Mario Alberto Kempes de Rosario Central qui marque contre Newell's Old Boys
Moins connu internationalement que le superclásico entre Boca et River, le clásico entre Rosario Central et Newell’s Old Boys fait pourtant partie des plus grandes rivalités dans le monde du football, avec ces deux clubs qui divisent littéralement la ville en deux : quiconque se rend à Rosario, dans la province de Santa Fe peut s’apercevoir qu’il existe un Rosario Canalla et un autre Leproso. Le premier duel entre les deux clubs a eu lieu il y a plus de 100 ans de cela, le 18 juin 1905, lorsque le football était encore amateur. Depuis, il s’est disputé à tous les niveaux : en tournois régionaux, en championnats AFA, en coupes nationales et internationales et en matchs amicaux.
Voici quelques curiosités et les données les plus marquantes d’une rencontre qui maintient la ville de Rosario en suspens avant chaque confrontation.
Quelques curiosités sur le clásico rosarino
Le premier clásico s’est disputé le 18 juin 1905 pour la Copa Pinasco, durant l’ère amateur. Newell’s a remporté le match sur le score de 1-0 grâce à un but inscrit par Faustino González.
Newell’s Old Boys en 1939
Central et Newell’s se sont affrontés pour la première fois en professionnel en 1939, lors de la 14e journée du championnat de la Asociación del Fútbol Argentino. Le match s’est terminé sur un match nul 1-1, avec des buts marqués par Ángel Perucca pour el rojinegro et par Alejandrino Barrios pour el canalla.
Rosario Central en 1939
Les deux équipes se sont affrontées lors de finales à 4 reprises : Campeonato de Primera División de Rosario 1919, Copa Estímulo 1925, Campeonato de Primera División de Rosario 1928 et lors du Torneo Preparación 1936.
Rosario Central domine le clasico depuis 11 ans. Depuis son retour en Primera après un passage en B Nacional (aujourd’hui Primera Nacional), le Canalla a remporté 13 derbies contre seulement deux pour son éternel rival.
Les joueurs qui ont les plus joué cette rencontre sont Jorge José González (Central, 45 matchs), Aurelio José Pascuttini (Central, 38) et Daniel Pedro Killer (37, avec les deux équipes).
Jorge José González (en haut à droite sur la photo)
En plus de Daniel Killer, seulement 11 autres joueurs ont joué pour les deux clubs, dont son frère Mario Killer, Oscar Coullery, Sergio Apolo Robles et Juan Carlos Delménico. Sur les 12, seuls 4 sont passés directement d’une équipe à l’autre : Miguel La Rosa (Central de 1948 à 1959 y Newell’s en 1960), Ricardo Giménez (passé par deux fois à Rosario Central : 56/59 et 61/65 et Newell’s en 1966), Rolando Pierucci (Central en 1970/71 et Newell’s en 1971/73) et Sergio Robles (Newell’s de 74 à 79, Central en 82 et retour à Newell’s en 83). A titre de comparaison, 99 joueurs ont joué pour Boca et River.
Juan Carlos Delménico est le dernier joueur à avoir joué pour les deux clubs, ce qui montre bien la rivalité qui existe entre Canallas et Leprosos. Il avait débuté à Newell’s en 71 où il a joué jusqu’en 73, puis il a fait ne pige à Central en 1984. Cela fait donc 35 ans qu’il n’y a plus de joueurs à avoir joué pour les deux équipes de Rosario.
Données favorables à Newell’s Old Boys
Hinchas de Newell’s Old Boys
Plus large victoire : 7-0, en Copa Nicolas Vila, en 1912.
Joueur qui a joué le plus de clásicos : Santiago Santamaría et Mario Zanabria, avec 31 clásicos disputés sous les couleurs de Newell’s.
Meilleur buteur lors des clásicos : Manuel González avec ses 30 buts marqués, dont neuf à partir du début du professionnalisme.
Victoires consécutives : 10, entre 1909 et 1912.
Le clásico qui a marqué les esprits des hinchas de Newell’s : en 1974, mené 0-2, Newell’s est revenu au score 2-2 et s’est sacré champion du Campeonato Metropolitano lors de cette même journée.
Données favorables à Rosario Central
Hinchas de Rosario Central
Plus large victoire : 9-0, en Copa Nicolas Vila, en 1917.
Joueur qui a joué le plus de clásicospour Central : Jorge José González, avec 45 clásicos disputés
Meilleur buteur lors desclásicos : Harry Hayes, avec ses 24 buts marqués. L’actuel entraîneur, Edgardo Bauza est le meilleur buteur de l’ère professionnelle avec 9 buts inscrits.
Victoires consécutives : 11, entre 1914 et 1918.
Le clásico qui a marqué les esprits des hinchas de Central : en 1971, Rosario Central s’est imposé 1-0 au Monumental grâce au but d’Aldo Pedro Poy d’une belle tête plongeante, qui a permis à son équipe de remporter la finale et de devenir le premier champion qui n’appartient pas à Buenos Aires a remporter un championnat de première division organisé par la AFA.
Le Campeonato de primera división de Rosario 1919 et 1928, et le torneo Preparación 1936 ont été les grandes finales gagnées face à Newell’s.
Quelques chiffres sur le clásico rosarino
De la tension lors du clasico Rosarino
Historique des clásicos entre Rosario Central et Newell’s en matchs officiels
De 1905 à aujourd’hui, les deux clubs les plus importants de Rosario se sont affrontés à 276 reprises. Les Canallas comptent 19 victoires de plus que la Lepra, un record dans l’histoire du match le plus important de la ville, avec 96 victoires, contre 77 pour Newell’s et 103 matchs nuls. A noter que l’AFA a infligé deux défaites aux deux équipes en raison d’incidents.
Total : 276 (278 si on compte la punition des 2 défaites)
Victoires de Rosario Central : 96
Victoires de Newell’s Old Boys : 77
Matchs nuls : 103
Le premier clásico officiel a eu lieu le 18 juin 1905, sur la Plaza Jewell, dans le cadre de la Copa Pinasco. Newell’s l’avait alors emporté 1-0 grâce à un but de Faustino González.
La Lepra est derrière son grand rival depuis le 28 août 1949, date à laquelle elle a remporté le championnat de cette année-là. Les Canallas ont pris les devants depuis la victoire 2-0 à l’extérieur le 12 octobre 1952 pour le championnat national.
Historique en championnat national
Les premières confrontations entre ElCanalla et La Lepra ont eu lieu dans le cadre de la Liga Rosarina, jusqu’à ce que les deux clubs rejoignent les tournois de l’AFA en 1939. Au niveau régional, elles se sont rencontrées à 80 reprises, dont 55 à l’époque amateur (21 victoires de Central, 22 pour Newell’s et 12 matchs nuls) et 26 à l’époque professionnelle (11 victoires de Central, 8 de Newell’s et 7 matchs nuls). Au niveau national, il y a eu 180 duels et l’avantage est de 13 matches pour Central.
La dernière rencontre s’est disputée le 10/08/2024 dans le cadre de la dixième journée de la Liga Profesional 2024 avec une victoire 1-0 de Central au Gigante de Arroyito.
Liga Rosarina
Primera División AFA
Total
Matchs joués
80
180
260*
Victoires de Rosario Central
31
57
88
Victoires de Newell’s
30
44
74
Matchs nuls
19
77
96
*En raison d’incidents, deux matches ont été déclarés par l’AFA comme des défaites pour les deux équipes.
Historique en compétitions internationales
La Lepra et El Canalla se sont rencontrés deux fois dans un tournoi international : lors de la Copa Libertadores 1975, où ils ont disputé trois matchs (deux nuls et une victoire de Central) et lors des huitièmes de finale de la Copa Sudamericana 2005, où Central s’est qualifié après avoir remporté un match 1-0 avec le fameux « Pirulazo » après avoir fait match nul 0-0 à l’aller.
Total : 5
Victoires de Central : 2
Victoires de Newell’s : 0
Matchs nuls : 3
Historique en Coupe nationale
Central et Newell’s se sont rencontrés lors des Coupes d’Argentine 1969 et 1970 (matchs aller-retour) et de la Coupe 2018, ainsi que lors de la Coupe Beccar Varela 1933, des Copas de Competencia 1946 et 1948 et de la Copa Centenario de l’AFA 1993. En outre, en 2016, ils se sont affrontés lors de la Coupe de Santa Fe, une compétition officielle organisée par la Fédération de football de Santa Fe.
Total : 10
Victoires de Central : 4
Victoires de Newell’s : 2
Matchs nuls : 4
Historique en matchs amicaux
Cette aparté, qui ne figure pas dans l’histoire officielle, donne également un avantage minime aux Canallas. La particularité est que La Lepra et El Canalla n’ont pas disputé de match amicaux depuis 2000 : en 2013, il y a eu une tentative de jouer deux matchs amicaux, qui ont dû être suspendus en raison d’actes de violence.
Total : 83
Victoires de Central : 31
Victoires de Newell’s : 30
Matchs nuls : 22
Les cinq derniers résultats du clásico rosarino
Liga Profesional 2024 | Rosario Central 1-0 Newell’s | Stade Gigante de Arroyito
Copa de la Liga Profesional 2023 | Rosario Central 1-0 Newell’s | Stade Gigante de Arroyito
Liga Profesional 2023 | Newell’s 0-0 Rosario Central | Stade Marcelo Bielsa
Liga Profesional 2022 | Rosario Central 1-0 Newell’s | Stade Gigante de Arroyito
Copa de la Liga Profesional 2022 | Newell’s 1-0 Rosario Central | Stade Gigante de Arroyito
On se rend du côté de Boedo, quartier de Buenos Aires d’où vient le club de San Lorenzo et sa fameuse barra brava La Gloriosa Butteler pour écouter le chant : Hay una cosa que nunca van a entender.
Paroles du chant de la La Gloriosa Butteler : Hay una cosa que nunca van a entender
Vamos Ciclón De la cuna te llevo dentro de mi corazón Sos mi razón Nada tiene sentido, si un día no estoy con vos
Por eso te sigo en las buenas y en las malas Ganes o pierdas a mí no me importa nada Porque a pesar de todo lo que hemos pasado San Lorenzo querido Siempre estaré a tu lado
Hay una cosa que nunca van a entender Que La Gloriosa va a copar donde jugues Esta es tu hinchada la que se bancó el descenso La que impidió que se vendiera San Lorenzo Pero hay un sueño que aún me queda por lograr Ya falta menos nada me puede parar Yo te prometo que muy pronto volveremos A levantar los escalones en Boedo
Vidéos : Hay una cosa que nunca van a entender – San Lorenzo
« Nous allons à Turin ». Aussi rapidement que la nouvelle de la tragédie aérienne de Superga est arrivée, où le 4 mai 1949 – il y a 75 ans – les 31 occupants de l’avion transportant l’équipe du Grande Torino de Lisbonne à Turin après avoir joué un match amical contre Benfica sont décédés, Antonio Vespucio Liberti a eu l’initiative de faire voyager River Plate – le club qu’il présidait et qui plus tard donnerait son nom au stade Monumental – pour disputer un match de solidarité au bénéfice des familles des victimes, parmi lesquelles se trouvaient également des dirigeants et des journalistes. Ce geste a marqué à jamais l’histoire des deux clubs et a scellé un lien indélébile.
L’amitié éternelle entre River et le Torino
River, plus de trois jours dans les airs
La délégation de River en voyage à Turin.
Morón-Rio de Janeiro-Dakar-Lisbonne-Rome-Turin. Voilà le parcours qu’a effectué l’équipe pour traverser l’Atlantique et réaliser ce geste solidaire. L’aller a duré 34 heures et l’avion prêté par le gouvernement a atterri le mercredi 25 mai. Après avoir fait match nul 2-2 le jeudi, la délégation a réalisé diverses activités et visites en terre italienne (notamment auprès du pape Pie XII). Ce n’est que le dimanche à minuit qu’ils sont repartis pour l’Argentine et le retour, avec une escale supplémentaire à Natal, a totalisé 42 heures.
Le soutien clé de Perón pour le voyage de River
Le gouvernement s’est chargé de trouver un avion de la Flotte Aérienne Marchande Argentine pour que les 25 membres de la délégation de River puissent voyager en Europe. Pour cette raison, le président de la nation de l’époque et son épouse Eva furent applaudis par les spectateurs présents au stade. De plus, ils ont eux-mêmes fait don d’un trophée symbolique au club italien.
