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Gre-Nal : la plus grosse bagarre de l’histoire du classico

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Bagarre générale lors du Gre-Nal 1969

Valdomiro était tranquillement en train de prendre sa douche. Quelques minutes plus tôt, il avait été remplacé dans le Gre-Nal 189, disputé dans le cadre d’un tournoi amical entre quatre équipes, avec la présence également de la sélection hongroise et du Benfica d’Eusebio pour marquer l’inauguration du stade Beira-Rio. Dans un match serré et tendu, le score nul et vierge semblait inévitable. Jusqu’à ce que Gentil, intendant de l’équipe, entre en trombe dans le vestiaire, terrifié et presque à bout de souffle, pour avertir l’ailier droit de la bagarre qui a transformé le terrain en zone de guerre. Cela marquera à jamais le tout premier Gre-Nal disputé au Beira-Rio. Une bagarre qui a eu lieu le 20 avril 1969, une date qui est entrée dans l’histoire du classico.

Une bagarre générale et 20 expulsions lors du premier Gre-Nal du Beira-Rio

Au total, 20 joueurs ont été expulsés par l’arbitre Orion Satter de Mello, dont 19 pour la bagarre. Les seuls qui y ont échappé ont été le milieu colorado Dorinho et Alberto, le gardien de Grêmio. Ce dernier a d’ailleurs été le protagoniste d’une des images les plus curieuses de ce dimanche après-midi, lorsqu’il a tenté de séparer l’uruguayen Urruzmendi et l’attaquant Acindo, qui voulaient absolument en découdre sous le regard candide du gardien. Bien sûr, Valdomiro n’a pas été expulsé non plus, lui qui a assisté à la scène depuis l’entrée du tunnel, déjà douché.

« J’ai le Belfort Duarte », s’enorgueillit aujourd’hui encore Valdomiro, en référence à la récompense décernée à l’époque aux joueurs les plus fair-play du football brésilien. « Tout ce que je sais, c’est que ce petit Uruguayen est entré en jeu et a commencé à semer la pagaille ».

Valdomiro fait référence à Urruzmendi, entré en jeu en seconde période. Il n’a joué que trois minutes. La montre indiquait la 82e minute de jeu et le ballon se trouvait dans les bras d’Alberto. L’Uruguayen, dans un élan de fureur inexplicable, a couru en direction du gardien pour gêner la relance. Valdir Espinosa, qui avait l’œil, s’est mis en travers pour l’en empêcher. Le contact entre les deux a eu l’effet d’une étincelle dans un baril de poudre. C’est ainsi que le Gre-Nal a explosé.

Une rixe prévisible

Alberto a dégagé le ballon en touche. Au même moment, son coéquipier Tupanzinho s’en prenait à Urruzmendi, qui ne se laissait pas faire et ripostait. Tout le monde s’y est mis, joueurs, remplaçants, dirigeants… Alcindo a traversé le terrain pour entrer dans la mêlée. Sadi a profité de la course de son rival pour le percuter. Bien que sonné, cela n’a pas arrêté l’attaquant de Grêmio qui voulait en découdre avec Urruzmendi. Alberto a tout fait pour les arrêter. En vain.

Sadi et Alcindo

Le clou du spectacle a été le coup de pied aérien du gardien colorado. Gainete a volé tel un karatéka et est rentré dans le tas. Malheureusement pour lui, il est tombé au milieu des joueurs de Grêmio, et il s’est pris quelques coups. Au sol, il a reçu des coups de pied jusqu’à ce qu’il soit secouru par ses coéquipiers, qui se sont précipités pour éviter plus de dégâts. Il s’en est sorti avec du sang sur le visage, mais avec une fierté intacte.

Alcindo et Gainete nourissaient une grande rivalité – raconte Valdomiro, le colorado qui a joué le plus grand nombre de matchs pour le club. Meilleur buteur de l’histoire du Grêmio et auteur de 13 buts dans les Gre-Nal, Alcindo a toujours été un personnage à part dans les classicos. Il entendait les supporters du rival le huer du début à la fin de chaque match. Et, en plus de marquer des buts, il a appris à prendre des coups par les défenseurs, et à rendre la pareille.

« Ecoutez, je vais être honnête avec vous quand il s’agit d’échauffourée. On ne frappe pas et on ne prend pas de coups. On ne sait pas qui on frappe, de qui vient le coup. On ne voit rien, on menace, on pousse… » a-t-il dit, avec une pointe de nostalgie pour les temps plus lointains du derby.

Pour Alcindo, la bagarre n’a été que l’aboutissement naturel de l’environnement de pression créé pendant la semaine précédant le choc historique.

Déclarations de Valdomiro et Alcindo
Source image : globoesporte

« Quand on sait que les choses vont soudainement mal se terminer, toute étincelle met le feu aux poudres. L’atmosphère était déjà lourde depuis le début », a-t-il déclaré.

« Les gars étaient un peu nerveux, on ne pouvait pas se permettre de perdre le premier Gre-Nal au Beira-Rio », a déclaré Valdomiro.

Un match sous haute tension

Les esprits s’étaient déjà échauffés pendant la semaine, en coulisses. Les dirigeants de Grêmio et de l’Inter s’étaient envoyés des piques via les journaux au sujet de la répartition des revenus du match amical. Dans un communiqué, Grêmio a déclaré qu’il jouerait le Gre-Nal « en protestant », menaçant d’intenter une action en justice « pour récupérer les pertes résultant de cette procédure malveillante ».

La réponse de l’Inter a été forte, également par le biais d’un communiqué, dans lequel le club a qualifié les allégations de « calomnie, diffamation et injure ». Il a déclaré qu’il regrettait d’avoir invité le plus grand rival à l’inauguration du Beira-Rio : « Nous aurions parfaitement pu nous passer de ce geste de gentillesse », a conclu le club, à la veille du match.

« Je connaissais ce problème, mais je ne m’attendais pas à ce que les 22 joueurs, tous des gentlemen, se laissent contaminer par cela » a déclaré, après le match, l’arbitre Orion Satter de Mello, qui, à l’époque, n’avait que deux ans d’expérience en tant qu’arbitre dans la division principale du Rio Grande do Sul.

Le match était pour beaucoup d’une importance capitale. Le matin du jour de match, le journal Zero Hora publiait faisait la une avec le titre suivant : « Un Gre-Nal plus grand que le Beira-Rio ». La publication a également rappelé les « 15 ans d’attente » de Grêmio pour ce moment de revanche. En 1954, lors du tournoi d’inauguration de l’Olimpico, l’Inter avait baptisé le nouveau stade de son rival en lui infligeant une incroyable goleada (6-2). Le gardien gremista de l’époque, qui a encaissé les six buts, était Sérgio Moacir Torres. Précisément, l’entraîneur tricolore en 1969.

Peut-être par peur d’encaisser une nouvelle goleada, Sérgio Moacir Torres a mis en place une équipe défensive en ce 20 avril. Avant que la violence ne presse le dessus sur le football, l’Inter était supérieur à son adversaire et se procurait les meilleures occasions de but. Le match était frictionné et tendu. Après le match, l’arbitre a même été accusé par la presse sportive d’avoir été trop laxiste sur les tacles appuyés en première mi-temps. Après la pause, il a expulsé un joueur, le meneur de jeu de Grêmio, Helio Pires.

Confiant qu’il parviendrait à marquer avant la fin du match, l’Inter a tenté de revenir sur le terrain après cette grosse altercation. Les joueurs ne se sont retirés que lorsqu’ils ont été informés qu’il n’y aurait pas assez de joueurs pour que le match « amical » puisse reprendre. La police a constaté des bagarres à l’extérieur du stade. Preuve que l’irresponsabilité sur le terrain s’est répercutée sur les supporters. Mais aucun événement n’a atteint le niveau de barbarie constaté sur la pelouse du Beira-Rio. Pour ne rien arranger, les dirigeants ne semblaient pas avoir retenu la leçon. Ils ont continué à se disputer au sujet des revenus la semaine suivant la rixe.

