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Palmeiras bat Flamengo et s’offre la Supercopa 2023

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Palmeiras remporte la Supercopa 2023

Ce week-end, Palmeiras est venu à bout de Flamengo au terme d’un match spectaculaire pour s’offrir la Supercoupe du Brésil 2023. On revient sur ce qu’il s’est passé.

Supercoupe du Brésil : Palmeiras 4-3 Flamengo

On a assisté à un jogaço au Mané Garrincha ! La première finale de la saison du football brésilien a été à la hauteur de ce que l’on attendait d’une finale entre Palmeiras et Flamengo. Au total, sept buts ont été marqué, avec l’équipe locale qui a ouvert le score grâce à un penalty transformé par Gabigol, pour ouvrir les vannes dans un match qui était jusqu’alors tronqué. Toujours en première période, Raphael Veiga a égalisé et juste avant la pause, Gabriel Menino a marqué un superbe but de l’extérieur de la surface.

La seconde période a débuté tambours battants, avec Flamengo qui a mis la pression et a été chercher l’égalisation grâce à un nouveau but de Gabigol. Mais Palmeiras a repris l’avantage grâce à Raphael Veiga depuis le point de penalty. Un avantage de courte durée car Flamengo a une nouvelle fois égalisé, avec un golaço de Pedro qui a marqué sur une jolie talonnade. Finalement, Gabriel Menino a marqué le but de la victoire, sur une action polémique, car selon certains, celui-ci aurait dû être refusé car un joueur de Palmeiras en position de hors-jeu gênait la visibilité du gardien. On vous laisse juger.

Deux golaços dans une même finale

Sept buts ont été inscrits samedi après-midi, dont deux vraiment magnifiques. Les golaços – un pour chaque équipe – ont été marqués par Gabriel Menino (le but du 2-1) et Pedro (troisième but de Flamengo, pour l’égalisation). Regardez les vidéos.

Beaucoup de buts, mais aussi de cartons

Si les sept buts attirent l’attention, le nombre de cartons distribués pendant le match a également été élevé. En tout, Wilton Pereira Sampaio a dû avertir neuf protagonistes : cinq joueurs de Flamengo (dont Marinho, sur le banc) et un de Palmeiras. En plus d’eux, Abel Ferreira – qui a shooté un micro – et son assistant ont été expulsés durant la rencontre. Luís Miguel, assistant de Vítor Pereira, a également été averti en première période.

Un duel portugais

La Supercoupe de cette année entre Abel Ferreira et Vítor Pereira était la quatrième confrontation entre les deux entraîneurs portugais au Brésil. Et c’est l’entraîneur de Palmeiras qui s’en sort le mieux avec quatre victoires en autant de rencontres face à l’entraîneur de Flamengo, arrivé cette année après une saison passée au Corinthians.

« Hoje teve gol(s) do Gabigol »

Gabriel Barbosa a disputé sa 14ème finale avec Flamengo. En tout (certains matchs aller-retour ne comptent que pour une finale), l’attaquant a marqué 14 fois, dont deux fois samedi après-midi.

  • Carioca 2019: ❌
  • Libertadores 2019: ⚽⚽
  • Mundial 2019: ❌
  • Carioca 2020: ❌
  • Supercopa do Brasil 2020: ⚽
  • Recopa Sul-Americana 2020: ⚽
  • Supercopa do Brasil 2021: ⚽
  • Carioca 2021: ⚽⚽⚽
  • Libertadores 2021: ⚽
  • Supercopa do Brasil 2022: ⚽
  • Carioca 2022: ⚽
  • Libertadores 2022: ⚽
  • Copa do Brasil 2022: ❌
  • Supercopa do Brasil 2023: ⚽⚽

Palmeiras, le plus grand champion

Avec le titre de Supercopa de samedi après-midi, Palmeiras a augmenté son avance sur Flamengo en tant que plus grand vainqueur de titres nationaux. L’équipe paulista était déjà passée devant le rubro-negro lorsqu’elle a remporté le Brasileirão 2022. Ils comptent désormais deux titres de plus.

