusé de jouer contre Boca Juniors, du coup Boca a joué contre le vice-champion d’Europe, le Borussia Mönchengladbach, et a remporté sa première Coupe Intercontinentale. En 1978, la Coupe intercontinentale ne fut même pas disputée pour un « problème de calendrier » de Liverpool.

En 1984, Independiente et Liverpool se sont affrontés pour la Coupe qui avait alors été rebaptisée « Copa Toyota Intercontinental ». Le format aussi avait changé avec une finale unique qui se disputerait au Japon. Independiente s’est alors imposé 1-0 grâce à un but de José Percudani.

La rencontre la plus récente entre clubs anglais et argentins s’est disputée lors de la Coupe de la paix (Peace Cup) 2007, entre River Plate et Reading FC, avec une victoire 1-0 du club de Buenos Aires, grâce un joli but sur coup franc de Abelairas.

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Argentine – Brésil : une rivalité de plus de 100 ans !

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Argentine - Brésil : une rivalité de plus de 100 ans !

Plus qu’un simple match, une rencontre entre l’Argentine et le Brésil, même amicale a une signification particulière. C’est un clássico pour la suprématie de la région.

Argentine et Brésil : fournisseurs de stars mondiales

En ce qui concerne les titres remportés, les Argentins ont l’avantage en nombre de Copa América gagnées avec 14 titres contre 8 pour les Brésiliens, mais aussi aux Jeux olympiques : ils sont doubles champions olympiques et comptent deux médailles d’argent, tandis que le Brésil compte une médaille d’or, trois médailles d’argent et deux de bronze.

En contrepartie, le Brésil a remporté 5 Coupes du Monde (1958, 1962, 1970, 1994 et 2002) et 4 Coupe des Confédérations (1997, 2005, 2009 et 2013), tandis que l’Argentine a gagné 2 fois le Mondial (1978 et 1986) et une seule Coupe des Confédérations en 1992.

Les deux pays nous ont gratifié de grandes stars du football mondial, comme Pelé, Maradona, Messi, Rivelino, Garrincha, Di Stéfano, Zico, Didí, Sócrates, Passarella, Romário, Kempes, Ronaldo, Batistuta, Rivaldo, Riquelme, Kaká, Redondo, Bebeto, Verón, Neymar, Caniggia, Ronaldinho, et bien d’autres encore. Ce sont les pays qui exportent le plus de joueurs à travers le monde.

Histoire de la rivalité

L’histoire à l’origine de la grande rivalité footballistique entre le Brésil et l’Argentine commence avant même l’existence des deux pays, et présente des traits historiques. Les Espagnols et les Portugais ont commencé cette querelle peu après la découverte de l’Amérique, quand ils ont divisé les terres dans le Traité de Tordesilhas. Ensuite, alors que les pays étaient déjà indépendants, la tension entre les deux pays a augmenté d’un ton avec la guerre Cisplatine.

Néanmoins, sur le plan footballistique, cette rivalité féroce entre les Brésiliens et les Argentins n’est pas forcément aussi grande que certains commentateurs sportifs veulent le laisser penser. Il existe une certaine admiration réciproque.

En effet, la presse argentine considère généralement la seleção comme les adeptes du « joga bonito« . Ronaldo Helal, docteur en sociologie de l’Université de New York était à Buenos Aires pour analyser le récit des journaux argentins lors des Coupes du monde de 1970 à 2006. À sa grande surprise, en 1994, par exemple, « Clarín » avait réalisé une enquête la veille de la finale entre le Brésil et l’Italie et 60% des personnes interrogées avaient déclaré soutenir l’équipe nationale brésilienne.

De plus, le plus grand rival de l’Argentine ne serait pas le Brésil, mais bel et bien l’Angleterre. Lívia Magalhães, doctorante en histoire sociale à la Fluminense Federal University a ainsi écrit : « Un match entre le Brésil et l’Argentine est un match de rivalité entre Brésiliens et Argentins, mais contre l’Angleterre, c’est un match sérieux. »

Ainsi, en 1920, lors de la première confrontation officielle entre les sélections du Brésil et de l’Argentine, disputées en sol castillan, après la victoire du Brésil sur un score minimal, une scène fantastique et aujourd’hui impensable a eu lieu : les supporters argentins ont célébré avec les Brésiliens, en portant le gardien brésilien sur les épaules.