Aujourd’hui, les temps ont changé, mais les Gre-Nal sont toujours aussi disputés. Ce n’est pas pour rien que le classico est considéré comme un des plus chauds du monde.

La feuille de match

Inter 0-0 Grêmio

Date : 20 de abril de 1969

Stade : Beira-Rio

Arbitre :  Orion Satter de Mello

Internacional : Gainete ; Laurício, Pontes, Valmir et Sadi ; Tovar et Dorinho; Valdomiro (Urruzmendi), Bráulio, Sérgio et Gilson Porto. Entraîneur : Daltro Menezes.

Grêmio : Alberto ; Espinosa, Ari, Áureo et Everaldo ; Jadir et Sérgio Lopes (Cléo) ; Hélio Pires, João Severiano (Tupãzinho), Alcindo et Volmir. Entraîneur : Sérgio Moacir Torres.

Expulsions : Gainete, Laurício, Pontes, Valmir, Sadi, Tovar, Urruzmendi, Bráulio, Sérgio et Gilson Porto (Internacional) ; Espinosa, Ari, Áureo, Everaldo, Jadir, Cléo, Hélio Pires, João Severiano, Alcindo et Tupãzinho (Grêmio).
Note : les expulsions ne concernent que les joueurs qui sont entrés en jeu, et ne comptent pas les joueurs remplaçants qui ont également été expulsés.

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Huracán – San Lorenzo: cinq histoires sur le plus grand clásico de barrio du monde

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Classico Huracán - San Lorenzo

Huracán et San Lorenzo disputent ce qui est considéré comme le plus grand « clásico de barrio » (derby de quartier) du monde, un match qui, bien sûr, compte mille et une histoires. Le média argentin TyC Sports en a retenu cinq que l’on a retranscrit pour vous.

Cinq anecdotes sur le classico entre San Lorenzo et Huracán

1. Un stade sans but

En 1973, Huracán avait la meilleure équipe de son histoire. Sous la houlette de César Luis Menotti, cette équipe allait laisser une empreinte indélébile sur le club et sur le football argentin. Il y a 50 ans, le Globo a remporté son seul titre de champion dans l’ère professionnelle, et à l’époque, les supporters du Ciclón étaient inquiets, car le calendrier indiquait que Huracán pouvait célébrer son titre au Gasómetro. Ils ont donc pris les choses en main. Lors d’un match contre Newell’s, ils ont lancé une opération pour faire suspendre le stade et ont commencé à jeter des bouteilles sur le terrain. Et cela a fonctionné car pour les deux matchs qui ont suivi, le Ciclón a dû jouer sur le terrain d’Atlanta.

Entre-temps, le Globo a été sacré champion malgré sa défaite au Ducó face à Gimnasia, car Boca, son poursuivant, s’était incliné face à Vélez lors de cette même journée. Le problème, c’est que le Gasómetro n’était déjà plus suspendu et qu’ils pouvaient donc y jouer. Que s’est-il passé ? L’historien azulgrana Adolfo Rés raconte : « Ce qui s’est passé, c’est que les gars ont arrachés des morceaux de pelouse, près de la surface, et ont caché un but, si bien que San Lorenzo a informé l’AFA qu’il y avait des problèmes avec le terrain. Le match s’est joué à Vélez et nous avons gagné 1-0 avec un but de Sapo Villar. Bien sûr, cela a été fait avec la complicité des dirigeants« .

2. Toscano Rendo, l’idole des deux quartiers

Repéré par la gloire de River Carlos Peucelle, Alberto Rendo, cordonnier de métier, a signé à Huracán à l’âge de 18 ans. Toscano, surnommé ainsi par Armando Bo parce qu’il lui rappelait l’acteur Toscanito, a joué six saisons au Globo à un excellent niveau. Mais San Lorenzo avait des vues sur lui et le voulait à tout prix. Le club a alors déboursé 25 millions de pesos et offert quatre joueurs pour le recruter. Lorsque les quemeros l’ont appris, ils se sont rendus au funérarium du président Carmelo Marotta et l’ont saccagé en jetant des pierres pour exprimer leur mécontentement.

Toscano Rendo

A San Lorenzo, Toscano a fait partie de la légendaire équipe des Matadores, qui a fini championne en étant invaincue. Il y est resté cinq saisons avant de faire son retour à Huracán.

Il a été champion avec San Lorenzo et ils l’adorent ; il a fait ses débuts à Huracán, club dont Rendo est supporter, et ils l’adorent. Toscano, l’idole de deux quartiers.

3. Cinq à la suite pour Huracán

Qui dit Penta dit Huracán. Le Globo détient un record qu’aucun autre club n’a égalé dans le football argentin. Il a battu son grand rival à cinq reprises lors d’une seule et même année. Aujourd’hui, San Lorenzo est nettement devant Huracán dans l’historique des rencontres entre les deux équipes, mais en 1976, c’était différent. A l’époque des Metropolitanos et des Nacionales, ils se sont affrontés trois fois dans le Metro et deux fois dans le Nacional. Et les Quemeros ont remportés les cinq matchs : une victoire 3-1 au Parque de los Patricios (avec un gros match d’Ardiles) ; une autre 3-1 à Boedo (Houseman homme du match) ; une victoire 4-2 à La Boca (dans ce tournoi, le finaliste, Huracán, était l’équipe qui avait le plus gagné, le moins perdu et remporté le plus de points, mais le champion a été Boca grâce à une victoire sur le plus petit des scores sur une pelouse de River totalement inondée), une victoire 2-1 au Gasómetro et une victoire 2-1 au Tomás Ducó. Du jamais vu, cinq victoires d’affilées !

4. Romagnoli hincha de Huracán

Romagnoli est un supporter de Huracán. Pas de panique, nous ne parlons pas de Leandro « Pipi » qui, plus d’une fois, et en réponse à l’accusation d’Oscar Ruggeri, a déclaré lors d’une émission de télévision qu’il était « re cuervo » (un vrai cuervo) et a même utilisé son compte Twitter pour le souligner : « Para la gilada, soy re cuervo ». Nous parlons de Federico Romagnoli, le cousin de Pipi, qui, dans une autre émission télévisée, diffusée par la chaîne 13 et animée par Guido Kaczka, a dû participer à un jeu où il devait marquer un but à Pablo Migliore, issu du centre de formation quemero, et qui a également porté les couleurs de San Lorenzo. Le cousin d’El Pipi a dit « je vais le manger tout cru« , avant de le dribbler et de marquer en tirant entre ses jambes. Auparavant, il avait montré un tatouage de Huracán, qui a confirmé que Romagnoli est bien supporter du Globo.

5. Le message du pape François

Je prie pour Huracán. Il y a dix ans, lors du Día Mundial del Hincha de Huracán, un document a circulé affirmant que le pape François avait été socio du Globo. Mais lorsqu’ils ont vérifié la carte de socio, les dirigeants du club Parque de los Patricios ont constaté qu’il s’agissait d’un document apocryphe. Oui, c’était un faux. Bergoglio est un grand supporter de San Lorenzo, à tel point qu’il a utilisé son pouvoir en 2015. Comment cela ? En 2015, François donnait une de ses audiences publiques et quelqu’un lui a demandé un message pour Huracán. Sa réponse a été : « Dites-leur que je prie pour que le Globo (montgolfière en espagnol) se perce, que je suis toujours mauvais« . Malgré cela, Huracán a éliminé River en Copa Sudamericana et a disputé la finale, qu’ils ont finalement perdu face à Santa Fé.

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Los Borrachos del Tablón : les origines de la barra de River Plate

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Los Borrachos del Tablón

C’est la plus grande barra d’Argentine avec La Doce, et probablement celle qui a connu le conflit interne le plus sanglant de ce siècle, qui a abouti à l’assassinat de Gonzalo Acro. Mais c’est aussi la barra qui a dominé une Coupe du monde, en 2006 en Allemagne, celle qui a généré la terreur aussi bien en Argentine qu’à l’étranger au cours des 20 dernières années, celle qui a été plongée dans de gigantesques activités criminelles et la seule du pays qui a été encadrée ces dernières années, au point de ne même pas pouvoir déployer ses drapeaux dans son habitat naturel, le stade Monumental. C’est la barra brava de River, connue sous le nom de Los Borrachos del Tablón. Une barra qui sévit dans le football depuis les années 70 et dont beaucoup ignorent l’origine, que l’on va raconter dans cet article.

