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Atlético-MG – Cruzeiro : histoire du Clássico Mineiro

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Atlético-MG - Cruzeiro : histoire du Clássico Mineiro

Entre les années 1920 et les années 1930, un seul clássico dominait la ville de Belo Horizonte, celui entre l’América et l’Atlético, tandis qu’un certain Palestra Itália cherchait encore à faire ses preuves. Mais dans les années 1940, le jeune Palestra Itália – qui deviendra plus tard Cruzeiro – a commencé à se battre assidûment pour les titres de l’État du Minas Gerais, alors que l’América était en profond déclin. De son côté, le Galo restait fort et a commencé à regarder d’un mauvais œil cette audacieuse équipe bleue. La mèche a été allumée dans les années 1960, lorsqu’un colosse de béton appelé Mineirão a été construit à Pampulha pour accueillir les principaux matchs de football de l’État et recevoir la masse croissante de supporters de l’Atlético et de Cruzeiro. À partir de ce moment-là, la rivalité était lancée. Atlético x Cruzeiro est devenu le plus grand clássico du football du Minas Gerais. Il a conquis le Brésil et est devenu l’un des duels les plus chauds et les plus disputés du football brésilien, et même mondial.

Cruzeiro – Atlético-MG : un duel centenaire

Classico Cruzeiro Atlético-MG

Des supporters fervents et passionnés qui aiment se provoquer, des grands joueurs qui ont contribué à bâtir les périodes dorées du football brésilien au cours de différentes décennies, des équipes inoubliables, qui ont tout gagné, et un stade construit dans l’intention d’accueillir ces clubs et leurs supporters. Tout cela et bien d’autres choses encore entourent le Clássico Mineiro entre l’Atlético et Cruzeiro, qui a fêté ses 100 ans en 2021. Avec ses histoires particulières, ses hégémonies et ses contrastes, le duel entre alvinegros et azuis s’est fondu dans l’histoire du football du Minas Gerais et est l’un des plus disputés et tendus du pays. Sa croissance a accompagné l’expansion démographique de la ville de Belo Horizonte et a polarisé l’attention de la capitale après le déclin des performances de l’América dans les années 40. Puis avec l’arrivée du Mineirão, le clássico a définitivement explosé et est devenu un événement unique qui déchaîne les passions et qui motive des milliers de petits garçons et de filles nés dans le Minas Gerais à devenir joueur et joueuses de football.

La naissance de la rivalité

Fondé en 1908, l’Atlético est le tout premier champion de l’histoire du Campeonato Mineiro, qui a débuté en 1915, trois ans après la fondation de l’América, qui remporta l’édition 1916. Le Coelho a ensuite réalisé une impressionnante série de 10 titres consécutifs, un fait unique dans l’histoire du football de Minas Gerais, et seulement égalé par l’ABC-RN parmi tous les tournois d’État du Brésil.

À la fin de cette série de dix championnats, une équipe fondée par des Italiens à Belo Horizonte en 1921, appelée Palestra Itália, a osé se battre pour le titre en 1922 (deuxième place) et en 1924 (deuxième place). Considéré à l’époque comme le plus grand club de Minas, l’América ne considérait que l’Atlético comme rival et les deux clubs jouaient le fameux « Clasico das Multidões », tandis que les Palestrinos cherchaient encore leur place.

Le 17 avril 1921, Palestra Itália, qui n’avait disputé jusqu’alors qu’un seul match officiel, a affronté l’Atlético pour la première fois en match amical et s’est imposé 3-0, dans un match arbitré par l’ex-président (et l’un des fondateurs) de l’Atlético, Aleixanor Alves Pereira.

Une goleada historique

Par la suite, les rencontres entre les deux clubs ont été équilibrés, du moins jusqu’au 27 novembre 1927, date de la victoire historique de l’Atlético sur le score de 9-2 contre le Palestra, la plus large victoire de l’histoire de la confrontation, fruit de l’attaque prolifique menée par Said, Jairo et Mário de Castro, le « Trio Maldito », directement responsables de huit buts – triplé de Said, triplé de Jairo et doublé de Mário de Castro. Getúlio a inscrit le neuvième but. Cette victoire a lancé l’Atlético vers un deuxième titre consécutif dans le championnat d’État.

Jairo, Said et Mário de Castro, l'attaque de l'Atlético qui s'est fait connaître sous le nom de Trio Maldito (Trio maudit) dans les années 1920.
Jairo, Said et Mário de Castro, l’attaque de l’Atlético qui s’est fait connaître sous le nom de Trio Maldito (Trio maudit) dans les années 1920.

La réponse de Palestra ne s’est pas fait attendre et en 1928, le club a gagné son premier titre régional, et a démarré une série de trois titres consécutifs (1928, 1929, et 1930) avec notamment une goleada 5-2 contre l’Atlético en novembre 1929.

Le début l’antagonisme

En 1931, le titre est revenu à l’Atlético, puis Villa Nova a remporté trois titres consécutifs. A la fin de la décennie, le Galo a remporté d’autres titres grâce notamment à Guará, le meilleur buteur de l’histoire du derby, qui a inscrit ses 26 buts durant cette période. Entre septembre 1937 et janvier 1939, le Galo a également réalisé sa plus longue série d’invincibilité face au Palestra : 10 matchs, avec 8 victoires (six consécutives) et deux nuls. Jusqu’alors, le duel était amical, avec peu de querelles et, comme ils étaient voisins, il leur est même arrivé de jouer sur le terrain de leur rival, au Barro Preto (Palestra Itália), ou au Lourdes (Atlético).

Le stade Prado Mineiro a été le premier à accueillir le clássico entre l'Atletico et Cruzeiro à Belo Horizonte
Le stade Prado Mineiro a été le premier à accueillir le clássico entre l’Atletico et Cruzeiro à Belo Horizonte.

Mais la tension est vraiment montée d’un cran en 1940, lors du troisième match décisif qui a défini le champion de cette année-là. Le match s’est terminé sur une victoire 2-0 du Palestra (buts d’Alcides et de Niginho, le meilleur buteur celeste de l’histoire du clássico avec 25 buts), a décrété le titre du Palestra (le dernier du club sous ce nom), a empêché un inédit troisième titre consécutif de l’Atlético et une bagarre a eu lieu pendant le match. Même l’arbitre venu de Rio de Janeiro (Mário Vianna) n’a pas réussi à calmer les esprits. Ce fait, ajouté au tricampeonato de Cruzeiro entre 1943 et 1945 et aux confrontations de plus en plus disputées entre les deux équipes, a définitivement forgé une rivalité qui n’a fait que s’amplifier dans les années qui ont suivi.

La bagarre lors du derby de 1940 a cimenté la rivalité une fois pour toutes.
La bagarre lors du derby de 1940 a cimenté la rivalité une fois pour toutes.

De l’Independência au Mineirão

Les années 1950 ont commencé de manière très prometteuse pour le football mineiro. La Coupe du monde 1950 au Brésil a laissé un héritage : la construction du stade Independência, qui a élevé le niveau du football dans la ville, car avant cela, les trois grands clubs de la capitale avaient des stades petits et exigus. Le terrain à Horto (le quartier où se trouve le stade) devint le nouveau domicile des clubs mineiros, en particulier de l’Atlético, l’équipe à la mode à Belo Horizonte à l’époque car elle avait les meilleurs joueurs, le plus grand nombre de supporters de la ville et le nombre record de titres d’État – en 1950, le Galo avait remporté 14 titres mineiros contre 8 pour le Cruzeiro et 11 pour l’América.

Les Campeões do Gelo

Au cours de cette période, l’équipe connue sous le nom de Campeões do Gelo a brillé, allant jusqu’à figurer dans l’hymne du club, et a remporté un inédit triple sacre consécutif de champion d’État (l’équipe a finalement enchaîné cinq titres consécutifs entre 1952 et 1956) grâce à des joueurs de légendes comme Ubaldo, Lucas Miranda, Tomazinho, Nívio, Zé do Monte etc.

La rivalité entre le Cruzeiro et l'Atlético s'est accrue à partir des années 1940 - photo : archives Estado de Minas
La rivalité entre le Cruzeiro et l’Atlético s’est accrue à partir des années 1940 – photo : archives Estado de Minas

Cruzeiro devient le plus grand rival de l’Atlético

C’est dans les années 1950 et grâce au stade Independência, ainsi qu’au développement industriel de Belo Horizonte, que les supporters du Cruzeiro ont dépassé ceux de l’América en nombre et fait définitivement du club le grand rival de l’Atlético. Avec l’arrivée de nombreux immigrants dans la capitale du Minas Gerais, le club celeste était un choix courant, principalement des Italiens ou de leurs descendants, sans compter ceux de l’intérieur de l’État qui se partageaient entre Atlético et Cruzeiro. L’expansion économique et sociale a contribué à l’augmentation exponentielle du nombre de supporters, les clubs aidant bien sûr, avec des titres et de grands joueurs portant le maillot des deux équipes.

L’inauguration du Mineirão

Il en fut ainsi jusqu’à l’inauguration, en septembre 1965, du stade Minas Gerais, qui sera populairement connu sous le nom de Mineirão, le stade le plus moderne du pays à l’époque et le deuxième plus grand stade couvert du monde. À l’intérieur, la structure des gradins, avec la grande arche faisait que le Mineirão ressemblait au Maracanã, mais c’est à l’extérieur que le « Gigante da Pampulha » se distinguait par sa hauteur et ses 88 portiques en béton armé disposés autour d’une ellipse. À l’intérieur, il y avait également une grande piste d’athlétisme autour du terrain. 

Le Mineirão dans les années 70
Le Mineirão dans les années 70.

La fête de l’inauguration a commencé à 9 heures du matin, le 5 septembre 1965, avec sept coups canons. Les portes ont ouvert à 10 heures et plusieurs spectacles festifs – dont une fanfare de police et des parades – ont eu lieu avant le match inaugural entre la Sélection de Minas Gerais et River Plate. Pour la plus grande joie de tous, l’équipe locale a gagné 1-0, avec un but du jour de l’Atléticano Buglê. Parmi les invités, le président de la CBD, João Havelange, l’entraîneur du premier titre mondial brésilien, Vicente Feola, et Bellini, capitaine de la seleção lors du titre de 1958, ont fait le tour du stade et allumé le bûcher olympique. Un hélicoptère de l’armée de l’air a largué le ballon de match à basse altitude, suscitant l’admiration des spectateurs présents dans les tribunes.

La montée en puissance du football mineiro

Avec ce stade, le football mineiro a commencé à devenir une véritable puissance au Brésil. L’Atlético et Cruzeiro étaient, bien sûr, des clubs déjà remarquables, mais il est indéniable que le Mineirão a joué un rôle dans l’émancipation des deux clubs sur la scène nationale. Cruzeiro, avec des joueurs comme Dirceu Lopes, Piazza et Tostao, a remporté six championnats mineiros au cours de cette décennie, dont cinq consécutifs entre 1965 et 1969, ainsi que la Taça Brasil en 1966, avec une victoire retentissante 6-2 face au Santos de Pelé lors du match aller de la finale. Cruzeiro est également devenu le premier club du Minas Gerais à remporter une compétition nationale, au grand dam des Atléticanos.

Dirceu Lopes, Tostão et Pelé
Dirceu Lopes, Tostão et Pelé.

C’est également en 1966 qu’une loi a changé le nom du stade de Minas Gerais en Governador Magalhães Pinto, en allusion au gouverneur de l’État de l’époque. Le premier derby au Mineirão entre Cruzeiro et l’Atlético a eu lieu en octobre 1965. La Raposa l’a emporté 1-0, avec un but de Tostão, au terme d’un match lors duquel il y a eu une bagarre, qui s’est terminé avant la fin du temps réglementaire et qui a montré que les deux clubs se disputeraient le premier rôle dans le plus grand stade de Minas.

Entre 1966 et 1968, Cruzeiro a égalé la série de 10 matchs consécutif sans défaite de l’Atlético avec cinq victoires et cinq matchs nuls durant cette période. Avant cela, entre novembre 1964 et février 1966, la Raposa avait remporté sept victoires consécutives, un record dans le clássico à l’époque.

Une bagarre lors du premier classico disputé au Mineirão...
Une bagarre lors du premier classico disputé au Mineirão…

L’hégémonie de la Raposa

En 1969, les supporters de l’Atlético et de Cruzeiro ont établi le record historique d’affluence payante dans le stade : 123 351 personnes ont acheté leur place pour assister au clássico du 4 mai, remporté par la Raposa 1-0. Au cours de cette décennie, l’équipe celeste a été hégémonique dans ce qu’on appelle « l’ère Mineirão » et a remporté cinq titres d’État consécutifs.

L’Atlético premier champion du Brésil

En 1969, l’Atlético, avec le maillot de la Federação Mineira de Futebol, a remporté un match amical contre la Sélection du Brésil (qui allait remporté son troisième titre mondial au Mexique quelques mois plus tard) sur le score de 2-1 pour la plus grande fierté de ses supporters. Deux ans plus tard, en 1971, le Galo a gravé son nom dans l’histoire en remportant la première édition du championnat brésilien de football après de grands matchs joués au Mineirão.

Cruzeiro premier Mineiro champion de la Libertadores

Même avec le titre brésilien en poche, l’Atlético ne parvient pas à être hégémonique dans le Minas Gerais au début des années 1970 et voit Cruzeiro enchaîner un autre tetracampeonato (4x champion) entre 1972 et 1975, qui ne ne s’est pas transformer en penta à cause du Galo en 1976. Cette année-là, Cruzeiro est devenu le premier club du Minas Gerais à remporter la Copa Libertadores, en battant River Plate en finale, avec des cracks comme Raul, Piazza, Nelinho, Zé Carlos, Jairzinho, Joãozinho, etc.

L'équipe de Cruzeiro championne de la Libertadores en 1976
L’équipe de Cruzeiro championne de la Libertadores en 1976.

La dynastie du Galo

Reinaldo, le roi du Mineirão
Reinaldo, le roi du Mineirão.

La réponse de l’Atlético est arrivé en 1978, lorsqu’a débuté la dynastie du Galo (champion mineiro de 78 à 83) de Reinaldo, le meilleur buteur du clássico de l’ère Mineirão avec 16 buts. Le Roi est devenu le grand bourreau des Celestes et une véritable terreur pour l’équipe Cruzeirense, qui a été vice-championne à six reprises au cours de cet âge d’or pour le club alvinegro, qui a battu son rival 4-0 (deux buts d’Éder, un de Reinaldo et un autre de Renato) en 1983, lors de la campagne du hexa (six titres consécutifs).

En 1984, Cruzeiro prend enfin sa revanche en s’imposant 4-0 dans le premier match de la finale du Mineiro, avant de s’incliner 1-0 dans le second. Cruzeiro a ainsi remporté le titre, mais a surtout empêché les Alvinegros de remporter un septième titre d’affilée. Si on tient en compte du fait que l’Atlético a remporté les titres de 1985 et 1986, Cruzeiro a empêché une série de 9 titres consécutifs de ses rivaux. C’est dans les années 1980 que l’Atlético a atteint le plus grand record d’invincibilité dans le clássico : 13 matchs, entre 1985 et 1987, avec 5 victoires et 8 nuls.

Ronaldo sous les couleurs de Cruzeiro.
Ronaldo sous les couleurs de Cruzeiro.

Pendant la majeure partie des années 1990, le derby a été dominé par Cruzeiro, qui a remporté cinq championnats d’État au cours de la décennie et s’est définitivement détaché de ses rivaux en remportant une multitude de trophées, dont la Copa do Brasil, la Libertadores et d’autres compétitions de la Conmebol. En 1994, un jeune joueur de 17 ans a fait terriblement mal au Galo : Ronaldo, qui portait le maillot bleu de Cruzeiro et a marqué les trois buts de la victoire 3-1 de cette année-là. 

Ce n’est qu’à la fin de la décennie, en 1999, que l’Atletico est parvenu à remporter des victoires mémorables face à son rival lors du Campeonato Brasileiro, lorsque les deux équipes se sont rencontrées pour la deuxième fois dans une phase à élimination directe du tournoi (la première fois, c’était en 1986, avec deux matchs nuls – 0-0 et 1-1 – et la qualification du Galo). En quarts de finale, une équipe du Galo composée de Velloso, Belletti, Gallo, Robert et des infernaux Marques et Guilherme a anéanti son adversaire avec deux victoires : 4-2 et 3-2, toutes deux dans un Mineirão en ébullition avec près de 65 000 spectateurs lors de chaque rencontre.

La Tríplice Coroa de Cruzeiro et la relégation de l’Atlético en Série B

Les joueurs de Cruzeiro célèbrent la Tríplice Coroa.
Les joueurs de Cruzeiro célèbrent la Tríplice Coroa.

Les années 2000 ont marqué un grand contraste entre les deux clubs. Alors que Cruzeiro continue de gagner et atteint son apogée en 2003, en remportant la Tríplice Coroa (triplé Championnat du Brésil, Coupe du Brésil et Championnat Mineiro) lors de l’année magique d’Alex et de l’entraîneur Vanderlei Luxemburgo, l’Atlético est confronté à de graves problèmes financiers et administratifs qui aboutissent à sa relégation en Série B du Brasileirão en 2005, trois ans seulement avant son centenaire. L’équipe a redressé la barre en 2006, avec le titre de la Segundona (deuxième division), a fait son retour parmi l’élite et a remporté le titre de Minas Gerais en 2007. 

En 2009, cependant, Cruzeiro a de nouveau soulevé le trophée d’État en infligeant une goleada 5-0 au Galo. Entre 2007 et 2009, la Raposa a réalisé sa plus longue série d’invincibilité de l’histoire contre son rival : 12 matchs, avec 10 victoires (dont six consécutives et deux victoires 5-0) et deux nuls. Les supporters alvinegros ne supportaient plus de rester dans l’ombre de leur rival en termes de nombre de titres majeurs, de défaites concédées et aussi de voir le nombre de supporters de Cruzeiro augmenter chaque jour un peu plus.

Cruzeiro au top tandis que l’Atlético est au plus mal

La goutte d’eau a fait déborder le vase en 2011. L’Atlético a misé une fois de plus sur des joueurs renommés, qui se sont avérés être forts sur le papier mais faibles sur le terrain, comme Lima, Dudu Cearense et Mancini. Après avoir perdu le titre régional face à Cruzeiro et avoir échoué dans le championnat brésilien, le club a licencié l’entraîneur Dorival Junior et a fait venir Cuca, qui venait de l’ennemi juré et ne suscitait pas de grandes attentes chez les supporters en raison de sa réputation de « poissard ».

Le nouvel entraîneur était à deux doigts de donner sa démission lorsqu’il a enchaîné six défaites consécutives lors de sa première saison avec le Galo, mais les joueurs eux-mêmes ont fait en sorte que Cuca revienne sur sa décision et reste à la tête de l’équipe, qui a dû se battre une fois de plus pour éviter la relégation. L’union a fonctionné, l’équipe a remporté des victoires importantes et s’est maintenue grâce à une bonne campagne dans la seconde moitié de la compétition.