Palmeiras : 17

  • Brasileirão: 11 (1960*, 1967*, 1967**, 1969**, 1972, 1973, 1993, 1994, 2016, 2018 e 2022)
  • Copa do Brasil: 4 (1998, 2012, 2015 e 2020)
  • Copa dos Campeões: 1 (2000)
  • Supercopa do Brasil: 1 (2023)

* Taça Brasil
** Torneio Roberto Gomes Pedrosa

Flamengo : 15

  • Brasileirão: 8 (1980, 1982, 1987*, 1983, 1992, 2009, 2019 e 2020)
  • Copa do Brasil: 4 (1990, 2006, 2013 e 2022)
  • Supercopa do Brasil: 2 (2020 e 2021)
  • Copa dos Campeões: 1 (2001)

*Copa União 1987

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Roberto Dinamite, l’idole de Vasco

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Roberto Dinamite, l'idole de Vasco

Il est difficile de se faire à l’idée que Vasco a fait ses adieux à Roberto Dinamite, car un joueur si grand qu’il est devenu synonyme du club qu’il a défendu avec tant de brio et de hargne, et un professionnel si charismatique qu’il inspirait respect et admiration même à ses adversaires, est éternel. Le club de São Januário était sa vie, symbolisée non seulement par son nombre record de matchs et de buts, mais aussi par son lien inextricable avec les supporters. Attaquant complet, géant du football brésilien, Roberto est décédé ce dimanche 8 janvier 2023 à l’âge de 68 ans, après une longue bataille contre un cancer de l’intestin.

Dinamite, le buteur explosif !

En 1971, un jeune joueur de 17 ans a montré que le mot « dynamite » pouvait être utilisé pour décrire l’action d’un être humain qui déclenche une lourde frappe. En novembre de cette année-là, il a dribblé quatre joueurs avant d’envoyer un pétard du pied droit qui n’a laissé aucune chance au gardien. Tout le monde était stupéfait. Le lendemain, le journal Jornal dos Sports immortalisait l’exploit avec un grand titre : “Garôto dinamite explodiu” (Le garçon dynamite a explosé). Il a explosé au Maracana et est devenu le plus gros explosif de Vasco dans l’histoire du championnat carioca. Le plus gros de l’histoire du championnat brésilien. Le plus gros de l’histoire du stade São Januário.

Il s’agissait d’un type d’explosif qui ne causait pas de dégâts matériels, mais qui faisait des ravages devant les buts. Il a marqué énormément de buts, et de toutes les sortes. Pendant plus de deux décennies, il a résonné dans les stades de tout le Brésil et même du monde entier. Carlos Roberto de Oliveira était de la dynamite à l’état pur. C’était Roberto Dinamite, le plus grand buteur de l’histoire de Vasco et l’un des attaquants les plus remarquables que le Brésil ait jamais connu. Avec des statistiques individuelles remarquables, il est une légende qui a toujours été dévoué à la croix de malte, sa bannière. On revient sur la carrière du « garôto-dinamite ».

L’enfance de Calu

Né à Duque de Caxias, dans la Baixada Fluminense, fils d’un fonctionnaire et d’une femme au foyer, Roberto grandit avec le football à sa porte. En effet, un terrain de foot se trouve juste devant sa maison. Il adore jouer au ballon, mais sa passion est presque interrompue par les problèmes de santé dont il souffre jusqu’à l’âge de 12 ans. D’apparence frêle, Roberto subit deux opérations aux jambes et pense même qu’il ne pourra plus jamais jouer au football.

« C’est un miracle. Un miracle parce que, quand j’avais sept ou huit ans, j’ai été pratiquement cloué au lit pendant trois mois, j’ai dû être opéré d’une tumeur à la cuisse et on m’a mis un plâtre sur toute la jambe gauche, la taille et l’autre jambe, et ce traditionnel manche à balai au milieu. Je suis resté trois mois au lit, assisté par ma mère, et j’étais très maigre. Un enfant qui jusqu’à l’âge de sept ans a eu beaucoup de problèmes. À sept ans j’avais un sérieux problème à la jambe gauche. À 12 ans j’avais un autre problème à la jambe gauche. Je crois que nous venons dans ce monde avec une mission, nous pouvons nous améliorer ou non, et je pense que j’ai été privilégié. »

Roberto Dinamite, dans une interview accordée à SporTV, le 12 avril 2014.