La naissance de Los Borrachos del Tablón

La barra de River trouve son origine en 1968. Loin des quartiers qui ont ensuite occupé les tribunes (Palermo, Zona Norte, Budge, Constitución, etc.), le premier noyau géographique de ceux qui allaient régner sur la popular se trouvait à Abasto et Once, dans la zone que l’on peut aujourd’hui délimiter dans les environs de l’emplacement de deux centres commerciaux : Le Shopping Spinetto avec sa place Primero de Mayo, délimité par les rues Pichincha, Pasco, Alsina et Hipólito Yrigoyen, et le secteur de l’Abasto qui s’étend de Ecuador à Sánchez de Bustamante, plus le tronçon entre Rivadavia et Córdoba.

El Loco Mingo, le premier capo barra

Celui qui s’est érigé comme le premier leader est Loco Mingo. De fait, on se souvient de son baptême du feu en tant que « capo barra » cette même année lors du triangulaire final pour définir le champion face à Vélez et Racing. Tout se jouait au Nuevo Gasómetro. River avait battu Racing deux à zéro lors du premier match et devait affronter le Fortín le 22 décembre. S’ils gagnaient, ils seraient champions. Mais le match s’est terminé sur un résultat nul de un but partout, dans un match au cours duquel l’arbitre Guillermo Nimo n’a pas accordé un penalty flagrant en faveur du Millonario. À la fin du match, il y eut une bataille entre les barras et la légende raconte qu’à un moment donné, Mingo, qui avait mené l’attaque, s’est retrouvé encerclé par un grand nombre de supporters de Vélez et a tenu bon jusqu’à ce qu’on vienne le secourir. Bien qu’il se soit sacrément fait amocher, il conservât son titre de « jefe » (la semaine suivante, Vélez battrait le Racing et remporterait le titre). A ses côtés se trouvaient d’autres hommes importants dans l’histoire de la barra originale : Negro Clay, Sandrini, Mandarina et Tripa. On peut dire qu’à eux cinq, ils ont fondé Los Borrachos del Tablón.

La Banda de Palermo

Barra Brava River

Mais à une exception près : la barra de River ne s’appelait pas encore ainsi. Le nom qui allait marquer son histoire est né quelque temps plus tard et de la main d’un autre groupe, celui qui allait marquer de son empreinte les tribunes du Millonario : Palermo. Car c’est autour de ce quartier, autour de la place Campaña del Desierto, aujourd’hui rebaptisée place Armenia (délimitée par les rues Malabia, Armenia, Costa Rica et Nicaragua), que s’est formée la faction la plus puissante pendant des décennies. Loin du glamour actuel, ce quartier connu sous le nom de Palermo Viejo était une terre d’ouvriers et de voyous. C’était aussi un quartier d’ateliers de mécanique. Et un personnage s’y distinguait : Alberto Ramos, alias Sandro, décédé en 2018, qui, de chef d’un groupe de 20 jeunes hommes, s’est emparé de tout le quartier pour finir avec une armée de plus de 80 « piernas », comme ils se faisaient appeler à l’époque, et qui a fini par être celui qui a fourni le plus grand nombre de membres à la barra brava.

Le premier conflit interne de la barra de River

L’affrontement du début des années 70 semblait donc inévitable. Et au lieu de négocier avec ce groupe naissant et puissant, El Loco Mingo a voulu lui appliquer la loi du plus fort. Le club lui donnait 200 billets et il n’en distribuait que 50, laissant beaucoup de personnes de Palermo à la porte. De plus, comme s’il était le parrain, si quelqu’un avait besoin d’un billet supplémentaire, il devait aller le lui demander personnellement.

Son idée était que les billets gratuits auxquels Sandro avait droit ne devait jamais plus être plus élevé que ceux réservés au groupe d’Abasto. C’est ainsi qu’est né le premier conflit interne de l’histoire de la barra de River, et sans doute le premier conflit interne d’une tribune dans le football argentin.

Puis un jour, la guerre a éclaté. C’était en 1975. Des anciens barras affirment que tout s’est passé en mars de cette année-là, lors d’un match contre Banfield sur le terrain du Racing (dans le cadre de la septième journée du tournoi Metropolitano, qui s’est soldée par une victoire 2-1 de River, avec des buts de Carlos Morete et de Norberto Alonso). D’autres disent que le jour clé date du mois de juillet de la même année, contre Temperley, également sur la pelouse du Racing (le 30/7/75 pour la 31e journée, un match qui s’est terminé sur un résultat nul de 1-1 avec un but de Pedro González). Ce qui est certain, c’est que l’histoire, qu’elle se déroule en mars ou en juillet, coïncide sur un point essentiel : lors du match précédent, il y a eu une dispute au sujet de la distribution des billets et Sandro a donné l’ordre de ce qui avait été convenu précédemment sur la Plaza del Desierto : « dès qu’on est prêt, on fout le bordel ». En moins de dix minutes, Palermo a pris la tribune à Abasto. Et à partir de là, ils ont dominé la barra. Mais ce n’est pas à ce moment-là non plus qu’est apparu le nom qui les caractérise.

La dénomination de Los Borrachos del Tablón

Pour cela, il faut encore attendre deux ans. Entre 75 et 77, Sandro a été le roi de la tribune millonaria. Mais le 24 juillet de cette année-là, lors de la 17e journée du tournoi Metropolitano, à la fin du clásico contre Independiente à Avellaneda, qui s’est soldé par une victoire de l’équipe locale deux à un, au milieu d’une bagarre avec les supporters du Rojo, la police est intervenue et l’a arrêté. Sandro avait une arme sur lui et non seulement un procès a été ouvert contre lui, mais il a été détenu au secret pendant cinq jours. C’était l’époque d’une dictature féroce et Alberto Ramos en particulier et le groupe de Palermo en général étaient dans le collimateur de la justice. À sa sortie, Sandro savait qu’il ne pouvait plus rester exposé en étant à la tête du groupe. Un soir, il a donc réuni toute sa faction sur la place qui s’appelait encore à l’époque Plaza Conquista del Desierto. C’est là qu’il a annoncé qu’il partait et que le nouveau chef était Rubén Cóppola (décédé le 11 novembre 2020 dans un accident de voiture). Le célèbre Matute. Cette même nuit, il a décidé que la barra de River devait avoir un nom. Voyant ce qui se passait autour de lui, avec les bouteilles d’alcool vides après toute une soirée passée à boire, il lui donna le surnom qui identifie encore aujourd’hui la barra : Los Borrachos del Tablón.

Source : TyC Sports

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« La Clase 62 », le documentaire sur les footballeurs qui ont participé à la guerre des Malouines

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La Clase 62

La guerre des Malouines est l’un des événements les plus douloureux de l’histoire argentine. 41 ans après son déclenchement, le 2 avril 1982, on vous propose de découvrir l’histoire de dix footballeurs ayant participé à la guerre des Malouines, dans un documentaire produit par le média argentin TyC Sports, La Clase 62 (en espagnol).

Avec les témoignages des protagonistes, le documentaire se concentre sur les garçons qui, après avoir terminé leur service militaire obligatoire en 1981, ont dû rejoindre les forces armées pour participer au conflit.

Juan Colombo (Estudiantes de La Plata), Héctor Cuceli (San Lorenzo), Omar De Felippe (Huracán, ex-entraîneur de Platense), Gustavo De Luca (River), Javier Dolard (Boca), Luis Escobedo (Los Andes), Sergio Pantano (Talleres de Remedios de Escalada), Claudio Petruzzi (Rosario Central), Héctor Rebasti (San Lorenzo) et Julio Vázquez (Centro Español), ont dû troquer leurs rêves de buts contre des fusils et une expérience aux blessures indélébiles.