Selon Douglas Ceconello de GloboEsporte.com, les nombreux titres remportés par les deux pays, à partir de la seconde moitié des années 1950 ont mis en lumière la rivalité entre le Brésil et l’Argentine. Au début du XXe siècle, lorsque le football faisait ses premiers pas, c’était un outil de confraternité entre les peuples.

Pour lui, la rivalité a été renforcée ces dernières années, du moins du côté brésilien, par un discours superficiel et rempli de préjugés, qui résume le football argentin à de l’anti-jeu et jette par la même occasion un doute sur la nature même des Argentins.

Quoi qu’il en soit, un commentateur de football d’une télévision argentine a résumé l’intensité de la rivalité entre le Brésil et l’Argentine lors de la finale de la Coupe du monde 2014 : « Il est difficile de comprendre comment les Brésiliens vont supporter l’Allemagne. Ce n’est pas l’Allemagne qui leur a mis sept buts ? » Une phrase qui en dit long…

15 causes et curiosités qui expliquent la rivalité entre le Brésil et l’Argentine

La plus grosse rivalité d’Amérique du Sud a créé des racines dans le football et s’est surtout alimentée de l’admiration qu’ils ont l’un envers l’autre. Mais le respect mutuel n’a pas toujours donné le ton lors des matchs entre le Brésil et l’Argentine. Plus de 100 ans après la première confrontation, on ne manque pas d’histoires à raconter.

1. Hors terrain

La guerre cisplatine 1825 – 1828

La rivalité a commencé avant même l’existence des deux pays. Quand les Portugais et les Espagnols sont arrivés, ils se battaient déjà pour le territoire. Plus tard, le Brésil et l’Argentine sont entrés en guerre pour la Province Cisplatine, qui est devenue l’Uruguay après la défaite des troupes brésiliennes. Le temps est passé et les relations sont devenues plus tranquilles, sauf dans le football…

2. Perdez pour la patrie

Stade Laranjeira

Le premier duel n’avait rien d’officiel et ne compte même pas dans les statistiques, mais a été marqué par un curieux épisode. En 1912, l’ex-président argentin Julio Roca avait été envoyé au Brésil par le président de l’époque lors des commémorations du 7 septembre pour le 90e anniversaire de la proclamation de l’indépendance du Brésil, afin d’apaiser les relations entre les deux pays qui étaient alors plongés dans des tensions commerciales et militaires.

Mais il n’y est pas allé seul, en effet, un contingent de la Fédération Argentine de Football a fait le voyage avec lui. Après avoir remporté des matches amicaux contre des équipes de São Paulo et de Rio de Janeiro, il était temps d’affronter le Brésil lors d’un match festif au stade Laranjeiras (photo).

Les Argentins menaient 3-0 à la mi-temps et Julio Roca a fait une demande aux joueurs à la mi-temps : « Le Brésil célèbre sa fête nationale. Aujourd’hui, vous devez perdre. Perdez pour la patrie ! » En seconde période, les Argentins ont baissé le rythme et ont gagné « seulement » 5 à 0.

3. Une confusion dans les statistiques

Copa Roca 1963

La Copa Roca a été créée en hommage à Julio Roca, une compétition disputée entre les deux sélections pour la première fois en 1914 lors de la création officielle de la sélection brésilienne.

Sauf que dans les statistiques de l’Association du Football Argentin (AFA), il y a deux victoires contre le Brésil qui ont eu lieu avant même l’existence de la sélection brésilienne : une en 1908 et une en 1912. La CBF comptabilise également des matchs non reconnus par les Argentins.

De son côté, la FIFA a également fait un calcul différent. Si on prend en compte les données de la FIFA, on compte 40 victoires du Brésil, 37 de l’Argentine, et 26 matchs nuls. Dans leurs comptes, la CBF compte une défaite en moins, l’AFA en compte deux.

4. La « Mano de Dios » … annulée

L’équipe du Brésil lors de la première Copa Roca en 1914

La première édition de la Copa Roca, en 1914, s’est disputée en Argentine et a été remportée par le Brésil 1-0, sur un but de Rubens Salles. Mais l’Argentine aurait pu égaliser s’ils n’avaient pas fait preuve d’un fair-play improbable de nos jours.