Les joueurs de River ne voulaient rien recevoir en échange
Souvenirs du Torino, au Musée River.
Après que le club ait exprimé son intention de voyager pour jouer le match de charité et obtenu les autorisations nécessaires de l’AFA et de la Fédération italienne, les 14 footballeurs qui se sont rendus à Turin ont clairement indiqué qu’ils ne souhaitaient aucune rémunération pour le voyage. L’intégralité des recettes du match amical (28 millions de lires, avec plus de 50 000 spectateurs) ont été destinées aux familles des victimes.
Minella n’a pas été du voyage pour disputer un match en Argentine
L’entraîneur des Millonarios a renoncé au voyage et est resté en Argentine pour diriger l’équipe en championnat. En effet, la cinquième journée du championnat local n’a pas été reportée malgré les demandes et, avec des habituels remplaçants et des jeunes, River s’est imposé 3-0 en tant que visiteur à La Bombonera contre Racing, qui deviendrait plus tard champion.
Une minute sans jouer, l’hommage émouvant du football argentin
Il n’y a pas que River qui a participé à l’hommage avec son voyage de solidarité. L’Association du Football Argentin a approuvé lors de la session de la Commission Directrice présidée par Oscar Nicolini que tous les matchs de la journée du Championnat de Première Division de 1949 suivant la tragédie soient « suspendus pendant une minute » (différemment de la minute de silence avant le début de la rencontre que l’on connaît de nos jours) et la résolution, dictée le vendredi, a été respectée lors des rencontres du samedi et du dimanche.
Les hommages croisés entre River et Torino
« Le club River Plate à la mémoire des défunts de Superga, interprétant le sentiment des sportifs argentins », dit la plaque de bronze que le Millonario a laissée à Turin. En contrepartie, chaque joueur est reparti avec une montre portant la date et le lieu du match, le nom des équipes et une phrase commémorative.
L’équipe italienne qui a représenté le Torino et le 11 de River
L’équipe locale était composée d’une sélection de footballeurs italiens : Sentimenti IV (Juventus); Manente (Juventus), Furiassi (Fiorentina); Annovazzi (Milan), Giovannini (Inter), Achilli (Inter); Nyers I (Inter), Boniperti (Juventus), Nordhal III (Milan), Hansen (Juventus) et Ferraris II (Novara). Ensuite, Moro (Bari), Angeleri (Juventus), Muccinelli (Juventus) et Lorenzi (Inter) sont entrés en jeu.
Les Argentins, quant à eux, ont aligné Amadeo Carrizo; Ricardo Vaghi, Lidoro Soria; Norberto Yácono, Néstor Rossi, José Ramos; Ángel De Cicco, Roberto Col, Alfredo Di Stéfano, Ángel Labruna et Félix Loustau.
Vidéo : Torino Símbolo 2-2 River, le 26 mai 1949
Di Stéfano a marqué un but magnifique pour le 2-2
Peu avant de partir pour le football colombien, juste avant d’atteindre la gloire au Real Madrid, la ‘Saeta rubia’ brillait avec le maillot de River et cet après-midi-là au Stadio Comunale, il a marqué le but du 2-2 final après l’une de ses courses caractéristiques. À toute vitesse, il a dribblé plusieurs adversaires, est entré dans la surface et a marqué d’un tir croisé du pied droit.
Les statistiques de Torino 2-2 River
La chronique de Clarín publiée le vendredi 27 mai 1949 montre une statistique détaillée du match. Torino Símbolo a tiré huit fois au but (Carrizo en a repoussé deux) contre 14 pour River (Sentimenti en a arrêté six). Il y a eu cinq fautes de chaque côté, le Millonario a bénéficié de plus corners – sept contre cinq – et les Italiens, ont vu deux buts être annulé par l’arbitre suisse Scherz.
River et Torino, unis aussi par les maillots
En plus des cadeaux échangés entre les joueurs, les deux équipes se sont mutuellement offert une série de maillots qu’elles ont ensuite utilisés comme tenues alternatives dans leurs championnats nationaux de l’époque. River a ramené les maillots grenat et Torino a conservé les maillots blancs avec la bande diagonale rouge. Plus tard, à partir des années 90, les marques habillant les deux clubs ont réédité ces modèles pour perpétuer cette tradition.
Les stades du football argentin doivent leur nom à diverses origines : cela peut être de grands idoles de l’institution, une figure politique ayant eu une importance dans leur construction, leur emplacement géographique ou une date importante dans l’histoire du club. Cependant, beaucoup ont aussi un surnom qui, dans certains cas, est plus populaire que leur dénomination officielle. La plupart d’entre eux se rapportent à l’architecture de l’enceinte, mais d’autres ont des origines vraiment curieuses. Voici un tour d’horizon des neuf stades aux surnoms les plus particuliers et l’histoire de chacun d’entre eux.
Les stades aux surnoms les plus originaux du football argentin
1. Colón : « Le Cimetière des Éléphants »
Le Brigadier Général Estanislao López est le nom du stade de l’une des deux équipes les plus importantes de la ville de Santa Fe. Son surnom est né le 10 mai 1964, lorsque l’équipe locale a battu le Santos de Pelé sur le score de 2-1, mettant fin à une série de 43 matchs sans défaite du champion en titre de la Copa Libertadores de l’époque. Dans le compte-rendu d’après-match match, le célèbre journaliste de l’époque, Gallego Gutiérrez, a attribué ce surnom au stade.
Pelé avec le ballon lors du match contre Colón au Brigadier Général Estanislao López, en 1964
Après cet exploit historique, le Sabaleroa accumulé d’autres grandes victoires à domicile. Ils ont battu Peñarol en 1967, Racing en 1968, Estudiantes en 1970, Independiente en 1975, Vélez en 1996, River en 1997 et Boca en 2004, tous champions de la Libertadores l’année précédente. De plus, en octobre 2018, ils ont mis fin à une série de 32 matchs sans défaite du River de Marcelo Gallardo, qui allait par la suite remporter également le tournoi le plus prestigieux d’Amérique du Sud.
2. Boca : « La Bombonera »
Le stade des Xeneizes est reconnu dans le monde entier pour son histoire, sa mystique et les mythes qui l’entourent. Son nom officiel est Alberto José Armando, en hommage à l’un des présidents les plus importants du club, ayant dirigé l’institution pendant 21 ans. Cependant, il est connu sous le nom de La Bombonera pour une raison très particulière.
La Bombonera, stade mythique de Boca Juniors
Victor Sulcic, l’architecte slovène qui a dirigé le projet, a donné ce surnom au stade en référence à une boîte de chocolats qu’il avait reçue en cadeau, dont la forme ressemblait à celle du stade. Le plan initial prévoyait des tribunes sur les quatre côtés, mais les dimensions limitées ont obligé à modifier le design pour adopter une forme en « D ». Cela explique également la fameuse acoustique, ainsi que la sensation de proximité avec le public, car il a fallu optimiser l’espace et élever les gradins avec une pente très marquée.
3. San Lorenzo : « Nuevo Gasómetro »
Le Pedro Bidegain est le deuxième stade de l’histoire du Ciclón. Le premier, construit en 1916, n’avait pas de nom officiel car cela ne se faisait pas à l’époque, mais il était populairement connu sous le nom de Gasómetro en raison de sa ressemblance architecturale avec les réservoirs de gaz de l’époque. En 1979, en pleine dictature civico-militaire, San Lorenzo a perdu son stade à cause de problèmes économiques et de litiges juridiques avec une entreprise de construction. Le club a dû déménager et construire un nouveau stade. Après avoir joué ses matchs à domicile dans plusieurs stades de la province de Buenos Aires, San Lorenzo a inauguré son nouvel antre en 1993. Bien qu’il n’ait plus de similitude avec les anciens réservoirs de gaz, il a été surnommé « Nuevo Gasómetro ».
Le Viejo Gasómetro, stade de San Lorenzo de 1916 à 1979.
4. Vélez : « El Fortín »
Le surnom a été donné par Hugo Marini, un journaliste reconnu du Diario Crítica. Il a attribué ce pseudonyme à l’ancien stade du club avant un match contre San Lorenzo dans les années 1930, en raison de sa ressemblance avec un fort militaire. De plus, à cette époque, Vélez avait une série importante de matchs sans défaite à domicile, ce qui a renforcé ce surnom. En 1951, lors de la construction du stade José Amalfitani, le surnom a été transféré au nouveau stade. La particularité est que ce surnom est utilisé à la fois pour désigner le stade et le club lui-même.
El Fortín de Villa Luro, l’ancien stade Vélez Sarsfield.
5. Arsenal : « El Viaducto »
Le stade Julio Humberto Grondona, l’un des fondateurs d’Arsenal et le président le plus représentatif de l’histoire de l’Association du Football Argentin (AFA), doit son surnom au viaduc ferroviaire situé sur l’avenue Mitre, où se trouve la station de Sarandí de la ligne de chemin de fer Roca. Lors des retransmissions des matchs où Arsenal joue à domicile, on peut voir le train passer derrière le stade.
Le stade d’Arsenal vu depuis le train de la ligne Roca.
6. Gimnasia de Jujuy : « Tacita de Plata »
C’est un cas très particulier, car ce surnom est en réalité attribué à la ville de San Salvador de Jujuy. Plusieurs théories expliquent l’origine de ce surnom : certains disent que c’est parce que la ville est entourée par les rivières Xibi Xibi et Grande, qui bordent la vallée comme des rubans brillants ; d’autres pensent que c’est à cause de sa petite taille et de son emplacement entre les collines ; ou encore en raison de son ancienne richesse en argent. Le stade 23 de agosto, nommé ainsi en souvenir du jour de l’Exode Jujeño en 1812, hérite donc de ce surnom simplement parce qu’il est situé dans une ville connue ainsi.
Image du stade du 23 août de Gimnasia de Jujuy.
7. Desamparados : « El Serpentario »
Le stade José Eduardo Nehin de la ville de San Juan porte ce surnom en raison du surnom du club. L’équipe, qui a joué contre River en National B, est connue sous le nom de Las Víboras (Les Vipères), en raison de sa façon de jouer rapide et agressive dans les tournois régionaux des années 60. Le stade est appelé ainsi depuis cette époque, et aujourd’hui, ce surnom est beaucoup plus utilisé que le nom officiel.
Vue du stade José Eduardo Nehin, plus connu sous le surnom « El Serpentario »
8. Ferro : « El Templo de Madera »
Inauguré le 2 janvier 1905, l’Arquitecto Ricardo Etcheverry est le stade le plus ancien du football argentin et le deuxième plus vieux d’Amérique du Sud, derrière le Gran Parque Central de Nacional en Uruguay, créé en 1900.
Vue aérienne du stade Arquitecto Ricardo Etcheverry.
Il est surnommé ainsi en raison des tribunes emblématiques en bois, qui ont été maintenues pendant plus d’un siècle. En octobre 2014, le gouvernement de la ville de Buenos Aires a décidé de fermer cette tribune populaire pour des raisons de sécurité, et le 28 juin 2015, le Verdolaga a inauguré sa nouvelle tribune en béton en face de l’historique tribune en bois où se plaçaient les supporters locaux.
9. Talleres de Córdoba : « La Boutique »
Situé dans le Barrio Jardín, le stade Francisco Cabasés est utilisé pour les matchs de l’équipe réserve et des équipes de jeunes, car l’équipe première joue au Mario Alberto Kempes en raison de la grande affluence de supporters que la T attire à chaque rencontre.
Vue aérienne de La Boutique, stade de Talleres de Cordoba.
Le stade a commencé à être surnommé ainsi en 1975, lorsque l’équipe a recommencé à y jouer après une rénovation qui a duré deux ans et demi. Fraîchement peint, avec sa façade art déco, de nombreuses publicités attrayantes et même décoré de fleurs, un membre du club lui a donné ce surnom en raison de sa ressemblance avec une boutique de mode.
Petit tour du côté de Montevideo, en Uruguay, pour écouter le chant de la Barra Amsterdam, hinchada du club de Peñarol : Esta banda loca te vino alentar (Ohh Peñarol).