Après avoir été plâtré pendant des mois, sa mère lui interdit de jouer au football. Mais comme il connaît le coin de la fenêtre d’où l’on peut voir le terrain devant sa maison, il joue en cachette. Le temps passe et le plus jeune des trois frères réussit à obtenir une place à São Bento, un club de Duque de Caxias, où son père jouait comme gardien de but. Là, il commence à se faire remarquer par sa capacité à marquer des buts, mais aussi par son caractère très « individualiste ». Il ne pense qu’à marquer. Calu, comme il était surnommé à l’époque, gagne en puissance et ne ressemble en rien au garçon fragile des années antérieures. À l’âge de 13 ans, il fait déjà preuve d’une habileté remarquable sur les tirs de l’intérieur et de l’extérieur de la surface et d’une précision chirurgicale des deux pieds. Sur le terrain, il s’inspire de son idole Jairzinho, « l’ouragan de la Coupe du monde 1970 ».

Roberto Dinamite lorsqu'il était jeune

Ses bonnes performances avec São Bento tapent dans l’œil de Francisco de Souza Ferreira, dit Gradim, recruteur de Vasco, qui fait en sorte que le jeune adolescent, alors âgé de 14 ans, rejoigne le centre de formation du Cruzmaltino. Après avoir passé les tests avec succès, il commence à prendre deux bus chaque jour pour aller et pour rentrer des entraînements. Tous ces efforts finissent par payer. Roberto gagne environ 15 kg de masse musculaire et, à l’âge de 16 ans, il est déjà le meilleur buteur des équipes de jeunes. Dès sa première année, il inscrit déjà 46 buts ! Grand et fort, Roberto est une pépite à polir. En 1971, il est appelé avec l’équipe première. À ce moment-là, il compte déjà des dizaines de buts à son actif et possède un ensemble de caractéristiques qui font de lui un buteur né : un bon jeu de tête, fort dans les duels, un bon positionnement, une bonne impulsion et des tirs précis et dévastateurs.

Calu devient le garoto-dinamite

Lors des séances d’entraînement, Roberto se fait de plus en plus remarquer et ce n’est qu’une question de temps avant qu’il n’obtienne une chance de jouer avec l’équipe première. En 1971, lors d’un déplacement à Bahia, l’entraîneur Admildo Chirol fait entrer le jeune attaquant face au tricolor. Roberto avait alors déjà un surnom inventé par les journalistes Eliomário Valente et Aparício Pires, qui avaient suivi les premiers pas du jeune joueur avec l’équipe de jeunes de Vasco : garôto-dinamite (que l’on peut traduire par : le gamin dynamite). Ce surnom a été mis en avant un jour avant le match qui a suivi, contre l’Atlético-MG, avec le Jornal dos Sports qui a souligné : « Vasco titularise le gamin-dynamite ». Cependant, face à une telle pression, le jeune joueur n’a pas répondu aux attentes et a été remplacé lors de la défaite 2-1 de Vasco. Les véritables grands débuts de celui que l’on appelait le garôto-dinamite allaient avoir lieu le 25 novembre 1971, au Maracanã, contre l’Internacional.

Des débuts prometteurs

Roberto retrouve le banc des remplaçants pour le match contre l’Inter. Impatient, il a hâte d’entrer en jeu pour montrer sa véritable valeur. Les supporters de Vasco sont présents en masse au Maracanã. C’était l’occasion rêvée pour marquer son premier but. Et alors que Vasco menait déjà 1-0 en seconde période, le jeune joueur est appelé pour s’échauffer, puis il est entré en jeu. Sur son premier ballon, il élimine trois joueurs, dribble Pontes et déclenche une frappe qui ne laisse aucune chance au gardien Gainete : 2-0 pour Vasco. C’était le premier but de Dinamite avec l’équipe professionnelle. Les supporters étaient euphoriques, tout comme Roberto, qui ne savait pas comment le célébrer tellement il était heureux. Le lendemain, le Jornal dos Sports publiait ce gros titre :

GARÔTO-DINAMITE EXPLODIU

Jurema Crispim, la femme de sa vie

Suite à cela, Roberto ne serait plus jamais Calu. Et il ne serait plus seulement Roberto. À partir de ce jour, il est devenu Roberto Dinamite. Malgré ce premier golaço, Dinamite continue à évoluer progressivement. Il continue à faire des heures de bus jusqu’au centre d’entraînement de Vasco pour mûrir et ne pas être ébloui par ce succès soudain. C’est à ce moment-là, plus précisément en 1972, dans un bus qui reliait Caxias à Praça Mauá, que Roberto a rencontré Jurema Crispim, 24 ans, de six ans son aîné.