En seconde période, l’attaquant Roberto Leonardi a marqué de la main alors qu’il était en duel aérien avec le gardien. L’arbitre, qui était brésilien n’avait rien vu et pointait déjà le rond central, mais il a vite été encerclé par les joueurs argentins, qui l’ont averti que le but était illégal. Le but a alors été annulé et le Brésil a remporté la coupe.

5. « Macaquitos »

Le dessin qui représentait les Brésiliens comme des singes

En 1928, la sélection brésilienne a voyagé à Buenos Aires pour disputer un match qui devait être amical, mais qui a fini par aviver la rivalité entre les deux pays.

Lorsqu’ils sont arrivés sur place, les Brésiliens ont été surpris par un dessin dans un journal qui les représentait comme des singes, à cause de la présence de quatre jours noirs dans l’équipe. Ces quatre joueurs ont refusé de jouer.

En solidarité, l’Argentine a accepté de jouer avec quatre joueurs en moins afin que le match puisse se réaliser, et a gagné 3-1.

6. Le sélectionneur argentin du Brésil

La seleção entièrement représentée par des joueurs de Palmeiras. Nelson Filpo Nuñez est l’homme avec les lunettes de soleil.

L’Argentine n’a jamais eu de sélectionneur brésilien, mais le Brésil a déjà eu un sélectionneur argentin. Seul étranger à avoir entraîné seul la sélection brésilienne, Nelson Filpo Núñez était le coach de Palmeiras, qui a dominé le football brésilien dans les années 1960.

Lors de l’inauguration du stade Mineirão, en 1965, l’équipe de Palmeiras a été invitée à porter le maillot jaune de la sélection pour jouer contre l’Uruguay. La sélection palmeirense a gagné 3-0, lors de l’unique match d’un technicien argentin à la tête de la seleção.

7. Les plus gros scores


Le résultat le plus large a été la victoire 6-1 de l’Argentine lors de la Copa Roca en 1940. Cinq ans plus tard, le Brésil a failli égaliser ce résultat en gagnant 6-2, également en Copa Roca. Le dernier gros score a eu lieu lors de la finale de la Coupe des Confédérations en 2005, avec un show du carré magique qui a permis au Brésil de gagner 4-1.

8. Pelé, le meilleur buteur du clásico

Premier but de Pelé – Brésil-Argentine – Copa Roca 1957

En 10 matchs contre l’Argentine, le Roi Pelé a inscrit huit buts et est aujourd’hui encore, le meilleur buteur du clássico. Il a d’ailleurs été le premier à inscrire un triplé lors d’un même classico, lors de la victoire 5-2 en Copa Roca en 1963. Malgré cela, son bilan contre l’Argentine est équilibré : 4 victoires, 2 nuls et 4 défaites.

9. Maradona : discret et décisif

L’Argentine de Maradona face au Brésil en 1982

C’est de lui qu’est née l’action qui a permis à Caniggia de se retrouver seul et d’inscrire le but qui a éliminé le Brésil lors de la Coupe du Monde 1990, mais les chiffres de Maradona lors du clássico sont bien discrets : en six matchs, il n’a marqué qu’un seul but et compte trois défaites et deux nuls. La seule victoire fut lors de ce Mondial de 1990.

10. Les premières batailles lors de Coupes du Monde

La « bataille de Rosario » le 18 juillet 1978

En 1974, le Brésil a gagné 2-1 et a éliminé l’Argentine. En 1978, lors d’un match qui est resté dans la mémoire comme « la Bataille de Rosario« , la rivalité a fleuri. Après un violent match nul 0-0, les Argentins se sont qualifiés pour la finale avec une victoire polémique sur le score de 6-0 contre le Pérou. En 1982, l’inoubliable équipe brésilienne n’a laissé aucune chance à son rival et l’a emporté 3 à 1, éliminant alors l’Argentine.

11. L’eau bénite

Un masseur argentin offre de l’eau à Branco qui va la boire sans savoir qu’elle contenait un somnifère

Le dernier clássico lors d’une Coupe du monde a porté la rivalité à un autre niveau. En plus d’aider à éliminer le Brésil lors des huitièmes de finale de la Coupe du monde de 1990, Maradona a rigolé de cet épisode d’eau bénite, quelques années plus tard.