Paroles du chant de la Barra Amsterdam : Ohh Peñarol (Clarobscuro)
Esta banda loca te vino alentar Solo quiere verte dar la vuelta Porque esta locura no puede parar Yo te sigo aunque ganes o pierdas Y los jugadores tienen que entender Hay que transpirar la camiseta Porque estos colores los llevo en la piel No paramos hasta ganar la sexta
Aujourd’hui, nous nous rendons du côté de Porto Alegre, capitale de l’État du Rio Grande do Sul, au Brésil, pour écouter le chant des supporters de Grêmio : Pingos de amor.
Paroles du chant de la Geral de Grêmio : Pingos de amor
Vamos ver outra vez nós dois Vai chover pingos de amor Laia laia laia laia laia Grêmio, Grêmio Laia laia laia laia laia Grêmio, Grêmio A vida passa eu telefono e você já não me atende mais (GRÊMIO! GRÊMIO!) Será que já não temos tempo nem coragem de dialogar… (GRÊMIO! GRÊMIO!) Ainda ontem pela praia alguma coisa me lembrou você! (GRÊMIO! GRÊMIO!) E veio a noite, namorados se encontrando e eu estava só… (GRÊMIO! GRÊMIO!)
Vidéos des supporters de Grêmio qui chantent Pingos de amor
PINGOS DE AMOR / FESTA NA GERAL – Grenal 414
GRÊMIO 3 x 1 Liverpool (URU) – Int. cag. – Pingos de Amor
Parmi les joueurs qui ont eu l’honneur de disputé une rencontre sous les couleurs de River depuis l’arrivée du professionnalisme, que ce soit lors de matchs officiels ou amicaux, on retrouve la présence d’un joueur frauduleux, un joueur fantôme, apocryphe. Un joueur qui n’existait pas, qui n’était pas réel, mais qui a porté le maillot à la bande rouge.
Luis Rodríguez s’appelait en fait… Braulio Castro
Quelques heures avant un match d’été contre Aldosivi à Mar del Plata en 197, un journaliste a demandé son nom au joueur qui, selon le staff technique, allait faire ses débuts ce soir-là. Ce qui est curieux, c’est que le footballeur a répondu évasivement à une question pourtant très simple : »Je ne sais pas comment je m’appelle, demandez au coach« , et c’est alors qu’est apparu le mythique Ángel Labruna qui a « annoncé » que le débutant s’appelait Luis Rodríguez. Pendant le match, les commentateurs sportifs télé et radio ont parlé toute la soirée de ce Rodríguez, tout comme les journaux du lendemain. Cependant, c’était un nom fictif. Aucun Luis Rodríguez n’existait : il s’appelait en réalité Braulio Castro. Mais personne ne le savait.
Bien qu’en 1975, ils aient enfin remporté le titre qui leur était refusé depuis 1957, River traversait une période difficile au début de l’année 1977. Boca avait non seulement été champion deux années consécutives, mais fin de décembre, le Xeneize avait remporté la première finale dans un superclásico, le 1 à 0 du Nacional de 1976 qui, jusqu’en 2018, resterait la seule finale entre Boca et River de l’histoire. Ce n’était pas tout : en 1976, River avait également perdu sa deuxième finale de la Copa Libertadores contre Cruzeiro. Le match précédant le River-Aldosivi à Mar del Plata, 48 heures plus tôt, avait été un désastre : le 3 février, Everton, du Chili, avait battu 6-2 l’équipe de Labruna lors du tournoi hexagonal disputé à Viña del Mar. De nombreux joueurs n’aimaient pas l’entraîneur et parlaient ouvertement de leur intention de le destituer.
Par exemple, Alejandro Sabella, futur entraîneur de la sélection argentine – un homme qui ne laissait jamais échapper un mot de trop -, déclara dans ces heures tumultueuses : « Je suis en désaccord avec Labruna. Je lui ai dit en face : jouer comme ça n’est pas bénéfique pour moi, ni pour lui, ni pour River. » L’entraîneur de River, quant à lui, ne restait pas en reste : « Sur 90 matchs dans l’année, il en a joué 80 et n’a marqué que deux buts. » En attendant le début de la saison officielle, prévue pour le 20 février, River poursuivait sa tournée de matchs amicaux de préparation, et cherchait des renforts. Après avoir assuré le retour du buteur Víctor Marchetti, River négociait avec d’autres attaquants : René Houseman (futur champion du monde et finalement joueur de River en 1981), Fernando Morena (milieu offensif de Peñarol, avant de rejoindre Boca) et Daniel Astegiano (attaquant de Independiente).
Justement, un ancien joueur d’Independiente et de Boca, Alcides « Cacho » Silveira, s’était approché en janvier 1977 du président d’Independiente, Julio Humberto Grondona – qui assumerait deux ans plus tard la présidence de l’AFA – et lui avait offert un obscur attaquant uruguayen d’origine mexicaine. Mais Don Julio ne l’avait pas accepté : « On m’a proposé un gamin uruguayen, Braulio Castro, mais j’en ai assez de ces histoires. Je ne veux rien savoir de choses bizarres. »
Le problème était qu’au sein d’un River en crise, ce même Castro finirait par rejoindre le camp d’entraînement de l’équipe de Labruna à Mar del Plata. Le 5 février, avant le match amical contre Aldosivi, un journaliste d’El Gráfico lui demanda :
-On nous a dit que tu as joué au Nacional de Montevideo, en sélection uruguayenne, au Mexique et que tu es libre de tout contrat. Pourrais-tu nous donner tes informations personnelles ?
-Non, je ne sais pas comment je m’appelle. Demandez au coach.
-Comment ça, tu ne sais pas comment tu t’appelles ?
-Non, je ne sais pas. Demandez à Labruna comment je m’appelle.
Et donc, face à la question posée à Labruna – « Comment s’appelle le nouveau renfort ? » -, le mythe qui partage une statue avec Marcelo Gallardo à l’entrée du club fit preuve de toute sa ruse et répondit avec un nom générique, commun : Luis Rodríguez.
-D’où vient-il ?, voulut savoir le journaliste.
-Je vous le dirai plus tard pour ne pas gêner les négociations.
Avec la présence dans l’équipe de Sabella, Reinaldo Mostaza Merlo et Juan José López, River a battu Aldosivi 4 à 2 lors d’un match où Rodríguez – ainsi nommé par tous les commentateurs – n’a pas fait grand-chose au poste d’ailier gauche : quelques dribbles et pas beaucoup plus, jusqu’à ce que Labruna le remplace à la 66e minute de jeu. C’était une équipe avec si peu d’attaquants que l’Uruguayen fut remplacé par Rodolfo Raffaeli, un défenseur devenu ailier. Quelque chose d’encore plus insolite s’était produit l’année précédente, lorsque le gardien remplaçant, Luis Landaburu, avait joué attaquant en deuxième mi-temps lors d’un match amical contre San Martín de San Juan.
Pour le magazine River, les débuts de Rodríguez ont été « discrets, il faut attendre« . Jorge Kiper, président de la sous-commission de football, a été d’accord avec ce diagnostic footballistique, mais a confié au journaliste d’El Gráfico une information qui ne devait pas, supposément, être divulguée : « Il faut l’attendre, il a quelques similitudes avec son père. Savez-vous qui c’était ? Le ‘Manco’ Castro« .
Magazine El Gráfico sur les débuts de « Luis Rodríguez »
En réalité, le dirigeant a commis une erreur : Braulio Castro était le fils de son père homonyme, qui avait joué pour la sélection uruguayenne de 1932 à 1937, et en revanche, le Manco Castro – champion du monde en 1930 – s’appelait Héctor. Mais au-delà du détail, évidemment le mensonge monté entre Labruna, le soi-disant Rodríguez et Silveiro avait déjà été découvert avec l’aveu de Kiper : Braulio Castro (h) était un attaquant uruguayen qui avait joué entre 1972 et 1974 à Nacional puis à Jalisco, au Mexique. On suppose qu’il avait également joué pour l’équipe d’Uruguay lors du championnat sud-américain des moins de 20 ans en 1971, au Paraguay. La décision de falsifier son nom était parce que la Fédération du Mexique ne lui avait pas donné l’autorisation de jouer dans un club d’un autre pays tant qu’il n’aurait pas réglé sa situation avec Jalisco.
Cependant, seul le magazine El Gráfico avait révélé cette supercherie cette semaine-là : le magazine River, en revanche, s’était prêté au jeu à moitié. « Contre Aldosivi, ‘Luis Rodríguez Castro’ a fait ses débuts, et nous mettons entre guillemets son nom de famille car nous sommes convaincus qu’il ne s’appelle pas ainsi, mais il y a des affaires en jeu. Il sera à l’essai pour deux autres matches à Mar del Plata. Contre Aldosivi, il n’a pas montré grand-chose« .
La deuxième chance pour Rodríguez, ou pour Castro, viendrait quatre jours plus tard, lors d’un match nul 2 à 2 entre River et la sélection argentine de César Luis Menotti qui se préparait pour la Coupe du Monde 1978. Le joueur frauduleux a été désastreux : Labruna l’a remplacé à la mi-temps. Après le match, le magazine River a parlé à Castro, qui a pointé du doigt le journaliste d’El Gráfico :
-Comme je joue sans autorisation de Jalisco, j’ai changé de nom de famille pour éviter les ennuis. Mais un journaliste a mal interprété ce que je lui ai dit et a écrit que je ne savais pas comment je m’appelais.
Castro a également fait son auto-critique : « Je n’ai pas joué à mon niveau, je revenais de vacances, j’avais peu de football dans les jambes et j’étais très fatigué à la fin« . Mais Labruna avait déjà pris sa décision et n’a pas attendu le troisième match d’essai, contre Boca à Mar del Plata, pour déclarer qu’il ne l’incorporerait pas dans l’équipe : « La vérité est qu’il n’a pas montré grand-chose, il a mieux joué le premier match que le deuxième. Je ne l’ai pas mis contre Boca car ça allait être un match très disputé« , a déclaré l’entraîneur.
Quelques jours plus tard, River ferait ses débuts avec un 6-2 contre Temperley, le premier pas vers le titre de champion du Metropolitano 1977. Il le ferait sans la présence de Braulio Castro, dont on saurait très peu de choses par la suite, sauf qu’il jouerait 10 matchs et marquerait un but pour Quilmes en 1980. Il y a eu beaucoup de joueurs qui ont joué à l’essai à River lors d’un match amical et n’ont pas été intégrés à l’équipe, comme le Brésilien Julio Cesar en 1983 et Enzo Trossero en 1986, mais il n’y a eu qu’un seul joueur frauduleux. Le faux Luis Rodríguez.
Dans le football argentin, tout le monde connaît le Gimnasia y Esgrima de La Plata, un club avec 127 ans d’histoire fondé le 3 juin 1887, mais depuis 2022, il n’est plus le club le plus ancien affilié à l’Association du Football Argentin (AFA), car le Club Mercedes, créé le 12 mai 1875, soit 12 ans avant le Lobo, a réussi à obtenir cette affiliation historique après avoir été sélectionné parmi plusieurs équipes pour disputer la Primera D.
Club Mercedes, le premier club de football argentin
Le club de la ville de Mercedes, situé à près de cent kilomètres de la capitale Buenos Aires, s’est affilié à l’AFA en 2022 après près de 150 ans d’attente. Le Club Mercedes s’était porté candidat, avec Everton de La Plata et Estrella de Berisso, pour pouvoir disputer la Primera D, la catégorie la plus basse du football argentin. Bien que les critères utilisés à l’époque pour prendre la décision soient inconnus, on sait que la proposition avait été soutenue par Wado de Pedro, ancien ministre de l’Intérieur et natif de la ville de Buenos Aires.
Dans le Bulletin n° 6221 de l’AFA, la nouvelle de la restructuration des championnats de promotion a été annoncée. Cette restructuration a entraîné l’unification de la Primera C avec la Primera D, de sorte que depuis début 2024, Club Mercedes n’est pas seulement affilié à l’AFA, mais est également professionnel pour la première fois de son histoire.