Cependant, la saison s’est terminée de la pire des façons, avec une défaite 6-1 contre Cruzeiro, qui luttait pour ne pas descendre et devait absolument gagner ce jour-là, à l’Arena do Jacaré, lors de la dernière journée du championnat brésilien. C’est la plus grosse goleada que Cruzeiro ait jamais infligée à l’Atlético dans toute l’histoire du classico.

Le plus grand clássico mineiro de l’histoire

La situation était difficile jusqu’à ce que, en 2013, le Galo de Ronaldinho, Jô et compagnie remporte une Copa Libertadores historique et mette fin une fois pour toutes à la période de disette de grands titres.

L’année suivante, l’équipe a remporté la Recopa Sudamericana et a atteint la finale de la Copa do Brasil. L’adversaire ? Cruzeiro ! En plus d’affronter son plus grand rival, l’Atlético avait une raison supplémentaire d’être motivé : la Raposa avait remporté le championnat d’État et le championnat brésilien cette année-là et était à la recherche de sa deuxième Triple Couronne.

La finale aller au Independência et le retour au Mineirão

C’était l’adversaire idéal pour que le Galo termine l’année avec un titre inédit dans le plus grand des clássicos mineiros. Après tout, c’était la première finale sur le plan national de l’histoire entre les deux équipes. Et, bien sûr, le duel avait plusieurs ingrédients pour chauffer encore plus la confrontation, comme le choix du terrain, qui a cessé d’être les deux matchs au Mineirão pour que lors de la finale aller, avec le Galo qui recevait, se joue au Independência. Les supporters savaient que dans le Horto, c’était une autre histoire. Là-bas, le Galo avait un taux de victoire de près de 80% à l’époque. Contre Cruzeiro, quatre victoires et trois nuls en sept matchs. Cruzeiro et l’Atlético connaissent très bien le Mineirão, mais personne ne connaît l’Horto aussi bien que l’Atlético…

Le 12 novembre, plus de 18 000 personnes ont transformé le stade Independência en véritable chaudron. L’Atlético a ouvert le score par l’intermédiaire de Luan à la huitième minute, et a creusé l’écart en début de seconde période, avec un but de Dátolo. Le Galo s’est imposé 2-0 et a pris un un bel avantage pour le match retour.

L'ambiance de folie au stade Independência.
L’ambiance de folie au stade Independência.

Le 26 novembre, au Mineirão, l’Atlético a prouvé qu’il ne connaissait pas seulement le Mineirão mais que c’était également son salon de fête habituel. Cruzeiro s’est même présenté sur le terrain vêtu de blanc, comme le jour de la goleada infligée à son rival en 2011, mais cette superstition n’a rien donné.

La Raposa n’a pas bien joué, l’Atlético a été supérieur tout au long du match et a montré que la Coupe du Brésil 2014 avait un propriétaire. Diego Tardelli a marqué le seul but de la rencontre en fin de première période, qui a scellé une victoire 1-0 et le troisième titre du Galo en deux ans. Plus que cela, il a donné à l’équipe alvinegra la victoire dans le plus grand clássico mineiro de l’histoire et a confirmé son invincibilité contre le rival au cours de la saison, avec quatre victoires et trois nuls. 

Cruzeiro relégué en Série B

Mais le pire allait encore arrivé… Cruzeiro a éliminé ses rivaux en quart de finale de la Coupe du Brésil 2019 et a étendu son avantage en nombre de titres d’État en finale directe contre l’Atlético – 14 contre 8 -, mais l’année a été marquée par la chute du club bleu en Série B du championnat brésilien pour la première fois de son histoire, ce que les supporters de l’Atlético ont célébré (et célèbrent encore) tout au long de l’année 2020. Pour aggraver la situation de Cruzeiro, le club n’est pas parvenu à retrouver l’élite que cette année, en 2023, et a dû fêter son centenaire en Série B. Une aubaine pour les supporters atleticanos qui ne manquent jamais l’occasion de leur rappeler.

Cruzeiro relégué - Estado de Minas
Cruzeiro relégué – Estado de Minas

Les 100 ans du clássico et le Triplete Alvinegro

En 2021, le clássico a complété 100 ans d’histoire et, sur le terrain, la célébration a eu lieu quelques jours plus tôt, le 11 avril. Avant le match, en raison de la supposée différence de niveau entre l’Atlético et Cruzeiro, beaucoup pensaient que le club bleu serait vaincu. Une lettre de la Galoucura (groupe de supporters de l’Atlético) a même été envoyée aux joueurs à propos du match, disant que « c’est la guerre », que « le clássico ne se joue pas, il se gagne ». Mais un derby est un derby. Et sur le terrain, Cruzeiro a gagné 1-0, a fait taire les supporters alvinegros et a célébré la victoire dans le clássico du centenaire, prouvant que la lutte des géants de Minas a toujours un ingrédient spécial…

Néanmoins, à la fin de l’année, le Galo est parvenu à réaliser l’exploit dont Cruzeiro est si fier : la Tríplice Coroa, qu’ils ont appelé Triplete Alvinegro afin de faire différent de leur rival.

La mascotte de l'Atlético avec les trois trophées remporté par le Galo en 2021.
La mascotte de l’Atlético avec les trois trophées remporté par le Galo en 2021.

En 2022, Cruzeiro a remporté le titre de champion de la Série B à six journées de la fin, un record, et fera donc son retour en Série A pour l’édition 2023 du Brasileirão. Le géant est de retour !

Quelques chiffres sur le Clássico Mineiro

Quand tout a commencé : la première confrontation a eu lieu le 17 avril 1921, avec une victoire de Palestra Itália 3-0 contre l’Atlético.

Meilleur buteur : Guará (Atlético-MG) : 26 buts

Qui a le plus gagné : Comme c’est souvent le cas dans les derbies régionaux au Brésil, les chiffres avancés par l’Atlético Mineiro et par Cruzeiro divergent en ce qui concerne le nombre de matchs disputés, de victoires et de défaites. Selon les chiffres du Galo, on compte 536 matchs, contre 518 selon la Raposa.

Chiffres du Cruzeiro :

  • 518 matchs
  • 175 victoires
  • 139 nuls
  • 204 défaites

Chiffres de l’Atlético-MG :

  • 536 matchs
  • 216 victoires
  • 144 nuls
  • 176 défaites

Plus larges victoires : Atlético 9-2 Palestra Itália, 27 novembre 1927

  • Atlético 6-1 Palestra Itália, 21 juin 1936
  • Atlético 6-1 Cruzeiro, 27 mai 1942
  • Cruzeiro 6-1 Atlético, 4 décembre 2011
  • Cruzeiro 5-0 Atlético, 27 avril 2008
  • Cruzeiro 5-0 Atlético, 26 avril 2009

Curiosités et chiffres marquants :

  • L’Atlético devance ses rivaux au niveau du nombre de titres d’État : 50 contre 39 pour Cruzeiro ;
  • Dans les finales directes de l’Estadual, cependant, Cruzeiro a l’avantage : 15 titres contre 12 pour l’Atlético. La dernière confrontation remonte à 2026, lorsque le Cruzeiro s’est imposé sur le score de 1 à 0.
  • Pour ce qui est des titres internationaux, Cruzeiro a l’avantage : 7 trophées (2 Libertadores, 2 Supercopas Libertadores, 1 Recopa Sudamericana, 1 Copa Master et 1 Copa Ouro) contre 4 pour l’Atlético (1 Libertadores, 1 Recopa Sudamericana et 2 Copas Conmebol) ;
  • Sur le plan national, l’avantage est clairement en faveur du Cruzeiro, qui compte 11 titres nationaux contre 7 pour l’Atlético-MG. La Raposa a notamment remporté quatre Championnats du Brésil et six Coupes du Brésil, tandis que le Galo compte trois titres de champion du Brésil, deux Coupes du Brésil et une Supercoupe du Brésil.
  • En plus de l’avantage global, l’Atletico a le dessus dans les rencontres du championnat brésilien : 29 victoires pour le Galo, 25 nuls et 23 victoires pour le Cruzeiro ;
  • Le Mineirão a été le seul stade du clássico entre 1965 et 1995, avec un match à l’Independência le 10 août 1995. Le Colosso da Pampulha a accueilli les rivaux pendant 30 ans sans interruption, un record dans l’histoire du derby !
  • L’Atlético et Cruzeiro ne sont pas d’accord sur le nombre de matchs disputés dans l’histoire de la confrontation, chacun ayant un décompte différent. Le plus utilisé est celui de l’Atlético, avec 536 matchs, tandis que Cruzeiro compte 518 matchs. En 2007, les clubs ont tenté de trouver un consensus, mais en vain ;

Et si on écoutait une petite musique qui représente ce que représente le Clássico Mineiro ? Skank – É Uma Partida De Futebol. Un véritable hymne du football.

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Nacional – Peñarol : histoire du clásico uruguayen

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¡Soy el decano! No, el decano soy yo! On peut entendre cette phrase depuis plus de 100 ans dans les rues de Montevideo lorsqu’un tricolor croise un aurinegro. Découvrez le pourquoi de cette rivalité entre Nacional et Peñarol.

Nacional – Peñarol : une guerre de paternité

Fondé le 14 mai 1899, le Nacional s’autoproclame le pionnier du football uruguayen, le plus ancien, le decano. Les origines de Peñarol sont plus troubles, car il a pour racines le CURCC (Central Uruguay Railway Cricket Club), fondé le 28 septembre 1891, qui a existé sous ce nom jusqu’au 1913 lorsqu’il est devenu le CURCC Peñarol, et enfin le 12 mars 1914, le Club Atlético Peñarol. Pour cette raison, Peñarol lui aussi s’autoproclame « padre y decano » du football uruguayen, étant plus vieux de 8 ans que le Nacional.

Mais le Nacional et de nombreux historiens disent que le Peñarol de 1914 était distinct du CURCC de 1891… Bref la « guerre de la paternité » continue aujourd’hui encore.

Quelques chiffres autour du clásico

Quand tout a commencé : lors d’un match amical entre le Nacional et le CURCC 0-2, le 15 juillet 1900. Puis les deux équipes ont commencé à se rencontrer plus assidûment à partir du match nul 2-2 entre Nacional et le fraichement nommé CURCC Peñarol, le 14 décembre 1913. De ce fait, le derby uruguayen est considéré comme le plus ancien de l’histoire du football sud-américain.

Meilleur buteur : Atilio García (Nacional) : 35 buts

Qui a le plus gagné : Peñarol/CURCC – 201 victoires. Nacional a gagné 183 fois. Il y a eu 188 matchs nuls (et 6 matchs annulés).

Plus larges victoires :

  • Nacional 6-0 Peñarol, 14 décembre 1941
  • Peñarol 5-0 Nacional, 25 octobre 1953
  • Peñarol 5-0 Nacional, 27 abril 2014

La naissance du Clásico del fútbol uruguayo

Nacional et Peñarol se partagent quasiment à eux seuls la passion footballistique exceptionnelle d’un petit pays. Depuis la fin du XIXe siècle, les deux clubs se disputent la définition du plus ancien club de football en Uruguay, et bien sûr, de nombreux titres nationaux et internationaux.

Les deux clubs ont ainsi bâti une rivalité entre criollos (fils d’Européens et d’Africains ou d’un mariage inter-racial avec l’un des parents Espagnol), capitalinos (de Montevido) et étudiants universitaires du côté de Nacional, contre les Britanniques, ceux de la tierra adentro (de la Villa Peñarol) et les cheminots, qui représentent Peñarol.

Nacional et Peñarol peuvent être fiers d’une chose : ils nourrissent la plus vielle rivalité du monde, si on exclut les clubs anglais, bien entendu.

Nacional – Peñarol : l’origine de la rivalité

Du CURCC au Club Atlético Peñarol

La principale dispute a commencé à cause de l’origine de Peñarol. Le club aurinegro compte dans ses origines le CURCC, fondé en 1891 dans la Villa Peñarol à Montevideo. L’équipe de cheminots a décidé d’opter pour le jaune et le noir sur son maillot, en référence à la locomotive Rocket, créée par George Stephenson en 1829.

Cette année-là, lors d’une exposition réalisée à Londres en hommage à la reine Victoria, une compétition entre locomotives a eu lieu pour découvrir laquelle allait être choisie pour réaliser le trajet Manchester-Liverpool. La locomotive qui allait effectuer le trajet le plus rapidement serait déclarée gagnante. Trois véhicules étaient en courses : Rocket, Sans Pareil et Novelty. Sur le trajet, la Sans Pareil et la Novelty ont eu des problèmes mécaniques et ne sont pas arrivées à destination. En revanche, la Rocket, toute-puissante en jaune et noire a réussi à atteindre son objectif et a été déclarée vainqueur, en plus de mettre en place des innovations marquantes pour les locomotives à vapeur de l’époque.

Le CURCC en 1900, premier champion national.
Le CURCC en 1900, premier champion national.

Comme le nom était trop long et difficile à prononcer, le club a commencé à être connu sous le nom CURCC voire même Peñarol, du fait du quartier où le club a été créé. Le club a été champion à cinq reprises entre 1900 et 1911 et est rapidement devenue l’une des plus grandes équipes du pays.

Nacional , un club nationaliste

Le Nacional est né en 1899, à Montevideo. C’est le premier club à compter des enfants d’africains, d’européens et d’espagnols en Amérique Latine, en opposition avec les origines européennes de la plupart des clubs du continent. Comme son propre nom l’indique, le club était en faveur du nationalisme, créant ainsi une animosité avec les Européens du CURCC, ce qui a suscité le soutien et les encouragements des étudiants universitaires de la ville de Montevideo.

Nacional en 1905, année lors de laquelle l'équipe a remporté la Copa de Honor Cusenier
Nacional en 1905, année lors de laquelle l’équipe a remporté la Copa de Honor Cusenier

1900 : le premier clásico

En 1900, le Nacional a disputé sa première rencontre contre le CURCC et s’est incliné 2-0. Un an plus tard, les tricolores ont obtenu l’usufruit du Estádio Parque Central, inauguré un an plus tôt, ce qui a fait leur fierté de bénéficier d’un grand stade, contrairement aux aurinegros, qui jouaient dans le vieux stade de Villa Peñarol.

En 1913, le CURCC a envisagé de fermer sa section football et de se consacrer aux pratiques récréatives. Cette décision a suscité de vives discussions et le changement de nom de la section foot, qui s’est alors nommée CURCC Peñarol, et le départ de Villa Peñarol. En 1914, le club a une nouvelle fois changé son nom, son écusson, son siège social, son conseil administratif et est devenu le Club Atlético Peñarol.

La remise en cause du decanato

La provocation de Nacional pour le clasico uruguayen contre Peñarol en Copa Sudamericana (15/07/2021)
La provocation de Nacional pour le clasico uruguayen contre Peñarol en Copa Sudamericana (15/07/2021)

Au début, tout le monde voyait clairement que le club était dans la continuité du CURCC, mais au fil des années et de la rivalité grandissante, les dirigeants du Nacional ont commencé à remettre en question cette origine, car Peñarol était un nouveau club avec un nouveau nom, une nouvelle entité juridique, ce qui remettait donc en cause le decanato.

Ils disaient que le CURCC ne prétendait pas poursuivre en tant que club de football et que ce furent les employé de l’entreprise ferroviaire qui ont créé le Peñarol en 1914. Bref, aujourd’hui encore, ce sujet génère des discussions houleuses et passionnées.

Des clásicos disputés

Sur le terrain, les clásicos ont toujours été disputés et avec des bonnes et des mauvaises périodes des deux côtés. À l’époque du CURCC, le duel était très équilibré avec 23 victoires pour les aurinegros, 20 pour le Nacional et 12 matchs nuls, on a même assisté à un frénétique 7-3 en faveur du CURCC, en novembre 1911, en Copa Honor, match avec le plus grand nombre de buts de l’histoire du clásico.

Dans les années 20 et 30, lors des années dorées de la Sélection Uruguayenne, les deux équipes ont été les grands fournisseurs de la Celeste lors des titres olympiques de 1924 et 1928 et de la Coupe du Monde 1930, avec neuf joueurs du Nacional et cinq de Peñarol.

Atilio Garcia, le meilleur buteur de l’histoire du clásico uruguayen

Dans les années 30, Peñarol a remporté quatre titres consécutifs, mais a vu son rival faire mieux avec cinq trophées entre 1939 et 1943, période lors de laquelle le but Atilio García est devenu la plus grande terreur de l’histoire du clásico en inscrivant des buts à profusion, dont quatre buts (le record) lors de la victoire 5-1 du Nacional contre son rival le 8 décembre 1940.

En 1941, le tricolor a infligé sa plus lourde défaite de l’histoire du clásico à Peñarol : 6-0, dernier match d’une série de huit victoires consécutives du Nacional, autre record de l’histoire du clásico du football uruguayen. Ce chiffre monte même à dix matchs consécutifs si on ne compte que les matchs du Championnat Uruguayen.

C’est aussi à partir de cette période que le stade Centenário est devenu la grande scène de la confrontation, avec des matchs à guichets fermés, des chants, des fumigènes et des grands matchs.

Mais lors de la fin de la décennie, Peñarol a bati une équipe fantastique qui a servi de base à la Celeste championne du monde en 1950, connue sous le surnom de “escuadrilla de la muerte”, avec des noms comme Obdulio Varela, Schiaffino, Míguez, Hohberg, Ghiggia et Vidal.

Le clásico de la fuite

Ce Peñarol, champion invaincu en 1949, a fait fuir son rival lors du dénommé « clásico de la fuite ». Le 9 octobre 1949, Peñarol gagnait 2-0 à la mi-temps et deux joueurs du Nacional avaient été exclus (Tejera et Walter Gómez). De peur de prendre plus de buts du fait de son infériorité numérique, les tricolores ne sont pas revenus sur la pelouse pour disputer la deuxième période, ce qui a provoqué des moqueries de la part du rival, et fait les gros titres des journaux du pays en raison du manque de courage et d’esprit sportif de l’équipe.

Deux équipes top mondiales

Dans les années 60, Peñarol a laissé son rival loin derrière en remportant la Libertadores en 1960 et 1961, le Mondial des clubs en 1961 puis une nouvelle Libertadores et un autre Mondial en 1966, avec des victoires historiques face au Nacional durant la compétition. À cela, on peut ajouter les cinq titres consécutifs entre 1958 et 1962 et une série de 17 clásicos sans défaite en championnat (10 victoires et 7 nuls entre 1960 et 1968).

L'équipe de Peñarol, vainqueur de la Copa Libertadores 1960
L’équipe de Peñarol, vainqueur de la Copa Libertadores 1960

Ce n’est qu’en 1971 que le tricolor a remporté ses premières compétitions internationales, en gagnant la Libertadores et le Mondial de cette même année, qui a également marqué le début de la plus grande série d’invincibilité du Nacional face à son rival : 16 matchs, avec 7 victoires et 9 matchs nuls entre 1971 et 1974.

Néanmoins, l’équipe tricolor a tout de même souffert face au talent de Fernando Morena, attaquant talentueux qui est devenu le meilleur buteur de Peñarol de l’histoire du clásico avec 27 buts en 49 rencontres disputées entre 1973 et 1979 puis entre 1981 et 1983.

Dans les années 80, des équipes légendaires ont renforcé le mysticisme du duel. En 1980, le Nacional a remporté sa deuxième Libertadores et son deuxième mondial.