La victime a été le latéral Branco, qui a accepté une bouteille d’eau offerte par un masseur argentin sans savoir qu’elle contenait un somnifère.

12. La Copa América

Le but de Bebeto au Maracana en 1989

Dans cette compétition continentale, les Argentins comptent bien plus de titres : 14 contre 8 pour les Brésiliens. Néanmoins, les bons souvenirs les plus récents sont en faveur des Brésiliens. En 1989, le but inoubliable de Bebeto au Maracanã. En 1995, Túlio qui marque un but décisif suite à un contrôle de la main. En 2007, l’équipe du Brésil qui a battu l’Argentine pourtant favoris avec Riquelme, Verón et Messi en finale.

13. L’Imperador

L’attaquant brésilien Adriano qui célèbre un but contre l’Argentine

Les Argentins doivent avoir des frissons rien que de penser à Adriano. Ce but dans le temps additionnel de la Copa América 2004 doit être dur à avaler, surtout avec la victoire par la suite du Brésil aux tirs au but. Pour en rajouter, en finale de la Coupe des Confédérations 2005, l’Imperador a inscrit deux buts et le Brésil a gagné 4-1.

14. Qui a remporté le plus de finales ?

Lionel Messi, entouré par des joueurs brésiliens

Malgré une domination brésilienne lors des dernières rencontres contre l’Argentine, il y a un équilibre dans l’historique. L’Argentine a gagné les trois premières finales contre le Brésil, toutes lors de Copa América (1937, 1946 et 1959). Et la sélection brésilienne a remporté les trois dernières : en 2004 et 2007 en Copa América et en 2005 en Coupe des Confédérations.

15. Qui est le champion du chambrage ?

Des supporters argentins qui se moquent de l’élimination du Brésil contre l’Allemagne en 2014

Les Argentins ont le journal Olé, qui connaît un grand succès avec ses Unes amusantes et provocatrices, et également le fameux chant « Brasil decime qué se siente« , en référence à la victoire lors du Mondial de 1990.

Le Brésil contre-attaque avec des chants comme « Eta eta eta, Messi não tem Copa quem tem é o Vampeta » (Eta eta eta, Messi n’a pas de Mondial, alors que Vampeta en a un) ou encore « Mil gols! Mil gols! Mil gols! Mil gols! Mil gols! Só o Pelé! Só o Pelé! Maradona cheirador! » (mille buts (…) Seul Pelé (…) Maradona sniffeur!).

En tribune, le clássico des Amériques est loin d’être terminé.

Brasil decime qué se siente

Mil gols, Mil gols…só o Pelé

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La triste (véritable) histoire du meilleur ami de Carlos Tévez

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La triste histoire de Dario Coronel Cabañas

L’histoire de Darío Coronel, alias « Cabañas » comme il était surnommé dans son quartier de Fuerte Apache, renommé « Danilo, l’Uruguayen » dans la série « Apache : la vie de Carlos Tévez » pourrait également faire l’objet d’une série.

Bien que plus courte dans le temps, on peut dire que son histoire est l’opposé de celle de son ami Carlos Tevez, footballeur reconnu dans le monde et qui avait sa famille proche auprès de lui pour le soutenir et lui permettre de réussir sa carrière.

Une enfance difficile à Fuerte Apache

Le quartier de Fuerte Apache, à Ciudadela, en banlieue de Buenos Aires
Le quartier de Fuerte Apache, à Ciudadela, en banlieue de Buenos Aires

« Cabañas » était le meilleur ami d’enfance de Tevez. Les deux ont eu une enfance difficile comme les autres pensionnaires du quartier Ejército de los Andes, plus connu sous le nom de Fuerte Apache, dans un climat de tension permanente et où le football est souvent la seule chance d’ascension sociale.