Cette année-là, ils entament une histoire d’amour intense et une union qui se répercutera directement sur la vie footballistique de l’attaquant. Jurema sera la compagne, l’amie et même la « manager » de la star, faisant preuve de beaucoup de fermeté et de courage dans un environnement aussi hostile pour les femmes à l’époque. Le début de l’idylle est compliqué pour lui, car sa famille s’oppose à cette relation du fait que Jurema était veuve et avait un fils. Malgré tout, Dinamite a poursuivi la relation. Même les supporters de Vasco s’en mêlaient, mais il s’en fichait. Sur le terrain, il répondait avec des buts.

Meilleur buteur et champion du Brésil

En 1974, alors titulaire indiscutable, il marque 16 buts, est pour la première fois meilleur buteur du championnat du Brésil et joue un rôle clé dans le parcours du Cruzmaltino vers le titre national, le premier de l’histoire du club. En phase finale, Dinamite marque lors de la victoire 2-1 contre Santos (qui comptait encore Pelé dans ses rangs), et un autre lors du match nul 2-2 contre Internacional. Lors de la finale, contre Cruzeiro, il ne marque pas, mais joue un rôle important dans la victoire 2-1 qui a donné le titre à l’équipe carioca. C’était le premier titre de Roberto pour Vasco. Et la consécration d’une promesse devenue idole.

« C’était le début de tout, y compris de ma place de titulaire dans l’équipe. Gagner le Brasileirão en 1974 m’a donné la confiance dont j’avais besoin pour poursuivre ma carrière et arriver là où j’en suis aujourd’hui. Techniquement, Cruzeiro était meilleur, mais nous avons tout surmonté avec beaucoup de détermination et de discipline. Cela a également servi d’exemple pour toute ma carrière ».

Roberto Dinamite, dans une interview accordée au site NetVasco, août 2013.

L’homme des clássicos

Dinamite montre chaque jour une évolution remarquable. Il se positionne bien, tire des coups francs avec précision, ne perd quasiment aucun duel. Il est puissant et difficile à marquer. Lorsqu’il reçoit le ballon, il le protège à merveille et parvient toujours à trouver la voie du but. Comme si cela ne suffisait pas, il aime marquer des buts dans les clássicos, notamment contre Fluminense, qui commençait alors à bâtir sa légendaire Máquina Tricolor. Rien qu’entre décembre 1973 et août 1976, Roberto inscrit 9 buts en 15 matchs entre Vasco et le Tricolor. Aujourd’hui encore, il est le meilleur buteur de l’histoire du Clássico dos Gigantes avec 36 buts. Outre le Flu, il a également fait des dégâts contre Flamengo et Botafogo, contre qui il a inscrit respectivement 27 et 25 buts. Il est également le meilleur buteur de l’histoire de ces deux clássicos.

Une crise émotionnelle qui a failli virer au drame

En 1975, Dinamite vit un moment compliqué en dehors du terrain. Lors d’une journée d’entraînement à Vasco, son père s’est disputé avec le frère de Jurema et c’est uniquement parce qu’on l’a empêché qu’il ne l’a pas frappé. Dinamite souffre alors de cette situation. Gardant tout pour lui, il est rentré chez lui et a pris les pilules que Jurema avait laissées sur la table de chevet. Il en a pris une vingtaine pour essayer de dormir et de se déconnecter du monde, comme il l’a confié au magazine Placar en 1984.

« Je gardais pour moi cette angoisse (…) Et j’ai pris une forte dose de tranquillisant, mais je n’avais pas l’intention de me suicider, comme certains l’ont dit. Je voulais dormir pendant deux jours d’affilée pour me déconnecter du monde. »

Roberto Dinamite, lors d’une interview pour le magazine Placar, 21 septembre 1984.