Lorsque la nouvelle a été annoncée, Guido Pisoni, le président du club, a déclaré à la chaîne sportive TycSports.com : « Je n’aurais jamais imaginé qu’une possibilité de disputer la Primera C puisse se présenter, cela nous a un peu pris de court. Nous essayons de former des groupes de travail et nous ferons un peu de ‘chemin en marchant’. Nous sommes heureux et nous nous préparons de la meilleure façon possible. »
En plus de Gimnasia et de Club Mercedes, il y a deux autres équipes dans la liste des clubs de football les plus anciens d’Argentine. Quilmes, un club de la banlieue de Buenos Aires, a une date de fondation qui a duré jusqu’aux années 40, lorsque celle-ci a été modifiée. Jusqu’à la fin de cette décennie, les habitants de Quilmes célébraient la naissance de leur club le 5 novembre, car c’était ce jour-là, en 1897, que le Cervecero avait été fondé. En 1949, après avoir été promu, ils ont à nouveau célébré leur anniversaire, mais la date de fondation avait changé pour le 27 novembre 1887.
Quant à Rosario Central, il a été créé quelques heures avant Noël, le 24 décembre 1889. Comme c’est le cas pour de nombreux clubs argentins, le premier nom du Canalla était en anglais : Central Argentine Railway Athletic Club. Bien que le club de Rosario soit deux ans plus jeune que celui de La Plata, il a réussi à concourir officiellement plusieurs années auparavant, lorsqu’il a participé à la Copa Competencia de 1903.
De nombreux surnoms sont nés de l’ingéniosité de journalistes, tandis que d’autres ont été créés par des rivaux pour se moquer avant d’être fièrement adoptés par leurs destinataires. Un match entre Boca et River, c’est les Xeneizes contre les Millonarios, ou les Bosteros contre les Gallinas. Ces deux derniers étaient à l’origine péjoratifs, mais sont aujourd’hui utilisés par les concernés dans leurs propres chants.
Dans cet article, nous passons en revue les principaux surnoms des grands clubs du football argentin ainsi que leur origine.
Les origines des surnoms des clubs argentins
Dans le football argentin, il n’y a pas un club qui n’a pas de surnom. Dans certains cas, ils en ont même deux ou trois. C’est leur identité. Les plus fanatiques les font tatouer sur leur peau, les supporters les reprennent dans leurs chants et les médias les utilisent comme synonymes pour chaque institution. Ils sont gravés au fer rouge et font partie de l’essence même des équipes.
Beaucoup d’entre eux sont l’œuvre de la créativité journalistique. D’autres ont été inventés par des rivaux dans le but d’humilier et de se moquer, même si les destinataires les ont plus tard assumés avec fierté. Par exemple, le surnom de Gallinas, qui visait à ridiculiser River, a été adopté par les supporters eux-mêmes. C’est d’ailleurs de là que vient le surnom de Gallinero pour évoquer le stade Monumental. Il en est de même pour le surnom de Bosteros du côté de Boca.
Il n’y a pas toujours de preuves formelles sur l’origine des surnoms. Dans ces cas-là, les mythes et légendes populaires jouent un rôle fondamental. C’est le cas par exemple avec Newell’s et Rosario Central, qui ont été baptisés à la suite d’un match de bienfaisance qui n’a jamais été joué et pour lequel il n’y a aucun matériel pour certifier son existence.
Voici les histoires qui se cachent derrière les surnoms des principaux clubs du football argentin.
Les surnoms des clubs argentins de A à Z
Aldosivi – El Tiburón
Le surnom de l’équipe d’Aldosivi a un lien avec la ville où le club a été fondé en 1913. Mar del Plata est une ville portuaire, et c’est pourquoi l’une des équipes les plus populaires de la ville a ce surnom de Tiburón, qui en français veut dire requin.
Autres surnoms : Verde, El equipo de la ciudad, El Más Grande de la Costa Atlántica
Argentinos Juniors – Los Bichos Colorados
Pour Clarín, le 5 août 1957, Diego Lucero a écrit pour la première fois sur les Bichitos Colorados.
Comme dans tant d’autres cas, le surnom de Bichitos Colorados attribué à l’équipe de La Paternal est né de l’ingéniosité d’un journaliste. Le 5 août 1957, le légendaire Diego Lucero a publié dans Clarín (quotidien argentin) son commentaire sur la victoire 1-0 d’Argentinos face à Boca à La Bombonera, intitulé « Honor a los Criollos de la Paternal » dans lequel il évoque les bichitos colorados (les bestioles rouges), le rouge faisant référence à la couleur de leur maillot.
Dans le premier paragraphe, on peut lire : “Cuando ayer, en la orilla del Riachuelo, cancha del Boca, club famoso y equipo que supo de mucha gloria (hoy venido a menos), Mansilla, su centroavanti, reventó la globa contra un madeiro del arco cuidado por Madeira, (iban 5′), pareció que los bichitos colorados de La Paternal eran pan comido para los zeneizis« .
On peut traduire ce paragraphe ainsi : Quand hier, sur la rive du Riachuelo, sur la pelouse de Boca, un club célèbre et une équipe qui a connu la gloire (aujourd’hui en déclin), Mansilla, son avant-centre, a explosé le ballon contre un poteau du but gardé par Madeira (à la 5′ minute de jeu), il semblait que battre les bestioles rouges de La Paternal serait un jeu d’enfant pour les Zeneizis.
El tifón de Boyacá
L’autre surnom d’Argentinos Juniors, « El tifón de Boyacá » a également été popularisé par le titre d’un journal. Après une large victoire face à Defensores de Belgrano, El Lider (journal aujourd’hui disparu), avait titré : « Le Typhon de Boyacá a tout dévasté » en référence à l’emplacement du stade à Boyacá et Médanos (aujourd’hui Juan Agustín García) dans le quartier de La Paternal.
Autres surnoms : El Bicho de La Paternal, El Semillero del Mundo, El Tifón de Boyacá
Arsenal – El Arse
Le surnom d’Arsenal de Sarandí compte parmi les moins représentatifs des équipes de première division, car il ne s’agit que d’un diminutif du nom du club. Cette situation est liée à la courte durée de vie du club, fondé en 1957 seulement.
Cette année-là, un groupe d’amis s’est réuni dans un bar à Sarandí (une ville de la province de Buenos Aires, près d’Avellaneda) et a fondé le Arsenal Fútbol Club. Comme la plupart de ces hommes étaient supporters d’Independiente et de Racing, ils ont choisi les couleurs rouge et bleu clair (de ces deux clubs) pour les combiner sur le maillot et l’écusson du nouveau club. Pour le nom, ils se sont inspirés du club anglais d’Arsenal, qui dans les années 1950 a remporté trois titres et était célèbre pour être l’un des clubs qui présentaient le meilleur football en Europe.
On les surnomme également « los del Viaducto », car leur stade est situé à trois pâtés de maisons de la gare de Sarandí (Avellaneda), qui fait partie du trajet de la ligne de train Roca, qui passe sur l’Avenida Mitre.
Autre surnom : Los del Viaducto
Atlanta – El Bohemio
Entre sa fondation, le 12 octobre 1904, et son installation à Villa Crespo, le 14 janvier 1922, Atlanta a parcouru une grande partie de la ville de Buenos Aires à la recherche d’un endroit où construire son propre stade.
Pendant ce temps, l’institution louait temporairement des stades et son siège social était constamment en mouvement. Pour cette raison, un journaliste leur a donné le surnom de bohémiens, qualificatif destiné aux personnes « qui mènent une vie au jour le jour, en marge du conformisme social » d’après la définition.
Atlético Tucumán – El Decano
Fondé le 27 septembre 1902, l’Atlético Tucumán a été le tout premier club créé non seulement à Tucumán, mais dans tout le nord de l’Argentine. On l’appelle « El Decano » (le Doyen) en raison de son statut de premier club dédié à la pratique du football dans la capitale de la province.
Autres surnoms : El Deca, El Gigante del Norte
Banfield – El Taladro
Le lien de Banfield avec son surnom vient d’un titre de journal. En 1940, l’équipe réalisait une superbe campagne et battait tous ses rivaux. Après une victoire 2-1 contre Independiente, le journal « El Pampero » a écrit “Banfield agujerea a los rivales” que l’on peut traduire par « Banfield perce ses rivaux » d’où son surnom de taladro (perceuse).
À la fin de l’année 1938, un groupe d’associés de Banfield a proposé au jeune homme d’affaires Florencio Sola de prendre la présidence de l’institution. Le club vivait une période très compliquée : l’entité n’avait plus d’équipe de football, elle n’avait presque plus de socios et était au bord de la disparition. Malgré cela, Sola a accepté le défi.
Pour disputer le championnat de deuxième division en 1939, Banfield a obtenu le prêt de nombreux joueurs qui étaient remplaçants en Primera et a formé une équipe de qualité qui est devenue championne, et a gagné son ticket pour jouer dans la plus haute catégorie du football argentin.
En 1940, Banfield a complètement renouvelé son effectif et a réalisé une campagne surprenante, compte tenu de son statut de promu. L’équipe a terminé à la dixième position, avec 11 victoires, 7 matchs nuls et 16 défaites (dont 5 sans jouer, car elle ne pouvait pas participer tant qu’elle n’avait pas de stade pour les recevoir les matchs à domicile), avec de très bons résultats comme les victoires 7-3 contre Atlanta, 6-1 contre Tigre, 5-0 contre Newell, 5-0 contre Lanús (son grand rival), ainsi que des victoires contre Independiente et River.
C’est précisément pour ces larges victoires que le quotidien argentin « El Pampero » a baptisé l’équipe du surnom de « El Taladro » (la perceuse) pour la façon dont elle « perçait » les buts adverses.
Barracas Central – El Guapo
Ce surnom suit le club depuis sa création en 1911, lorsqu’un homme élégant et toujours bien habillé a fondé Barracas Central. Il s’agissait d’Ángel Gardella, où « Saquito » comme on le surnommait, car il portait toujours une veste. Grand architecte de la naissance du club, dont il a été le fondateur, le premier président et même joueur et capitaine, c’est à partir de ses caractéristiques que le surnom « El Guapo » est né pour l’institution.
Belgrano de Córdoba – El Pirata
Los piratas celestes de alberdi, supporters de Belgrano.
L’équipe de Belgrano est surnommée « Los Piratas » (Les Pirates) à cause de ses supporters. À l’occasion d’un match contre le Racing de Córdoba, les supporters de Belgrano ont traversé les tribunes pour aller voler des drapeaux. De plus, on dit que les supporters causaient du grabuge lors de leurs déplacements.
En effet, en 1967, lorsque les tournois nationaux ont été créés, les supporters les plus fidèles de Belgrano ont commencé à se déplacer à travers le pays pour encourager leur club de cœur. La version communément acceptée affirme qu’ils pillaient les bars et les commerces des villes où ils passaient, tout comme des pirates, d’où le surnom. Puis en 1968, un groupe de supporters appelé « Los Piratas Celestes » a été fondé.
Autres surnoms : La « B », Los Celestes
Boca Juniors – Xeneizes ou Bosteros
Un grand ballon cochon à l’hélium avec le maillot de Boca déployé lors du superclasico contre River.
Los Xeneizes
Le surnom Xeneizes vient de l’origine génoise des fondateurs du club et de ses premiers supporters.
Lors de la grande vague d’immigration européenne qui s’est produite en Argentine à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, le quartier de La Boca était l’une des destinations préférées des Italiens. Au milieu de ce phénomène social, le 3 avril 1905, cinq Génois (Esteban Baglietto, Alfredo Scarpatti, Santiago Sana et les frères Juan et Teodoro Farenga) ont fondé le club Boca Juniors. De ce fait, le surnom de l’institution est lié à l’origine de ses créateurs, car dans le dialecte génois, la région de Gênes est connue sous le nom de « Zena » ou « Xena ». Donc « Xeneize » signifie « né à Xena ».
De plus, le quartier de La Boca (où se trouve le club) est situé à côté du port, donc au moment de la fondation de Boca Juniors, les nombreux immigrants génois qui sont arrivés à Buenos Aires en quête de travail et d’une nouvelle vie sont devenus de grands supporters du club. Les médias ont commencé à identifier Boca avec cette communauté et le surnom de Xeneize s’est établi à jamais au cœur de l’institution.
Los Bosteros
Les supporters de Boca Juniors sont également surnommés « Bosteros » (bosta : pour les excréments de bovins ou de chevaux), ce qui à l’origine était une insulte.