Carlos Tevez s’est toujours dit « cent pour cent villero » et a reconnu que s’il n’avait pas été footballeur, il serait tombé dans la criminalité et aurait sûrement fini mort ou en prison. « Cabañas » n’a malheureusement pas pu échapper à cette destinée, alors que pour la plupart des gens qui l’ont vu jouer, il était meilleur que l’actuel attaquant de Boca, à la différence que ce dernier était toujours entouré par sa famille. En effet, son oncle Segundo et sa tante Adriana Martínez ont été fondamentaux pour lui donner un cadre affectif. Comme le dit l’Apache, « Segundo insistait sur le fait que je devais étudier ».

Dario Coronel Cabañas et Carlos Tevez lorsqu'ils étaient enfants
Dario Coronel Cabañas et Carlos Tevez lorsqu’ils étaient enfants

Tevez, connu dans le quartier comme « El Manchado », et « Cabañas » sont allés ensemble à l’école de Fuerte Apache et Carlos invitait souvent son ami chez lui. À l’âge de 11 ans, il a été abandonné par sa mère, qui après l’avoir vue revenir après un de ses nombreux délits, est rentrée au Paraguay et a emmené ses frères avec elle. Il s’est alors retrouvé seul, à vivre avec son beau-père, qui le battait. C’est à partir de là que son monde s’est effondré.

Le gang des Back Street Boys

Les BSB dans la série Apache : la vie de Carlos Tévez
Les BSB dans la série Apache : la vie de Carlos Tévez

Il a commencé à se rapprocher des « Back Street Boys » (BSB), un groupe de fans du rappeur américain Vanilla Ice. Ils commettaient de nombreux délits et presque aucun membre de cette bande n’a survécu. Certains d’entre eux ont été tués par la police et d’autres par des gangs rivaux. Ils s’appelaient « Los Guachos » et il se dit que sur environ 24 membres, 20 d’entre eux sont morts ou en prison.

Ils passaient leur temps à taguer, à danser, à faire des acrobaties avec les vélos qu’ils volaient. Ils volaient aussi des voitures, qu’ils conduisaient comme des fous, provoquant des accidents graves et des blessures. Ils squattaient les appartements des voisins immigrants, qu’ils chassaient pour rester chez eux, profitant du fait que peu de logements avaient de contrat à Fuerte Apache.

Ils se rendaient aussi à Córdoba et à Tucumán pour voler des banques et l’on dit même qu’ils ont tiré sur un poste de police, pour venger la mort d’un de leurs chefs. Une fois que les plus grands des BSB ont été emprisonnés ou tués, les plus petits, dont « Cabañas », ont grimpé dans la hiérarchie du gang.

Une réalité différente de la fiction

Danilo "Uruguayo" et Carlos Tevez dans la série Apache : la vie de Carlos Tévez
Danilo « Uruguayo » et Carlos Tevez dans la série Apache : la vie de Carlos Tévez

Dans la série Netflix, Matías Recalt joue magnifiquement le rôle de « El Uruguayo » Danilo, une référence à Darío « Cabañas » Coronel. Comme Tevez, Cabañas est né en 1984, et à l’âge de 10 ans, tous deux, ainsi que d’autres compagnons de son équipe, sont allés faire un test à Vélez où seul Cabañas a été retenu, bien que dans la version de la fiction, les deux ont passé la première étape. « Je représente le meilleur ami de Carlitos, mais ce n’est pas le même Cabañas pour des questions de respect pour la famille. C’est une question très sensible », avait déclaré Recalt à la chaîne de Boca, lors du tournage.

Malgré son potentiel de crack, dont « Cabañas » était lui-même conscient, il n’a jamais pu être constant dans le football et il finissait par quitter toutes les équipes pour lesquelles il a joué, surtout quand il a commencé à sniffer de la colle (la drogue des années 90).

Sa vie pouvait se résumer à quelques entraînements, la consommation de drogue, l’addiction, les délits et des passages dans des établissements pour mineurs, bien qu’il insistait à continuer à jouer. Cela n’a servi à rien qu’il signe ensuite à Banfield puis à Argentinos Juniors.

Il avait l’habitude d’aider des groupes d’enfants qu’il voyait seuls. Il les accompagnait à un kiosque et leur achetait ce qu’ils voulaient avec une partie du butin des vols. C’est d’ailleurs ce qu’avaient fait les membres des « BSB » avec lui, quand il était jeune et qu’il avait besoin de protection. Il apparaissait, parfois, comme un Robin des Bois des temps modernes, comme le décrit le journaliste Diego « Chavo » Fucks, dans son livre « Tevez, la vraie histoire ». Avec une autre partie de l’argent qu’il volait, il s’achetait des chaussures, des bijoux en or ou des vêtements.