Le problème est qu’une telle dose est exagérée et composée de Gardenal et de Librium. L’attaquant a été retrouvé inconscient par Jurema qui a immédiatement appelé un médecin de Vasco. Roberto est transporté à l’hôpital et reste aux soins intensifs pendant environ six heures pour des lavages d’estomac et l’administration de médicaments pour activer les fonctions cardiaques et respiratoires. Cinq jours plus tard, il quitte l’hôpital sain et sauf. À partir de ce jour, Jurema a essayé de gagner une fois pour toutes la sympathie de la famille de Roberto et de protéger l’être aimé de tout et de tous. Elle a « conquis » la mère et les frères de la star, à l’exception de son père, José Maia de Oliveira, qui était totalement opposé à ce mariage.

Cela provoqua un éloignement entre le père et le fils et fait que Roberto n’était pas « totalement heureux », comme le disait Jurema, car la figure paternelle lui manquait dans une période cruciale de sa carrière. Cette même année, Roberto a fêté son 21e anniversaire avec sa famille et plus de 100 amis, une fête très spéciale pour le jeune homme, qui a rétribué cela en marquant plus de 50 buts pour Vasco, dont 15 dans le Brasileiro, lors duquel il a terminé deuxième meilleur buteur derrière Flavio, de l’Inter, qui en a marqué 16.

Une première convocation avec la Seleção

Tous ces buts conduisent Roberto à la sélection brésilienne, pour laquelle il est convoqué pour la première fois en 1975, pour disputer la Copa América (le Brésil s’est incliné en demi-finale). L’année suivante, il reste dans le groupe, et est appelé pour disputer le tournoi de la Coupe du bicentenaire aux États-Unis, durant lequel il inscrit son premier but avec la Seleção, lors d’une victoire 1-0 contre l’Angleterre. Toujours dans la compétition, il marque un but magnifique lors de la victoire 4-1 face à l’Italie et permet au Brésil de remporter le titre.

Jouant à la même époque que des grands noms comme Zico, Rivellino, Toninho Cerezo, Zé Maria, Leão, Edinho et Rodrigues Neto, pour n’en citer que certains, Roberto et les supporters brésiliens étaient sûrs que le Brésil pouvait gagner la Coupe du monde 1978 en Argentine (en 1974, il n’a pas été convoqué).

Les espoirs placés en l’attaquant ont continué à grandir en 1976, non seulement pour les buts marqués avec la Canarinha (dont un doublé contre le Paraguay) mais aussi pour cette merveille réalisée contre Botafogo, en finale de la Taça Guanabara 1976 :

Ce but est considéré par beaucoup comme le plus beau de la carrière du joueur. Dinamite était de plus en plus létal. Il avait une moyenne de près de 0,7 but par match. Avant la Coupe du monde, Roberto a aidé Vasco à remporter le championnat carioca de 1977, en marquant le tir au but décisif contre Flamengo en finale. Lors de cette campagne, Roberto avait déjà inscrit deux buts lors de la victoire 3-0 lors de la première phase du championnat. En tout, il inscrit 25 buts et n’est devancé que par Zico, qui en a marqué 27. Après avoir fêté le titre, il fallait déjà tourner le regard vers le Mondial en Argentine.

La Coupe du monde 1978 en Argentine

À l’âge d’or du football brésilien, gagner une place de titulaire au sein de la Seleção n’est pas une mince affaire. La concurrence est rude et l’équipe de Claudio Coutinho doit choisir entre trois joueurs pour une même position : Reinaldo, Nunes et Roberto Dinamite. « Rien que ça. » Dans l’ordre de préférence de l’entraîneur, le Roi est en tête, suivi de Nunes et Dinamite complète le podium. Cependant, ce dernier a gravi un échelon lorsque Nunes s’est blessé et s’est retrouvé sur la touche, ce qui a permis à Dinamite d’être appelé pour disputer la Coupe du monde.