Il y a des contradictions sur l’origine du surnom. Certains prétendent que c’est parce qu’à l’endroit où se trouve aujourd’hui la Bombonera, il y avait autrefois une briqueterie qui utilisait des matières fécales de cheval comme matière première.
D’autres disent que c’est parce qu’après des inondations, les égouts du quartier de Buenos Aires de La Boca se sont effondrés. Un chant moqueur des supporters de River envers ceux de Boca fait référence à ces inondations causées par les sudestadas (Vent fort, avec des pluies persistantes, qui fait généralement monter le Rio de la Plata.).
Cependant, l’origine semble en être une autre. En fait, on appelait les gens du quartier de La Boca « Boteros », car ils devaient utiliser des bateaux pour traverser la rivière bordant le Riachuelo. Les supporters adverses auraient changé « Boteros » par « Bosteros » pour se moquer des supporters de Boca Juniors.
Cependant, au fil des ans, les sympathisants du Xeneize ont repris le surnom et ont commencé à l’utiliser eux-mêmes avec fierté.
Autres surnoms : La Mitad Más Uno, Rey de Copas del Mundo, Bosteros, El Equipo de La Ribera, Boquita
Central Córdoba (Sde) – El Ferroviario
Le Club Atlético Central Córdoba de Santiago del Estero est surnommé « Ferroviario » (cheminot) en raison de sa fondation le 3 juin 1919 par des employés de Ferrocarril Central Córdoba, dont les trains reliaient le nord de l’Argentine à la ville de Córdoba et aux voisins de l’ouest. Un moment historique qui a servi d’inspiration à d’autres clubs de l’intérieur du pays, comme son homonyme de Rosario.
Chacarita Juniors – El Funebrero
Jusqu’à fin 1944, Chacarita avait son stade à la frontière entre la Villa Crespo et le quartier d’où il tire son nom (sur le même terrain où se trouve aujourd’hui le stade d’Atlanta, son grand rival). À seulement trois pâtés de maisons de là, se trouve le Cimetière de Chacarita, l’un des plus populaires de la ville de Buenos Aires, d’où le surnom de « Funebrero » qui signifie funéraire. De plus, de nombreux socios du club travaillaient dans ce cimetière.
Autres surnoms : Chaca, Tricolor
Colón – El Sabalero
Il existe plusieurs versions pour expliquer le surnom de Sabalero, même si toutes sont liées. La première prétend que le surnom a été adopté par les propres supporters du club, qui appartenaient pour la plupart à la classe populaire et se rendaient au Rio Salado pour pêcher le sábalo, un poisson sud-américain d’eau douce que l’ont retrouve dans le bassin du Río Paraná. Beaucoup d’entre eux se dédiaient à la pêche pour se nourrir, en vendant et en consommant le poisson qu’ils pêchaient.
Une autre version est à l’origine plus négative. Le premier terrain de Colón était loin d’être comme le stade majestueux qu’il possède aujourd’hui. Il était fait de terre, sans tribunes ni clôtures, et était utilisé par des adolescents du quartier qui n’avaient nulle part où jouer. Ce terrain était situé en face du Rio Salado. De ce fait, ceux qui jouaient au football sur ce terrain ont été qualifiés par « la classe supérieure » comme des « sabaleros ». C’était une manière de discriminer les secteurs les plus pauvres de la ville, la pêche étant une activité destinée aux plus pauvres.
Enfin, la dernière version est basée sur une anecdote populaire qui raconte qu’au début des années 1900, une grande inondation s’est produite à Santa Fe et a couvert d’eau le « petit terrain » où Colón a fait ses premiers pas, emportant avec elle de nombreux poissons, dont le fameux sábalo.
Autres surnoms : Sangre y Luto, Negro y Raza, Sabalé
Defensa y Justicia – El Halcón
Defensa y Justicia est connu sous le nom de El Halcón (le faucon), en référence au nom d’une société de transport qui relie Constitución à Florencia Varela. En 1981, la compagnie El Halcón est devenue le nouveau sponsor du maillot de Defensa y Justicia. C’est alors que le club a abandonné ses traditionnelles couleurs bleu et blanc pour adopter les couleurs vert et jaune de la société de transport.
Autre surnom : Defe
Defensores de Belgrano – El Dragón
Dans son livre « Corazón Pintado. Défenseurs de Belgrano, un siècle d’histoires uniques et de personnages inoubliables », Martín Sánchez raconte l’origine du surnom El Dragón. En 1983, Hugo Arbona, alors membre du conseil d’administration du club, a pensé à un animal pour identifier le club. « Il fallait en trouver un qui soit courageux et qui puisse rivaliser avec le Tigre de Victoria ».
« Presque sans s’en rendre compte, il a dessiné un dragon. Le pauvre homme a dessiné 185 modèles jusqu’à ce qu’il trouve celui qu’il pensait être le bon à incorporer sur notre maillot », a déclaré l’auteur. Les premiers écussons avec le nouvel insigne « ont été cousus par la mère d’un défenseur central nommé Gil ». Puis Adidas a découvert la nouvelle et a commencé à confectionner les équipements du club.
Autres surnoms : Defe, La Máquina Del Bajo
Deportivo Riestra – El Blanquinegro
Ici, la raison est très simple, le surnom « El Blanquinegro » vient des couleurs du club. Les supporters de Riestra sont surnommés « Los Malevos de Pompeya », car ils ont été fondés par un groupe de voisins du quartier « Nueva Pompeya » de Buenos Aires.
Autre surnom : Los Malevos de Pompeya
Estudiantes – El Pincharrata
Dessin représentant Felipe Montedónica, supporter historique d’Estudiantes de La Plata
Il existe deux versions sur l’origine du surnom de Pincharratas. La première dit que ce surnom vient du fait que des joueurs ainsi que de nombreux supporters de l’équipe étaient des étudiants en médecine de l’UNLP et qu’ils faisaient des expériences sur des rongeurs. Cependant, il existe une autre version qui est plus populaire et répandue parmi les supporters du club de La Plata.
Le protagoniste de l’histoire est Felipe Montedónica, né en 1898 et grand supporter du club depuis sa fondation. Dans une interview pour le journal « El Tiempo », en 1980, il s’est lui-même chargé de dissiper les doutes : « J’avais un petit frère, avec qui je travaillais au Mercado (marché). Comme il y avait beaucoup de rats là-bas, nous les chassions avec un pinche (un bâton avec un pic). Et c’est comme ça, à cause de ces histoires de jeunesse, qu’on nous a donné le surnom de pincharrata. »
En bon fanatique qu’il était, Felipe assistait à tous les matchs à domicile et se déplaçait chaque fois qu’il le pouvait dans tous les stades de la province, en train avec plus d’une centaine d’autres supporters. Au fil du temps, de plus en plus de supporters l’ont reconnu, et le surnom de pincharrata s’est propagé à tous les adeptes d’Estudiantes.
El León
Le club est également appelé « El León » (le lion), un surnom qui a également plusieurs origines. La plus traditionnelle explique que, comme Gimnasia est « El Lobo », le seigneur et maître de la forêt, Estudiantes serait « El León », le roi de la jungle. Une autre version parle de Manuel « León » Santillán, un supporter qui s’est rebellé contre la dictature militaire de 1976-1983 et qui a été tué par la police. En son honneur, son surnom aurait été donné à l’équipe.
Autres surnoms : Pincha
Gimnasia Y Esgrima – El Lobo ou Los Triperos
Croquis du loup dessiné par Julio César Trouet
Los Triperos
Dans les années 20, plusieurs footballeurs de l’équipe de Gimnasia y Esgrima La Plata venaient des villes de Berisso et Ensenada, où abondaient abattoirs et usines de transformation de viande. Comme ils travaillaient avec les tripes des animaux, on les a surnommés Triperos.
El Lobo
Bien que le club ait été fondé en 1887, le surnom de Lobo (loup) n’est né que plus de 60 ans plus tard, par le dessinateur Julio César Trouet, qui travaillait pour le journal « El Día » de la ville de La Plata. Il s’avère que jusqu’en 1953, l’emblème qui identifiait le club était un boucher ensanglanté qui tenait un gros couteau (pour représenter les « triperos« ), mais Trouet sentit qu’il manquait quelque chose et entreprit d’en créer un nouveau. L’idée du loup est née du fait que le terrain de Gimnasia est situé dans la forêt de la ville. De plus, l’équipe était reconnue pour sa ruse et sa rapidité, tout comme l’animal.
Toutefois, la figure du loup n’a pas été immédiatement reprise par les partisans du club. Elle ne l’a été qu’à partir de la grande campagne de 1962, lorsque plusieurs grosses écuries se sont inclinées à El Bosque, avec Gimnasia qui a terminé troisième du tournoi, pour la première fois depuis que le football est professionnel en Argentine.
Los Basureros
Ce surnom a été donné par les supporters du club, car Oscar Venturino, président de l’institution entre 1968 et 1979, était propriétaire d’une entreprise de collecte des ordures ménagères. Bien que ce ne soit pas le surnom le plus populaire, il l’a été dans les années 70.
Mens Sana
Il s’agit d’une partie de la devise du club, mens sana in corpore sana. C’est une citation latine de Juvenal, dont la signification originale est celle du besoin d’un esprit équilibré dans un corps équilibré. Ce n’est donc pas tout à fait le sens de l’expression telle qu’on l’utilise aujourd’hui : « un esprit sain dans un corps sain ».
La 22
C’est le nom de la hinchada du club. Il existe plusieurs versions sur la raison de ce nom. L’une d’elles dit que c’est lié à un ancien chef de la barra brava du club, Marcelo Amuchástegui, connu sous le nom de « El Loco Fierro » (dans le tarot et la quiniela, le numéro 22 est le Fou). Une autre version dit que cela est dû à la rue 22 de la ville de La Plata, car de nombreux supporters célèbres y vivaient.
Autres surnoms : Mens Sana, Basurero, El Decano
Godoy Cruz – El Tomba
Le club a été fondé en 1921, mais a ensuite fusionné avec le club de la Bodega Antonio Tomba. Le propriétaire a cédé au club des terrains auparavant destinés aux écuries pour ses chevaux et ses charrettes. On surnomme les supporters du club « tombas » en hommage au philanthrope.
Autres surnoms : Bodeguero, El Expreso
Huracán – El Globo ou Quemero
Le Globo Huracán présent lors des célébrations des supporters du club.
El Globo
L’écusson du Club Atlético Huracán, une montgolfière (globo) avec un H, a été institué en hommage à l’ingénieur argentin Jorge Newbery, qui en 1909 a piloté une montgolfière apportée de France appelée « Huracán » du quartier de Belgrano (Buenos Aires), jusqu’à la ville brésilienne de Bagé, en passant par l’Uruguay. Le club de Parque Patricios s’est inspiré de ce voyage.
Dans un acte rédigé en 1910, les dirigeants du club ont établi que l’équipe porterait un maillot blanc avec l’emblème de la montgolfière Huracán. Plus tard, en mai 1911, le comité de direction de l’entité a accordé à Newbery le titre de membre honoraire et quelques mois plus tard celui de président honoraire.
Lorsqu’en 1914 Huracán est monté en première division du football argentin, les dirigeants ont envoyé un télégramme à Newbery dans lequel ils disaient : « Nous avons rempli notre objectif, le Club Atlético Huracán, a remporté consécutivement trois catégories, accédant à la première division, comme la montgolfière qui a traversé trois Républiques ».
C’est pourquoi Huracán est populairement connu comme « el globo », et qu’un des surnoms connus de San Lorenzo, son rival traditionnel, est « el ciclón » (le cyclone). Cette dénomination a été créée par les hinchas de San Lorenzo, car selon la science, les cyclones couvrent une plus grande zone que les ouragans (huracanes).
El Quemero
Quemero : qui a pour métier ou profession de collecter et de vendre ce qui est de valeur des déchets envoyés à l’incinérateur ou à l’usine de traitement
Ce surnom de Quemero est né du fait de la proximité du stade Tomás Adolfo Ducó avec la Quema Municipal. En effet, entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, dans certaines terres proches du Palacio Ducó, on réalisait des brûlées de déchets à ciel ouvert. Parfois, la fumée atteignait les gradins du stade.