En 1982, c’est Peñarol qui a remporté les deux compétitions. Entre 1984 et 1985, le club aurinegro a enchaîné une série de 14 matchs sans perdre face au rival avec 7 victoires et 7 matchs nuls.

En 1987, le club a remporté une nouvelle Copa Libertadores, mais à ensuite perdu le mondial (contre le FC Porto).

En 1988, c’est le Nacional qui a remporté une nouvelle Libertadores et un Mondial de plus, égalant alors Peñarol en nombre de titres intercontinentaux remportés.

L’équipe de Nacional, championne de la Copa Libertadores 1988

En 1991, Peñarol a célébré son centenaire, et bien sûr, le Nacional en a profité pour provoquer son rival en envoyant à la presse un document intitulé “El Decanato”, dans lequel était écrit notamment que le CURCC ne souhaitait pas poursuivre avec son département de football et que Peñarol était un nouveau club. Oui, 100 ans plus tard, cette discussion revenait sur le tapis…

Curieusement, c’est à partir de ces années 90 que les deux équipes sont entrées en sommeil en terme de titres internationaux et qu’elles ont commencé à lutter exclusivement pour les titres nationaux.

Le côté sombre du clásico uruguayen

Les affrontements entre hinchas aurinegros et tricolores sont devenus routiniers, provoquant même la mort de Walter de Posadas, âgé de 16 ans à peine, égorgé par un supporter de Peñarol, le 12 juin 1994, avant un clásico au Centenário.

Le 12 janvier 2006, un supporter de Nacional, âgé de 25 ans, a souffert d’un violent coup porté à la tête lors d’un clásico disputé à Maldonado et est mort huit jours plus tard.

Sans compter les dizaines de bagarres avant et après les matchs, que ce soit au Parque Central ou au Centenário.

En novembre 2016, pour la première fois, un clásico a été suspendu à cause du comportement des supporters de Peñarol dans la Tribuna Amsterdam. Ils se bagarraient avec des fonctionnaires de la billetterie, avec la police, ont volé la buvette du stade et plus de 300 policiers anti-émeutes ont dû aller au stade pour contenir les débordements des barrabravas. En tout, 171 personnes ont été arrêtées.

La banderole la plus grande au monde

Pour revenir aux choses positives, une récente curiosité est que Peñarol a présenté en 2011 la « plus grande banderole du monde », d’une longueur de 309 mètres, déployée au stade Centenário lors d’un match de Copa Libertadores de cette année-là. Le Nacional ne pouvait pas laisser passer ça, et en 2013, les supporters ont déployé une banderole de 600 mètres de long, qui couvrait presque toutes les tribunes du Centenário. La rivalité…

Depuis, les équipes essayent de revenir à leur époque de gloire internationale, continuent à lutter l’un contre l’autre pour le Championnat d’Uruguay et disputent désormais chaque rencontre dans leur propre stade, depuis que Peñarol a inauguré le stade Campeón del Siglo, en 2016, d’une capacité de plus de 40 000 spectateurs.

Même loin du sommet de l’Amérique, le clásico entre Nacional et Peñarol fait partie des plus important du monde. Et on ne sait toujours pas qui est le decano du football uruguayen.

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Grêmio – Internacional : histoire du GreNal

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L'histoire du GreNal

Le Gre-Nal divise les supporters du Rio Grande do Sul, dans le sud du Brésil. La rivalité a commencé avant même que ne roule le ballon, avec des désaccords entre dirigeants. Et une victoire écrasante 10-0 du déjà expérimenté Grêmio, face au récemment fondé Inter. Chaque rencontre entre les deux équipes est tendue, un Grenal sans confusion n’est pas un Grenal.

La naissance du Grenal

Les frères Henrique Poppe Leão, Luiz Madeira Poppe et José Eduardo Poppe ont quitté São Paulo au début du XXe siècle pour se rendre dans la ville de Porto Alegre, qui connaissait une période de modernisation intense, avec des tramways électriques, un éclairage public et un sport en plein développement qui commençait à captiver tout le monde : le football.

Les frères Luiz et José Eduardo voulaient jouer au football, ce sport qu’ils avaient connu à São Paulo, mais c’était alors difficile car les clubs de la ville, Grêmio et Fuss Ball, étaient réservés aux membres. Du coup, ils ont décidé, avec leur frère Henrique de créer leur propre club : le Sport Club Internacional, qui doit justement son nom au fait d’accepter des Brésiliens ainsi que des étrangers, contrairement à l’identification de nombreux clubs de l’époque aux colonies italienne, allemande et portugaise.

18 juillet 1909 : la première rencontre

L'équipe de Grêmio en 1909
L’équipe de Grêmio en 1909

L’Inter voulait disputer son premier match contre l’équipe la plus traditionnelle de la ville : Grêmio. Suite à une réunion, l’organisation d’un match amical a été convenue, mais le tricolor voulait envoyer son équipe réserve pour disputer la rencontre. L’Inter n’a pas accepté, et a exigé que le match se joue face à l’équipe type, et à la date qu’il a choisi. Les tricolores ont été surpris de l’audace des nouveaux venus et ont accepté d’envoyer leur équipe type, mais seulement le 18 juillet, car leur calendrier était rempli.

L’Inter, l’année de sa fondation en 1909 utilisait un maillot à rayures rouge et blanche

Avec moins d’un mois pour préparer ses joueurs, l’Inter a perdu 10-0. Suite à cette debâcle, le Colorado n’a plus joué pendant trois mois, et a presque fermé le club. Mais l’enthousiasme de ses passionnés et la création d’un championnat entre les équipes de la ville ont ravivé la dispute et la volonté de prendre leur revanche sur leur rival.

La première bagarre

Agression de l'arbitre árbitro Luiz Torres lors du clássico de 1977
Agression de l’arbitre árbitro Luiz Torres lors du clássico de 1977

Lors de la deuxième confrontation entre les deux équipes, le tricolor a gagné 5-0 et on a assisté à la première bagarre. Après avoir dribblé toute la défense colorada, le joueur de Grêmio Edgar Booth a reçu un coup de pied du défenseur Volksmann, fatigué de ce « manque de respect », et les joueurs ont commencé à s’échanger des coups. Le match n’a pas été arrêté mais il s’en est fallu de peu. Cela a été la première bagarre dans un Gre-Nal, et cela, dès la seconde rencontre.

Le clássico le plus important du pays ?

Avec les années, le Gre-Nal s’est consolidé comme le clássico le plus chaud, le plus disputé et le plus populaire du football brésilien. Il y a tellement de passion qu’il parvient à surpasser le poids de l’historique Fla-Flu, la monopolisation de la plus grande ville du pays entre Corinthians et Palmeiras et le duel entre l’Atlético et Cruzeiro (clássico mineiro).

Batista et Geraldão lors d'un Grenal dans les années 80
Batista et Geraldão lors d’un Grenal dans les années 80

Aussi électrisants que soient ces duels, aucun d’eux ne peut vaincre la rivalité que l’on retrouve lors d’un Gre-Nal. Luís Fernando Veríssimo, un colorado a bien résumé cette rivalité : « L’Internacional a besoin d’être meilleur que Grêmio, qui doit être meilleur que l’Internacional, qui meurt s’il n’est pas meilleur que Grêmio ».

Deux équipes qui ne cessent de se surpasser

C’est exactement cela. Année après année, si l’un faisait quelque chose ou était champion, l’autre allait l’égaler ou le surpasser. L’histoire du Grêmio a commencé dans l’ancien estádio da Baixada. Celle de l’Inter dans le vieil Eucaliptos, qui a été rénové et a accueilli des matchs de la Coupe du Monde 1950, surpassant alors le stade de son rival. Dans les années 50, Grêmio a construit le stade Olímpico. L’inter a répondu en faisant le Beira-Rio. Ensuite, Grêmio a créé son Arena. Et l’Inter a rénové son Beira-Rio pour qu’il soit plus moderne (et a accueilli des matchs de la Coupe du Monde 2014).

La légende de Lara, mort pour le club

L'équipe de Grêmio avec son gardien Lara
L’équipe de Grêmio avec son gardien Lara

Pour ce qui est des titres, l’Inter a entamé une hégémonie historique dans l’État du Rio Grande do Sul à la fin des années 1930 avec une victoire 6-0 contre Grêmio en 1938. Trois ans plus tôt, le légendaire Gre-Nal du centenaire de la révolution Farroupilha avait lieu. Lors de ce match, le gardien de Grêmio, Lara, a fait de nombreux arrêts et a aidé son équipe à gagner 2-0, avant de quitter le match à la mi-temps. Il est mort deux mois plus tard, créant ainsi la légende selon laquelle « il serait décédé après avoir arrêté un tir violent du rival colorado ».

Une histoire de revanches

En 1948, l’Inter s’est imposé 7-0 contre Grêmio, en pleine Baixada, score le plus large depuis l’arrivée du professionnalisme. En 1954, durant un tournoi d’inauguration de stade Olímpico, l’Inter a gagné 6-2 face à son rival, sans aucune pitié. Mais Grêmio a ensuite pris sa revanche. En 1960, le tricolor s’est imposé 5-1 en plein Eucaliptos, décennie lors de laquelle l’équipe a remporté 7 championnats d’Etat.

Dans les années 70, l’Inter a été 8 fois champion gaúcho, deux fois champion du Brésil (1975-1976) et champion invaincu en 1979, donnant alors au Rio Grande do Sul ses premiers titres de champion du Brésil.

Internacional 1979
L’Internacional, champion du Brésil 1975, 1976 et 1979

Grêmio a vite répondu à son frère ennemi en remportant le brasileirão en 1981 et en devenant le premier club gaúcho à être champion d’Amérique et du monde, en 1983.

L'équipe de Grêmio, championne d'Amérique et du Monde en 1983
L’équipe de Grêmio, championne d’Amérique et du Monde en 1983

En 1989, l’Inter a remporté le « Gre-Nal du siècle », qui valait une place pour la finale du Championnat du Brésil. Dans les années 90, Grêmio a une nouvelle fois pris le dessus, et a remporté des titres nationaux et internationaux, laissant ainsi son rival derrière lui.

Mais, comme il y a toujours un mais, l’Inter a ensuite pris sa revanche. Le club a remporté sa première Copa Libertadores en 2006, ainsi que le Mondial des clubs cette même année, puis une nouvelle Libertadores en 2010, égalant alors le nombre de trophées dans la compétition que son rival. Jusqu’en 2017, car Grêmio a alors remporté sa troisième Libertadores, et en compte donc actuellement une de plus que son rival.

Une rivalité sans trop d’incidents graves

On compte plus de 100 ans de clássicos, beaucoup de duels électrisants et un point positif : il n’y a jamais d’incidents très grave entre les supporters. Il y a déjà eu beaucoup de bagarres, bien sûr, mais le seul décès connu a été le résultat d’un accident inattendu survenu en mai 1948, lors du Grenal numéro 100, lorsqu’une tribune en bois du stade de Timbaúva a cédé, et qu’un supporter de 17 ans est mort suite à la chute. La rivalité et la haine n’ont jamais été au-delà du terrain, des railleries, des provocations, des discussions des dirigeants des joueurs. C’est peut-être pour cela que le Gre-Nal est aussi grand, dans tous les sens du terme.

Un Grenal sans confusion n’est pas un Grenal

8 expulsions lors du premier grenal de l’histoire de la Copa Libertadores

Quelques chiffres sur le GreNal

Quand tout a commencé : le 18 juillet 1909, lors de la victoire de Grêmio face à son nouveau rival sur le score de 10 à 0.

Meilleur buteur : Carlitos (Internacional) : 38 buts

Qui a le plus gagné : Internacional – 166 victoires. Grêmio a gagné 143 fois. Il y a eu 144 matchs nuls.

Plus larges victoires : Grêmio 10-0 Internacional, le 18 juillet 1909

  • Grêmio 10-1 Internacional, le 18 juin 1911
  • Internacional 6-0 Grêmio, le 1er novembre 1938
  • Internacional 7-0 Grêmio, le 17 octobre 1948

Pour plus de chiffres : Grêmio – Internacional : l’historique

A lire aussi :

Grêmio – Internacional : le GreNal en chiffres

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Le GreNal en chiffres

Lors du premier Gre-Nal de l’histoire, le 18 juillet 1909, on a assisté à la plus large victoire de l’histoire du clássico, avec Grêmio qui s’est imposé 10-0 contre l’Internacional grâce notamment à Booth qui a été l’auteur du premier but de l’histoire du derby. Pour la troisième rencontre, Grêmio s’est encore imposé sur un score fleuve, cette fois de 10 buts à 1.

Au début, l’Inter était un véritable sac de frappe, à tel point que leur première victoire n’a eu lieue que le 31 octobre 1915, sur le score de 4-1, lors d’un match amical. Aujourd’hui, il y a déjà eu 453 clássicos entre les deux équipes. L’Internacional mène la danse avec 166 victoires, contre 143 pour Grêmio, et 144 matchs nuls. Lors de leur dernière confrontation, dans la cadre des quarts de finale aller de la Copa do Brasil 2026, les deux équipes se sont quittées sur un score nul et vierge, laissant tout le suspens pour le match retour.

Pour en savoir plus sur le grenal : Grêmio – Internacional : histoire du Grenal

Quelques chiffres sur le grenal

Historique dans le Championnat Gaúcho (Gauchão)

Si on prend en compte uniquement les matchs joués lors du Championnat Gaúcho (de l’État du Rio Grande do Sul), le résultat le plus fréquent est le match nul (68). L’Internacional a gagné 61 rencontres, tandis que Grêmio en a gagné 56.

  • Total : 185
  • Victoires de Grêmio : 56
  • Victoires de l’Internacional : 61
  • Matchs nuls : 68

Historique dans le Championnat National (Brasileirão)

Si l’on ne tient compte que des rencontres disputées dans le cadre du Brasileirão, c’est le Grêmio qui a un court avantage avec 25 victoires, contre 24 pour le Colorado, et 20 matchs nuls. À eux deux, les deux rivaux totalisent cinq titres de champions du Brésil : trois pour l’Inter, deux pour Grêmio.

  • Total : 69
  • Victoires de Grêmio : 25
  • Victoires de l’Internacional : 24
  • Matchs nuls : 20

Historique global (inclus les matchs amicaux)

Les deux équipes se sont déjà affrontées à 453 reprises au cours de l’histoire, et c’est l’Internacional qui a le plus gagné avec 166 victoires, contre 143 de Grêmio et 144 résultats nuls. Le Colorado a inscrit 615 buts et en a encaissé 586.

  • Total : 453
  • Victoires de Grêmio : 143
  • Victoires de l’Internacional : 166
  • Matchs nuls : 144

Qui a le plus gagné à l’Arena Grêmio (et Olímpico) ?

Inaugurée en 2012, l’Arena Grêmio a déjà accueilli 28 clássicos, avec 11 victoires du Tricolor (dont une aux tirs au but), contre 4 seulement pour l’Inter et 13 matchs nuls.

Au Estádio Olímpico, ancien stade de Grêmio, il y a eu 123 Gre-Nal, et c’est l’équipe locale qui compte le plus de triomphes avec 41 victoires contre 34 pour l’Inter, et 48 matchs nuls.

  • Total : 151
  • Victoires de Grêmio : 52
  • Victoires de l’Internacional : 38
  • Matchs nuls : 61

Et au Beira-Rio ?

Au Beira-Rio, stade de l’Internacional, le Colorado a gagné à 50 reprises, contre seulement 34 victoires pour son frère ennemi. On compte également 44 matchs nuls.

  • Total : 132
  • Victoires de Grêmio : 34
  • Victoires de l’Internacional : 51
  • Matchs nuls : 47

Historique des 50 derniers matchs entre Grêmio et Internacional

45327/08/2026Internacional 0 x 0 GrêmioCopa do BrasilBeira Rio
45211/04/2026Internacional 0 x 0 GrêmioSérie ABeira Rio
45108/03/2026Internacional 1 x 1 GrêmioGaúchoBeira Rio
45001/03/2026Grêmio 3 x 0 InternacionalGaúchoArena do Grêmio
44925/01/2026Internacional 4 x 2 GrêmioGaúchoBeira Rio
44821/09/2025Internacional 2 x 3 GrêmioSérie ABeira Rio
44719/04/2025Grêmio 1 x 1 InternacionalSérie AArena do Grêmio
44616/03/2025Internacional 1 x 1 GrêmioGaúchoBeira Rio
44508/03/2025Grêmio 0 x 2 InternacionalGaúchoArena do Grêmio
44409/02/2025Grêmio 1 x 1 InternacionalGaúchoArena do Grêmio
44319/10/2024Internacional 1 x 0 GrêmioSérie ABeira Rio
44222/06/2024Grêmio 0 x 1 InternacionalSérie AArena do Grêmio
44125/02/2024Internacional 3 x 2 GrêmioGaúchoBeira Rio
44008/10/2023Internacional 3 x 2 GrêmioSérie ABeira Rio
43921/05/2023Grêmio 3 x 1 InternacionalSérie AArena do Grêmio
43805/03/2023Grêmio 2 x 1 InternacionalGaúchoArena do Grêmio
43723/03/2022Grêmio 0 x 1 InternacionalGaúchoArena do Grêmio
43619/03/2022Internacional 0 x 3 GrêmioGaúchoBeira Rio
43510/03/2022Internacional 1 x 0 GrêmioGaúchoBeira Rio
43406/11/2021Internacional 1 x 0 GrêmioSérie ABeira Rio
43310/07/2021Grêmio 0 x 0 InternacionalSérie AArena do Grêmio
43223/05/2021Grêmio 1 x 1 InternacionalGaúchoArena do Grêmio
43116/05/2021Internacional 1 x 2 GrêmioGaúchoBeira Rio
43003/04/2021Grêmio 1 x 0 InternacionalGaúchoArena do Grêmio
42924/01/2021Internacional 2 x 1 GrêmioSérie ABeira Rio
42803/10/2020Grêmio 1 x 1 InternacionalSérie AArena do Grêmio
42723/09/2020Internacional 0 x 1 GrêmioLibertadoresBeira Rio
42605/08/2020Grêmio 2 x 0 InternacionalGaúchoArena do Grêmio
42522/07/2020Internacional 0 x 1 GrêmioGaúchoCaxias do Sul
42412/03/2020Grêmio 0 x 0 InternacionalLibertadoresArena do Grêmio
42315/02/2020Internacional 0 x 1 GrêmioGaúchoBeira Rio
42203/11/2019Grêmio 2 x 0 InternacionalSérie AArena do Grêmio
42120/07/2019Internacional 1 x 1 GrêmioSérie ABeira Rio
42017/04/2019Grêmio 0 x 0 InternacionalGaúchoArena do Grêmio
41914/04/2019Internacional 0 x 0 GrêmioGaúchoBeira Rio
41817/03/2019Grêmio 1 x 0 InternacionalGaúchoArena do Grêmio
41709/09/2018Internacional 1 x 0 GrêmioBrasileiroBeira Rio
41612/05/2018Grêmio 0 x 0 InternacionalBrasileiroArena do Grêmio
41521/03/2018Internacional 2 x 0 GrêmioGaúchoBeira Rio
41418/03/2018Grêmio 3 x 0 InternacionalGaúchoArena do Grêmio
41311/03/2018Internacional 1 x 2 GrêmioGaúchoBeira Rio
41204/03/2017Grêmio 2 x 2 InternacionalGaúchoArena do Grêmio
41123/10/2016Grêmio 0 x 0 InternacionalBrasileiroArena do Grêmio
41003/07/2016Internacional 0 x 1 GrêmioBrasileiroBeira-Rio
40906/03/2016Grêmio 0 x 0 InternacionalGaúcho / Primeira LigaArena do Grêmio
40822/11/2015Internacional 1 x 0 GrêmioBrasileiroBeira-Rio
40709/08/2015Grêmio 5 x 0 InternacionalBrasileiroArena do Grêmio
40603/05/2015Internacional 2 x 1 GrêmioGaúchoBeira-Rio
40526/04/2015Grêmio 0 x 0 InternacionalGaúchoArena do Grêmio
40401/03/2015Internacional 0 x 0 GrêmioGaúchoBeira-Rio
40309/11/2014Grêmio 4 x 1 InternacionalBrasileirãoArena do Grêmio
40210/08/2014Internacional 2 x 0 GrêmioBrasileirãoBeira-Rio
40113/04/2014Internacional 4 x 1 GrêmioGaúchoCentenário
40030/03/2014Grêmio 1 x 2 InternacionalGaúchoArena do Grêmio
39909/02/2014Internacional 1 x 1 GrêmioGaúchoArena do Grêmio
39820/10/2013Internacional 2 x 2 GrêmioBrasileiroNovo Hamburgo
39704/08/2013Grêmio 1 x 1 InternacionalBrasileiroArena do Grêmio
39624/02/2013Internacional 2 x 1 GrêmioGaúchoFco. Stedile, Caxias do Sul
39503/02/2013Internacional 2 x 1 GrêmioGaúchoColosso da Lagoa, Erechim
39402/12/2012Grêmio 0 x 0 InternacionalBrasileiroOlimpico
39326/08/2012Internacional 0 X 1 GrêmioBrasileiroBeira-Rio
39229/04/2012Internacional 2 X 1 GrêmioGaúchoBeira-Rio
39122/02/2012Internacional 1 X 2 GrêmioGaúchoBeira-Rio
39005/02/2012Grêmio 2 X 2 InternacionalGaúchoOlímpico

