L’histoire de Julián Álvarez, la pépite de River Plate

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Julian Alvarez
Source image : River Plate

Si River est champion de la Liga Profesional, il le doit en grande partie à la performance exceptionnelle de Julián Álvarez, qui a brillé tout au long du championnat. Et dire qu’il a été Xeneize durant un temps alors qu’il n’était encore qu’un enfant.

Le parcours de Julián Álvarez

Son passage au Real Madrid

Né le 31 janvier 2000 à Calchin, un village de l’intérieur de Cordoba, la Araña (l’Araignée) a fait des essais dans plusieurs clubs, dont le Real Madrid, avant de s’imposer avec River Plate.

À l’âge de 11 ans, Julián va à l’école primaire à l’Institut Rivera Indarte de son village natal, Calchín, situé à 115 kilomètres de la capitale Córdoba, et joue pour le Club Atlético local. À ce moment-là, il sort déjà du lot et se fait contacter par Piero Foglia, directeur sportif de l’Atalaya, un club également de Córdoba, et découvreur de talents, qui souhaite l’emmener avec lui en Europe.

Tout s’est passé comme ça. Un arbitre qui avait dirigé Juli m’en a parlé. Il m’a dit : ‘Toi qui est toujours à l’affût, il y a un enfant à Calchín qui est vraiment au-dessus’. Alors je suis allé le voir. Il marquait de nombreux buts chaque année“, a déclaré Foglia lors d’un entretien avec Cómo te va (AM 550). “Ensuite, en raison d’une relation que j’avais avec un directeur sportif du Real Madrid, j’ai osé l’emmener là-bas. Et il a vraiment été à la hauteur. Je pense que si les mêmes règles que celles qui ont permis à Messi de signer à Barcelone avaient été en vigueur, Julián aurait signé au Real Madrid.”

En effet, il s’est heurté à la politique du Real qui ne signait que des joueurs âgés de 13 ans.

C’était en avril 2011. Quelques jours avant que River ne connaisse le pire chapitre de son histoire, un jeune garçon de Calchín, village de 3 200 habitants à peine, arrive à Madrid, une ville de 3,223 millions d’habitants. “Vous imaginez, c’était la première fois que je prenais l’avion“, raconte Julián à Olé, qui voyageait pour faire un essai dans les équipes de jeunes d’un Real qui comptait alors dans son équipe première Iker Casillas, Sergio Ramos, Kaká, Benzema et un certain Cristiano Ronaldo.

Julian Alvarez lors de son essai au Real Madrid
L’ex futur club de Julian ?

Il y avait aussi plusieurs Argentins dans cette équipe : Ezequiel Garay, Fernando Gago, Angel Di María et Pipita Higuaín, avec qui il a même pris des photos. Un Pipita qui, était jusqu’à cette saison, le dernier joueur de River à avoir marqué deux buts contre Boca dans un même match (en 2006).

Cette histoire du Real Madrid est un peu folle, hein. Je jouais encore à Calchín. Je me souviens que je suis arrivé et que le même jour, ils m’ont donné le numéro 10 et m’ont fait jouer dans un match amical : nous avons gagné et j’ai marqué plusieurs buts. Puis j’ai participé à un tournoi et nous avons été champions“.

À cette époque, tout le monde à Calchín pensait que Julián ne reviendrait pas, car il était déjà vu comme un phénomène. Pourtant il est revenu. Mais Pourquoi ?

Bien qu’il ait brillé, étant sans résidence en Espagne, ses parents se voyaient contraints de déménager à Madrid, de trouver un emploi et de s’y installer jusqu’à ce que le plus jeune de la famille ait 13 ans et puisse être inscrit dans l’équipe. C’était compliqué. “Ce n’est qu’à l’âge de 13 ans que le Real pouvait me faire signer pour de bon“, explique Julián. “Et pour ce faire, à l’époque, toute ma famille aurait dû déménager…“.