Autre surnom : Globito
Independiente – Los Diablos Rojos ou Rey de Copas
Le diable rouge d’Independiente.
C’est lors du championnat de 1926 qu’Independiente a adopté le surnom de Diablos Rojos (Diables Rouges). Ce surnom est né de la plume du journaliste Hugo Marini, responsable des sports pour le journal Crítica, qui s’est inspiré de l’attaque « diabolique » de l’équipe composée de Zoilo Canaveri, Alberto Lalín, Luis Ravaschino, Manuel Seoane et Raimundo Orsi. En 1938, la ligne offensive exceptionnelle composée de Maril, De la Mata, Erico, Sastre et Zorrilla a confirmé pourquoi le club était surnommé ainsi.
Dans les années 70, on a commencé à surnommer Independiente El Rey de Copas (le roi des coupes), en raison du nombre de titres internationaux obtenus, un record mondial aujourd’hui encore.
Autres surnoms : Rojo, Orgullo Nacional
Independiente Rivadavia – La lepra
Ce surnom a été donné péjorativement par les autres clubs, après que le club ait organisé un événement caritatif au profit des personnes souffrant de la lèpre, en affichant des affiches publicitaires avec le mot « LEPRA » écrit en grand.
Autres surnoms : Azul, Azul del Parque, Caudillos del Parque
Instituto de Córdoba – La Gloria
Né en 1918, Instituto commence son histoire footballistique en deuxième division de la ligue de Cordoba, où il sera promu un an plus tard après avoir remporté le championnat sans défaite. Entre 1925 et 1928, le club remporte tous les tournois de de la Liga Cordobesa, ainsi que des matchs amicaux contre des équipes de Buenos Aires et de Rosario, ce qui a valu à cette magnifique équipe le surnom de « El Glorioso », qui deviendra plus tard « Gloria », comme on l’appelle aujourd’hui. A l’époque, Instituto de Córdoba était considérée comme l’une des meilleures équipes du pays.
Lanús – El Granate
Dans le cas de Lanús, la raison est assez évidente. Le surnom du club du sud de la ville de Buenos Aires est tout simplement lié à la couleur grenat de son maillot, qui à travers l’histoire a varié entre le violet, le pourpre et le rouge foncé.
Le choix des couleurs du club a été l’œuvre de l’architecte Carlos Pointis, qui a décidé d’utiliser un maillot grenat avec un col blanc, un short blanc et des chaussettes noires avec du grenat et du blanc.
Autre surnom : Los Globetrotters
Deportivo Morón – El Gallo
Depuis l’époque coloniale, les combats de coqs étaient coutumes dans le pardido de Morón (dans le Grand Buenos Aires). Bien que plus tard une loi ait été instaurée pour officialiser leur interdiction, ces combats ont continué à être organisés dans la clandestinité. Fondée le 20 juin 1947, Morón décida que l’animal ferait partie de son écusson.
Autre surnom : El Gallito
Newell’s – Leprosos / Rosario Central – Canallas
Si me muero que sea de la lepra / si je meurs, que ce soit de la lèpre.
Les surnoms de Newell’s et Rosario Central, qui disputent un des clasicos les plus passionnants du football argentin, sont issus du même événement. Il s’agit d’une histoire aussi fascinante qu’invérifiable, car il n’y a aucune preuve que ce soit réellement arrivé, pas de date, pas même une coupure de presse.
Selon la « légende », le surnom est né après que l’hôpital Carrasco de Rosario ait invité les deux équipes les plus importantes de la ville à jouer à un match au profit de l’hôpital qui combattait la maladie de Hensen, communément appelée la lèpre.
Cependant, le match ne s’est jamais concrétisé, car Newell’s a accepté la proposition, mais pas Rosario Central. C’est à partir de cet épisode que les supporters des deux clubs ont commencé à surnommer le rival pour se moquer. Pour ceux de Central, ceux de Newell étaient tous des leprosos (lépreux) pour avoir voulu jouer; et pour ceux de Newell’s, ceux de Central étaient tous des canallas (canailles), pour avoir refusé.
Au fil des années, les supporters de chaque institution ont fièrement adopté un surnom qui, au début, avait été utilisé de manière péjorative. Newell’s soutient cette version des événements sur son site officiel, tandis que Central affirme que « l’origine du surnom est incertaine ».
Autres surnoms : Lepra, Rojinegro
Platense – El Calamar
Au début du XXe siècle, Platense avait son stade à Núñez, à quelques pâtés de maisons de l’endroit où le Monumental a été érigé trois décennies plus tard. Dans ce stade bordant la rivière, il était normal que le terrain soit dominé par la boue et que les footballeurs finissent complètement sales. Malgré ces conditions défavorables, l’équipe était dure à battre à domicile.
En 1908, le journaliste uruguayen Antonio Palacio Zino a écrit : « Vous allez jouer contre Platense ? Sous la pluie et la boue ? Donc, on sait déjà qui va gagner ! Les joueurs de Platense, dans la boue, sont comme des calamars dans leur encre ! ». À partir de ce moment, le surnom est resté gravé dans chaque supporter du club.
Autres surnoms : Marrón, Tense
Racing – La Academia
Les supporters de Racing qui déploient une banderole sur laquelle est écrit « Aguante La Academia ».
Fondé le 25 mars 1903, Racing a dû attendre dix ans pour remporter son premier titre… puis le deuxième, le troisième, le quatrième, et ainsi de suite jusqu’à sept championnats remportés consécutivement. Une prouesse unique et qui est aujourd’hui encore le plus grand exploit réalisé par une équipe argentine.
En 1912, l’entité qui regroupait le football argentin a été divisée en deux, avec d’un côté la Federación Argentina de Fútbol et de l’autre la Asociación Argentina de Fútbol. Racing est restée dans cette dernière et a entamé en 1913 sa brillante série de sept titres consécutifs. Cette année-là, il est devenu le premier champion criollo (composé de joueurs dont les noms ne sont pas anglais), après avoir battu le club de San Isidro en finale 2-0.
On dit qu’on a commencé à les surnommer « La Academia » en 1913, lorsque Racing a remporté son premier de ses sept titres d’affilés. Mais en réalité, le surnom est plutôt né en 1914 lorsque « l’académie » a terminé le championnat invaincu avec 11 victoires et un seul match nul.
Un an plus tard, elle remportait le plus mémorable de tous les championnats de la série, celui qui lui donnerait définitivement son surnom. Racing a remporté le championnat de 1915 avec 22 victoires et deux nuls ; avec 93 buts marqués contre seulement 5 encaissés.
Cette même année, le 1er août 1915, après que Racing ait battu River 3-0, les hinchas ont marché du stade situé dans le Dársena Sud, à La Boca, jusqu’à Avellaneda en criant « Academia, Academia ».
C’est ainsi que le club a commencé à être reconnu comme une « académie de football », en raison de la brillante façon dont l’équipe jouait. Le club albiceleste enseignait le football en Argentine.
Autre surnom : El Primer Grande
River Plate – Millonario ou Gallina
L’extrait de journal qui évoque la Gallina de River Plate.
Los Millonarios
Le surnom de River Plate remonte aux débuts du professionnalisme argentin, dans les années 1930. Au cours de ces années, River a révolutionné le marché des transferts, en payant de grosses sommes d’argent pour recruter des joueurs pour son équipe, alors que cela ne se faisait pas encore dans les autres clubs du football local.
Antonio Vespucio Liberti, alors président du club, a concrétisé l’achat de Carlos Peucelle, qui évoluait au Sportivo Buenos Aires, en échange de 10 000 pesos (l’équivalent de 2 600 dollars), un chiffre record pour l’époque. Mais il ne s’est pas arrêté là. Un an plus tard, il a récidivé en recrutant Bernabé Ferreyra, pour lequel il a payé 35 000 pesos à Tigre.
Pour donner une idée des montants importants que signifiaient ces sommes, le magazine « Caras y Caretas » a fait un calcul de ce qui pouvait être acheté en 1932 avec ce que Ferreyra a coûté : 11 voitures Opel à quatre cylindres, 514 costumes anglais en cachemire, 516 000 kilos de blé, 5 600 paires de chaussures Harrods et 70 000 billets pour assister à un match de football.
Les achats millionnaires se sont poursuivis, atteignant un total de 105 000 pesos cette année-là, avec les recrutements du gardien de but de Talleres Ángel Bossio, pour 30 000 pesos, de l’attaquant des Quilmes Juan Arrillaga, pour 22 000, du défenseur de Tigre Alfredo Cuello, pour 18 000, et du défenseur de Platense Carlos Santamaría, pour 15 000 pesos.
En 1935, River a refait parler de lui en payant 37 500 pesos pour le milieu de terrain de Gimnasia y Esgrima La Plata, José María Minella. Ainsi, le surnom de « millonarios » s’est installé à jamais dans le club.
Las Gallinas
Pour trouver l’origine du surnom de Gallinas, il faut remonter au 20 mai 1966, lorsque River a affronté Peñarol en finale de la Copa Libertadores. L’équipe argentine a perdu 4-2, après être avoir mené 2-0 à la mi-temps. À son retour au pays, River s’est déplacé à Banfield pour un match de championnat et des supporters ont lancé une poule avec un ruban rouge depuis les gradins derrière les buts gardés par Hugo Gatti.
Quelque temps plus tard, les supporters du Millonario ont adopté la moquerie comme un symbole et ont même composé une chanson bien connue : « Señores, yo soy del gallinero » (Messieurs, je suis du poulailler).
Autres surnoms : La Banda Sangre, La Banda, El Más Grande
Rosario Central – Los Canallas
Vous pouvez retrouver l’explication de ce surnom de « Canallas » plus haut dans l’article, en compagnie de celui donné à Newell’s : il a été donné par les supporters de La Lepra par rapport au refus du club de participer à un match amical au profit d’un hôpital qui soignait des lépreux.
La Academia Rosarina
Ce surnom est né après avoir gagné un match contre Racing en 1915, La Academia « originale » qui était une des meilleures équipes de l’époque.
San Lorenzo – El Ciclón ou El Cuervo
El Ciclón
San Lorenzo a commencé à se faire appellé El Ciclón (le cyclone) après qu’un journaliste de l’époque, Hugo Marini, responsable des sports pour le journal Crítica, l’ait utilisé pour faire référence à la vitesse et à la force avec laquelle l’équipe azulgrana attaquait et était capable de « retourner » les matchs dans les années 1930. Les larges victoires que l’équipe infligeait à ses adversaires ont fait qu’on l’a surnommé « El Ciclón de Boedo ».
En revanche, bien qu’il n’y ait aucune preuve pour le certifier, un mythe populaire propose une autre version: le surnom aurait été créé par les propres supporters du club, pour souligner que d’après la science, un cyclone est plus gros qu’un ouragan, par opposition à son éternel rival, le Club Atlético Huracán.
El Cuervo
Les jeunes joueurs de San Lorenzo avec le père Lorenzo Massa en haut à droite.
Le surnom de « Cuervos » vient de la similitude de la couleur noire du corbeau et les soutanes sacerdotales du père Lorenzo Massa.
San Lorenzo a été fondé en 1908 par un groupe de jeunes qui, pour honorer le prêtre Lorenzo Massa (qui les a beaucoup aidés dans la création du club), ont donné son nom au nouveau club. Le prêtre Massa n’a accepté qu’à condition que ce nom soit utilisé pour honorer le saint martyr de la foi et le premier triomphe des forces patriotiques menées par le général San Martín dans la bataille de San Lorenzo (qui s’est produite en 1813 entre les armées argentine et espagnole, dans la ville de San Lorenzo, sur les rives du fleuve Paraná).
Ce surnom de cuervos a été donné par les quemeros (supporters de huracán), qui l’ont trouvé en s’inspirant d’une scène du film d’Angel Magaña, où une femme, qui en voyant passer « El cura Lorenzo » lui dit cruz cuervo, en référence à un quartier très pauvre et sans instruction qui n’acceptait pas les prêtres parce que les gens pensaient qu’ils apportaient de la malchance.
Du coup, comme les soutanes des prêtres étaient noires à cette époque, on les identifiait de façon désobligeante comme des « corbeaux » (cuervos), et le club a commencé à être appelé ainsi par ses équipes rivales qui utilisaient ce surnom pour les humilier.