La « Loi Racing » qui pourrait sauver Independiente de la faillite

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Loi Racing

Independiente traverse l’une des pires crises économiques de son histoire, qui s’est aggravée après que les tribunaux ont confirmé que le club devait payer plus de 2,3 millions de pesos à Gonzalo Verón. En cas de déboursement de cette somme, le club pourrait faire faillite, mais il existe une loi qui, il y a un peu plus de 20 ans, a bénéficié au Racing et qui pourrait maintenant être le salut de l’autre équipe d’Avellaneda.

La « Loi Racing » qui pourrait sauver Independiente de la banqueroute

La loi en question est la loi 25.284, également connue sous le nom de loi des entités sportives en difficulté économique. Elle a été adoptée au milieu de l’année 2000 et son principal objectif était que les associations civiles, comme tous les clubs de football argentins, ne puissent pas déposer le bilan afin de protéger les jeunes et les enfants qui y pratiquent des activités sportives.

Si un club se trouve dans cette situation, il ne sera pas déclaré en faillite comme le stipule la loi, mais il fera l’objet d’une intervention judiciaire et, par l’intermédiaire d’un syndicat, il régulera les revenus de l’institution, en ayant le pouvoir de décider comment et de quelle manière l’argent sera dépensé, toujours en partant du principe que son intention est de rembourser toutes les dettes contractées qui ont abouti à cette situation.

Le jour où le Racing a fait faillite

Si Independiente se retrouve dans cette situation, il évitera la faillite institutionnelle mais sera soumis à la décision des tribunaux, et il est donc très probable qu’il devra vendre certains de ses meilleurs joueurs pour commencer à rembourser les dettes, dont les valeurs seront déterminées par le même organisme de réglementation sans aucune participation du club.

En outre, le club ne pourra pas recruter de nouveaux joueurs lors des marchés des transferts durant lesquels il sera sous le contrôle du syndicat, ce qui fait qu’au-delà de l’aspect économique, l’avenir sportif de l’équipe d’Avellaneda pourrait être réellement compromis.

La liste des dettes d’Independiente

  • Club América pour Domínguez : 5.700.000 USD
  • Elche pour Marcone : 2.000.000 EUR
  • Pescara pour Elizalde : 400.000 USD
  • Permode S.A (représentant d’Elizalde) : 167.250 USD
  • Derechos Imagen Elizalde (Permode SA): 202.177 USD
  • Tijuana pour Ferreyra : 350.000 USD
  • Mazatlán pour Sosa Silva : 100.000 USD
  • Pablo Hernández : 395.000 USD
  • Gastón Silva : 1.300.000 USD
  • Martín Campaña : 170.000 USD
  • Guillermo Burdisso : 1.250.00 USD
  • Fernando Gaibor : 2.294.000 USD
  • Miguel Brindisi : 50.000.000 ARS
  • Padre de Patricio Rodríguez : 10.281.348 ARS
  • Gonzalo Verón : 4.800.000 USD
  • Roberto Battion (Masterdraft) : 700.000 EUR
  • Base Soccer (représentant d’Amorebieta): 105.000 EUR
  • Représentant de Velasco : 350.000 USD
  • Aldosivi pour Chávez : 720.000 USD
  • Belgrano pour Rigoni : 250.000 EUR
  • Talleres pour Menéndez : 115.000 USD
  • Villa Francia pour Togni : 1.699.770 ARS
  • Boca Juniors : 369.851 ARS
  • Barrio Obrero : 83.597 USD
  • Alex Vigo: 24.000.000 ARS
  • Gabriel Hachen dette salariale : 297.072 USD
  • Juan Cazares (inclut la dette envers le représentant) : 1.375.000 USD

TOTAL : 22.871.087 USD

Source : TyC Sports

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Albeiro « Palomo » Usuriaga : le crack à la carrière tumultueuse et au destin tragique

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Albeiro « Palomo » Usuriaga

Treize balles de 9 mm lui ont ôté la vie. Un 11 février 2004, à 19h20, dans le quartier 12 de Octubre de Cali, Albeiro Usuriaga, plus connu sous le nom de Palomo, est assassiné par deux tueurs à gages qui, selon les dires du Bureau du procureur général de Colombie (Fiscalía General de la Nación) trois ans après sa mort, auraient été engagés par Jefferson Valdéz Marín, chef d’une bande de sicarios et ex-petit ami de la femme que le footballeur âgé de 37 ans fréquentait.

Palomo se trouvait alors dans un bar où l’on pouvait jouer à des jeux de hasard, situé à l’angle de la Calle 52 et de la Carrera 28F, où il avait l’habitude de passer du temps avec des amis et des voisins, en jouant aux dominos ou aux cartes. À ce moment-là, un jeune homme est descendu d’une moto et lui a tiré dessus à plusieurs reprises, provoquant sa mort immédiate. Sur le coup, la police avait établi un lien entre le meurtre du Palomo et la série de crimes commis dans ce quartier, qui avait commencé quelques jours plus tôt par l’assassinat de cinq hommes dans un taxi. Trois ans plus tard, on découvrira qu’il s’agissait en fait d’un meurtre commandité sur fond de jalousie.

Une vie faite de hauts et de bas

La gloire avec Independiente

Dix ans plus tôt, en mars 1994, le Colombien débarquait dans une équipe d’Independiente pleine de cracks, comme Daniel Garnero, Gustavo López, Sebastián Rambert et Luis Islas, ce qui ne l’a pas empêché de devenir une idole à son tour et de faire le bonheur des supporters.

En deux saisons sous les couleurs du Rojo, il a inscrit 20 buts en 63 matchs et remporté trois titres : le Torneo Clausura, la Supercopa et la Recopa, qui l’ont immortalisé dans l’histoire du club.

Le déclin, la cocaïne et la dépression

Cependant, la gloire et l’idolâtrie acquises en si peu de temps se sont rapidement estompés et sa carrière est entrée en déclin. En 1997, il est contrôlé positif à la cocaïne lors d’un contrôle antidopage, ce qui lui a valu une suspension de deux ans.

Pendant ce laps de temps, Palomo s’est réfugié en Colombie et, après une grave dépression due à l’impossibilité de jouer au football, il a fait son retour en Argentine en 1999 avec des cheveux courts et le maillot de General Paz Juniors pour participer à l’Argentino A, où il a également laissé sa marque. Il a également joué pour All Boys, Sportivo Luqueño (Paraguay) et enfin au Carabobo (Venezuela) où il a terminé sa carrière.

Comme d’autres grandes idoles, sa vie s’est achevée prématurément. Des milliers de supporters lui ont fait leurs adieux dans la Catedral de Colombia et l’ont accompagné jusqu’à son enterrement au cimetière métropolitain de Cali.

Le jour où la tombe de Palomo Usuriaga a permis à de nombreuses personnes de gagner à la loterie

En Colombie, chaque 11 février, les fans du Palomo profitent de l’occasion pour lui rendre hommage en pariant sur le numéro de sa tombe à la loterie. Toutefois, en 2019, ce pari a pris une tournure particulière après qu’un vendeur de loterie de Chontico Millonario ait fait une apparition à la télévision et évoqué ce sujet.

Ce n’était pas le 11 février, mais un 28 avril, mais cette piqûre de rappel a fait que le lendemain de son passage télévisé, de nombreuses personnes ont parié sur ce numéro. Et le soir, le verdict est tombé : 1800 personnes ont remporté le gros lot, par contre, ils ont dû se partager le prix de 525 000 dollars (environ 291 dollars chacun).

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Racing et la malédiction des sept chats

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Racing et la malédiction des sept chats

Des chats enterrés, de la sorcellerie, de l’exorcisme et beaucoup de superstition : dans les années 1970, les supporters du Racing Club ont été désemparés par une malédiction lancée par leurs rivaux, qui a transformé l’âge d’or du club en un cauchemar sans fin et qui est entré dans l’histoire d’Avellaneda.