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Source : grenal.org

Víctor Legrotaglie, le génie argentin qui a dit non au Real Madrid

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Véritable légende du football argentin, Víctor Legrotaglie a marqué à jamais l’histoire de Gimnasia de Mendoza, club qui a récemment validé sa remontée en Première Division après plus de 40 ans d’absence. Décédé en mars 2024 à l’âge de 86 ans, ce génie du ballon rond avait refusé les offres de Boca, River, l’Inter Milan… et même du Real Madrid. Par amour pour ses couleurs, il est resté fidèle à son club de cœur.

Víctor Legrotaglie : le plus grand joueur de l’histoire de Mendoza

Né en 1937 à Las Heras (Mendoza), Legrotaglie est considéré comme le plus grand joueur de l’histoire du football mendocino. Il est aussi reconnu à l’international comme l’un des meilleurs tireurs de coups francs de tous les temps, avec 66 buts inscrits sur coup de pied arrêté, derrière Messi (69), Pelé (70) et Juninho Pernambucano (77).

Dès ses 16 ans, il fait ses débuts avec Gimnasia et s’impose rapidement comme le meneur de jeu d’une équipe mythique surnommée Los Compadres. À cette époque, on disait même que leur football n’avait rien à envier au Barça de Guardiola.

Un virtuose du ballon

S’il excellait sur coup franc, Legrotaglie était aussi un artiste du dribble et un spécialiste des buts « olympiques » (but sur corner direct) — il en a marqué douze, un record que son club tente encore de faire homologuer par la FIFA.

Son talent était tel que certains le comparaient à Diego Maradona. Mais l’intéressé refusait ce genre de parallèle : « Pelé, Maradona, Messi… Ce sont tous des génies. Il ne faut pas les comparer, simplement les admirer », disait-il.

Il eut d’ailleurs le privilège d’affronter Pelé lors d’un match amical entre Godoy Cruz (où il avait été prêté pour l’occasion) et Santos, au stade de Mendoza.

L’homme qui a dit non au Real Madrid

16 décembre 1970. Gimnasia-River 2-1. Legrotaglie quitte le terrain en triomphe.

Au sommet de sa carrière, le jeune prodige de 20 ans attire l’attention de clubs prestigieux : Boca, River, l’Inter Milan, le Cosmos de Pelé et Beckenbauer… et surtout le Real Madrid, alors double champion d’Europe avec Di Stéfano comme vedette.

Comment un joueur de province a-t-il éveillé l’intérêt du plus grand club du monde à une époque sans réseaux sociaux ?
En 1957, Gimnasia dispute un tournoi amical contre Racing et Newell’s. Dans les tribunes, le consul espagnol à Mendoza, Gonzalo Puente Ojea, est ébloui par le talent du jeune numéro 10. Il recommande aussitôt son nom à la direction du Real Madrid.

Le consul rencontre Legrotaglie, lui offre de l’argent et une montre en or en guise d’avance, et lui annonce : « Vous êtes joueur du Real Madrid. » Mais Víctor décline. À 20 ans, il choisit de rester à Mendoza : « Je gagnais bien ma vie ici, j’avais tout, même ma copine depuis mes 11 ans. Je ne pouvais pas partir. De Gimnasia, je ne serais jamais parti, même si on m’avait offert tout l’or du monde. »

Une fidélité éternelle

Legrotaglie a joué dans plusieurs clubs argentins, mais son cœur est toujours resté noir et blanc. Après avoir raccroché les crampons, il est revenu plusieurs fois à Gimnasia, cette fois comme entraîneur.

Homme simple, loyal et amoureux de son club, il est resté à Mendoza toute sa vie.

Le 30 mars 2024, il s’est éteint des suites d’une pneumonie, après avoir longtemps combattu la maladie d’Alzheimer.
Quelques mois plus tard, son Gimnasia est remonté en Primera. Un hommage magnifique pour celui que tout Mendoza considère comme le plus grand de tous.

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River – Boca : le Superclásico en chiffres

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Le superclasico en chiffres

Le Superclásico entre Boca Juniors et River Plate est le duel le plus important du football argentin voire du football mondial. Xeneizes et Millonarios s’affrontent depuis plus de 100 ans, que ce soit depuis l’ère amateure, depuis l’arrivée du professionnalisme, lors de compétitions internationales ou en matchs amicaux. Voici l’historique des confrontations entre les deux plus grands clubs argentins.

Quelques chiffres sur le Superclásico

Historique général en matchs officiels

Depuis 1908, date de leur première confrontation (ou 1913 pour le premier match officiel), jusqu’à aujourd’hui, les deux clubs plus gros clubs du pays se sont affrontés à 265* reprises lors de matchs officiels. Lors de la dernière confrontation entre les deux équipes, Boca s’est imposé 2-0 à La Bombonera dans le cadre de la 15e journée du Torneo Clausura 2025, grâce à des buts d’Exequiel Zeballos et Miguel Merentiel. Plus tôt dans l’année, River avait pris le dessus dans le Torneo Apertura sur le score de 2-1 grâce notamment à un magnifique coup franc de Franco Mastantuono, aujourd’hui au Real Madrid.

  • Total : 265
  • Victoires de Boca : 93
  • Victoires de River : 88
  • Matchs nuls : 84

A noter que le 0-0 en 1919 qui ne rentre pas dans l’historique car la compétition a été annulée.

Historique en championnat national / Ligues AFA

Ils se sont affrontés 217 fois au total et là aussi, c’est Boca qui mène avec six victoires de plus que son rival. Au total, ils se sont affrontés à 208 reprises depuis l’arrivée du professionnalisme, avec un total de 76 victoires pour Boca contre 69 pour River, et 63 nuls. En amateur, sur 9 rencontres, le Millonario en a remporté 4 contre 3 pour le Xeneize et 2 nuls.

En amateur

  • Total : 9
  • Victoires de Boca : 3
  • Victoires de River : 4
  • Matchs nuls : 2

En professionnel

  • Total : 208
  • Victoires de Boca : 76
  • Victoires de River : 69
  • Matchs nuls : 63

Total

  • Total : 217
  • Victoires de Boca : 79
  • Victoires de River : 73
  • Matchs nuls : 65

Historique en compétitions internationales

En comptant les matchs aller et retour de la finale de la Copa Libertadores 2018, River et Boca se sont affrontés à 32 reprises, dont 28 fois en Copa Libertadores, deux fois en Copa Sudamericana (en 2014) et deux fois en Supercopa (en 1994). Toutes compétitions internationales confondues, Boca a un avantage d’une petite victoire. Toutes les victoires du Xeneize ont été en Libertadores, tandis que River a gagné 8 fois face à son rival dans cette compétition et une fois en Sudamericana. En Supercopa, ils ont fait matchs nuls à deux reprises (Boca s’est qualifié aux tirs au but).

  • Total : 32
  • Victoires de Boca : 11
  • Victoires de River : 10
  • Matchs nuls : 11

Historique en Coupe nationale

En Coupe nationale, c’est River Plate qui a l’avantage avec trois victoires d’avance sur Boca. Trois matchs ont eu lieu durant l’ère amateure, en Copa Competencia. Parmi les autres, on compte un match en Copa Adrián Escobar en 1942 , un en Copa de Competencia Británica en 1946, deux en Copa Centenario en 1993, un match en Supercopa Argentina en 2017, un en Fase Campeón de la Copa Maradona , un duel pour la Copa Argentina 2020/21 et enfin les confrontations dans le cadre de la Copa de la Liga Profesional.

  • Total : 16
  • Victoires de Boca : 3
  • Victoires de River : 5
  • Matchs nuls : 8

Historique en matchs amicaux

Lors des matchs amicaux, c’est encore une fois Boca qui a un léger avantage de cinq victoires d’avance sur son rival, sur un total de 124 confrontations. En 2019, il n’y a pas eu de match amical entre les deux équipes, pour la première fois depuis 30 ans. En effet, la dernière fois qu’il n’y a pas eu de Superclásico pour préparer la saison, c’était en 1989 !

  • Total : 124
  • Victoires de Boca : 46
  • Victoires de River : 41
  • Matchs nuls : 37

Historique global (inclus les matchs amicaux)

Si on prend en compte les 389 rencontres disputées entre River et Boca au long de l’histoire, qu’elles soient officielles ou non, le Xeneize compte un avantage assez important sur son rival avec 10 victoires de plus que le Millonario.

  • Total : 389*
  • Victoires de Boca : 139
  • Victoires de River : 129
  • Matchs nuls : 121 (122*)

Historique des derniers matchs entre Boca et River

DateRésultatCompétitionLieu du match
09/11/2025Boca 2-0 RiverTorneo ClausuraLa Bombonera
27/04/2025River 2-1 BocaTorneo AperturaEl Monumental
21/09/2024Boca 0-1 RiverLiga Profesional 2024La Bombonera
21/04/2024River 2-3 BocaCopa de la Liga Profesional 2024Mario Alberto Kempes
25/02/2024River 1-1 BocaCopa de la Liga Profesional 2024El Monumental
01/10/2023Boca 0-2 RiverCopa de la Liga Profesional 2023La Bombonera
07/05/2023River 1-0 BocaLiga Profesional 2023El Monumental
11/09/2022Boca 1-0 RiverLiga Profesional 2022La Bombonera
07/03/2022River 0-1 BocaCopa de la Liga Profesional 2022El Monumental
03/10/2021River 2-1 BocaLiga Profesional 2021El Monumental
04/08/2021Boca 0-0 River (tab: 4-1)Copa Argentina 2021Estadio Único de La Plata
16/05/2021Boca 1-1 River (tab: 4-2)Copa de la Liga Profesional 2021La Bombonera
14/03/2021Boca 1–1 RiverCopa de la Liga Profesional 2021La Bombonera
3/01/2021Boca 2–2 RiverCopa Diego Maradona 2020La Bombonera
22/10/2019Boca 1–0 RiverCopa Libertadores 2019La Bombonera
1/10/2019River 2–0 BocaCopa Libertadores 2019El Monumental
1/09/2019River 0–0 BocaSuperliga Argentina 2019-20El Monumental
9/12/2018River 3–1 BocaCopa Libertadores 2018Santiago Bernabéu
11/11/2018Boca 2–2 RiverCopa Libertadores 2018La Bombonera
23/09/2018Boca 0–2 RiverSuperliga Argentina 2018-19La Bombonera
14/03/2018Boca 0–2 RiverSupercopa Argentina 2017Malvinas Argentinas

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12 curiosités sur le classico entre Flamengo et Vasco

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12 curiosités sur le classico Flamengo x Vasco

Flamengo et Vasco da Gama sont les protagonistes de l’un des plus grands derbys du football brésilien, voire du football mondial. Le Clássico dos Milhões compte plus de 100 ans d’histoire et de nombreuses anecdotes insolites. On en a sélectionné 12.

Flamengo x Vasco : 12 anecdotes sur le Clássico dos Milhões

Découvrez également notre article complet sur l’histoire de la rivalité entre Flamengo et Vasco.

1. Romario, une idole passée par les deux clubs

Bien qu’il ait été révélé par Vasco, Romário a également été une idole du côté de Flamengo. Le baixinho a marqué 204 buts pour le Rubro-Negro, mais c’est bien avec Vasco qu’il en a inscrit le plus : 326.

2. Mais ce n’est pas le seul

Plusieurs joueurs ont porté le maillot des deux clubs, notamment Tita et Bebeto, un duo étroitement lié à Flamengo, mais qui a également remporté des titres avec Vasco. Parmi les noms les plus illustres, on peut également ajouter Edmundo, Petkovic, Paulo César Caju,Léo Moura, Felipe, Jorginho, Andrade, etc.

Romario serre la main à Edmundo avant un classico entre Flamengo et Vasco

3. Vasco, l’équipe des remontadas

En 1975, Vasco perdait 2-0 contre Flamengo et a réussi à renverser la rencontre pour l’emporter 3-2, une victoire qui a permis aux supporters de consolider le célèbre dicton “o Vasco é o time da virada” (Vasco est l’équipe des retournements de situation). En 1944, l’équipe avait déjà réalisé une autre remontada remarquable après avoir été mené 2-1 avant de l’emporter 5-2, à l’époque du célèbre Expresso da Vitória.

4. Rondinelli le « Deus da Raça »

En 1978, le défenseur Antônio Rondinelli a marqué le but de la victoire 1-0 contre Vasco da Gama, qui a assuré le titre de champion carioca à Flamengo. Son match de gala et le fait qu’il soit parvenu à neutraliser le toujours dangereux Roberto Dinamite lui ont valu le surnom de « Deus da Raça » (du fait qu’il jouait avec ses tripes). Ce titre a également marqué le début de l’ère la plus glorieuse du club de Gavea, qui culminera avec les titres du début des années 1980.

5. Le but qui a engendré la retraite du gardien de Vasco

Le 27 août 1964, Flamengo a battu Vasco 2-1 grâce à un but de Nelsinho, qui a déclenché une frappe molle, que le gardien Marcelo a laissé passé entre ses jambes. En pleurs, le portier de Vasco a demandé à quitter le terrain et n’a plus jamais joué.

6. Le Super Superchampionnat carioca

Dans le championnat Carioca de 1958, Botafogo, Flamengo et Vasco se sont affrontés dans un superchampionnat carioca après avoir terminé à égalité de points au classement général. Dans le « superchampionnat », il y a eu une nouvelle égalité de points du coup les instances ont eu l’idée de faire un « super superchampionnat » (incroyable mais vrai). Et, après avoir battu Botafogo 2-1 et fait match nul 1-1 contre Flamengo devant plus de 130 000 personnes, Vasco a remporté le titre de super champion dans le Super Superchampionnat carioca de 1958.

7. Zico avec le maillot cruzmaltino

Lors du jubilé de Roberto Dinamite en 1993, Zico a porté le maillot cruzmaltino lors d’un match commémoratif disputé au Maracana pour rendre hommage à son ami. Dinamite a alors déclaré qu’il serait également prêt à porter le maillot de Flamengo en retour.

Zico avec le maillot de Vasco pour le jubilé de Roberto Dinamite.

8. Les deux clubs les plus suivis de Rio

Flamengo et Vasco comptent le plus grand nombre de supporters à Rio de Janeiro. 50% des cariocas se disent partisans du rubro-negro, tandis que Vasco en compte 20%. Au Brésil, Flamengo est le leader avec 20% des préférences des supporters, tandis que Vasco en compte 4%.

9. Un classico qui voyage

Le Clasico dos Milhões a déjà été joué dans 26 stades différents !

10. Une rivalité exacerbée

La rivalité est si grande qu’il y a presque toujours des fortes discussions et même des bagarres, tant entre les joueurs qu’entre les supporters. Les jours de match, les nerfs des Flamenguistas et Vascaínos s’emballent quelque peu. Il s’agit de l’un des classicos les plus chauds au monde !

11. Roberto Dinamite, le meilleur buteur du Classico

Roberto Dinamite est aujourd’hui encore le meilleur buteur de l’histoire du classico. Le crack de Vasco a marqué 27 buts, tandis que Zico le suit derrière avec 19 buts inscrits pour Flamengo.

Lire aussi : Roberto Dinamite, l’idole de Vasco

12. Un classico assez équilibré dans le Brasileirão

L’historique du Clássico dos Milhões est assez équilibrée en ce qui concerne le Brasileirão. Flamengo a gagné 24 fois contre 17 victoires pour Vasco. On compte également 25 matchs nuls.

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Flamengo – Vasco : histoire du Clássico dos Milhões

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Flamengo – Vasco : histoire du Clássico dos Milhões

Flamengo était déjà un club de régate traditionnel de la ville lorsque Vasco a commencé à lui faire concurrence dans les championnats d’aviron. Lorsque le football a commencé à rivaliser avec celui qui était alors le sport préféré des Brésiliens, Flamengo a également créé sa section foot après une embrouille interne entre des joueurs et des dirigeants de Fluminense. Après des années de rivalité avec le Flu, les rubro-negros ont vu Vasco créer une équipe de football en 1915 et remporter un titre d’État en 1923, avec une équipe composée de joueurs des classes sociales plus défavorisées, un affront à la soi-disant normalité de l’époque. De plus, en 1927, le cruzmaltino a inauguré le plus grand stade du pays.

Cette même année, le Jornal do Brasil, en partenariat avec la société d’eau minérale Salutaris, a organisé un concours dans la ville pour décerner un trophée symbolique du « club le plus aimé ». Les supporters devaient voter pour l’équipe qu’ils soutenaient et rapporter les bulletins au siège du journal. Conscients que Vasco gagnerait grâce à sa popularité et à l’importante colonie portugaise, des supporters de Flamengo se sont « déguisés en Portugais », ont imité leur accent et ont porté les couleurs du cruzmaltino au moment de rassembler les coupons de journaux le jour du dépouillement. Puis ils ont jeté de nombreux bulletins vascainos dans les toilettes du journal, et Flamengo a remporté le trophée.