Autres surnoms : En plus de Cuervo et Ciclón, le club de Boedo a eu bien d’autres surnoms tout au long de son histoire. Avant même que le club s’appelle San Lorenzo, on les appelait Los Forzosos de Almagro, puis sous le nom actuel, on les a surnommés Los gauchos de Boedo, car l’équipe jouait avec une attaque qui venait de Campana, qui était une zone rurale du coup les gens l’ont identifié avec ce surnom bien traditionnel.
On les a ensuite appelés Los Santos de Boedo en raison de leur appartenance au San Lorenzo Mártir, Los Matadores (c’est ainsi que l’on appelait l’équipe championne invaincue du Metropolitano 1968) et Los Carasucias (en référence à l’attaque de 1964, caractérisée par sa jeunesse et son audace).
San Martín de San Juan – El Santo
Le club de la province de San Juan a toujours été identifié comme le « santo » (Saint), bien que le surnom n’ait aucune connotation religieuse. Ceux qui ont fondé le club le 27 septembre 1907 l’ont baptisé ainsi en l’honneur du général José de San Martín, militaire argentin dont les campagnes ont été décisives pour l’indépendance de l’Argentine, du Chili et du Pérou, et qui est considéré comme l’un des libérateurs les plus importants d’Amérique du Sud.
Au fil des années, ce sens s’est un perdu et aujourd’hui, tous les clubs appelés « San Martín » en Argentine sont surnommés « santo« , même si à l’origine leur nom n’a rien à voir avec la figure du général.
Autres surnoms : Santo Sanjuanino, El Más Grande de Cuyo, Verdinegro
San Martín de Tucumán – El Ciruja
Le surnom de l’autre club de Tucuman a un lien avec les origines modestes de ses supporters. Contrairement aux sympathisants de l’Atlético Tucumán, connus au départ comme les « yeux verts » ou « pitucos » (qui appartiennent à la classe supérieure), ceux de San Martín avaient un statut social inférieur et étaient appelés « cirujas » (« clochards ») ou « verduleros » (marchands de légumes) en raison de leur proximité avec le marché de Abasto.
Autre surnom : El Santo
Sarmiento de Junín – El Verde
Le « Verde » ou « Verdolaga » doit son surnom à la couleur du club, qui l’a accompagné tout au long de son histoire jusqu’à aujourd’hui. Bien qu’à ses débuts, l’équipe arborait un maillot à rayures verticales vert et blanc, comme à l’époque les tissus n’étaient pas de bonne qualité, il a été décidé qu’il valait mieux faire le maillot entièrement vert pour éviter qu’ils déteignent.
Autre surnom : Guerrero
Talleres de Córdoba- Tallarines, La T ou Matadores
Le surnom « Tallarines » (nouilles) dérive du nom du club Talleres, tout comme « La T », qui est tout simplement l’initiale de son nom.
On appelle également les joueurs de Talleres, les « Matadores« , même si ce surnom est moins utilisé, qui vient du fait que le club détient un vieux record de 66 matchs sans défaite dans l’ancienne Liga Cordobesa.
Autre surnom : Albiazul
Temperley – El Gasolero
Après avoir été promu en 1974, Temperley a recruté plusieurs renforts pour affronter la nouvelle saison en Primera División. Malgré l’effort économique, le club a terminé à la dernière position du classement. Cependant, l’AFA a annulé les relégations et le club s’est donc maintenu dans la catégorie.
Pour cette raison, l’équipe de la zona Sur a été contrainte de changer de stratégie. Le club a réduit les frais de déplacement, réduit les salaires de ses joueurs et recruté des joueurs des divisions inférieures pour des sommes minimes. À la surprise générale, Temperley a terminé en tête du groupe D du Torneo Nacional de 1975, avec neuf victoires, quatre nuls et trois défaites.
“Es como el Gasolero, porque anda mucho y gasta poco” (C’est comme le Diesel, car il roule beaucoup et dépense peu), a écrit le journal La Unión, dans une référence éloquente au faible coût du carburant utilisé par les véhicules diesel.
Autre surnom : Celeste
Tigre – Los Matadores
La Barra del Matador, de Tigre.
Il existe deux versions pour expliquer le surnom de « matadores ». Celle qui est liée aux couleurs de San Lorenzo, qui est également surnommée ainsi, et une autre qui fait référence à l’attaque de 55 qui marquait énormément de buts (Héctor de Bourgoing, Norberto Méndez, Luis Cesáreo, Eugenio Aguilar et Nicolás Gómez).
Le 3 août 1902, un groupe de 12 jeunes décide de fonder le Club Atlético Tigre. Au cours de son histoire, le club a changé plusieurs fois de couleur pour son maillot. Lors de son premier match de football, il a disputé la rencontre avec un maillot bleu et rouge vif, un short noir et des chaussettes noires. Entre 1911 et 1919, Tigre a commencé à utiliser un maillot avec des rayures verticales bleues et rouges.
Lorsque le club a rejoint l’Association de football amateur (Asociación Amateur de Foot-ball) en 1919, il a dû changer le modèle de son maillot, car l’entité avait déterminé que San Lorenzo de Almagro, fondée 5 ans plus tard, devait conserver son maillot traditionnel avec ses rayures bleues et rouges. Du coup, le club est revenu à ses premières couleurs avec son maillot bleu et rouge vif jusqu’aux années 70, avant de revenir à son modèle à rayures.
Comme il était identique à celui utilisé par San Lorenzo, qui à l’époque était connu sous le nom de matadores (voir plus haut dans l’article), Tigre a également été identifié avec ce surnom. Le club cuervo a perdu son surnom des années plus tard, avec le déclin de son jeu, mais le « Matador de Victoria » est aujourd’hui encore un symbole du Club Atlético Tigre.
Autre surnom : Azules del Norte
Unión de Santa Fe – El Tatengue
Si vous cherchez aujourd’hui un synonyme de tatengue, le mot le plus approprié serait « cheto ». Unión a été fondé le 15 avril 1907 dans la capitale de Santa Fe, habitée par les personnes les plus riches et les mieux éduquées. Autrement dit, la classe supérieure.
Dans l’argot de l’époque, le mot tatengue désignait les personnes au statut social élevé et les plus raffinées, c’est pourquoi les supporters du club ont commencé à être surnommés ainsi.
Autres surnoms : Tate, Rojiblanco, Albirojos, Club de la Avenida
Vélez Sarsfield – El Fortín
Le surnom de Vélez a pour origine son stade de football, et cela pour deux raisons. Le terrain de Vélez était situé dans le quartier de Villa Luro, dans la ville de Buenos Aires. Inauguré le 16 mars 1924, il était célèbre pour avoir accueilli en 1928 le premier match nocturne de l’histoire du football argentin.
Ce surnom est né quatre ans plus tard, le 13 juillet 1932, avec un article écrit pour le journal Crítica par le journaliste Hugo Marini, sur le match que Vélez et San Lorenzo devaient jouer le lendemain qu’il avait titré : « ¿San Lorenzo hará rendir mañana el Fortín de Villa Luro? » que l’on peut traduire par « San Lorenzo provoquera-t-il demain la reddition de la Forteresse de Villa Luro ? ».
Pour trouver ce titre, le journaliste s’est inspiré, d’une part, des quatre tours d’éclairage qui ressemblaient à des tours de guet et donnaient l’impression d’être dans une forteresse. D’autre part, l’équipe était alors invaincue à domicile en championnat, avec cinq victoires et un nul, c’est pourquoi il a écrit que le terrain de Vélez était imprenable, comme une forteresse.
Pour l’anecdote, ce match a été remporté par San Lorenzo sur le score de 4-1, mais cela n’a pas empêché le surnom de « Fortín » de rester à jamais dans le cœur des supporters.
Lorsque le club a déménagé à Liniers, grâce aux efforts de son président José Amalfitani, il a emporté avec lui le surnom du stade, qui s’est ensuite propagé à l’institution et même aux supporters (Los Fortineros).
Les surnoms de clubs argentins moins connus
Ferrocarril Oeste : El « Verdolaga »
Quilmes : Los « Cerveceros »
Central Córdoba de Rosario : Los « Charruas »
Argentino de Rosario : Los « Salaitos »
Los Andes : Los « Milrayitas »
Nueva Chicago : Los « Toritos »
All Boys : El « Albo »`
Excursionistas : Los « Villeros »
Instituto de Córdoba : La « Gloria »
Flandria : El « Canario »
Almagro : El « Tricolor »
San Miguel : El « Trueno Verde »
Almirante Brown : La « Fragata »
Deportivo Italiano : Los « Tanos »
Deportivo Español : Los « Gallegos »
Dock Sud : El « Doque »
Lamadrid : El « Carcelero »
San Telmo : Los « Candomberos »
Sarmiento de Junín : Los « Guerreros »
Tristán Suarez : Los « Lecheros »
Cañuelas : Los « Tamberos »
Douglas Haig : Los « Fogoneros »
Olimpo Bahia Blanca : Los « Aurinegro »
🇦🇷 Aujourd'hui, nous allons parcourir l'Argentine à la recherche de l’origine des surnoms des 28 équipes de la Primera División argentine.
Après avoir remporté la Coupe du monde 1950, l’Uruguay a passé des années sans briller en Coupe du monde, ne se qualifiant qu’à quelques reprises et n’atteignant pratiquement jamais les huitièmes de finale. Cependant, même sans grands résultats, le football du pays a révélé au monde des joyaux tels que Pedro Rocha, Rodolfo Rodríguez, Fernando Morena et un milieu de terrain qui a enchanté la planète pendant plus d’une décennie, principalement sous le maillot de River Plate : Enzo Francescoli, considéré par beaucoup comme l’un des plus grands joueurs uruguayens de tous les temps. Extrêmement habile, doté d’une incroyable vision du jeu et d’un sens du but à faire pâlir d’envie bien des attaquants, Francescoli a été la star de l’équipe nationale uruguayenne tout au long des années 1980 et jusqu’au milieu des années 1990. Il est l’un des rares joueurs du pays à ne pas avoir joué dans les plus grands clubs uruguayens (Peñarol et Nacional) et est plus adulé en Argentine (où il vit actuellement) que dans son pays d’origine. La raison ? Francescoli a tout simplement explosé à River Plate et fait aujourd’hui encore partie des plus grandes idoles du club. Avec les Millonarios, il a été exceptionnel, et a remporté de nombreux titres (dont une Libertadores en 1996) et plusieurs distinctions individuelles. Son passage en France lui a valu l’idolâtrie d’un jeune joueur qui brilla des années plus tard : Zinédine Zidane, qui a même donné à son fils le prénom de la star uruguayenne : Enzo.
Enzo Francescoli, le prince du football
Ses débuts au Montevideo Wanderes
Né à Montevideo, la capitale uruguayenne, Francescoli avec pour club de préféré Peñarol. Il aurait d’ailleurs aimé commencer sa carrière de joueur avec l’équipe aurinegra, mais il a été déçu par la façon dont les essais de l’équipe se déroulaient, car il était plus amené à regarder les autres qu’à jouer. En 1980, il décide alors de débuter sa carrière au Montevideo Wanderes, un club peu connu dans le pays, mais qui était fier d’avoir révélé au monde le grand défenseur chilien des années 1970, Elías Figueroa. Habile dès son plus jeune âge, Francescoli est rapidement surnommé « El Príncipe », en référence à l’ex-joueur des Wanderers, Aníbal Ciocca. Élégant et rapide, il est également comparé à la star uruguayenne d’antan, Juan Schiaffino.
Son passage au club de Montevideo est remarquable, il mène l’équipe à de grandes campagnes dans le championnat uruguayen, dont une place de vice-champion en 1980 et sur le podium juste derrière les deux grandes équipes du pays, Peñarol et Nacional, lors des années suivantes. Incapable de remporter un titre en club, Francescoli remporte son premier titre en 1983 avec son équipe nationale.
L’Uruguay remporte la Copa América
Malgré son jeune âge, Francescoli est appelé en équipe nationale uruguayenne et s’illustre lors de sa première compétition officielle disputée avec la Celeste, la Copa América 1983. L’édition de cette année-là n’a pas de pays hôte et les matchs se déroulent donc dans différents pays. Lors de la phase de poule, l’Uruguay termine en tête de son groupe avec trois victoires et une défaite en quatre matchs. Qualifiée pour les demi-finales, la Celeste y retrouve le Pérou. Au match aller, l’Uruguay s’impose 1-0 à Lima. Au match retour, à Montevideo, un match nul 1-1 assure à l’Uruguay une place en finale contre le Brésil.