Les superstitions ont toujours fait partie du football, notamment en Amérique latine, mais pouvez-vous imaginer une équipe organisant un exorcisme dans son propre stade ? Aujourd’hui, on vous raconte l’histoire du Racing et de la malédiction des sept chats.

Rivalité et sorcellerie : ce qui a poussé le Racing a organiser un exorcisme sur sa pelouse

Les années 60 ont été une décennie de bonheur pour les supporters du Racing qui ont vu le club devenir champion d’Argentine en 1961 et en 1966, remporter la Copa Libertadores en 1967 et devenir le premier club argentin à remporter la Coupe Intercontinentale cette même année. Tous ces succès ont bien sûr agacé les supporters de leur plus grand rival, Independiente, qui ont alors eu l’idée d’utiliser une stratégie pour le moins controversée pour mettre fin à cette période dorée du Racing. Ces derniers ont fait appel à la sorcellerie et ont jeté un sort directement dans le stade Presidente Perón, plus connu sous le nom de Cilindro de Avellaneda, l’antre du Racing.

Bien qu’il existe différentes versions de cette histoire, que vous avez peut être déjà lue ou vue sur YouTube, la plus connue que l’on veut vous raconter ici dit que dans les années 70, des supporters de l’Independiente ont utilisé les clés du jardinier pour s’introduire dans le stade du rival et enterrer 7 chats dans l’un des buts afin de causer le plus de malchance possible.

La décadence du Racing pendant l’âge d’or d’Independiente

Il n’a pas fallu longtemps aux supporters du Racing pour commencer à croire à cette malédiction des sept chats enterrés, car l’ère victorieuse des années 60 était terminée et le club entamait une décadence effrayante. Dans les années 70, alors que le Racing démarrait sa période de disette, Independiente commençait à dominer le football sud-américain, remportant la Libertadores quatre fois de suite, ainsi que la Coupe Intercontinentale de 1973 et trois championnats d’Argentine.

Une première fouille pour déterrer les chats

Alors qu’il voit son son plus grand rival tout gagner, La Academia commence à associer de plus en plus ses échecs à la sorcellerie des chats enterrés par les Diablos Rojos. C’est ainsi qu’en 1980, le nouveau directeur du club, Juan Carlos Lorenzo, tenta pour la première fois de mettre fin à cette prétendue malédiction et ordonna des fouilles sur le terrain pour tenter de déterrer les chats. Selon les rapports, les ossements de six chats ont été retrouvés, mais cela n’a pas suffi à mettre fin à la malédiction.

Trois ans plus tard, le Racing Club a connu la relégation et a passé deux saisons en deuxième division. Et même après son retour parmi l’élite, le club a continué à souffrir des mauvais résultats et de l’absence de titres.

Dans les années 1990, c’est au tour de l’entraîneur du club de tenter de mettre fin à la malédiction en ordonnant une nouvelle fouille pour déterrer les restes du dernier chat. La théorie voulait qu’il restait encore à déterrer ce septième chat. Une fois encore, les efforts n’ont pas porté leurs fruits.

La marche du Racing pour briser la sorcellerie

En 1998, alors que le Racing traversait de graves problèmes économiques et politiques, le président du club, Daniel Lalin, décida d’organiser une sorte d’exorcisme pour mettre fin à cette histoire. L’acte de foi, comme l’appelle le président, a été suivi par plus de 15 000 supporters du Racing. Il y a eu une marche, un prêtre, une messe sur le terrain et même de l’eau bénite.

Le jour où le Racing a cessé d’exister

Malheureusement pour les hinchas de la Academia, la foi n’a pas suffi à contrôler la crise interne du club et, quelques mois plus tard, la promotrice Liliana Ripoll a fait la fameuse annonce disant que le Racing n’existait plus, et a déclaré le club officiellement en faillite. Malgré le décret de faillite, les supporters n’ont pas abandonné le club et ont participé à un moment qui est entré dans l’histoire du football argentin. Le 7 mars 1999, le Racing devait jouer contre Talleres dans le cadre du championnat national et bien que le match ait été annulé, plus de 30 000 supporters se sont rendus au Cilindro de Avellaneda pour manifester leur amour pour le club.

07 mars : El dia del hincha de Racing

Le mouvement des supporters a eu un impact et les tribunaux ont annulé la décision, permettant au Racing de devenir une société et de présenter un plan de reconstruction pour surmonter ses dettes. Ce jour est devenu connu comme « El dia del hincha de Racing », le jour des supporters du Racing, et a marqué la renaissance du club. L’histoire de la malédiction des chats dura encore quelques années avant de prendre fin en 2001 lorsque le Racing, malgré une équipe discréditée au début du championnat, redevint champion d’Argentine après 35 ans et mit fin à sa période de disette une fois pour toutes.

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La véritable origine de Quiricocho : le nom qui « porte la poisse »

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La véritable origine de Quiricocho : le nom qui « porte la poisse »

Quiricocho -ou Kiricocho, personne ne sait vraiment comment l’écrire- a de nouveau fait parler de lui au-delà des frontières la semaine dernière lorsque le président de la Conmebol, Alejandro Domínguez, a raconté des anecdotes du Mondial avec son homologue de l’AFA, Claudio Chiqui Tapia. « Nous étions au premier match au Qatar, assis côte à côte, et en 27 ans je n’avais jamais entendu ce nom, mais à chaque attaque contre l’Argentine, ‘Kiricocho, Kiricocho, Kiricocho’. D’abord, j’ai pensé que Chiqui appelait quelqu’un, mais ensuite j’ai supposé que cela avait quelque chose à voir avec le mauvais œil contre l’équipe qui attaquait, mais Kiricocho n’est pas venu contre l’Arabie Saoudite. Au deuxième match, quand (Tapia) est arrivé au stade, je lui dis: ‘Kiricocho, s’il te plaît, viens aujourd’hui car nous allons avoir besoin de toi‘ », a révélé Domínguez, lors de la présentation du projet sud-américain pour la Coupe du Monde 2030.

Au final, Kiricocho l’a encore fait : à sa manière, il a aidé l’Argentine a remporter sa troisième étoile lors du Mondial Qatari 2022. Le mystérieux ambassadeur argentin de la superstition, mentionné par les joueurs sur les terrains de football, par les entraîneurs sur les bancs de touche, par les supporters dans les tribunes et par les dirigeants dans les loges, n’a plus de rien à gagner ni de tournois auxquels participer : il avait également été invoqué par des joueurs espagnols lors de la finale de la Coupe du Monde 2010, par des Italiens en finale de l’Euro 2021 et par des Mexicains lors de la finale des Jeux olympiques de 2012. Sa légende est également arrivée en Ligue des champions et notamment en Liga espagnole, où mentionner Kiricocho est aussi courant que donner le coup d’envoi après chaque but.

Que signifie Quiricocho ?

Originaire de l’Estudiantes de Carlos Bilardo au début des années 80 et exportée quelques années plus tard par les coutumes et les usages des joueurs argentins dispersés dans le monde, Quiricocho est une expression utilisée pour souhaiter la malchance à l’adversaire : elle immunise contre la poisse et provoque le malheur des autres. Mais on ne sait généralement pas grand-chose de Quiricocho, presque rien en fait. Il n’y a pas non plus de références dans le fantastique dictionnaire du football argentin que le journal Olé a publié à la fin des années 90 : de « Quipildor, Carlos, attaquant de Atlanta et Banfield en 1974 et 1975 », on passe à « Quirincich, Jorge, défenseur de Central Norte de Salta dans les Championnats Nationaux de 1976 et 77 ». Le chercher avec un « k » est également peine perdue : après « Kimberley, club de Mar del Plata qui a joué six Championnats Nationaux de Première division », vient « Kiska, Arturo, milieu de terrain de Quilmes en 1976 ».