Si l’on ajoute à cela les belles équipes que les deux clubs ont formées, le nombre de supporters qui n’a cessé de croître et les duels électrisants, c’était sûr que la rivalité n’allait faire que de grandir. Cette rivalité a gagné le Brésil et des millions de supporters se sont passionnés pour le rubro-negro et l’alvinegro. C’est devenu le « Clássico dos Milhões ».

L’histoire de la rivalité entre Flamengo et Vasco

Tout ce qui entoure la confrontation entre les deux équipes a toujours été grandiose. On compte pas moins de 50 à 60 millions de personnes passionnées par le rubro-regro et par l’alvinegro et sa croix de Malte. Du nord au sud du pays, et même à travers le monde, les supporters de ces clubs arrêtent tout lorsque leur équipe entre sur le terrain. Ce sont les deux équipes qui comptent le plus d’adeptes à Rio de Janeiro, le plus grand nombre de supporters, le plus grand nombre de titres, ainsi que certaines des plus grandes équipes de toute l’histoire du football brésilien, et même du football mondial.

La grandeur d’un match entre Flamengo et Vasco est unique, inexplicable. Il suffit de regarder l’histoire du clássico pour comprendre cette dimension. Les joueurs qui ont porté les couleurs rubro-negras et le maillot cruzmaltino, les quelques 150 000 personnes qui s’entassaient à la belle époque du Maracanã, les finales épiques, les hégémonies, les buteurs, les idoles, etc. On revient dans cet article sur l’un des derbies les plus chauds du monde.

De l’aviron au football

Flamengo et Vasco ont tous deux été fondés au tournant du 19e siècle en tant que clubs de régate et rivalisaient déjà lors des compétitions d’aviron au début des années 1900 à Rio. Flamengo est né en premier, en 1895, et était déjà l’un des clubs de régate les plus populaires de Rio lorsque Vasco a été fondé en 1898, à l’occasion du 4e centenaire de la découverte de la route océanique vers les Indes, un exploit réalisé par l’amiral Vasco da Gama, d’où le nom choisi par les jeune du quartier de Saúde.

En 1905, alors que le football gagne en popularité, les socios de Vasco décident de créer une section football après une excursion d’une équipe portugaise qui a égayé la colonie lusitanienne de Rio. En 1915, le club s’affilie à la Liga Metropolitana de Sports Athléticos et démarre en troisième division. Puis le club a grimpé jusqu’à atteindre l’élite. En 1923, le club remporte son premier titre carioca de manière historique, avec un positionnement opposé au style aristocratique du football de la ville, et devient le premier club en dehors de la zone sud de la ville ou de Tijuca (les quartiers les plus aisés), à remporter le tournoi régional. Ce titre a été obtenu grâce à une victoire 3-1 contre Flamengo, lors du premier match officiel entre les deux clubs. L’année précédente, dans le Torneio Início, Flamengo avait battu Vasco 1-0.

Une victoire contre les préjugés

Les Camisas negras de Vasco
Les Camisas Negras : l’équipe de Vasco da Gama, championne de l’Etat de Rio en 1923.

Cette victoire de Vasco est cruciale pour le développement de la rivalité, parce que le club compte dans ses rangs des joueurs noirs, mulâtres, pauvres, marchands et ouvriers – du jamais vu dans les clubs de Rio de Janeiro à l’époque – ce qui lui vaut d’être qualifiée « d’équipe de commis et de noirs » et être victime de nombreux préjugés. À tel point que lorsque Flamengo l’emporte 3-2 contre Vasco dans ce même tournoi – une défaite du cruzmaltino que beaucoup voyaient décisive dans la course au titre – une grande fête est organisée dans les rues de la ville, sous les huées des supporters à l’égard de Vasco. Une statue de Pedro Álvares Cabral a été décorée avec des rondelles d’oignons et des marches ont eu lieu dans les rues comme s’il s’agissait de la finale du championnat. Tout cela pour rien, car au final, Vasco a été champion, brisant les paradigmes et scellant la victoire contre les préjugés et le racisme.

Lire aussi : Vasco : les camisas negras et la lutte contre le racisme

Mais il est clair que « l’élite » n’allait pas laisser ce titre impuni. Peu après, Flamengo, Fluminense, América et Botafogo ont fondé l’Associação Atlética de Esportes Amadores (AMEA), dont Vasco était exclu. Le cruzmaltino insiste pour faire partie de l’entité, qui a enquêté sur la vie de chacun des joueurs pour invoquer la « pureté » de l’amateurisme. N’ayant rien trouvé, l’AMEA créa un autre obstacle : « les analphabètes ne peuvent pas jouer ». Vasco engage alors des professeurs pour apprendre à la plupart des joueurs à écrire au moins leur nom sur les feuilles de match. Face à toutes ces résistances, le club trouve alors un idée pour prouver sa grandeur aux yeux de tous : en construisant un stade. C’est ainsi qu’en 1927, Vasco inaugure le São Januário, le plus grand stade du Brésil à l’époque. En mai de cette même année, Flamengo s’y rend pour la première fois et concède une défaite 3-1 face à l’équipe locale.

La supercherie du “club le plus aimé”

Mais l’étincelle qui met définitivement le feu aux poudres et déclenche la rivalité est lié à la création de la fameuse Taça Salutaris en octobre 1927, visant à récompenser le « club le plus aimé du Brésil ». Le trophée serait remis à l’équipe ayant le plus de supporters, dans le cadre d’un concours promu par le Jornal do Brasil, en partenariat avec la société d’eau minérale Salutaris.

Les éditions du journal contenaient des coupons permettant aux supporters d’élire le club le plus aimé du pays. Grâce à l’importante colonie portugaise, à son stade récemment inauguré et à ses supporters de plus en plus nombreux parmi les classes populaires, Vasco était le grand favori. De plus, les Portugais achetaient de nombreux journaux directement chez les marchands de journaux avant que les exemplaires n’arrivent dans les rares kiosques de la ville, avec pour seul objectif de remplir les coupons. N’ayant aucune chance de faire face leurs rivaux, en tête des sondages avec plus de 60 000 voix, les supporters du Flamengo eurent l’idée de préparer une contre-attaque précisément pour le jour du dépouillement, en 1928.

Déguisés avec une moustache, un maillot de Vasco et imitant l’accent portugais, les Flamenguistas se sont stratégiquement positionnés devant le siège du journal, sur l’Avenida Central, afin de recevoir les sacs remplis de coupons des supporters de Vasco. Lorsque l’un d’entre eux reçoit un coupon, il le passe à un autre Flamenguista, qui se rend au siège du journal et regarde les papiers. Si le coupon porte le nom de Vasco, il finit dans les toilettes. S’il est vierge, ils écrivent Flamengo et le mettent dans l’urne. Après avoir fini par boucher les toilettes, les Flamenguistas ont trouvé une alternative pour se débarrasser des votes vascaínos : dans les cages d’ascenseur.

Après le dépouillement, Flamengo l’a emporté avec 254 850 voix contre 183 742 pour le club de São Januário. La Taça Salutaris a fini entre les mains du rubro-negro, au grand désespoir des Vascaínos, qui n’ont appris la supercherie que le lendemain, après avoir reçu un « cadeau » de leur rival : un pot de chambre avec plusieurs votes vascaínos. La rivalité entre les deux clubs était plus que consolidée.

Les résultats sur le terrain

En 1931, Vasco reçoit Flamengo à São Januário dans le cadre du championnat carioca et lui inflige la plus grosse goleada de l’histoire du clássico : 7 à 0, avec quatre buts de Russinho, deux de Mário Mattos et un de Sant’Anna.

Le jour où Vasco a gagné 7-0 contre Flamengo, en 1931

Le match le plus prolifique de l’histoire du derby a eu lieu en 1939 avec une victoire 6-4 de Flamengo, avec notamment un show des Flamenguistas Leonidas da Silva (doublé) et Caxambu (triplé).

En 1941, le rubro-negro entame une incroyable série de 11 matches sans défaite contre son rival, avec sept victoires et quatre nuls entre le 1er juin 1941 et le 3 octobre 1943, date d’une victoire 6-2 du Fla, la plus large victoire rubro-negra de l’histoire du derby. La série de 11 matches sans défaite contre Vasco sera répétée entre 1971 et 1973 et entre 1994 et 1996.

L’année suivante, Vasco met fin à la série noire avec une victoire 5-2 lors du premier clássico de la saison, mais c’est bien Flamengo qui finit par remporter le championnat carioca de 1944 contre une équipe de Vasco considérée comme favorite et qui dispose déjà de l’ossature de ce qui allait devenir « l’Expresso da Vitória« , avec Rafagnelli, Lelé, Isaías, Chico, Ademir de Menezes et Djalma.

L'attaque de Flamengo de 1947 avec Zizinho, Adílson, Pirillo, Jair Rosa Pinto et Vevé.
L’attaque de Flamengo de 1947 avec Zizinho, Adílson, Pirillo, Jair Rosa Pinto et Vevé.

Lors d’un match disputé à Gávea, devant plus de 20 000 personnes, Flamengo s’impose 1-0 grâce à un but de l’Argentin Valido, revenu de sa retraite pour aider le rubro-negro dans la dernière ligne droite de la compétition. Le Mengo remporte le titre et les célébrations sont d’autant plus grandes car les Vascaínos se plaignaient d’une faute de l’attaquant sur l’action du but : « Ce titre a été une véritable épopée de passion et d’endurance. Vasco avait la meilleure équipe, mais nous nous sommes surpassés par pur amour du maillot« , a alors déclaré l’éternel Zizinho à propos de la victoire des Flamenguistas.

L’Expresso da Vitória qui a dégoûté les Flamenguistas

Mais comme on dit, tout va très vite dans le football, et ce fut au tour de Vasco de dominer les débats entre le 13 mai 1945 et le 25 mars 1951 avec la plus longue série d’invincibilité de l’histoire du classico : 20 matchs, avec 15 victoires et 5 nuls, dont huit victoires consécutives pendant cette période. Il était difficile de battre l’Expresso da Vitória à son apogée, avec Barbosa, Danilo, Ademir et tant d’autres cracks qui allaient former la base de la sélection brésilienne pour la Coupe du monde 1950.

En 1949, lors de la campagne pour le titre régional, Vasco s’impose même 5-2 contre son rival après avoir été mené 2-0. Cette défaite provoque une énorme crise à Flamengo, avec plusieurs manifestations de supporters qui ne supportent plus de voir leur équipe perdre contre les cruzmaltinos.

La magnifique équipe de Vasco baptisée l'Expresso da Vitória
La magnifique équipe de Vasco baptisée l’Expresso da Vitória

En 1952, alors que la dream team de Vasco vit ses derniers instants de gloire, l’équipe termine championne, tandis que Flamengo est vice-champion pour la première fois depuis 1923. Cela se reproduira en 1958. Dans les années 1960, avec la domination du Botafogo de Garrincha et compagnie, les deux clubs connaissent une période de creux et les grands clássicos n’ont fait leur retour que dans les années 1970.

L’âge d’or du Maracanã

Le Temple du football accueillait déjà le Clássico dos Milhões depuis septembre 1950, lorsque Vasco a gagné 2-1 contre Flamengo dans la foulée de la défaite de la seleção en finale de la Coupe du Monde, mais ce n’est que dans les années 1970 que le stade commence réellement à être le témoin de confrontations épiques et de finales à couper le souffle.

Zico vs Dinamite

En 1974, année du premier titre brésilien de Vasco, Flamengo est venu gâcher (avec plaisir) ce qui aurait été une saison parfaite pour son rival en remportant le titre carioca aux dépens des cruzmaltinos après un match nul 0-0 lors de la dernière triangulaire pour le titre. C’est la première fois que Zico et Roberto Dinamite s’affrontent dans un match décisif, des joueurs qui allaient devenir les porte-étendards de moments inoubliables pour les supporters.

En 1976, le record d’affluence de l’histoire du clássico est battu avec 174 770 personnes présentes au Maracana pour assister à la victoire 3-1 de Flamengo lors du tour préliminaire du championnat carioca. Dix-neuf autres matches ont attiré plus de 110 000 personnes dans les gradins, dont cinq plus de 150 000 !

Ces chiffres nous aident à comprendre le nom qui a été donné à ce derby, le Clássico dos Milhões, pour les millions de billets vendus et les millions de supporters disséminés dans tout Rio et le Brésil.

La confrontation anthologique de 1981

En 1977, Vasco prend sa revanche en remportant le championnat carioca aux dépens de Flamengo grâce à une victoire 5-4 aux tirs au but après un match nul 0-0 dans le temps réglementaire. Puis Flamengo remporte le titre en 1978, 1979 et en 1981 avec un duel emblématique entre Zico et Dinamite lors de ce dernier. Après les trois premiers tours, les deux équipes se sont retrouvées en finale et Vasco devait gagner trois matchs contre Flamengo pour être champion, vu que le rubro-negro avait gagné deux tours et les cruzmaltinos un seul (un règlement absurde !)

Les capitaines Zico et Dinamite se serrent la main avant le coup d’envoi.

Dans la première confrontation. Roberto Dinamite réalise un doublé et donne à Vasco sa première victoire : 2-0. Lors du second match, trois jours plus tard, sous une pluie torrentielle, alors que le score était de 0-0 à la 88e minute et que les supporters flamenguistas criaient déjà « on est champion ! », Roberto voit le ballon tomber dans une flaque d’eau dans la surface et déclenche un missile qui a termine sa course dans le but flamenguista : 1-0. Vasco est toujours dans la course pour le titre ! Avant la rencontre, Zico avait déclaré que Flamengo perdrait difficilement deux clássicos d’affilée. C’est pourtant ce qu’il s’est passé ! Ce n’est que lors de la dernière confrontation que le Fla a fini par l’emporter 2-1. Et, grâce au règlement, Flamengo a remporté le titre. Quelques jours plus tard, le rubro-negro se rendait au Japon, où il s’est imposé contre Liverpool pour remporter le titre mondial, couronnant une année tout simplement magique.

Il n’y a pas de favoris dans un classico

Mais un clássico reste un clássico et il n’y a jamais de favoris. En 1982, Flamengo et son effectif champion mondial est le grand favori pour remporter le titre carioca. Mais c’était sans compter sur Vasco qui est monté en puissance tout au long du tournoi grâce à son esprit, à sa détermination et aux changements opérés par l’entraîneur Antônio Lopes, qui a écarté cinq titulaires – Mazarópi, Geovani, Nei, Marquinho et Rosemiro – pour les remplacer par Galvão, Acácio, Ivan, Ernâni et Jérson.

Les choix sont payants, car en novembre 1982, le cruzmaltino s’impose 3-1 contre son rival, puis 1-0 contre l’América avant de l’emporter une nouvelle fois 1-0 face au rubro-negro, grâce à un but de Marquinho qui donne le titre de champion d’État au Gigante da Colina.

Les jeunes Bebeto et Romario, qui allaient plus tard former la paire d'attaque de la Seleção.
Les jeunes Bebeto et Romario, qui allaient plus tard former la paire d’attaque de la Seleção.

En 1986, c’est Flamengo qui remporte le titre régional après une victoire 2-0 lors de la grande finale, puis Vasco est allé le rechercher en 1987 et 1988, la victoire la plus emblématique étant celle de 1988.

Le but de Cocada

Lors de cette finale contre Flamengo, disputée sur deux matchs, Vasco remporte le match aller 2-1, grâce à des buts Bismarck et Romário. Lors du match retour, un match nul suffit pour conserver le titre, mais Cocada en voulait plus. Entré en jeu à la 86e minute à la place de Vivinho, il marque le but de la victoire à la 89e minute (voir le but) et se fait expulser à la 90e minute pour avoir enlevé son maillot. Vasco est champion de Rio de Janeiro pour la deuxième année consécutive. C’est la consécration des jeunes joueurs de São Januário (qui ont remporté 21 des 27 matchs de l’équipe dans la compétition) et de Romário, qui termine deuxième au classement des buteurs avec 16 buts, à un but de Bebeto. Ce fut le dernier titre du baixinho sous les couleurs de Vasco, avant de partir au PSV Eindhoven.

L’année suivante, Vasco couronnait sa bonne phase avec le titre de champion du Brésil, avec Bebeto dans l’équipe après un départ mouvementé de Flamengo. L’attaquant est considéré comme un traître pour avoir porté le maillot de Vasco.

Le show d’Edmundo

Dans les années 90, Vasco est plus heureux que son rival pour ce qui est des titres. Bien que le club ait perdu le championnat carioca 1996 face au Fla, il rebondit parfaitement en remportant une victoire historique 4-1 sur Flamengo en demi-finale du championnat brésilien de 1997, avec un triplé d’Edmundo, qui a également délecté les supporters d’une petite danse pour provoquer le grand rival (voir la vidéo). En finale, Vasco s’est imposé et a remporté le titre brésilien.

La petite danse d'Edmundo.
La petite danse d’Edmundo.

L’année suivante, Vasco est allé chercher le titre d’État et, en 2000, le Vascão a infligé une inoubliable goleada 5-1 à Flamengo, avec trois buts de Romário. Il s’agissait alors de la plus large victoire dans le Clássico dos Milhões au cours des 50 dernières années, et depuis, elle n’a été égalée qu’une seule fois par Vasco, en 2001, dans le championnat brésilien. En plus de la goleada, Vasco a également chambré son adversaire avec Pedrinho, qui a fait quelques jongles et n’est pas passé loin de se faire cisailler par le défenseur Juan (voir la vidéo) ! Ce qui a engendré bien sûr beaucoup de confusion et de nervosité.

Ce qui est curieux, c’est que malgré ces titres dans les années 1990, Vasco rencontre des problèmes dans le clássico. Flamengo n’a pas perdu contre son rival dans 11 matchs entre 1994 et 1996 et, entre le 16 septembre 1990 et la victoire 5-1 de Vasco le 23 avril 2000, Flamengo a remporté 24 clássicos contre seulement 10 pour Vasco ! Au cours de cette période, il y a eu neuf matchs nuls. Tout cela était un avant-goût de ce qui allait arriver : Flamengo préparait une ère de revanche et de profondes souffrances à son rival…

L’hégémonie rubro-negra

Flamengo commence à écraser son rival à partir de 1999, et une finale remportée dans le championnat carioca. En 2000, bien que Vasco vivait une meilleure phase et disposait d’une meilleure équipe, c’est Flamengo qui remporte de nouveau le championnat. Et, en 2001, le Mengão avait l’opportunité d’enchaîner un troisième titre consécutif, avec un nouveau Clássico dos Milhões en finale du championnat carioca.

Flamengo tricampeão 1999/2000/2001

Le coup franc de Petkovic

Lors de cette finale de 2001, le scénario semble se diriger vers une fin différente, car Vasco peut être champion même en cas de défaite par un but d’écart. Sur le papier, le Gigante da Colina dispose d’une équipe supérieure à celle de son rival, d’une équipe expérimentée. Elle avait vécu des moments forts depuis 1997. Mais le rubro-negro a un objectif extra : le tricampeonato. Une chose rare dans le football de Rio, mais que Flamengo avait déjà réussi à trois reprises. Le Mengão veut son quatrième « tri » et l’occasion se présente devant lui. Une telle opportunité peut prendre des années, des décennies avant de se présenter à nouveau. Son dernier « tri » datait de 1979. Et le dernier dans l’État à avoir réussi la prouesse était Vasco, en 1994, un statut qu’il voulait conserver.