Le fait est que, lors de ce voyage, Julián a profité de l’occasion pour voir son idole Lionel Messi. Bien sûr, il était dans les tribunes du Bernabéu le 27 avril 2011, pour voir le Barça de Guardiola s’imposer 2-0 face au Madrid de Mou lors du match aller de la Ligue des champions 2011 (avec un doublé de Leo).

De retour en Argentine

A son retour à Calchín, El Araña poursuit ses études à l’IPEM 284 et continue à jouer au football pour l’Atlético (un club qui a un maillot identique à celui de River). Mais il continue aussi à faire des essais dans des clubs. C’est ainsi qu’il a porté le maillot de Boca et du Bicho. “J’ai vécu dans la pension d’Argentinos mais l’expérience n’a pas été bonne. Pas à cause du club, mais parce que je n’aimais pas être seul. J’étais habitué à ce que ma famille m’accompagne partout et c’est pourquoi j’ai décidé de rentrer“, a-t-il déclaré au journal Clarín.

Julian Alvarez lors de son essai à Boca
Julian lors de son essai à Boca

Finalement, fin 2015, il fait un essai à River, où il est resté et a fait ses débuts en janvier 2016 : “Je suis un supporter de River et cela m’a donné la force de rester à la pension“.

Sa trajectoire l’a ramené au Millonario quelques jours avant son 16e anniversaire, lorsqu’il a rejoint la pension du club. Il s’est rapidement fait remarquer avec la Séptima, a grimpé en Sexta et rejoint peu après la Reserva de Luigi Villalba.

Ses débuts avec River Plate

Julian était l’un des jeunes joueurs les plus prometteurs, c’est pourquoi Marcelo Gallardo n’a pas hésité une seconde à lui donner une chance avec l’équipe première. C’était lors d’un match amical contre Talleres au Mario Alberto Kempes et la Araña a trouvé le chemin des filets, sous les yeux de ses proches qui fêtaient cela dans les tribunes.

En 2018, il signe son premier contrat, avec une clause libératoire de 15 millions d’euros, et se rend en Russie avec l’équipe nationale argentine pour s’entraîner avec l’équipe. Sur les réseaux, il a posé en souriant à côté de Lionel Messi : “Le meilleur de tous“.

À son retour, Gallardo l’inclut dans la liste pour disputer la Copa Libertadores à la place de Marcelo Larrondo.

Il fait ses débuts officiels contre Aldosivi le 27 octobre de cette année-là et, même pas deux mois plus tard, il bénéficie de quelques minutes de temps de jeu à Madrid contre Boca en finale de la Copa Libertadores, et joue notamment un rôle dans le but de Juanfer Quintero, avant de soulever le trophée sous les yeux de son plus grand rival. À son retour dans son village natal, il est reçu comme un héros.

Une pancarte à l'entrée de Calchin, village de Julian Alvarez
Bienvenue à Calchin, village de Julian Alvarez

En 2019, il poursuit son ascension et Gallardo lui accorde de plus en plus de confiance. Il est convoqué avec l’équipe nationale des moins de 20 ans avec qui il termine à la deuxième position lors du Sudamericano, et participe à la Coupe du monde U20 la même année, durant laquelle l’Albiceleste est éliminée en huitième de finale.

Il inscrit le premier but de sa carrière contre Independiente, puis son premier but en Copa Libertadores contre l’Internacional de Porto Alegre, avant de s’incliner en finale contre Flamengo, à Lima, après deux buts encaissés dans les dernières minutes.

En 2020, il est sacré champion lors du tournoi préolympique disputé en Colombie, durant lequel il inscrit trois buts. Petit à petit, il gagne une place avec l’équipe A et est convoqué par Lionel Scaloni pour jouer la triple journées des éliminatoires sud-américaines et a fait partie du groupe qui a disputé et remporté la Copa América 2021.

Cela a été son année de révélation, car depuis la fin de la période de trêve du football à cause de la pandémie de coronavirus, Álvarez est inarrêtable.