Ce que l’on sait, c’est que le terme Kiricocho vient de l’époque de l’Estudiantes de Bilardo. Cependant, il est difficile de retracer son histoire personnelle car le technicien champion du monde au Mexique en 1986 n’en a parlé qu’une seule fois. Les superstitions s’accomplissent, elles ne se racontent pas : « Quiricocho était un garçon de La Plata qui était toujours avec nous, et comme cette année-là nous sommes devenus champions (en référence à 1982), nous l’avons adopté comme amulette. C’était un bon garçon, mais après je ne l’ai plus jamais revu. La dernière fois que j’ai entraîné Estudiantes (2003-04), j’ai demandé de ses nouvelles et personne ne savait rien. Mais même si tu ne le crois pas, quand je suis allé en Espagne pour entraîner Séville (entre 1992 et 1993), il y a eu un penalty pour les adversaires et j’ai entendu quelqu’un derrière moi crier : ‘Quiricocho, Quiricocho’. Je n’en croyais pas mes oreilles, jusqu’à ce que El Cholo (Diego Simeone) et Diego (Maradona) me disent qu’ils l’avaient dit quelques fois et que les autres l’avaient appris« .

L’histoire de Juan Carlos Revagliatti, alias Quiricocho

Pour trouver des pistes sur l’homme qui a inspiré des milliers de cris cabalistiques, il faut se rendre du côté de El Mondongo, quartier de La Plata d’où vient également René Favaloro. Comme le célèbre chirurgien cardiaque, qui était supporter de Gimnasia, El Mondongo est un quartier de La Plata plutôt lié à la partie bleue et blanche de la ville. En effet, son nom est lié au surnom d’origine de Gimnasia, le « Tripero », également issu des abattoirs de Berisso, dont les travailleurs revenaient au quartier avec des mondongos (en français : des tripes), des abats et d’autres types de viande. Juan Carlos Revagliatti, le vrai nom de Quiricocho, était pour sa part un supporter d’Estudiantes par héritage de son père, surnommé Titi, « pincharrata » de naissance.

Quiricocho n’a pas eu une vie facile. Selon ceux qui l’ont connu, c’était un homme solitaire, qui n’avait ni partenaire ni enfants, avec une légère déficience cognitive, une condition qui en faisait de lui l’un de ces « alliés » que le football adopte souvent avec une réelle affection – et peut-être une certaine raillerie subtile, mais en fin de compte en lui attribuant une place d’appartenance. Il est né en 1949 et a vécu dès son enfance à quelques mètres de l’église San Pablo. Il a fréquenté la même école que Favaloro, qui porte aujourd’hui le nom du fils prodigue d’El Mondongo, où il a redoublé plusieurs fois jusqu’à ce qu’il termine enfin l’école primaire dans un établissement nocturne.

Déjà enfant, il était apprécié de tous et, conformément à la coutume d’une époque où les garçons se désignaient plus par leurs surnoms que par leurs noms, il avait également plusieurs pseudonymes. Si certains voisins se souviennent aujourd’hui encore qu’il s’appelait Carlos ou Carlos Rodolfo – même si son vrai nom était Juan Carlos -, et qu’ils ne sont même pas d’accord sur l’orthographe de son nom de famille – Revagliatti ou Rebagliatti -, ce qui est certain, c’est qu’ils l’appelaient « Carlitos », « Monito » et « Titi », mais que ses deux surnoms les plus courants étaient « Quiricocho » et son diminutif, « Quiri », dont les origines ou les significations ne sont cependant pas claires. La plupart de ses amis d’enfance, qui pourraient expliquer ce que signifiait le surnom qui deviendrait avec le temps synonyme de malchance dans le football, sont déjà morts.

Bookmaker de père en fils

Quiri, Quiricocho, Carlitos, Monito ou Titi avait l’habitude de fréquenter les clubs de quartier (souvent le Club Social, Cultural y Deportivo Instituto, parfois l’América) et les bars de la zone, également appelés « boliches », où se déroulait une grande partie de la vie sociale après le travail. Son préféré était le Sordo Varela, un lieu camouflé à l’intérieur duquel on diffusait les résultats des courses de chevaux et de « quiniela ». Précisément, les paris – pas les officiels mais les clandestins, les illégaux, bien que tout le quartier et la police soient au courant – ont donné lieu à sa relation avec le football et à l’insolite popularisation de son surnom.

Comme cela se produisait dans le reste du pays, lorsque quelqu’un avait un bon pressentiment – par exemple, si une célébrité décédait et qu’ils voulaient parier sur le 48, « le mort qui parle » dans la signification des chiffres de la loterie-, à El Mondongo, il y avait trois ou quatre personnes de confiance qui offraient un prix plus élevé que les gros lots des loteries nationales ou provinciales. Le père de Juan Carlos, Titi Revagliatti – d’où le surnom de Titi pour Quiricocho – était l’un des « capitalistes » les plus connus, comme on appelait ceux qui prenaient ces paris en dehors des agences officielles et les garantissaient avec leur propre argent. S’ils devinaient les numéros exacts, ils payaient 17 fois la mise. Son fils, Quiricocho, l’aidait à faire ce qu’on appelait alors « passer la quiniela » ou « prendre les numéros ». Autrement dit, Quiri rendait visite à ses clients, prenait leurs paris et les apportait à son père.

C’était illégal mais en pratique, la police laissait faire, sauf lors de quelques désaccords temporaires. Pendant l’un de ces intervalles, Quiricocho a été interpellé dans la rue et envoyé au poste de police de La Plata pour un week-end, mais il n’a jamais remis la preuve du délit : pendant les plus de 48 heures qu’il a passées en détention, il a caché le rouleau de papier avec les annotations du jeu dans son orifice anal. La police l’a fouillé mais n’a rien trouvé et a dû le relâcher : Quiricocho était comme ça. « Je l’ai gravé dans ma tête, maigre, un grand nez, des cheveux châtains tirant sur le blond, légèrement courbé, marchant rapidement, agitant les bras. Il marchait comme s’il se cachait, probablement parce qu’il était en faute« , se rappelle Alfredo, un voisin de cette époque.

Quiricocho était également footballeur et, dans sa jeunesse, il jouait avec ses amis, pour la plupart originaires de Gimnasia, sur les terrains de fortune du Bosque de la ville. Dans les années 1960, il était voisin de Bilardo et de Raúl Madero – tous deux médecins, joueurs de l’Estudiantes vainqueur de la Coupe intercontinentale de 1968 et plus tard membres du staff technique – qui avaient également vécu à El Mondongo. Mais son entrée dans le football professionnel date du début des années 1980, lorsque l’Estudiantes de Bilardo a commencé à s’entraîner occasionnellement, surtout les jours de pluie, au « Líder », un potrero du Bosque. En tant que supporter du Pincha, Quiricocho avait l’habitude d’y aller. Et tout comme il avait déjà ses clients éparpillés dans différents endroits du quartier et de la ville, un jour il a aussi commencé à prendre des paris au sein de l’équipe d’Estudiantes de 1982.

Une réputation de « mufa »

Mythe ou réalité, coïncidence ou plaisanterie, on a commencé à dire au club que, si on parie sur un numéro avec Quiricocho comme releveur, ce numéro ne sortirait pas. Puis cette rumeur a commencé à prendre de l’ampleur. Il est facile d’imaginer des phrases comme « Avec toi, on ne gagnera jamais« , l’une des façons dont l’équipe a fini par intégrer un jeune homme attachant, qui venait de passer le cap des 30 ans. Ainsi, Juan Carlos Revagliatti, bien que personne ne l’appelle par son prénom ou par son nom, a gagné une réputation de « mufa » (poissard). Ou « fierro », comme on disait à l’époque. Si quelqu’un devait tirer un penalty à l’entraînement, de loin on entendait crier « Quiricocho ! De même pour un coup franc ou un face-à-face. Jusqu’à ce que ce qui était une blague interne à l’équipe franchisse un jour cette barrière et que Bilardo et les joueurs la transforme en une arme orale sur les terrains de football : Quiricocho est entré dans la liste des cabales des entraîneurs superstitieux.