En plus de Zagallo sur son banc, un véritable talisman, un aimant à titre témoin des meilleurs moments du football brésilien, l’équipe compte un jeune gardien dans les buts, Júlio César, un grand défenseur, Juan, un magnifique buteur, Edílson, et un maestro avec le numéro 10, un numéro qui avait appartenu à son idole et qu’il portait si bien : Petkovic. Mais à la pause, le score est de 1-1, un résultat qui donne le titre à Vasco. Les supporters cruzmaltinos n’en pouvaient plus, ils en avaient marre de perdre contre le rival ! Une fois, ça arrive, deux fois, c’était déjà insupportable, mais trois fois ?

Puis la seconde période a démarré. Petkovic commence à se montrer. Il a le pied chaud sur les coups de pied arrêtés, mais il fait également mal dans le jeu, comme avec ce centre parfait pour Edilson qui a son tour place une tête parfaite dans les filets au tout début de la deuxième mi-temps. Alors que l’on semblait vers une victoire 2-1 du Fla, insuffisante pour conserver le titre, un coup franc est sifflé en faveur de Pet à la 88e minute de jeu. C’est la balle de match, celle des derniers espoirs. S’il marque, Flamengo est triple champion. Les supporters sont au bord de la crise de nerfs. Tout le monde sait que Pet est un spécialiste, mais le coup franc est assez lointain, et il faut également battre le très bon Helton dans les buts.

Pet s’élance. Il tire. La balle passe au dessus du mur. Helton plonge tel un chat, mais le ballon vient se nicher en pleine lucarne du but du Maracanã. But de Pet, but pour Flamengo ! C’est peut-être le coup franc le plus incroyable de l’histoire de ce stade et l’un des buts qui a le plus été crié de l’histoire de Flamengo, dans l’une des finales les plus épiques du Clássico dos Milhões.

Une hégémonie qui perdure

Et Flamengo ne s’est pas arrêté là. Le club a remporté absolument toutes les finales qu’il a disputées contre son rival au cours des années suivantes : Championnats cariocas de 2004, 2014 et 2019 et, en prime, la Copa do Brasil de 2006, la première finale nationale de l’histoire entre les deux clubs. Il est dommage qu’elle se soit jouée dans un Maracanã d’une capacité d’à peine plus de 45 000 personnes et plein de « trous » dans les tribunes en raison des travaux de rénovation qu’il subissait à l’époque. Malgré cela, cette confrontation a marqué une autre grande page de l’histoire du clássico. Flamengo a remporté les deux matchs : 2-0 à aller et 1-0 au retour. Ce n’est qu’en 2015 que Vasco a réussi à obtenir une petite vengeance en éliminant son rival en huitième de finale de la Copa do Brasil après une victoire 2-1 sur l’ensemble des deux matches.

Les victoires fréquentes face au rival ont renforcé le bilan favorable du rubro-negro dans l’histoire du clássico. Les deux équipes ont remporté le championnat Carioca à 23 reprises avec Flamengo qui l’a gagné 13 fois contre 10 pour Vasco. Dans les confrontations directes entre les deux équipes, l’avantage des rouges et noirs est absolu : 8-1 en finales directes et 3-3 dans des matchs éliminatoires. Au total, les deux équipes se sont affrontés lors de 15 matchs décisifs, avec 11 victoires pour Flamengo et seulement 4 pour Vasco.

Au cours de cette décennie, Flamengo a également battu son record d’invincibilité de 11 matchs sans défaite face à Vasco en enchaînant 17 matchs sans connaître la déroute contre les cruzmaltinos, une série qui a démarré le 25 février 2017 et a connu de grands chapitres en 2019, avec le titre carioca contre le rival après une victoire 2-0, une goleada 4-1 en championnat et un hallucinant match nul 4-4 au match retour du tournoi national. C’était d’ailleurs le tout premier 4-4 de l’histoire du clássico et le match avec le plus grand nombre de buts depuis 1943 et le plus prolifique de l’histoire du clássico au Maracana. Ce n’est qu’en avril 2021 que Vasco a mis fin à cette série noire avec une victoire 3-1, dans un match lors duquel Morato a imité la danse d’Edmundo en 1997.

Morato qui imite la danse d'Edmundo lors d'un classico contre Flamengo.
Morato qui imite la danse d’Edmundo lors d’un classico contre Flamengo.

Au fil des ans, le clássico a également gagné du terrain en salle, sur le sable et même dans les piscines, avec des duels intenses en basket-ball, volley-ball, natation, beach soccer, judo et même football américain. Peu importe la modalité, peu importe le lieu. Flamengo contre Vasco sera toujours un classique électrisant, tendu, suivi par des millions de téléspectateurs. Et quel soulagement pour le sport brésilien de compter dans ses rangs deux clubs aussi gigantesques, aussi chargés d’histoire.

Quelques chiffres sur le Clássico dos Milhões

Quand tout a commencé : la première confrontation a eu lieu le 26 mars 1922, avec une victoire 1-0 de Flamengo contre Vasco dans le cadre du Torneio Início, mais le premier match officiel a été disputé un an plus tard, le 29 avril 1923, avec une victoire 3-1 de Vasco, pour le championnat carioca.

Meilleur buteur : Roberto Dinamite (Vasco): 27 buts

Qui a le plus gagné : Flamengo est devant avec 162 victoires contre 132 pour Vasco et 115 matchs nuls.

Plus larges victoires : Vasco 7-0 Flamengo, 26 avril 1931

  • Vasco 5-1 Flamengo, 23 avril 2000
  • Vasco 5-1 Flamengo, 6 octobre 2001
  • Flamengo 5-1 Vasco, 19 janvier 1938
  • Flamengo 6-2 Vasco, 3 octobre 1943

Les matchs historiques entre Flamengo et Vasco en vidéos

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Remo – Paysandu : histoire du Re-Pa

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Paysandu Remo

Mécontents de leur défaite lors du Championnat d’État de 1913 face au Remo, les joueurs du Norte Club décident, en 1914, de fonder le Paysandu Foot-Ball Club, qui, quatorze jours plus tard, devient le Paysandu Sport Club. Si la première année de coexistence entre les deux équipes est marquée par une certaine cordialité, tout bascule en 1915. Cette année-là, le premier secrétaire du Remo adresse un courrier au président du Paysandu, proposant d’organiser un match dont les recettes serviraient à soutenir financièrement les équipes. En guise de réponse, les bicolores envoient une lettre truffée de termes insultants. Dans un second échange, ils acceptent finalement le défi, mais non sans y ajouter de nouvelles provocations. Excédé, le Remo met fin aux relations amicales entre les deux clubs. Ainsi débute l’une des plus grandes rivalités du football brésilien : le Re-PA.

Le Re-Pa : un siècle de passion et d’histoire

Il y a un peu plus de cent ans, dans la vibrante ville de Belém, alors troisième métropole du Brésil en plein essor grâce au commerce du caoutchouc, deux mille spectateurs se sont rassemblés dans les tribunes du stade de la société Ferreira & Comandita. Le 14 juin 1914, à 16h20, ils sont témoins du premier affrontement d’une série qui compte aujourd’hui plus de 770 rencontres : le Re-Pa, le classique le plus joué au monde. Ce public, composé de gentlemen et de dames de la haute société de la Belle Époque, est bien loin de l’effervescence populaire qui, 85 ans plus tard, en 1999, a vu 65 000 personnes remplir le stade Mangueirão pour une finale d’État mémorable. Ce même Mangueirão, dont le nom officiel rend hommage à Edgar Proença, présent lors de la fondation du Paysandu en 1914 et initiateur du vote pour choisir le nom du club – certains préférant l’appellation Team Negra FC. Ironie du sort, Proença deviendra plus tard un fervent supporter du Remo, avant de fonder la Rádio Clube do Pará en 1928.

Origines d’une rivalité mythique : la naissance du Re-Pa

Paysandu vs Remo : un duel gravé dans l’histoire du football brésilien

Si le célèbre Fla-Flu est né « quarante minutes avant le néant », on peut dire que le Re-Pa voit le jour dans des circonstances similaires. Le Paysandu est le fruit de la frustration des joueurs du Norte Club, qui ont contesté le sacre du Remo en 1913. Selon eux, des irrégularités lors d’un match nul 1-1 contre Guarany avaient favorisé les azulinos. À l’époque, le Remo, fondé en 1905, est avant tout un club de régates (de voile) – comme en témoigne son nom – et son implantation dans le football ne remonte qu’à 1913. Son siège nautique, situé rue Siqueira Mendes, se trouve à quelques pas des attractions emblématiques de la vieille ville de Belém, comme la Casa das 11 Janelas, le Forte do Castelo (berceau de la ville, sur les rives du Guajará) la cathédrale et l’église de Santo Alexandre.

Quant au nom du Paysandu, il s’inscrit dans une tradition instaurée par l’ancien maire Antônio Lemos, qui baptise les nouvelles avenues de la ville en référence à des batailles et des figures de la Guerre du Paraguay. Edgar Proença proposa ce nom alors que certains fondateurs penchaient pour Team Negra FC, en hommage au surnom du Norte Club. Cette influence se retrouve encore aujourd’hui : la ruelle jouxtant l’ancien stade de la société Ferreira & Comandita, acquis par le Paysandu en 1918, porte toujours le nom de Curuzu, tandis que sa rue parallèle s’appelle Chaco.

L’intensité de cette rivalité se reflète jusque dans la géographie de Belém : séparé uniquement par l’avenue Almirante Barroso, le stade du Paysandu se dresse presque en face de celui du Remo, connu sous le nom de Baenão, en raison de son emplacement entre les rues Mercês et Antônio Baena.

Les premières années du Clássico-Rei de l’Amazonie

La première formation du Paysandu en 1914.
La première formation du Paysandu en 1914.

Le premier but du Clássico-Rei de l’Amazonie revient à Geraldo da Mota Reimão, plus connu sous le surnom de Rubilar. Figure emblématique du Remo, il incarne parfaitement l’esprit du club, ayant lui-même fait la transition des régates vers le football, tout comme son équipe. Acteur clé de la réorganisation du Remo en 1911 alors que le club est au bord de l’extinction, il a déjà une solide expérience dans le football. En effet, il fait partie des fondateurs de l’Union Esportiva, équipe alvinegra qui remporte les deux premiers championnats paraenses avant de disparaître dans les années 1960. Pendant plus d’un siècle, cette équipe reste la seule à avoir décroché un titre en dehors du trio Remo-Paysandu-Tuna Luso. Rubilar marque d’ailleurs le tout premier but de l’histoire du football du Remo lors d’une victoire 4-1 contre Guarany, le 23 avril 1913.

Le 14 juin 1914, lors du premier Re-Pa, Rubilar ouvre le score d’un coup de tête sur corner. Peu avant la mi-temps, le Remo double la mise grâce à un but contre son camp du joueur bicolore Bayma – l’homme qui, ironie du sort, a dessiné l’écusson du Paysandu, reconnaissable à son pied ailé distinctif. En seconde période, Mateus réduit l’écart sur une passe de Guimarães, portant le score final à 2-1 en faveur des azulinos.

Le deuxième affrontement a lieu le 6 décembre, lors de la dernière journée du Championnat d’État. Remo s’impose une nouvelle fois, cette fois sur le score de 3-1, avec Antonico inscrivant le premier triplé de l’histoire du derby. Côté Paysandu, le buteur se nomme Hugo Leão, personnage clé dans la fondation du club. Dissident le plus virulent du Norte Club, il est celui qui prend l’initiative de convoquer les réunions qui mènent à la création du Paysandu.

Le 31 janvier 1915, lors du troisième Re-Pa, le Paysandu décroche enfin sa première victoire face au Remo (2-0) grâce à un doublé d’Abel Barros. Ce match marque également le premier derby disputé par Abel et son frère Antônio Manoel de Barros Filho, surnommé « Suisse » pour avoir étudié en Suisse. Lors du quatrième affrontement, le Paysandu confirme sa montée en puissance en s’imposant 2-1 après avoir été mené au score, Abel Barros étant une fois de plus décisif. L’équipe compte alors dans ses rangs Arthur Moraes, alias « le Colonel », fidèle au club jusqu’en 1931. Mais la figure emblématique du Paysandu reste « Suisse », bien que le Remo domine cette période en décrochant un impressionnant heptachampionnat (8 titres consécutifs) entre 1913 et 1919, un exploit jamais réédité au Pará.

En 1920, le Paysandu brise l’hégémonie azulina en remportant son premier titre, porté par un duo redoutable : « Suisse » et Mimi Sodré, fils du gouverneur du Pará et ancien joueur du Botafogo. Sodré a même accompagné Friedenreich lors de la première Copa América en 1916. En 1921, « Suisse » est convoqué par la sélection brésilienne en vue de la Copa América, mais il ne peut honorer sa convocation : le trésorier de la Confédération Brésilienne de Football détourne les fonds destinés à couvrir ses frais de transport maritime. Ce sera son unique opportunité avec la Seleção, car en 1922, il meurt tragiquement d’une infection causée par une écharde de crabe pourrie, combinée à une crise de malaria.

Tragédies et tensions : le Re-Pa marqué par le drame

La disparition de Suisse n’est pas la seule tragédie de l’époque. En 1921, le multi-athlète remiste Carlos Ferreira Lopes (surnommé Periçá) trouve la mort lors d’une épreuve d’apnée dans la Baía do Guajará. Son décès, survenu après sept jours d’agonie, laisse une empreinte indélébile sur le club, qui hérite du surnom de « Clube de Periçá » en son hommage. De son côté, le Paysandu reçoit le surnom de « Clube de Suisse ».

Malgré ces drames, la rivalité entre les deux clubs reste intense. Elle se scelle définitivement en janvier 1915 lorsqu’une série d’échanges épistolaires entre les directions du Remo et du Paysandu met fin à toute relation amicale. À l’origine, le secrétaire du Remo, Elzemann, propose un match caritatif destiné à soutenir financièrement les équipes. La réponse du Paysandu est cinglante, mêlant insultes et provocations. Malgré un second courrier acceptant finalement le défi, les bicolores persistent dans leurs invectives, poussant le Remo à couper les ponts une bonne fois pour toutes.

Suisse, malgré son talent, n’est pas le seul moteur du succès bicolore. Après leur sacre en 1920, le Paysandu s’impose également en 1921, 1922 et 1923, réalisant un impressionnant quadruplé. Pendant cette période, le Remo compte dans ses rangs un jeune prodige du Marajó, Estanislau Pamplona, qui rejoint le football carioca en 1923 et devient, sept ans plus tard, membre de la première sélection brésilienne à disputer une Coupe du Monde. Malgré son départ, le Remo rebondit avec un triplé en 1924, 1925 et 1926, avant que le Paysandu ne reprenne l’avantage avec un autre triplé, mené par Sandoval, futur remplaçant de Fausto au Vasco en 1931, après le départ de ce dernier à Barcelone.

Les années 1930 : records et domination partagée

La rivalité continue d’osciller au fil des décennies, chaque club dominant à tour de rôle. Les années 1930 sont relativement équilibrées, avec quatre titres pour le Paysandu, trois pour le Remo et deux pour la Tuna Luso. Toutefois, un moment marquant de cette période reste le cinglant 7-2 infligé par le Remo en 1939, avec un quintuplé de l’attaquant Jango, un record toujours inégalé dans l’histoire du Re-Pa. Cette même année, Jango signe un autre exploit sous les couleurs de la sélection du Pernambouc en inscrivant huit buts lors d’un retentissant 15-0 contre celle du Paraíba, dans le cadre d’un championnat entre sélections de chaque État du pays. Son talent suscite même les regrets du sélectionneur brésilien Ademar Pimenta, qui déclare qu’il l’aurait convoqué pour la Coupe du Monde 1938 s’il l’avait découvert plus tôt.

Parmi les autres grandes figures de cette époque, on peut citer le défenseur Evandro Almeida, qui donne son nom au Baenão, ainsi que l’ailier Vevé, futur membre de l’équipe de rêve de Flamengo en 1982.

Ainsi, dès ses premières décennies, le Re-Pa affiche déjà les caractéristiques qui vont marquer son histoire : une rivalité cyclique où chaque club domine par périodes, entrecoupées de drames, de records et de héros inoubliables.

Goleadas, légendes et hégémonies dans le Re-Pa

Dans les années 1940, le Paysandu s’affirme avec force, remportant un pentacampeonato et acquérant le surnom de « Papão da Curuzu » en 1948. Cette décennie voit le club infliger au Remo la plus large défaite de l’histoire du Clássico-Rei, un 7 à 0 en 1945 au Baenão. Entre mars 1943 et mai 1944, le Paysandu aligne neuf victoires consécutives dans le derby, une série record. Durant cette période, la Tuna Luso remporte également des titres, laissant le Remo dans sa plus longue période de disette de neuf ans. Parmi les figures marquantes de cette époque figurent Hélio Costa, meilleur buteur du classico avec 47 réalisations, et Quarenta, troisième de ce classement avec 28 buts, qui porte les couleurs du Paysandu entre 1927 et 1945.

Debout de gauche à droite : ATHENÁGORAS, Simeão, Bria, Pedro, Capivara, MANOEL PEDRO et NASCIMENTO ; Accroupis : Valentim, FARIAS, HÉLIO, GUIMARÃES et SOIÁ.
L’équipe de Paysandu parmi lesquels sept joueurs qui avaient joués lors de la victoire 7-0 (en majuscule). Debout de gauche à droite : ATHENÁGORAS, Simeão, Bria, Pedro, Capivara, MANOEL PEDRO et NASCIMENTO ; Accroupis : Valentim, FARIAS, HÉLIO, GUIMARÃES et SOIÁ.

Cependant, le Remo ne tarde pas à réagir. Lors de la transition vers les années 1950, le Paysandu connaît à son tour une période de disette de neuf ans, tandis que le Remo remporte cinq titres d’État. Parmi les figures emblématiques de cette période, on retrouve Itaguary (deuxième meilleur buteur du Re-Pa avec 30 buts), l’ailier Chaminha et le gardien uruguayen Julio Véliz. La Tuna Luso, quant à elle, remporte quatre titres entre 1948 et 1958.

L’année 1956 voit émerger un talent exceptionnel : Paulo Benedito dos Santos Braga, surnommé Quarentinha. Arrivé au Paysandu après avoir été rejeté par le Remo, il joue pendant 18 ans et remporte 12 championnats, un record au Brésil. Cette même année, le Clássico-Rei est disputé 16 fois, soit presque une rencontre toutes les trois semaines. À l’époque de Quarentinha (recordman des Re-Pas avec 135 apparitions), le Paysandu devient le club le plus titré du Pará et prend l’avantage sur le Remo en nombre de victoires dans le classico. Il fait également partie de l’équipe qui bat Peñarol 3 à 0 en 1965, exploit remarquable face à une équipe qui ne perd que contre l’Independiente par un écart similaire cette année-là, en finale de la Libertadores.