La première phase de poule

Le Brésil fait partie des favoris avec des grands noms comme Leão, Oscar, Rodrigues Neto, Cerezo, Gil, Zico, Dirceu et compagnie. Lors des deux premiers matchs, contre la Suède et l’Espagne, la Seleção fait match nul 1-1 et 0-0. Roberto ne dispute aucune minute et voit l’attaquant Reinaldo marquer lors du premier match, mais faire choux blanc face aux Espagnols. Face au besoin impératif de s’imposer lors du dernier match de groupe contre l’Autriche, Coutinho décide de titulariser Roberto. Et le numéro 20 de la Seleção de déçoit pas. Après une superbe passe de Gil dans la surface, Dinamite domine le ballon avec classe et fusille le gardien Koncilia : 1-0. Le Brésil est qualifié !

La deuxième phase

La deuxième phase se joue en deux groupes de quatre équipes, avec les premiers de chaque groupe qui gagnent une place pour la finale. Dinamite est titulaire face au Pérou et est déterminant dans la victoire brésilienne par 3-0. Il est d’abord victime d’une faute à l’entrée de la surface, qui a permis à Dirceu d’ouvrir le score. Puis, en seconde période, il se fait faucher dans la surface par Duarte, provoquant un penalty que Zico a transformé.

Lors du match suivant, le Brésil et l’Argentine se neutralisent sur un score nul et vierge. Et, lors du dernier match de cette phase finale, le Brésil l’emporte 3-1 contre la Pologne, grâce notamment à une performance de gala de Roberto, qui réalise un doublé grâce à son opportunisme habituel, en se retrouvant à la tombée de deux ballons qui ont touché le poteau. Dinamite était un véritable aimant à ballons !

Dinamite avec le maillot de la Seleção
Dinamite avec le maillot de la Seleção

A ce momebt-là, le Brésil est quasiment qualifié pour la finale, car seule une victoire avec plus de quatre buts d’écart de l’Argentine face au Pérou pouvait mettre fin au rêve du « tetra ». Sauf que l’Albiceleste a gagné sur le score incroyable de 6-0, s’est qualifié pour la finale et a fini par remporter le titre. Cela a été une énorme déception pour les Brésiliens, qui ont ensuite dû jouer la petite finale contre l’Italie (victoire 2-1) et se sont proclamés « champions moraux », en raison du fait que le Brésil a terminé la compétition invaincu et des soupçons de truquage lors de la rencontre entre le Pérou et l’Argentine.

Malgré tout cela, Roberto gagne des points lors de cette Coupe du monde. Il finit meilleur buteur de l’équipe aux côtés de Dirceu, avec trois buts, et gagne la place de Reinaldo. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’un club étranger vienne solliciter les services du joueur.

Un passage frustrant à Barcelone

En plus de disputer la première Coupe de sa carrière en 1978, Roberto est pour la première fois meilleur buteur du championnat carioca, avec 19 buts. Vasco ne remporte pas le trophée, mais la façon dont il mène les actions offensives de l’équipe est impressionnante. Numéro 10 et capitaine depuis 1975, l’attaquant est le leader de l’équipe et l’idole des supporters.

Roberto Dinamite avec les couleurs de Barcelone

Cependant, à la fin de l’année 1979, la convoitise dont il fait l’objet ne laisse pas d’autre choix à Vasco que de vendre son joueur vedette. Barcelone voulait un attaquant pour remplacer l’Autrichien Hans Krankl, qui s’était brouillé avec l’entraîneur catalan de l’époque, Joaquín Rifé. Dinamite est ainsi recruté en échange de 56 millions de pesetas, une fortune à l’époque. Il part le cœur brisé. Il aime vraiment Vasco. Pour ses débuts, il réalise un doublé et enflamme les supporters catalans. Mais cela ne dure pas, car peu après sa signature, l’équipe engage l’entraîneur Helenio Herrera et l’attaquant brésilien finit par être mis de côté par l’Argentin.

« Herrera n’a jamais aimé les joueurs sud-américains parce qu’il a eu un très gros traumatisme avec le Santos de Pelé, à l’époque où il entraînait l’Inter Milan« , avait déclaré Roberto. Le climat est un autre facteur qui influence sa volonté de départ. Il est arrivé en début d’année, en plein hiver. Les jours nuageux et pluvieux contrastaient beaucoup avec la chaleur à laquelle il est habitué à Rio.