Une « mufa » que le superstitieux Bilardo a fait jouer en sa faveur

Sa présence à l’entraînement est devenue quotidienne, et non plus seulement en tant que bookmaker. L’entraîneur a assigné à Quiricocho deux rôles lors de chacun des matchs à domicile d’Estudiantes. Tout d’abord, il attendait l’arrivée des équipes adverses pour se faire passer pour un supporter et donner une tape d’encouragement à chaque joueur. Puis, il se rendait ensuite dans les tribunes des visiteurs pour transmettre son énergie supposée négative pendant les matchs. De temps en temps seulement, il avait du travail supplémentaire la semaine précédente et se rendait aux entraînements de l’adversaire pour commencer à répandre sa malchance.

Cette équipe d’Estudiantes était une grande équipe et a remporté le Metropolitano 1982 et le Nacional 1983, même si dans ce dernier tournoi l’entraîneur était déjà Eduardo Luján Manera (Bilardo venait de prendre en charge la sélection argentine après son récent succès). Entre les deux campagnes, ils n’ont perdu que deux matchs à La Plata, 1-2 contre Boca dans le Metro 1982 et 0-1 contre Vélez dans le Nacional 1983. Pour les plus superstitieux, Estudiantes doit donc deux titres à Quiricocho, qui était d’abord une personne puis est devenu un rite et un cri, que ce soit à Estudiantes, au sein de l’équipe nationale de Bilardo et finalement en Europe (et dans le reste du monde).

Quirocho, un terme repris à travers le monde

L’histoire ne s’est pas arrêtée là. Au début des années 1990, Maradona et Simeone, qui ont joué six matchs avec l’équipe nationale de Bilardo entre 1988 et 1990, ont apporté l’expression du « Narigón » à Séville. Quiricocho, qui avait alors disparu de la scène footballistique, a commencé à se faire un nom en Espagne. Il était déjà une célébrité sur les terrains argentins : les joueurs et les entraîneurs de n’importe quelle équipe criaient Quiricocho pour porter la poisse à leurs adversaires chaque fois qu’ils avaient une chance très concrète de marquer, surtout un penalty. Les supporters, toujours prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes, qu’ils soient irrationnels ou non, n’ont pas tardé à faire de même.

L’ex-gardien de but Rubén Cousillas, entraîneur adjoint de Manuel Pellegrini à Villarreal puis au Real Madrid, a également joué un rôle déterminant dans sa mondialisation, en criant ce nom étrange depuis le banc des remplaçants à chaque attaque adverse. Parmi les joueurs que le duo sud-américain a dirigé dans ce sous-marin jaune entre 2007 et 2009, il y avait le latéral Joan Capdevila, qui, lors du Mondial sud-africain de 2010, a fait appel à lui lors de la finale lorsque l’attaquant néerlandais Arjen Robben s’est retrouvé seul devant Iker Casillas. « En désespoir de cause, j’ai eu l’idée de crier « Quiricocho ». Cousillas n’arrêtait pas de dire ce mot et nous lui avons demandé ce que cela voulait dire. Il nous a dit ‘malchance pour l’adversaire’ et ça a marché pour moi« , a admis Capdevila.

Quiricocho a également été champion olympique : les joueurs mexicains ont raconté comment ils ont invoqué son nom lors de la finale contre le Brésil à Londres en 2012. Lors de la séance de tirs au but de la Coupe du monde 2014 contre les Pays-Bas, Enzo Pérez a admis avoir crié quelques kiricochos lorsque les Néerlandais ont tiré le penalty. Après avoir été vainqueur de la Coupe du monde 2018 en Russie, dans une vidéo d’un entraînement de l’équipe de France qu’Antoine Griezmann a mise en ligne sur ses réseaux sociaux, on peut entendre l’un de ses coéquipiers lui crier quiricocho pour lui porter la poisse alors qu’il s’apprêtait à tirer.

En février 2021, dans un reportage intitulé « La leyenda de Quiricocho« , l’émission « El día después » a démontré que l’amulette originale de Bilardo est toujours utilisée dans le championnat espagnol. L’absence du public en raison de la pandémie a fait que l’on a pu entendre les gardiens de but et les joueurs adverses hurler « quiricocho » quelques secondes avant que Lionel Messi et Luis Suárez ne tirent des penalties respectivement pour le FC Barcelone et l’Atlético de Madrid. Le Norvégien Erling Haaland, alors au Borussia Dortmund, a également crié « Quiricocho » en mars 2021 pour répondre au mot mystérieux crié par Bono, le gardien de but marocain de Séville et supporter de River, pour tenter de sauver un penalty en Ligue des champions. Et quelques mois plus tard, lors de la finale de l’Euro 2021, l’Italien Giorgio Chiellini a également dit « Kiricocho » avant que Gianluigi Donnarumma n’arrête un penalty de l’Anglais Bukayo Saka à Wembley.

Ce qui est curieux, c’est qu’à ce moment-là, bien qu’en vérité depuis son passage à Estudiantes au début des années 80, on n’a plus jamais revu Quiricocho dans le monde du football. La tragédie a frappé sa famille avec la mort de son père, que plus d’une rumeur dans le quartier décrit comme un meurtre, prétendument pour une dette impayée. La nouvelle a même fait la première page des journaux locaux. Sa mère est également décédée et Quiricocho a continué, seul, à exercer son travail de bookmaker. Mais la dépression a commencé à le gagner chaque jour un peu plus. Peu avant la pandémie, en 2019, alors qu’il était âgé de 70 ans et qu’il n’avait pas répondu aux appels des quelques amis auxquels il parlait encore, il a été retrouvé sans vie à l’intérieur de sa maison, à l’endroit même où son père était mort. Il n’avait aucun lien avec le football depuis plusieurs décennies, un environnement dans lequel des millions de personnes l’ont mentionné sans savoir qui il était. Aujourd’hui encore, son nom continue à résonner dans les stades du monde entier, et nulle doute qu’il sera gravé à jamais.

Source : TyC Sports

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Les drames de Leopoldo Luque : de la perte de son frère lors du Mondial 78 à l’enlèvement par la dictature

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Leopoldo Jacinto Luque

Leopoldo Jacinto Luque fait partie des champions du monde de 1978, mais cette Coupe du monde n’a pas été facile à vivre pour lui. Le jour où la sélection argentine a affronté la France, il a perdu son frère et a joué le match sans le savoir. Ce mondial a été marqué par la dictature de Videla qui sévissait dans le pays, et qui l’a fait kidnapper un an plus tard. Il a d’ailleurs reconnu avoir craint pour sa vie. Découvrez l’autre facette de la vie de celui qui fut un grand buteur de l’Albiceleste.

Une Coupe du Monde entachée par le décès de son frère Oscar

Lepoldo Jacinto Luque est l’un des auteurs des pages dorées du football argentin, avec en point d’orgue, la Coupe du Monde remportée avec l’Albiceleste en 1978. Sauf que durant cette Coupe du Monde, Luque a perdu un membre de sa famille dans un accident de la route et l’a appris, par décision de la famille, seulement après avoir été décisif lors du match contre la France. Ce match était le deuxième de l’équipe argentine dans la compétition, après s’être imposé 1-0 dans le match d’ouverture contre la Hongrie.

L’Albiceleste a gagné 2-1 face aux Bleus grâce à un but sur penalty de Daniel Alberto Passarella et à un golazo de Luque, alors que Michel Platini avait égalisé pour la France. L’attaquant a joué ce match sans savoir que son frère était décédé dans un accident de voiture alors qu’il était en route pour aller au stade le voir jouer.

« Mon frère est allé à la gare pour acheter des billets pour venir me voir à Buenos Aires, mais il n’a pas réussi à en obtenir. Au lieu de rentrer chez lui, il a cherché une autre solution et a rencontré un ami qui allait à Buenos Aires. Il s’est joint à lui et à hauteur de San Isidro, il a percuté un camion dans un virage et mon frère est décédé« , a raconté Luque dans l’émission de télévision PH de Telefe au sujet de l’accident de son frère Oscar.