La finale se disputait également en matchs aller-retour. Le match aller s’est joué en Uruguay dans un stade Centenario plein à craquer. La Celeste a montré sa « garra » et, grâce notamment à un but de Francescoli, s’est imposée 2-0. Le match retour s’est déroulé au Fonte Nova, à Salvador. Le Brésil a ouvert le score par l’intermédiaire de Jorginho en première mi-temps, mais Aguilera a égalisé en seconde période pour offrir à l’Uruguay un match nul 1-1 et le titre de champion. Il s’agissait du 12e trophée remporté par la Celeste et du tout premier pour Francescoli, qui a été énorme tout au long de la compétition. Ses performances ont suscité l’intérêt de River Plate, qui a recruté la star uruguayenne peu après la Copa.
La naissance d’une idole
La première année de Príncipe à River est irrégulière. Il alterne les bons et les mauvais moments avec l’équipe de Buenos Aires et, à l’instar de son équipe, fait une saison médiocre. Cependant, en 1984, il réalise des matchs brillants et marque de nombreux buts. Ses performances lui valent le titre de meilleur buteur du championnat argentin de cette année-là avec 24 buts, ainsi que le titre de meilleur joueur sud-américain de l’année. Il reçoit une offre de l’América de Cali (Colombie), mais préfère rester à River. L’histoire prouvera qu’il a fait le bon choix en restant en Argentine.
Son premier titre
En 1985 et 1986, Francescoli confirme tout son talent et montre aux yeux de tous qu’il est hors du commun. Il continue à marquer des buts et à réaliser des actions remarquables, ce qui lui permet de remporter le prix de meilleur joueur d’Argentine et l’idolâtrie des supporters. Francescoli atteint les sommets en janvier 1986, pendant la pause du championnat argentin, en inscrivant le but le plus célèbre et le plus beau de sa carrière : un spectaculaire retourné acrobatique lors d’un match amical électrisant contre l’équipe nationale de Pologne, que River remporte 5-4. Dans la foulée, il aide River à remporter le championnat argentin et devient une fois de plus le meilleur buteur de la compétition avec 25 buts. C’est l’apogée de Francescoli à River et l’impulsion dont il a besoin avant de disputer sa première Coupe du monde.
Sa première Coupe du monde
À l’âge de 24 ans, Francescoli est la seule star de l’Uruguay lors de la Coupe du monde 1986. La Celeste espère s’appuyer sur son statut de double championne du monde pour créer la surprise, mais elle réalise une campagne médiocre, et s’incline 1-0 en huitième de finale face à l’Argentine de Maradona. Avant cela, l’équipe s’était qualifiée en terminant parmi les meilleurs troisièmes, sans avoir gagné un seul match : 1-1 contre l’Allemagne, 0-0 face à l’Écosse et une cuisante défaite 6-1 face au Danemark. C’est lors de ce match que Francescoli a marqué son premier et unique but en Coupe du monde. L’Uruguayen déclara plus tard dans une interview au journal argentin « El Gráfico » que cette Coupe du monde a été le moment le plus embarrassant de sa carrière.
« On ne réalisait pas que l’on se ridiculisait. C’est la seule chose pour laquelle je m’excuserais auprès de tous les Uruguayens »
La Coupe du monde lui donne toutefois de la visibilité et la possibilité de jouer en Europe. Le joueur est recruté par le Racing Club de Paris, récemment promu en première division française, et fait ses valises pour la France. Le point noir de ce transfert : il n’a pas eu l’occasion de faire partie de l’équipe de River qui a remporté la première Libertadores de l’histoire du club, en 1986.
L’aventure européenne
De Paris à Marseille
Francescoli débarque à Paris pour jouer dans l’équipe la plus traditionnelle de la capitale française, qui commence à rivaliser avec le Paris Saint-Germain, fondé en 1970. L’équipe reçoit le soutien financier de la société Matra et change même de nom pour devenir Matra Racing en 1987. Francescoli continue à réaliser d’excellentes performances et est élu meilleur joueur étranger de France en 1987. Grâce à lui, le club parisien échappe à la relégation et se bat même pour les premières places du classement, mais il se rend compte qu’il est impossible de gagner quoi que ce soit, même avec l’argent de Matra. En 1989, l’Uruguayen accepte donc l’offre du champion de France en titre de l’époque, l’Olympique de Marseille, et quitte le club parisien, qui fera faillite en 1990 et perdra définitivement sa place de meilleure équipe de la capitale au profit du PSG.
A Marseille, Francescoli remporte enfin un titre : la Ligue 1, remportée brillamment par l’équipe qui comprenait, outre l’Uruguayen, le buteur Jean-Pierre Papin et des grands joueurs comme Waddle et Tigana. Pendant sa courte période à l’OM, Francescoli devient l’idole du jeune Zinédine Zidane, enchanté par le football de l’Uruguayen. L’idolâtrie était telle que, des années plus tard, Zidane donna à son fils le prénom de Francescoli : Enzo Zidane.
Son dernier Mondial
Francescoli sort d’un doublé en Copa América avec l’Uruguay en 1987, menant son équipe au titre remporté en Argentine, et d’une place de finaliste en 1989 (perdue contre le Brésil) lorsqu’il arrive en Italie pour disputer sa deuxième et dernière Coupe du Monde en 1990. La campagne de la Celeste est encore une fois irrégulière, avec une victoire 1-0 contre la Corée du Sud, un match nul 0-0 contre l’Espagne et une défaite 3-1 contre la Belgique. L’équipe réussit une nouvelle fois à se qualifier pour les huitièmes de finale en faisant partie des meilleurs troisièmes. Cependant, lors de la phase à élimination directe, l’équipe est éliminée par le pays hôte, l’Italie de Schillaci et Roberto Baggio, qui l’emporte 2-0. Ce fut le dernier match de Francescoli en Coupe du monde. Il faudra attendre 1995 pour que la star brille à nouveau sous le maillot de l’équipe nationale.
L’aventure italienne
Après la Coupe du monde 1990, Francescoli ne rentre pas en France et reste en Italie pour jouer à Cagliari. Une nouvelle fois dans un petit club, il doit tout faire pour aider l’équipe sarde à éviter la relégation en deuxième division, ce qu’il parvient à faire en organisant le jeu de son équipe et en marquant des buts importants. Lors de sa troisième saison dans le Calcio, Francescoli aide Cagliari à obtenir une surprenante sixième place en Serie A et à se qualifier pour la Coupe de l’UEFA. Avec 7 buts inscrits cette année-là, il réalise sa meilleure saison sur le sol italien. En 1993, Francescoli accepte une offre du Torino, alors vainqueur de la Coupe d’Italie.
Au Toro, Francescoli ne parvient pas à répéter les bonnes performances des années précédentes et ne remporte aucun titre, même s’il n’est pas passé loin de gagner la Coupe d’Italie, la Serie A et la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe. À 33 ans, il sait que la fin de carrière approche, il décide alors de revenir à River Plate, son club de cœur.
Une fin de carrière faite de consécration
Lorsqu’il revient d’Europe pour jouer à River Plate, Francescoli fait l’objet de critiques, surtout dans son pays. Beaucoup doutent alors que la star de 34 ans puisse jouer un rôle important. Mais il montre rapidement qu’il a encore de beaux jours devant lui. En 1994, il finit meilleur buteur du tournoi d’ouverture et aide River à remporter un nouveau titre de champion. En 1995, il ne gagne rien avec River, mais il brille avec l’équipe nationale uruguayenne, en remportant sa troisième Copa América à domicile grâce à une victoire en finale face au Brésil, alors champion du monde en titre. Cette année-là, Francescoli est élu meilleur joueur sud-américain de l’année. La star décide de se retirer de l’équipe nationale après ce triomphe, mais reviendra pour quelques apparitions plus tard, mais sans grand éclat. Il voulait se consacrer exclusivement à son River.
Une année parfaite
Si River ne gagne rien en 1995, l’histoire allait être différente en 1996. Aux côtés de jeunes promesses comme Sorín, Ortega, Almeyda, Crespo et Gallardo, il est le maestro et le leader de l’équipe qui remporte la Copa Libertadores de cette année-là, exactement 10 ans après son premier sacre. River ne concède que deux défaites dans la compétition et bat une nouvelle fois les Colombiens de l’América de Cali en finale (2-0) dans un Monumental de Núñez plein à craquer. C’est le couronnement de Francescoli et de cette génération de pépites de River Plate. L’équipe est alors la meilleure du continent et Francescoli la plus grande idole du club. La star uruguayenne déclara plus tard que cet exploit, ainsi que le titre de la Copa América en 1995, ont été les meilleurs moments de sa carrière.
Le duel face à son fan
Dans la foulée, il remporte un autre trophée : le championnat d’ouverture argentin, avec neuf points d’avance sur son dauphin. River arrive alors plein de confiance avant le match le plus important de la saison : la Coupe intercontinentale, face à la Juventus de Del Piero, Deschamps et Zidane, le Français qui avait Francescoli comme idole. Dans l’affrontement entre Francescoli et son fan, Zizou et son équipe prennent le dessus et remportent la Coupe. River manquait l’opportunité de dépasser son rival Boca au nombre de titres mondiaux.
Triple champion d’Argentine
Après le choc de la perte de ce Mondial des clubs en 1996, Francescoli joue de nouveau un rôle décisif dans le sacre de River en Argentine, en remportant le championnat d’ouverture et le championnat de clôture en 1997. Cette année-là, River bat le record de remporter deux titres en quatre jours : la Recopa Sudamericana contre São Paulo et le Tournoi d’ouverture, après un match nul 1-1 lors du match décisif contre Argentinos Juniors, un résultat qui a assuré le titre aux « Millonarios ». En pleine période de gloire, Francescoli sait qu’il est temps de raccrocher les crampons, même si c’est douloureux.
Les adieux d’un joueur de génie
Francescoli fait ses adieux au football après une brillante saison en 1997. Le crack est accueilli avec joie et émotion dans un Monumental de Núñez plein à craquer. C’est ainsi que s’achève la carrière de l’une des plus grandes idoles de River Plate et du meilleur joueur uruguayen des années 1980 et 1990. Curieusement, après la retraite de Francescoli, River mettra longtemps à briller à nouveau dans les compétitions internationales (pas avant 2014), ne remportant que des compétitions nationales et accumulant les déceptions historiques, comme la relégation en 2011. Les performances d' »El Príncipe » ont marqué à jamais l’histoire du football. Son talent et son style de jeu ont enchanté le public des Amériques et du monde entier, faisant de lui un joueur de légende.
Son parcours professionnel en bref
Les clubs où il a joué
Montevideo Wanderes-URU (1980-1982),
River Plate-ARG (1983-1986 et 1994-1997),
Racing Club Paris-FRA (1986-1989),
Olympique de Marseille-FRA (1989-1990),
Cagliari-ITA (1990-1993),
Torino-ITA (1993-1994).
Palmarès
En club
1 Copa Libertadores da América (1996),
1 Supercopa de Libertadores (1997),
5 championnats d’Argentine (1985-1986, 1994-Apertura, 1996-Apertura, 1997-Clausura et 1997-Apertura) avec River Plate.
1 Championnat de France (1990) avec l’Olympique de Marseille.
Avec la sélection d’Uruguay
3 Copas Américas (1983, 1987 et 1995).
Les principaux titres individuels remportés par Francescoli
FIFA 100: 2004
Joueur sud-américain de l’année : 1984 et 1995
Meilleur buteur du championnat argentin : 1984 (24 buts), 1985-1986 (25 buts) et 1994 (12 but)
Joueur de l’année en Argentine : 1985 et 1995
Meilleur joueur étranger de l’année en France : 1990
Meilleur buteur étranger de l’histoire de River Plate
Élu plus grand joueur de l’histoire de River Plate: 2008
Élu dixième meilleur joueur du 20e siècle par France Football : 1999
Meilleur buteur uruguayen de l’histoire du football argentin : 137 buts en 236 matchs