Après quatre mois, des rumeurs indiquent déjà que Dinamite pourrait retourner au Brésil. A la surprise générale, Flamengo évoque la possibilité d’aller chercher le joueur. Une conversation a même lieu entre le président du club rubro-negro et la direction catalane. Cela finit par arriver aux oreilles de Vasco, qui n’hésite pas un seul instant à faire revenir son attaquant. Du coup, avant même la fin du premier semestre, Roberto portait déjà à nouveau le maillot vascaino. Il a disputé son premier match après son retour sur la pelouse de Náutico, mais sa nostalgie n’a été comblée que devant les supporters. Il avait besoin de buts, de chaleur, du Maracanã.

Un retour triomphal

Manchete Esportiva : "Dinamite est revenu"
Manchete Esportiva : « Dinamite est revenu »

Le 4 mai 1980, plus de 100 000 personnes ont rempli les tribunes du Maracanã pour la rencontre entre Vasco et le Corinthians dans le cadre du championnat brésilien. C’était le retour « officiel » de Dinamite dans le temple du football, dans son club et dans la compétition dans laquelle il aimait le plus marquer des buts. Vous imaginez l’enthousiasme d’un attaquant qui ne marquait plus depuis des mois lorsqu’il a vu les tribunes bondées au Maraca.

Roberto réalise alors le meilleur match de sa carrière et détruit l’équipe paulista. Il marque un but tout en puissance, un deuxième sur un tir de l’extérieur de la surface, un troisième après une jolie passe en profondeur de Guina, un quatrième en se retrouvant à la retombée d’un ballon repoussé par le gardien et enfin un cinquième but, après une feinte de frappe avant de déclencher un missile qui termine dans la lucarne de Jairo. Roberto a réalisé un quintuplé ! Roberto Dinamite 5, Corinthians 2.

Ce jour-là, le Maracanã a vu la résurrection de l’un de ses plus grands buteurs.

« Il y a des joueurs qui marquent cinq buts dans un match, mais c’est contre Madureira, Campo Grande… J’ai marqué cinq buts contre le Corinthians, non ? Je venais de quitter Barcelone et j’étais devenu une interrogation. Qui est ce joueur qui est venu du Brésil en tant que buteur, idole et qui n’a pas réussi ? […] Le problème ce n’était pas moi ! »

Roberto Dinamite, dans une interview accordée à UOL Esporte, le 12 décembre 2017.

Une année record

Le retour de Dinamite à Vasco est tout simplement magique. En 1981, il signe la saison la plus prolifique de sa carrière, avec un nombre absurde de 62 buts inscrits dans l’année, dont 31 dans le championnat carioca (meilleur buteur) et 14 dans le Brasileirão. Cette année-là, il termine meilleur buteur du Brésil devant Zico, qui traversait une phase splendide avec sa super équipe de Flamengo.

Roberto Dinamite et Zico
Roberto Dinamite et Zico

Dans le championnat carioca, on assiste à un duel à distance entre Dinamite et le Galinho. Après les trois premiers tours, les deux équipes se retrouvent en finale et Vasco doit gagner trois matchs contre Flamengo pour être champion, vu que le rubro-negro avait gagné deux tours et les cruzmaltinos un seul. C’était un règlement absurde du passé sombre du football brésilien de l’époque. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Dans la première confrontation. Roberto Dinamite réalise un doublé et donne à Vasco sa première victoire : 2-0. Lors du second match, trois jours plus tard, sous une pluie torrentielle, alors que le score était de 0-0 à la 88e minute et que les supporters flamenguistas criaient déjà « on est champion ! », Roberto voit le ballon tomber dans une flaque d’eau dans la surface et déclenche une bombe qui explose dans le but flamenguista : 1-0. Vasco est toujours dans la course pour le titre ! Avant la rencontre, Zico avait déclaré que Flamengo perdrait « difficilement » deux clássicos d’affilée. C’est pourtant ce qu’il s’est passé ! Ce n’est que lors de la dernière confrontation que le Fla a fini par l’emporter 2-1. Et, grâce au règlement, ils ont remporté le titre. Mais ces victoires ont malgré tout marqué Roberto tout comme les supporters de Vasco.