Le meilleur joueur de Ciudadela

L'équipe Baby de All Boys avec Carlos Tevez et El Guacho Cabañas côte à côte
L’équipe Baby de All Boys avec Carlos Tevez et El Guacho Cabañas côte à côte

On le surnommait « El Guacho Cabañas » en raison de sa ressemblance avec Roberto Cabañas, le joueur paraguayen de Boca qui a brillé au début des années 1990. Il jouait « huit » et était costaud et robuste. Avec Tevez, ils avaient joué ensemble à Santa Clara et au Baby de All Boys, où l’on dit qu’ils formaient l’une des meilleures équipes de l’histoire de la catégorie. « El Guacho » avec le numéro dix, « El Manchado », avec le neuf. Ceux qui ont joué avec ou contre eux racontent qu’ils s’insultaient sur le terrain, et que plus d’une fois ils se sont disputés en dehors.

Dans son livre « Tevez, corazón apache », le journaliste Sebastián Varela del Río raconte que tout le monde à Ciudadela savait que « Cabañas » était le garçon qui avait le plus grand avenir, et que personne ne pouvait lui prendre le ballon lorsqu’il commençait à dribbler.

« Il a de l’espièglerie, de la classe et le sens du sacrifice. C’est, sans aucun doute, le meilleur joueur de football que le quartier a produit depuis longtemps. Tous ceux qui ont vu un match d’Estrella del Uno savent que cet enfant avait le potentiel pour se garantir un avenir prometteur dans l’élite du championnat argentin… ».

À ce moment des années 90, Darío Coronel était le joyau de l’équipe. C’était le joueur pour qui l’on pensait qu’on payerait des millions. Darío avec le 10, Carlitos avec le 9.

De Villa Real à Vélez

Dario Cabañas Coronel lors de son passage à Vélez
Dario Cabañas Coronel lors de son passage à Vélez

Eduardo « Pino » Hernández, ancien joueur de Vélez et de San Lorenzo, qui était sous contrat à Villa Real, un club également proche de Fuerte Apache, estime que « El Guacho » était le meilleur de ce groupe d’enfants qui ont joué au club, dont faisaient partie David Alaniz, Gonzalo Escobar, Yair Rodríguez (qui a joué à Independiente), Gerardo Rodríguez, Ariel Galeano et le gardien Jorge « Patu » Cardozo. Tous étaient de Fuerte Apache et jouaient à Santa Clara, qui jouait deux ou trois divisions en dessous de Villa Real, qui disputait la plus haute du Baby (catégories jeunes).

« Pino » Hernández les a convaincus d’aller à Villa Real alors qu’ils jouaient encore à Santa Clara en leur disant qu’ils allaient jouer dans une ligue plus compétitive, et que ce n’était pas loin de chez eux non plus.

« Villa Real a toujours accueilli des garçons de Fuerte Apache« . « Nous sommes presque à la limite de la rue General Paz (la rue qui sépare Ciudadela de Buenos Aires), à cinq minutes en voiture du quartier. On a toujours vu la différence entre les garçons de Ciudadela et ceux de la capitale. Comme si ceux de la Province avaient plus de coordination, parce qu’ils n’ont rien d’autre qu’une balle pour jouer ».

Une autre bonne raison d’aller à Villa Real était que Vélez observait souvent les joueurs de l’équipe. « Pino » Hernández, qui collaborait avec l’école de football de Vélez, a parlé d’eux au club. Cela faisait un moment déjà qu’il emmenait des enfants faire des tests au club. Il en sera de même dix ans plus tard avec Thiago Almada, un autre garçon de Fuerte Apache qui a joué à Villa Real et qui joue actuellement à Vélez.

Cabañas meilleur que Tevez ?