Au début des années 1970, l’idole du Remo, Alcino, émerge. Il marque les deux buts de la finale de 1971, amorçant une période dorée pour le club. Le Remo remporte alors le Nord-Nordeste et finit vice-champion de la première édition de la Série B. L’équipe accumule les succès et détient la plus longue série d’invincibilité dans le derby (23 matchs entre 1973 et 1976), établissant sa domination sur la décennie.

Parmi les figures marquantes de cette époque, on retrouve Adérson, qui allie médecine et football du côté de Flamengo, ainsi que Rosemiro, rapidement vendu à Palmeiras. En 1975, Remo affronte Flamengo au Maracanã et s’impose grâce à un but d’Alcino. En championnat national, Remo écrase Paysandu 5 à 2 en 1976, avec deux buts d’Amaral. L’idole Alcino quitte alors le club pour briller au Grêmio, et le Paysandu en profite pour récupérer la suprématie régionale.

En 1979, Bira émerge comme la nouvelle idole du Remo. Recruté à Paysandu en 77 en échange de la reconnaissance du titre de 1971, il devient meilleur buteur du championnat avec un record de 32 buts et aide son équipe à devenir triple championne, malgré la présence de Dadá Maravilha chez son éternel rival. Les deux joueurs deviennent même amis et c’est même Dadá qui recommande à l’Internacional de Porto Alegre de recruter Bira, où il remporte le Brasileirão invaincu en 1979.

Si les années 1970 sont euphoriques pour les Remistas, la décennie suivante est une véritable traversée du désert. Malgré l’émergence d’un nouveau buteur prolifique, Eduardo Soares, dit Dadinho, meilleur buteur de l’histoire de Remo, le club ne décroche qu’un seul titre d’État, en 1986. Pendant ce temps, Paysandu domine le championnat, réalisant un triplé entre 1980 et 1982, avec notamment le latéral Aldo, frère de Bira, qui connaît ensuite le succès avec Fluminense. Aux côtés de Charles Guerreiro et de Cabinho, cinquième meilleur buteur de l’histoire du club, Paysandu ajoute deux autres sacres à son palmarès dans une décennie où Tuna Luso brille également. Pour tenter d’inverser la tendance, Remo recrute l’idole bicolore Luisinho das Arábias, mais ce dernier a peu d’impact : il arrive en 1989 et, tragiquement, décède dans son sommeil peu après le début du championnat d’État.

Pour combler cette perte, Paysandu frappe fort en engageant Dadinho, qui fait une arrivée spectaculaire à Curuzu en hélicoptère. Cependant, alors que la fin des années 1980 semble annoncer une période de vache maigre pour Remo, la décennie suivante marque une renaissance éclatante. Le club réalise un triplé entre 1989 et 1991, et cette dernière année permet à Dadinho de goûter au succès avec Paysandu, qui s’adjuge la Série B grâce à un but décisif de sa part en finale contre Guarani. Mais Remo ne tarde pas à réagir : sous la direction du « Roi » Artur – futur coéquipier de Jardel dans le grand Porto des années 1990 – l’équipe atteint les demi-finales de la Coupe du Brésil, ne s’inclinant que face au Criciúma de Luiz Felipe Scolari, futur champion. En 1992, les Bicolores ripostent, portés par Edil Highlander, meilleur buteur du Brésil cette année-là. La tentative de Remo d’obtenir un inédit quadruplé professionnel est anéantie par Paysandu, qui enchaîne quatre victoires 1-0 – la dernière étant marquée par un but mémorable de Mendonça, inscrit d’une frappe lointaine depuis le milieu de terrain.

Une domination historique de Remo (1993-1997)

Les supporters bicolores ne se doutent pas qu’à partir du Re-Pa suivant, ils vont enchaîner les désillusions. Du 31 janvier 1993 au 7 mai 1995, Remo établit une série d’invincibilité de 33 classiques consécutifs, avec 21 victoires (dont six d’affilée entre août 1995 et septembre 1996, et une séquence impressionnante de neuf victoires et un match nul en 10 rencontres) ainsi que 12 matchs nuls.

Au-delà du classique, l’année 1993 s’avère mémorable. Remo atteint les demi-finales du Brasileirão, éliminant la Portuguesa de Dener grâce à une victoire 5-2 à Belém, suivie d’un succès 2-0 au Canindé. L’équipe compte dans ses rangs des joueurs de renom tels que Mauricinho (ex-Vasco), le latéral Édson Boaro (présent avec la Seleção en 1986), l’inimitable Biro-Biro (ancien du Corinthians) et l’attaquant Alex Dias. C’est aussi cette année-là que débute Giovanni, futur crack de Santos et du FC Barcelone. Son premier match entre dans l’histoire : un Re-Pa en première division, le 6 octobre 1993, qui se solde par un match nul 1-1, avec un but de sa part. Cependant, alors qu’il est pressenti pour briller dans la meilleure campagne d’un club paraense en première division (8ᵉ place), il ne parvient pas à confirmer immédiatement les attentes.

Jusqu’en 1997, cette domination absolue s’accompagne d’un pentacampeonato (cinq titres consécutifs), consolidant Remo comme le club le plus titré du Pará. Parmi les acteurs majeurs de cette époque dorée, on retrouve l’attaquant moustachu Luís Müller, le gardien Clemer, et Ageu Sabiá, surnommé « le Walter paraense », en raison de ses jambes fines et de son petit ventre, mais une efficacité redoutable. Il reste le meilleur buteur de l’histoire des clubs paraenses dans toutes les divisions du Brasileirão avec 37 réalisations.

La fin d’une série et un tournant pour Paysandu

Le 33ᵉ match de cette série d’invincibilité prend une tournure épique. Quelques jours auparavant, Remo licencie son entraîneur Fernando Oliveira, après avoir perdu la Copa Norte contre Rio Branco (AC) en plein Mangueirão – un trophée qui aurait offert une qualification pour la Coupe Conmebol. Pourtant, contre Paysandu, Belterra et Agnaldo tentent le tout pour le tout afin de renverser un match mal engagé (0-1) en remplaçant un défenseur (Ricardo) et un milieu (Damião) par deux attaquants supplémentaires, Marcelo Papi et Zé Raimundo, qui rejoignent le trio d’attaque formé par Luís Carlos Apéu, Ageu et Edil. L’audace paie : dans les 10 dernières minutes, Agnaldo égalise, Zé Raimundo donne l’avantage à Remo, et Edil scelle la victoire.

Paysandu met fin à cette série noire grâce à une inspiration superstitieuse : abandonner son maillot principal pour un maillot extérieur. Un choix qui porte chance, puisque ce jour-là, Remo manque une occasion d’égaliser sur penalty. Le gardien Claudecir, un ancien remista devenu bicolore, repousse à la fois le tir et le rebond. Si le ballon était entré, Remo aurait égalisé à 1-1, mais à la 80ᵉ minute, Wagner tue le match en marquant le but du 2-0 pour Paysandu.

Un duel de prestige à la fin des années 90

En 1997, le Papão se distingue avec le but le plus rapide du monde à l’époque, inscrit par Vital. Toutefois, le championnat d’État échappe au club, perdu sur un but de l’ancienne idole Rogerinho, qui marque l’histoire en étant le seul joueur présent dans les deux sacres de Paysandu en Série B : il est là en 2001 et remporte également la Copa Norte et la Copa dos Campeões en 2002.

L’année 2000 marque un nouvel équilibre : Paysandu et Remo comptent chacun 38 titres d’État, mais le « Re-Pa du Siècle » vient réaffirmer la supériorité azulina. En novembre 2000, Remo s’impose 3-2 (triplé de Robinho) dans un match de barrage décisif, avant un nul 1-1 au retour.

Paysandu reprend le dessus au XXIᵉ siècle

Avec l’entrée dans le nouveau millénaire, Paysandu reprend sa couronne de club le plus titré du Pará. Son effectif doré, composé de Sandro, Vandick, Lecheva, Jobson, Vanderson, Zé Augusto, Vélber, Iarley et Robgol, permet également à Paysandu d’établir une série de 11 Re-Pa consécutifs sans défaite entre 2000 et 2002, la plus longue du XXIᵉ siècle.

L’un des épisodes les plus marquants a lieu en 2001, lorsqu’Albertinho provoque Remo, alors que le match n’est même pas contre eux. Lors d’un match contre Tuna Luso, en Série B, il marque un but et, dans sa célébration, il retire son maillot pour le mettre sur la mascotte de Remo (le match se jouait au Baenão), provoquant l’hystérie des supporters bicolores.

Même en déclin à partir de 2004, Paysandu parvient à remporter cinq des dix derniers championnats d’État, tandis que Remo, encore plus en difficulté, met fin à six années de disette en 2014. Cette année-là, les deux clubs s’affrontent à dix reprises, dans une rivalité toujours aussi brûlante.

Des confrontations toujours plus intenses

Les années suivantes sont riches en affrontements épiques, notamment en Copa Verde et en Série C. En 2015, en demi-finale de la Copa Verde, Remo réalise une remontée contre Paysandu (0-2, puis 2-0), avant de s’imposer aux tirs au but. Toutefois, en finale, il s’incline face à Cuiabá après une incroyable déconvenue (victoire 4-1 à l’aller, mais défaite 5-1 au retour).

Paysandu prend sa revanche en 2017 en remportant son 47ᵉ titre du championnat Paraense après une victoire en finale face à son grand rival. En 2018, Remo reprend l’avantage avec deux victoires en finale, en plus des deux autres succès lors des phases précédentes, marquant ainsi quatre victoires consécutives surnommées « les 4 peias » par ses supporters.

Un classique qui traverse les générations

En 2019, Paysandu décroche une qualification en quart de finale de la Série C en éliminant Remo lors d’un nul 1-1, dans un match surnommé le « Re-Pa du XXIᵉ siècle ». Ce match, disputé lors de la dernière journée du Groupe B de la Série C, est un véritable choc dans un Mangueirão bouillant. Le score final de 1-1 qualifie le Papão et élimine Remo, marquant le plus grand affrontement entre les deux clubs en championnat national depuis la Copa João Havelange en 2000. Finalement, en janvier 2021, Remo prend sa revanche en s’imposant 1-0 lors du dernier grand duel en date, une victoire qui scelle la remontée du Leão en Série B après 14 ans d’absence.

Avec près de 800 matchs disputés, le Clássico-Rei de l’Amazonie est bien plus qu’une simple rivalité sportive. Il incarne l’âme du football paraense, où fierté, provocation et intensité se mêlent dans une lutte éternelle. Hier, aujourd’hui et pour toujours, Remo et Paysandu continueront d’écrire l’histoire, dans un duel où chaque match est une guerre et chaque victoire une explosion d’émotions.

Quelques chiffres sur le Re-Pa

Quand tout a commencé : le 14 juin 1914, avec une victoire 2-1 de Remo contre Paysandu dans le cadre du Championnat Paraense.

Meilleur buteur : Hélio (Paysandu) – 47 buts

Qui a le plus gagné : Remo – 269 victoires. Paysandu a gagné 247 fois. Il y a eu 263 matchs nuls.

Plus larges victoires : Remo 0x7 Paysandu, 22 juillet 1945  

  • Paysandu 2×7 Remo, 05 mars 1939  
  • Remo 5×1 Paysandu, 15 octobre 1922  
  • Remo 0x4 Paysandu, 30 juin 2001  
  • Paysandu 6×3 Remo, 15 octobre 1939  
  • Remo 5×2 Paysandu, 07 septembre 1976

Curiosités et chiffres marquants

  • Paysandu compte actuellement 49 titres d’État, tandis que le Remo a 48 trophées ;  
  • Itaguary, le 2ème meilleur buteur de l’histoire du classique avec 30 buts, a réussi à atteindre ce chiffre en portant le maillot des deux rivaux, un fait très commun dans l’histoire de Remo et Paysandu ;  
  • La plus longue série d’invincibilité de Paysandu dans l’histoire du classique est de 13 matchs, entre janvier et décembre 1970 ;  
  • Belém est la ville qui a enregistré le plus de classiques Re-Pa dans l’histoire avec plus de 750 matchs. Le Clássico-Rei a également été disputé dans le Maranhão, d’autres municipalités du Pará et même à Paramaribo, au Suriname, lors de l’excursion des deux équipes en 1977. Ils y sont d’ailleurs retournés en 1984 et 2011 ;  
  • Lors du championnat de 1972, les lumières du Baenão ont été éteintes pendant quatre-vingts minutes au milieu de la discussion sur la validation ou non d’un but remista. Quand elles ont été rallumées, les filets avaient disparu et Paysandu, désireux que le match se poursuive, a ordonné à un intendant d’aller chercher des filets au Curuzu, à deux pâtés de maisons de là. Le match a pu reprendre et le Papão a remporté le titre ;  
  • D’ailleurs, la distance entre les deux stades est exactement de deux pâtés de maisons. C’est même plus proche que la distance entre les stades du Racing et Independiente, en Argentine, et au niveau mondial, seuls Dundee et Dundee United ont des terrains plus proches l’un de l’autre ;  
La distance entre le Baenão et le Curuzy
  • Une grande part de l’idolâtrie remista envers Alcino est due au fait qu’il a amené l’équipe à mettre fin à la période de vaches maigres imposées par les 18 ans de l’Ère Quarentinha. Pendant cette période, Remo n’a jamais réussi à remporté deux titres consécutifs, mais avec Alcino, le club a remporté un triplé et pris l’avantage en nombre de victoires dans le classique. Cela en grande partie grâce à une série de 23 matchs invaincus dans le classique ;  
  • Le jour de la plus grande victoire de l’histoire du classique, le 7-0 de 1945 en faveur de Paysandu au Baenão, l’un des joueur bicolores était un fervent supporter remista et un ancien joueur azulino (Izan). Et l’un des perdants a été puni (pour s’être fait expulsé et par conséquent avoir affaibli la défense remista) même dans le quartier militaire où il était installé… ;  
  • Dans un Re-Pa d’il y a plusieurs années de cela, le fantôme de Suisse (joueur mentionné au début de l’article, le seul ayant été convoqué avec l’équipe nationale à partir d’un club paraense) aurait aidé le gardien bicolore à garantir une victoire en arrêtant un penalty ;  
  • Le record de public de l’histoire du Stade Baenão a eu lieu lors de la victoire de 5-2 de Remo contre Paysandu dans le cadre du Championnat brésilien de 1976 avec 33 487 spectateurs. En plus de la victoire, les supporters de Remo ont célébré la fin de l’invincibilité de 31 matchs de leur rival cette saison-là ;  
  • Le Re-Pa est probablement le classique avec le plus grand nombre de forfaits et de polémiques de l’histoire. Il y a eu au moins 11 matchs avec forfait (la plupart parce qu’une des équipes ne s’est pas présentée au match) et plusieurs se sont terminés avant le coup de sifflet final ;  
  • Le premier forfait a été enregistré lors d’un match amical en 1919, lorsque Remo a abandonné le terrain alors que le score était de 1-1 et Paysandu a été proclamé vainqueur. Voir ci-dessous d’autres forfaits célèbres :  
    • En mars 1939, le match était de un partout lorsque Paysandu a réclamé un hors-jeu sur le but égalisateur de Remo et a quitté le terrain. Remo a gagné par forfait ;  
    • En novembre 1955, le match était une nouvelle fois de 1-1lorsque l’arbitre a accordé un penalty à Remo. Les joueurs n’ont pas laissé le penalty être tiré et Remo a gagné par forfait ;  
    • En juillet 1970, seul la première période a été disputée. Remo a retiré son équipe du terrain en signe de protestation contre la désignation de l’arbitre Teodorico Rodrigues ;  
  • Lors d’un classique de 1993, la pression des supporters azulinos était si forte au stade de Curuzu qu’une partie de la clôture s’est effondrée, blessant plusieurs supporters. Le match a dû être annulé et reprogrammé au Mangueirão quelques jours plus tard ;  
  • Entre décembre 2000 et juin 2001, Paysandu a infligé trois goleadas à son rival : 4-1, en décembre 2000 ; 4-0, en février 2001 en plein Baenão ; et 4-0, en juin 2001, une nouvelle fois au Baenão ;  
  • En avril 2009, le classique numéro 700 a eu lieu. Le Papão était en meilleure forme et son président a déclaré que le bicolore ne devait pas avoir pitié du « misérable » Remo. Contre toute attente, le Leão a gagné 2-1, avec des buts de Helinho et Beto, dans le match qui est resté connu sous le nom de « Révolte des Misérables » ;  
  • Le Re-Pa est l’un des rares classiques au Brésil qui permet encore la présence des supporters des deux équipes les jours de match.

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Zico, le Pelé Blanc : Histoire d’une Icône du Football

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Zico

Naissance : 3 mars 1953, à Rio de Janeiro (RJ), Brésil
Position : Milieu de terrain

Il est difficile d’imaginer qu’un jeune garçon frêle venant de Quintino devienne l’un des plus grands joueurs de l’histoire du football brésilien et mondial. Arthur Antunes Coimbra, plus connu sous le nom de Zico, reste aujourd’hui encore l’idole ultime de Flamengo. Il est le meilleur joueur brésilien des années 1980 et demeure, pour beaucoup, le plus grand joueur de l’histoire du pays après Pelé. Zico a donné corps et âme à son club de cœur, remportant les titres les plus prestigieux de l’histoire de Flamengo. En 1981, il joue un rôle décisif dans les victoires en Coupe du Monde des Clubs et en Copa Libertadores. En 1980, 1982 et 1983, il mène Flamengo à trois titres de champion du Brésil. Après un bref passage en Italie, le « Galinho » (petit coq) revient au Brésil pour ajouter un autre titre de champion du Brésil et un titre de champion carioca à son palmarès.

En 1989, il met un terme à son brillant parcours au Flamengo avant d’imiter ce qu’a fait Pelé aux États-Unis, mais au Japon. Là-bas, Zico a contribué à populariser le football, à créer la ligue professionnelle japonaise, et devint une véritable légende, au point qu’une statue fut érigée en son honneur et qu’un carnaval fut organisé pour son départ, bien qu’il n’ait pas remporté de grands titres sur place. Le football a offert à Zico des moments inoubliables. Sa seule déception reste sa non-victoire en Coupe du Monde avec la sélection brésilienne, échouant en 1978, 1982 et 1986.

Malgré cela, Zico a marqué l’histoire du football mondial par ce qu’il a accompli avec Flamengo. Avec plus de 500 buts inscrits et une multitude de titres remportés, il est devenu une figure immortelle. Retour sur son parcours exceptionnel.

La jeunesse de Zico à Quintino : le berceau d’une légende

Zico lors de ses débuts à Flamengo

Dès son plus jeune âge, Zico se distingue par son talent avec le ballon dans le quartier de Quintino Bocaiúva, situé dans la zone nord de Rio de Janeiro. Le futur prodige fait partie de l’équipe du Juventude de Quintino, composée d’amis et de membres de sa famille. À seulement 14 ans, il est déjà sollicité pour participer à des tournois contre des équipes voisines. Un jour mémorable, Zico joue un match avec le River Tênis Clube (aujourd’hui River Futebol Clube), où il attire l’attention de Celso Garcia, un commentateur radio et fervent supporter de Flamengo, invité par Germano José Grilo, surnommé Ximango, créateur de Juventude. Leur but était de convaincre Celso d’incorporer Zico dans l’équipe de Flamengo. Leur stratégie porta ses fruits : Zico éclabousse le match de son talent, inscrivant 10 des 14 buts lors de la victoire 14-4 de son équipe. Cette performance exceptionnelle lui ouvre les portes de l’école de football de Flamengo en 1967.