Les chiffres de Julián Álvarez en 2021 ne font que confirmer son grand moment : il est le joueur latino-américain de moins de 23 ans qui compte le plus de passes décisives, le plus de passes clés et le plus de grandes occasions créées de toute l’année 2021. Il a également inscrit 26 buts cette année, dont un doublé contre Boca dans le Superclásico et le premier triplé de sa carrière contre San Lorenzo. Une vrai pépite.

Le record de Julián Álvarez à River

Julian Alvarez avec le masque de Spiderman
Julian Spider Alvarez

Julián Álvarez fait sensation à River depuis un certain temps déjà, mais l’année 2021 a été sa meilleure année sur le plan individuel et son sens du but lui a permis de battre de nouveaux records. El Araña a inscrit son nom dans une liste privilégiée du Millonario sous les ordres de Marcelo Gallardo, entraîneur du club depuis 2014.

Entre le mois d’août et aujourd’hui, les chiffres de l’attaquant le place au-dessus de grands noms comme Messi, CR7, Lewandoski, Benzema, Salah ou Suárez.

En outre, le meilleur buteur de la dernière Liga Profesional (17 buts) a pris la deuxième place des Argentins ayant généré le plus de buts sur l’ensemble de l’année 2021. Si on cumule les buts et les passes décisives, Julián a été décisif à 44 reprises, derrière ni plus ni moins que Lionel Messi, qui l’a été 62 fois.

Cependant, le record qui attire le plus l’attention est lié directement à River et au mandat d’El Muñeco en tant que coach. En effet, depuis janvier, Julian a inscrit 26 buts sous les couleurs du Millonario, ce qui fait de lui le meilleur buteur sur une année civile sous la houlette de Gallardo. Impressionnant !

Les meilleurs buteurs sous l’ère de Marcelo Gallardo

  • 2014Teófilo Gutiérrez (17 buts)
  • 2015Rodrigo Mora (15 buts)
  • 2016Lucas Alario (23 buts)
  • 2017Ignacio Scocco (15 buts)
  • 2018Rafael Santos Borré Ignacio Scocco (13 buts chacun)
  • 2019Rafael Santos Borré (16 buts)
  • 2020Rafael Santos Borré (11 buts)
  • 2021Julián Álvarez (26 buts)

Le roi d’Amérique

Pour bien conclure l’année, Julián Álvarez a été désigné comme le meilleur joueur d’Amérique en 2021, lors du traditionnel sondage réalisé par le journal uruguayen El País. L’attaquant de River a remporté 28% des votes exprimés par plusieurs journalistes du continent, dont 33 Argentins.

Le natif de Calchín, qui recevra son trophée lors d’une cérémonie qui aura lieu en février, devance Gabigol (Flamengo) avec 21% et Gustavo Gómez (Palmeiras) avec 14%, suivi de Hulk (Atlético Mineiro) avec 13% et Giorigian de Arrascaeta (Flamengo) avec 5,5%.

À seulement 21 ans, Julián Álvarez est devenu le joueur vedette de River, avec 26 buts inscrits. Il a également fourni 17 passes décisives et remporté trois titres (la Supercopa Argentina, la Liga Profesional de Fútbol et le Trofeo de Campeones) : ses bonnes performances lui ont également valu une place dans l’équipe nationale argentine.

La clause libératoire de Julián Álvarez est de 20 millions d’euros et l’idée de River est de le laisser partir uniquement pour ce montant. Le joueur, dont le contrat expire en décembre 2022, analyse également la possibilité de rester afin d’avoir une continuité et d’arriver de la meilleure façon possible à la Coupe du monde au Qatar. River et Julian parviendront-t-ils à résister aux assauts des grosses écuries européennes comme Manchester United, le Real Madrid, le Bayern Munich ou la Juventus ? C’est en tout cas ce qu’espèrent les supporters Millonarios.

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