Dario Coronel est au centre dans la file du bas
Dario Coronel est au centre dans la file du bas

« Cabañas » et Tevez étaient souvent cités parmi les noms à suivre du Baby Soccer. Il les a ainsi amenés faire des tests en mars 1994, mais pour jouer sur le terrain à onze et cela a été négatif pour Tevez. Pino estime que cela a été préjudiciable au joueur de Boca parce que « El Guacho » « avait une autre prestance et Carlos était petit. » Seul Darío est resté et pendant un certain temps, Alaniz. Carlos a simplement joué des matchs amicaux à Villa Real et un tournoi qu’ils ont remporté à Córdoba, mais il ne voulait pas participer aux tournois de Baby.

Comme la véritable motivation de jouer à Villa Real était la possibilité de rejoindre Vélez, après le test, Tevez est revenu jouer avec les jeunes de All Boys. « Cabañas » est resté à Villa Real avec ses deux autres amis de Fuerte Apache. C’était le père de Gonzalo Escobar qui les amenait et allait le chercher aux entraînements et aux matchs. Il avait une Renault 4. La même qui l’a amenée faire des tests à Vélez.

Quoi qu’il en soit, « Cabañas » était libre à 15 ans, en huitième division. « C’était un joueur avec un avenir prometteur. Il avait tout pour jouer en Primera. Non seulement il était bon balle au pied, mais il était aussi très combatif », se souvient Hernandez. Boca et River le voulaient, mais il a préféré rejoindre Vélez parce que c’est un club qui mise sur ses jeunes pour jouer en Primera.

Un talent gâché

Les jeunes de Fuerte Apache : Darío "Cabañas" Coronel avec la casquette et Tevez avec le pull Nike
Les jeunes de Fuerte Apache : Darío « Cabañas » Coronel avec la casquette et Tevez avec le pull Nike

Un jour, les dirigeants des divisions inférieures de Vélez ont discuté avec Eduardo « Pino » Hernández. L’ancien joueur du club, qui s’occupait d’une catégorie de jeunes, connaissait bien « Cabañas », qu’il avait entraîné pendant trois ans à Villa Real. « Il a disparu du club. Peux-tu aller le chercher et lui dire de revenir ? » lui ont-ils alors demandé. Vingt ans plus tard, « Pino » Hernández s’en souvient ainsi : « son nom était gravé dans le club. On le voyait comme une possible future star. C’était un joueur spectaculaire, très complet. Il avait de la vitesse, de la technique, il était bon balle au pied ».

Comme je l’ai dit plus haut, c’est « Pino » qui l’avait fait signé à Villa Real, et qui l’avait amené faire des tests à Vélez. Du coup, quand il a disparu du club et que sa famille ne savait plus quoi faire pour lui, « Pino » lui a parlé. « Tu as le futur entre tes pieds… un futur impressionnant dans un métier qui est beau. Fais les choses correctement », lui a-t-il alors dit lorsque Darío était venu le voir à Villa Real. Puis il est reparti seul, comme s’il avait écouté ces conseils. Ou alors, comme si dans le fond, il voulait changer sa destinée.

À la suite à cela, il a fini par reprendre les entraînements. Mais à la fin de l’année, ses entraîneurs l’ont libérés. On raconte qu’il volait des vêtements à ses coéquipiers et ils ont fini par en avoir assez de son mauvais comportement. De plus, de nombreuses rumeurs circulaient à son sujet comme : il se dit qu’il a des problèmes de drogue ; apparemment, il s’est fait arrêter ; on dit qu’il a tué un policier ; ils ont carte blanche : si la police le croise, ils le tuent. Si à ce moment-là, ce n’était que des rumeurs, la tragédie a bien fini par arriver…

Les policiers me recherchent, ils veulent me tuer

Tevez qui pose avec Riquelme, lorsqu'il était encore ramasseur de balles
Tevez qui pose avec Riquelme, lorsqu’il était encore ramasseur de balles

En 2001, alors que Tevez jouait déjà dans les divisions inférieures de Boca, qu’il faisait partie de l’équipe argentine U15 et qu’il était à Arequipa, au Pérou, pour disputer le Sudamericano U17, Cabañas est apparu assis sur le trottoir avec une photo de Carlitos avec l’équipe argentine dans une main et un sac de colle dans l’autre. Didí Ruiz l’a vu pleurer et s’est assis à côté de lui.