Les proches de Leopoldo ne voulaient pas qu’il se distrait du match, c’est pourquoi ils ont décidé de ne pas lui raconter la tragédie qui s’était produite avant une confrontation aussi importante que celle contre la France pour la Coupe du monde. « Mes parents et la femme de mon frère ont donné l’ordre de ne pas me prévenir. J’ai joué sans le savoir et je me suis cassé le coude, je ne l’ai pas fait pour me faire passer pour un héros. Le lendemain, j’ai remarqué qu’ils étaient bizarres, j’ai pensé qu’ils venaient me voir pour la blessure. Mais mon père m’a tout raconté… Je suis allé l’identifier en pleine Coupe du monde et je l’ai emmené à Santa Fe », a expliqué Luque.

Après avoir été déterminant face aux Bleus, le héros à la moustache a manqué la rencontre suivante contre l’Italie. « Nous étions en train de transporter le corps à Santa Fe lorsque mon père a allumé la radio. C’était juste au moment où les équipes entraient sur le terrain. Muñoz a dit qu’il allait y avoir une minute de silence et que les joueurs tenaient une banderole qui disait ‘Leopoldo, on t’attend' », raconte-t-il.

Au début, il n’avait pas l’intention de revenir dans le groupe, mais il a fini par le faire, après le match contre la Pologne. Il a fait son retour face au Brésil, a marqué deux buts lors de la large victoire contre le Pérou et a été excellent en finale contre les Pays-Bas, match qu’il a terminé avec le nez en sang après un choc avec un adversaire. À la fin du match, il a eu le privilège de soulever la coupe. « Pendant un moment, j’étais comme un zombie. Les gens chantaient, faisaient la fête et je pensais à mon frère », a-t-il déclaré.

« Le silence de mort » à cause de la dictature

Pendant la Coupe du Monde de 1978, qui se disputait en Argentine, le pays n’était pas en démocratie et Leopoldo Jacinto Luque se souvient d’une triste anecdote qu’il a vécue avec ses coéquipiers durant la compétition. « Le bus avait une radio Motorola et c’et de là que les policiers recevaient des ordres. Le jour du match d’ouverture, alors que nous allions au stade, on entend un bruit à la radio, puis une voix qui dit : Les garçons, je parle aux joueurs. Ne jouez pas, ne vous laissez pas utiliser par ces ordures, ils tuent des gens. Immédiatement, l’un de ces types a sauté et dit : ‘éteignez ça s’il vous plaît, ‘. Je me souviens qu’il y a eu un silence de mort« , a raconté Luque.

En 1979, Luque a été enlevé par les militaires du pays juste après un match de River, que n’avait d’ailleurs pas disputé l’attaquant par décision de l’entraîneur, Ángel Labruna. Après le match, Leopoldo a été agressé et séquestré par les forces armées des militaires : ils ont pris ses affaires et l’ont menacé de mort.

« Ça m’énerve quand on dit qu’on a été champions grâce à la dictature. Ils disent qu’on traînait avec les militaires alors qu’ils m’ont séquestré, volé et que je n’ai pas été tué par miracle. Je te le dis, quand j’ai commencé à marcher et à affronter le terrain vague, dans ma tête, j’attendais juste le bruit du coup de feu, le Puum! qui me tuerait« , a déclaré Leopoldo Luque. Il se souvient également que l’un d’entre eux avait « une plaque de police dans une main et un pistolet dans l’autre« .

Plus tard, l’ex-attaquant de la sélection argentine a pu récupérer ses affaires et a été convoqué à une identification pour reconnaître ceux qui l’avaient enlevé et a déclaré : « C’était un militaire. Mais je n’ai rien dit. Je ne sais pas, j’ai eu peur, j’ai pensé que ce serait pire« .

L’engagement de Luque envers les Mères de la place de Mai

Leopoldo Luque présent au Monumental pour rendre hommage aux Mères de la place de Mai.

En 1977, un groupe de femmes argentines dont les enfants ont « disparu » a commencé à se réunir sur la place de Mai (en espagnol : Plaza de Mayo) pour demander justice. Le gouvernement de Jorge Rafael Videla décida alors de mener une dure répression contre les mères et ces dernières ont supplié les joueurs de l’équipe argentine de leur venir en aide : « Vous êtes notre dernier espoir, s’il vous plaît, aidez-nous« . Cependant, l’aide n’est pas venue.

Trente ans plus tard, Luque a rencontré les Mères de la Place de Mai au stade Monumental, le lieu où le monde l’avait vu soulever la Coupe avec l’équipe nationale argentine. « Nous l’avons fait pour ces vieilles dames. Pour leur lutte, pour ce qu’elles ont enduré, parce qu’elles le méritent. Vous savez ce que c’est de perdre quelqu’un et de ne pas savoir où il est ? J’ai perdu un frère pendant le Mondial, mais je savais qu’il était mort, j’ai pu l’enterrer. Elles ne savaient pas où étaient leurs enfants. C’est pourquoi nous sommes allés à cet hommage« , a déclaré Luque pour la revue Líbero. »

Les éloges de Diego Maradona pour Leopoldo Luque

Leopoldo Luque a eu la chance de partager un terrain avec Diego Armando Maradona. En février 1977, l’Argentine a affronté la Hongrie lors d’un match amical durant lequel le prodige de Villa Fiorito a fait ses débuts avec le maillot albiceleste.

Luque a été appelé pour laisser sa place à Maradona, qui n’avait alors que 16 ans. L’ex-attaquant de River se souvient avoir quitté la pelouse avec beaucoup de colère, non pas à cause du changement, mais parce que César Luis Menotti ne l’avait pas laissé jouer avec El Pelusa.

Au fil des années, les deux hommes ont noué une grande amitié et Leopoldo se souvient des éloges que lui a prodigués le champion du monde en 1986 : « Nous avions une excellente amitié, lors de mon anniversaire, il m’a envoyé un message et m’a dit : ‘Leopoldo, tu as été le meilleur joueur que j’ai connu‘ ».

Leopoldo Luque et Diego Maradona

Source : TyC Sports

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Liverpool remporte la Supercopa Uruguaya 2023 !

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Liverpool remporte la Supercoupe d'Uruguay 2023

Liverpool a remporté la Supercopa Uruguaya 2023 au stade Centenario grâce à une victoire retentissante 1-0 contre le favori Nacional. Malgré les absences, l’équipe negriazul a été héroïque et a surpris son adversaire pour remporter le trophée comme en 2020.

Liverpool bat Nacional 1-0 et s’offre la Supercopa

L’équipe de Jorge Bava a fait la différence grâce à un but de Gonzalo Napoli, qui a bien suivi pour se retrouver à la tombée d’un ballon relâché par le gardien Sergio Rochet après un coup franc puissant de Gastón Martirena. Ensuite, l’expulsion du milieu de terrain Lucas Lemos à la 36e minute de jeu, après une faute grossière sur Christian Almeida, les a conditionnés. Liverpool s’est alors retranché en défense, et a misé sur les contre-attaques. En seconde période, l’équipe est parvenu à résister grâce notamment à un Lentinelly infranchissable, et à Martirena qui était partout, et qui n’a pas été loin de faire le break lorsque son missile sur coup franc a touché la barre transversale du but gardé par Rochet.

Liverpool est resté fidèle à son football habituel, bien huilé, et les joueurs entrés en jeu ont donné un bol d’air à l’équipe en seconde période. Cette équipe a du cœur, et le fait de jouer en infériorité numérique et la pression mise par Nacional ont mis en valeur les efforts faits par des jeunes joueurs comme Matias Silva, le bastion du milieu de terrain.

Nacional s’est battu plus qu’il n’a joué et n’a toujours pas gagné cet été. Les tricolores ont souffert et malgré une prise d’initiative en seconde période, ils n’ont pas réussi à faire le jeu. Le milieu de terrain Camilo Cándido a été proche d’égaliser à deux reprises et un missile du défenseur Fabián Noguera a donné du fil à retordre à Lentinelly, mais les changements en attaque, avec Federico Martínez qui a disputé ses premières minutes, n’ont rien changé.

Au final, ce sont les supporters du club du Belvédère qui ont fait la fête, pour Liverpool qui a remporté la Supercoupe d’Uruguay pour la deuxième fois de son histoire.

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