Le début d’une carrière mythique : l’éclosion d’un prodige

Zico lors de ses débuts avec Flamengo en 1971
Zico lors de ses débuts avec Flamengo en 1971.

Après un entraînement intensif et une progression rapide, Zico fait ses débuts remarqués avec l’équipe première de Flamengo en 1971, inscrivant un but lors d’un match nul 1-1 contre Bahia à Salvador. Cependant, nombreux sont ceux qui doutent de son avenir en raison de sa constitution physique fragile. À 17 ans, Zico est frêle et facilement dominé par des défenseurs plus robustes. C’est alors que la direction de Flamengo investit dans un programme de développement physique novateur pour l’aider à prendre de la masse musculaire. En quatre ans, Zico grandit de six centimètres et prend neuf kilos, atteignant quasiment sa condition physique idéale. Revigoré, il s’impose comme titulaire en 1974 avec le numéro 10 sur le dos, enchaînant les performances éblouissantes avec ses dribbles, ses accélérations et ses buts. Déjà champion d’État en 1972, le « Galinho de Quintino » remporte le championnat carioca de 1974 et brille lors du championnat brésilien de cette même année (remporté par le rival Vasco), décrochant le prestigieux Ballon d’Or décerné par la revue Placar en tant que meilleur joueur du tournoi.

Surmonter les doutes : le chemin vers la gloire

Après avoir terminé son programme de renforcement musculaire, Zico devient la cible des critiques de certains, qui le qualifient de simple « joueur de laboratoire », prétendant qu’il est « fabriqué sur mesure au sein de Flamengo » ou qu’il « ne brille qu’au Maracanã ». Ces critiques s’avèrent totalement infondées, et Zico les fait taire dès 1978.

1978 : Première Coupe du Monde et reconnaissance internationale

Zico avec la sélection brésilienne lors de la Coupe du Monde 1978.
Zico avec la sélection brésilienne lors de la Coupe du Monde 1978.

En 1978, Zico remporte à nouveau le championnat carioca avec Flamengo, terminant meilleur buteur de la compétition avec 19 buts. Ce titre marque le début d’un triplé historique pour Flamengo, qui domine également lors des éditions de 1979, incluant le championnat régional et le fameux championnat « spécial ». Zico s’affirme comme la star de l’équipe, offrant un football spectaculaire, ponctué de buts sublimes, de passes décisives sur mesure et de coups francs mémorables. Ses performances lui valent une convocation pour la Coupe du Monde 1978 en Argentine. Cependant, Zico ne reçoit pas la reconnaissance qu’il mérite, car la CBD (actuelle CBF) pousse pour la titularisation de Jorge Mendonça à sa place. Zico doit se contenter de quelques apparitions sporadiques, marquant néanmoins son premier but en Coupe du Monde contre le Pérou, sur penalty. Le Brésil termine à la troisième place et doit se contenter du titre symbolique de « Champion Moral », auto-décerné par l’entraîneur Cláudio Coutinho, qui dénonce une supposée manipulation de résultat dans un match entre l’Argentine, pays hôte, et le Pérou.

L’ascension fulgurante : Flamengo et l’apogée du Galinho

L'équipe de Flamengo 1980
Debouts : Andrade, Marinho, Raul, Rondinelli, Carlos Alberto e Júnior – Accroupis : Tita, Adílio, Nunes, Zico, Júlio César 

L’année suivante, Zico explose. Il joue un rôle clé dans le triplé régional de Flamengo et brille lors de la conquête du trophée amical Ramón de Carranza, marquant un des buts lors de la victoire 2-1 contre le FC Barcelone de Neeskens et Simonsen. Zico inscrit également son 245e but en carrière, surpassant Dida comme meilleur buteur de l’histoire de Flamengo, marquant ainsi le début de son apogée.

Zico, roi de l’Amérique : la conquête de la Copa Libertadores

En 1980, Flamengo entame sa domination sur le football brésilien, avant de conquérir le monde. Avec une équipe composée de joueurs d’exception tels qu’Adílio, Andrade, Leandro, Júnior, Tita, Mozer, Nunes et bien sûr le talent inégalé de Zico, Flamengo propose un véritable spectacle sur la pelouse. La qualité de jeu émerveille les supporters. Cette année-là, Flamengo remporte pour la première fois le titre de champion du Brésil, après une victoire épique contre l’Atlético-MG en finale, remportée 3-2 au Maracanã. Zico termine meilleur buteur avec 21 réalisations et permet à l’équipe de décrocher son billet pour sa première participation en Copa Libertadores.

Zico en finale de Copa Libertadores contre Cobreloa en 1981.

Sous la conduite magistrale de Zico, Flamengo décroche le titre tant convoité de la Copa Libertadores. Tout au long de la compétition, le « Galinho » se montre époustouflant, terminant meilleur buteur avec 11 réalisations. Sa capacité à briller dans les moments décisifs est particulièrement remarquable, notamment lors de la finale contre les Chiliens de Cobreloa. Lors du premier match, au Maracanã, Zico inscrit les deux buts de la victoire 2-1. Le match retour, empreint de tension et de provocations, voit Cobreloa l’emporter 1-0. Tout se joue lors de la troisième et dernière rencontre, disputée sur terrain neutre, où Zico fait à nouveau la différence : il marque les deux buts de la victoire 2-0, dont un somptueux coup franc, véritable signature de l’inimitable numéro 10.

Ce triomphe consacre Flamengo comme champion d’Amérique. Ou plutôt, devrions-nous dire, le Flamengo de Zico devient champion d’Amérique ? Après tout, son nom est désormais indissociable de celui du club rouge et noir.

Roi du monde : Flamengo triomphe en Coupe Intercontinentale

Avant d’affronter Liverpool en Coupe Intercontinentale, Flamengo s’adjuge le championnat carioca de 1981 en battant Vasco 2-1, dans ce qui ressemble à une formalité. Le moment le plus marquant de cette campagne reste une victoire éclatante 6-0 contre Botafogo, une revanche mémorable pour la défaite infligée par le même score en 1972.

Zico et son équipe possèdent désormais toute la motivation nécessaire pour défier Liverpool, une formation redoutable qui, au cours des huit années précédentes, a ajouté à son palmarès cinq championnats d’Angleterre, une Coupe de l’UEFA et trois Ligues des champions. Mais Flamengo n’est nullement intimidé. À Tokyo, les joueurs brésiliens livrent une prestation magistrale, inscrivant trois buts dès la première mi-temps : deux par Nunes et un par Adílio.

Flamengo vainqueur de la Coupe Intercontinentale 1981.
Flamengo vainqueur de la Coupe Intercontinentale 1981.

En seconde période, Flamengo se contente de gérer son avance avec une maîtrise technique impressionnante, laissant les Anglais impuissants. Cette victoire va bien plus loin qu’un triomphe sportif : elle inscrit Flamengo de Zico au sommet du football mondial. Flamengo devient champion du monde, le premier (et toujours le seul) club carioca à remporter un titre mondial. Certes, Fluminense a gagné la Coupe Rio en 1952, une compétition intercontinentale parfois considérée comme un « mondial », mais celle-ci n’est jamais officialisée.

Zico est élu meilleur joueur de cette finale légendaire. Les Anglais, qui déclaraient avant le match « ne pas connaître Flamengo », reçoivent une leçon mémorable.

Hégémonie nationale : les années dorées de Flamengo

Zico et Flamengo poursuivent leur domination, enchaînant les succès. En 1982, l’équipe remporte un nouveau championnat brésilien, triomphant cette fois à l’extérieur face au redoutable Grêmio, alors tenant du titre. Lors de cette finale, Zico délivre une passe décisive à Nunes, qui inscrit l’unique but du match, scellant la victoire 1-0. Mais un défi encore plus ambitieux attend Zico cette année-là : la Coupe du Monde de 1982.

Mondial 1982 : la désillusion d’une génération dorée

La sélection du Brésil lors de la Coupe du Monde 1982

Le Brésil se rend en Espagne pour le Mondial 1982 en tant que grand favori. Avec une équipe étincelante alliant les talents des cracks de Flamengo (Leandro, Júnior et Zico) et d’autres stars de renom (Falcão, Oscar, Luisinho, Éder, Toninho Cerezo, Sócrates et Serginho), sous la direction de Telê Santana, cette sélection est souvent considérée comme la meilleure depuis celle victorieuse en 1970.

Zico se montre brillant tout au long de la compétition, marquant quatre superbes buts : un contre l’Écosse, deux face à la Nouvelle-Zélande (dont une splendide volée), et un dernier contre l’Argentine. La Seleção enchante le monde avec un football d’une beauté rare.

Mais le destin en décide autrement. En quart de finale, le Brésil est éliminé par l’Italie de Paolo Rossi, qui signe un triplé lors d’un match mémorable conclu sur le score de 3-2. Ce choc brutal marque cette génération dorée. Zico, pris dans l’étau défensif de Claudio Gentile – l’un des plus redoutables défenseurs de l’histoire des Coupes du Monde, connu pour avoir également neutralisé Maradona au tour précédent – ne peut exprimer tout son talent comme il l’a fait lors des autres rencontres. Le rêve de Zico de soulever la Coupe du Monde avec le Brésil s’évanouit brutalement.

Profondément affecté, Zico peine à retrouver son niveau immédiatement après cette déception. Flamengo passe tout près du doublé en Libertadores, échouant en demi-finale, et manque également le titre carioca, remporté cette année-là par Vasco.

Retour triomphal et quatrième titre brésilien

En 1983, Zico retrouve son niveau d’exception et guide Flamengo vers un troisième titre de champion du Brésil, égalant ainsi le record établi par l’Internacional dans les années 1970. Toujours décisif, il ouvre le score lors de la finale face à Santos, un triomphe retentissant 3-0 au Maracanã, devant une foule record de 155 253 spectateurs, un chiffre encore inégalé dans l’histoire du championnat brésilien. Ce jour mémorable, les chants et célébrations des supporters accompagnent l’apogée de Zico et de Flamengo.

Cependant, cette rencontre marque aussi la fin d’une époque : c’est le dernier match de Zico sous le maillot rouge et noir avant son départ pour l’Italie, clôturant ainsi une ère inoubliable.

Zico en Italie : le roi inattendu d’Udine

Zico lors de son passage à l'Udinese

En 1983, malgré l’intérêt des plus grands clubs italiens, Zico surprend le monde du football en rejoignant l’Udinese, un club plutôt modeste. Arrivé en Italie avec le statut de légende, il conserve son humilité naturelle. Pourtant, sa simple présence transforme ses coéquipiers, parfois au-delà du raisonnable : Pradella, un remplaçant, se met à trembler et souffre de troubles intestinaux en apprenant qu’il jouera aux côtés du génie brésilien.

Malgré les limites de l’équipe, Zico réussit à élever l’Udinese à la neuvième place du championnat italien 1983/1984. Auteur de 19 buts en championnat, il termine à une seule réalisation du meilleur buteur de la saison, Michel Platini, qui bénéficie pourtant de six matchs supplémentaires après une blessure qui a freiné Zico.

Cependant, il devient rapidement évident que l’Udinese est trop dépendant de son talent, poussant souvent Zico à jouer malgré des blessures. Les promesses des dirigeants – qui s’étaient engagés à bâtir une équipe compétitive autour de lui – restent lettre morte. En 1985, déçu mais toujours adulé, Zico choisit de retourner à Flamengo.

Blessures et résilience : le défi ultime du Galinho

Le retour de Zico à Flamengo en 1985 est célébré en grande pompe. Les supporters voient en lui l’espoir de retrouver les heures de gloire perdues depuis son départ en 1983. Mais cette joie est de courte durée. Lors d’un match contre Bangu, une intervention violente de Márcio Nunes a des conséquences désastreuses : Zico subit une torsion des deux genoux, du péroné gauche et des deux chevilles.

Ce moment tragique marque un tournant dans sa carrière. Trois opérations du genou gauche sont nécessaires, suivies d’une longue et pénible rééducation, compliquée par des problèmes musculaires chroniques. La blessure est si grave qu’elle modifie la courbure de sa jambe gauche, influençant non seulement sa manière de marcher, mais aussi son style de jeu.

Malgré cela, Zico se fixe un nouvel objectif : participer à la Coupe du Monde 1986, sa dernière chance de remporter un titre avec la Seleção. Il doit cependant faire face au scepticisme des supporters et des critiques, qui doutent de sa capacité à retrouver son meilleur niveau.

Zico et Socrates sous les couleurs de Flamengo.
Zico et Socrates sous les couleurs de Flamengo.

Zico prouve que son talent et sa volonté peuvent surmonter les épreuves. En 1986, il fait taire les sceptiques lors d’un match mémorable entre Flamengo et Fluminense, marqué par les débuts de Sócrates sous le maillot rubro-negro. Bien que l’attention soit centrée sur le « Docteur », c’est Zico qui illumine la rencontre. Il inscrit trois buts, dont un somptueux coup franc, offrant à Flamengo une victoire éclatante 4-1 (voir la vidéo).

Ce match symbolise la résilience de Zico. Adaptant son jeu aux contraintes physiques imposées par sa blessure, il troque ses accélérations fulgurantes pour un rythme plus mesuré, axé sur des passes millimétrées et des ouvertures stratégiques. Ce changement de style, dicté par les circonstances, souligne une fois de plus l’immensité de son talent et sa capacité d’adaptation, confirmant qu’il reste un maître du jeu malgré les obstacles.

Coupe du Monde 1986 : le dernier drame de Zico

Zico face à la France lors de la Coupe du monde 1986.
Zico face à Luis Fernandez, le 21/06/1986 à Guadalaraja, lors du quart de finale de la Coupe du Monde 1986 entre la France et le Brésil.

Malgré les doutes, Zico participe à la Coupe du Monde 1986 au Mexique en tant que remplaçant. Il dispute seulement trois matchs : contre l’Irlande du Nord en phase de groupes, contre la Pologne en huitièmes de finale, et enfin contre la France en quart de finale. C’est lors de cette confrontation avec les Bleus que Zico vit son dernier grand drame.

Entré en jeu alors que le score est de 1-1, il délivre une passe décisive à Branco, qui obtient un penalty pour le Brésil. Zico se présente pour le tirer, mais échoue à transformer cette chance cruciale. Le score reste inchangé, et la qualification se joue aux tirs au but. Cette fois, Zico marque son tir, mais les échecs de Sócrates et de Júlio César scellent l’élimination du Brésil. Voir le résumé du match.

Pour Zico, cet échec marque la fin définitive de son rêve de soulever la Coupe du Monde. Après le match, il confie avec amertume : « Cette génération n’était pas destinée à être championne du monde. » Une triste vérité pour un joueur et une équipe souvent considérés comme les plus talentueux de leur époque.

1987 : Le dernier titre et un adieu mémorable

Les adieux de Zico.

En 1987, Zico mène une nouvelle génération de talents du Flamengo, comprenant Aldair, Leonardo, Zinho et Bebeto, à un quatrième titre national lors de la controversée Copa União. Bien que la CBF ait également déclaré le Sport Recife champion cette année-là, ce sacre reste gravé comme l’un des derniers grands moments de la carrière de Zico.

Ce fut aussi son dernier trophée sous le maillot du Flamengo. En 1989, après une carrière marquée par des exploits inégalés, il décide de prendre sa retraite. Son dernier match, une victoire écrasante 5-0 contre Fluminense, est à son image : majestueux. Fidèle à son style, Zico conclut cette rencontre historique avec un coup franc somptueux, symbole ultime de son génie. « C’est ce que je voulais, terminer avec un but et juste comme j’aime : sur coup franc, » déclara-t-il, ému, à l’issue de cette soirée mémorable.

Mission au Japon : Zico, l’ambassadeur du football

Zico sous les couleurs du Kashima Antlers

En 1991, Zico sort de sa retraite pour une aventure inattendue : le Japon. Pendant trois ans, il joue un rôle central dans la popularisation du football dans le pays, contribuant notamment à la création de la J-League en 1993. Défendant les couleurs du Kashima Antlers, il devient rapidement une icône nationale grâce à ses dribbles, ses coups francs imparables, et son charisme.

Quand il prend sa retraite définitive en 1994, le Japon lui rend un hommage sans précédent. Une statue est érigée en son honneur, et il est célébré comme un héros, surnommé le « Dieu du football ». Son impact dépasse largement le cadre sportif, inscrivant son nom dans l’histoire culturelle du pays.

L’héritage d’une légende

Si Zico n’a jamais atteint les sommets espérés avec la Seleção, ses exploits avec Flamengo, l’Udinese, et le Kashima Antlers, ainsi que son influence au-delà des terrains, font de lui l’un des plus grands noms de l’histoire du football mondial.

Aujourd’hui entraîneur, il incarne toujours l’essence du football artistique : la beauté du jeu, la maîtrise technique, et une créativité sans limites. Le Galinho de Quintino a écrit une page inoubliable de l’histoire du sport, accumulant les titres et les honneurs, tout en devenant le symbole éternel de Flamengo. Un génie. Une joueur de légende.

Son parcours professionnel en bref

Les clubs où il a joué

  • Flamengo (1971-1983 / 1985-1989)
  • Udinese (Italie) (1983-1985)
  • Kashima Antlers (Japon) (1991-1994)

Palmarès

Principaux titres en clubs :

  • 1 Coupe intercontinentale (1981)
  • 1 Copa Libertadores (1981)
  • 4 Championnats brésiliens (1980, 1982, 1983, 1987) avec Flamengo
  • 7 Championnats de l’État de Rio de Janeiro (Cariocas) (1972, 1974, 1978, 1979, 1979 (spécial), 1981, 1986)
  • 1 J-League – Première phase (1993) avec Kashima Antlers

Distinctions individuelles principales :

  • FIFA 100 (2004)
  • Équipe All-Star de la Coupe du monde (1982)
  • Hall of fame FIFA (2000)
  • Meilleur joueur mondial selon :
    • Placar (Brésil), Guerin Sportivo (Italie), El Mundo (Venezuela), Don Balón (Espagne) (1981)
    • World Soccer (1983)
  • Bola de Ouro (Meilleur joueur) – Placar : 1974, 1982
  • Meilleur joueur sud-américain de l’année :
    • Par El Mundo (1977, 1981, 1982)
    • Par El Gráfico (1982)
  • Meilleur joueur de la Copa América : 1981
  • Meilleur joueur de la Coupe Intercontinentale : 1981
  • Meilleur buteur de l’histoire du Flamengo : 509 buts en 732 matchs
  • Meilleur buteur historique du Maracanã : 334 buts
  • Meilleur buteur de l’histoire du Fla-Flu : 19 buts
  • Meilleur buteur de Flamengo sur une saison : 88 buts en 70 matchs (1979)
  • 826 buts inscrits en 1180 matchs au long de sa carrière

Zico : goals & skills

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