« Comment est-ce possible ? Explique-moi. Je ne comprends pas comment ce connard est arrivé en Primera et tous les policiers me recherchent … ils veulent me tuer, Didí. Alors que je jouais mieux que lui. Tu sais comment je jouais, je n’ai pas besoin de te le raconter. Et regarde comment je suis maintenant. Toute la journée avec cette merde », peut-on lire dans le livre de Diego « Chavo » Fucks : « Tevez, la vraie histoire ».

Le « vieux » Propato, qui l’a entraîné aux All Boys avec Tevez et qui les emmenait dans sa camionnette pour aller s’entraîner, l’a croisé une fois à Comunicaciones, après que Vélez se soit lassé d’aller le chercher dans le quartier et qu’il ait quitté Banfield et Argentinos Juniors. « Qu’est-ce que tu fais là, alors que tu as autant de possibilités de jouer dans de plus grands clubs ? », a-t-il demandé. « Je ne l’avais pas vu depuis longtemps. Je savais qu’il ne jouait plus, qu’il volait, qu’il s’était battu avec tout le monde et qu’il était en difficulté. J’entraînais Comunicaciones et un matin, il est apparu. Je n’arrivais pas à y croire. Il avait déjà 15 ans. »

C’était lors de la saison 1999/2000. Carlitos jouait à Boca depuis deux ans et tout se passait bien pour lui. Au contraire de Dário. « Tano, le seul qui peut me sauver, c’est toi », m’a-t-il dit.

« Que pouvais-je faire de plus que de l’amener et le ramener ? … Je l’ai regardé, perplexe. Darío pouvait jouer où il voulait. Son niveau de jeu était trop élevé par rapport aux autres enfants que j’avais à Comunicaciones. Je lui ai proposé de l’emmener à Argentinos, à Boca avec Maddoni, à River avec Gabriel Rodríguez, mais il a insisté pour signer pour Comu. Il a dû jouer deux mois et dans cette catégorie, c’était comme avoir l’as de pique entre les mains. À ce moment-là, il était peut-être meilleur que Carlitos, mais l’environnement dans lequel a grandi Tevez était meilleur, et cela l’a aidé. Nous nous sommes ensuite rencontrés deux ou trois fois de plus, nous avons parlé de tout. Je voyais qu’il n’était pas bien. J’ai appris qu’il était mort quelques jours plus tard, quand les gars d’El Fuerte me l’ont dit », raconte-t-il dans « Tevez, la vraie histoire ».

Propato a appris qu’il s’était suicidé après avoir tué un policier et être rentré à Fuerte Apache avec une balle dans le nez. Il était condamné et l’on savait que la police avait carte blanche pour quoi que ce soit.

Ils avaient braqué le bingo de Ciudadela et avaient réussi à s’enfuir. Il ne manquait plus qu’un bloc pour arriver à Fuerte Apache et « Cabañas » savait qu’une fois sur place, ils ne pourraient pas l’attraper. Ils sont arrivés rue Besares et ont tourné. Cabañas a aidé plusieurs collègues à escalader un mur, mais il a entendu les sirènes des patrouilles de police. Lorsqu’il a vu qu’ils l’encerclaient, il s’est rendu compte qu’il n’avait aucune chance et que le moment était venu.

La promesse de Tevez

Quelques mois auparavant, quand il lui avait dit au revoir la veille de se rendre avec les U17 à Trinité-et-Tobago pour disputer la Coupe du Monde avec l’équipe nationale argentine, Tevez lui avait promis de lui ramener le maillot qu’il allait porter pour ses débuts. Les deux avaient alors 17 ans. Carlitos n’a pas pu tenir sa promesse.

À son retour, son oncle Segundo lui a annoncé que « Cabañas » s’était suicidé d’un coup de feu dans la tempe, alors qu’il était encerclé après une poursuite policière. Il avait toujours dit à Fuerte Apache que plutôt que de se rendre à la police ou que celle-ci tue un « chorro » (voleur, bandit), il préférait encore se suicider.

« On était ensemble toute la journée. On allait au club, au petit terrain du quartier, à l’école, partout. Cela a été un coup très dur pour moi. La dernière fois que je l’ai vu, j’ai eu le pressentiment que c’était un adieu », a avoué Tevez à Susana Giménez dans son émission de télévision.

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