La frustration de la Coupe du monde 1982

En 1982, Roberto est appelé pour disputer la Coupe du monde en Espagne, cette fois en remplacement de Careca, blessé. Tout comme en 1978, il n’est pas le favori du sélectionneur de l’époque, Telê Santana, qui titularise plutôt Serginho Chulapa. Bien qu’il était en grande forme, Roberto voit depuis le banc le Brésil se faire éliminer par l’Italie au terme d’un match mythique qui est resté connu sous le nom de « la Tragédie du Sarriá ». Roberto n’a pas disputé la moindre minute, même s’il était meilleur que Serginho à ce moment-là. Connaissant son flair devant les buts, et servi par Zico, Éder et Sócrates, il aurait pu faire de sérieux dégâts dans les défenses adverses.

« Ma plus grande frustration a été celle de 1982, de faire partie d’un groupe et de ne pas être utilisé, de ne pas avoir servi au sein d’une sélection dont tout le monde parle, qui était l’une des meilleures. Je suis parti frustré parce que je n’ai pas eu l’occasion de jouer ».

Roberto Dinamite, dans une interview accordée à SporTV News, le 12 avril 2014.

Cette Coupe du monde a été la dernière du joueur, mais il continuera à être convoqué avec la Seleção jusqu’en 1984. Au total, il a disputé 47 matchs et marqué 26 buts pour le Brésil, mais n’a remporté aucun trophée majeur.

En novembre 1982, la star a inscrit le 500e but de sa carrière lors d’un match nul 1-1 contre Volta Redonda dans le championnat carioca, que Vasco finira par remporter.

La perte de sa bien-aimé

Roberto Dinamite avec sa femme Jurema
Roberto Dinamite avec sa femme Jurema

En 1984, Roberto conduit Vasco à une autre finale du championnat brésilien, en terminant meilleur buteur de la compétition pour la deuxième fois de sa carrière, avec 16 buts inscrits. En finale, son équipe s’incline contre Fluminense de Washington et Assis, mais cette défaite n’était rien par rapport ce qu’il s’apprêtait à vivre. En effet, il a perdu la personne qui l’a accompagné pendant plus de 12 ans, qui a été son port d’attache, son agent, sa muse et la mère de ses deux enfants : Jurema. Elle est décédée d’une maladie rénale après avoir été sous hémodialyse pendant un an et demi depuis que ses reins ont cessé de fonctionner. Alors qu’ils recherchaient un donneur pour une greffe, Roberto a offert son rein, une centaine de supporters de Vasco ont offert les leurs, mais toutes les tentatives ont été vaines. Ce fut l’un des plus grands drames de la vie du joueur.

L’émergence de cracks

Dinamite fait en sorte de rapidement se remettre sur pied et de faire ce que sa cher Jurema aimait tant : qu’il joue au football et marque des buts. En 1985, il est à nouveau meilleur buteur du Carioca, cette fois avec 12 buts. Il parvient à préserver sa place de titulaire en attaque et voit émerger une nouvelle génération de cracks à São Januário. Parmi eux, un certain Romário… Et oui, les supporters de Vasco ont eu le plaisir et la joie de voir une paire d’attaquants formée par Roberto Dinamite et le baixinho lors du championnat carioca 1987.

Dinamite avec Romario, Geovani, Tita et Mauricinho
Dinamite avec Romario, Geovani, Tita et Mauricinho

Avec cette nouvelle génération mélangée aux plus anciens, l’équipe inscrit un nombre incroyable de 61 buts en 31 matchs et ses attaquants monopolisent les premières places du classement des buteurs : Romário a marqué 16 buts, Roberto, 15, et Tita, 12. L’année suivante, l’équipe cruzmaltina brille à nouveau et remporte le championnat pour la deuxième année consécutive. Outre les conquêtes régionales, l’équipe s’illustre également dans des tournées internationales et remporte les tournois Ramón de Carranza en 1987, 1988 et 1989.

Un départ à la Portuguesa avant de raccrocher les crampons

En 1989, le désormais vétéran de 35 ans perd sa place à Vasco. Bebeto vient d’arriver de Flamengo et Bismarck cartonne. Il accepte alors l’invitation de la Portuguesa, dirigé par son vieil ami Antonio Lopes, pour disputer le championnat brésilien. Avec neuf buts inscrits, il aide la Lusa à aller chercher la septième place du classement, et atteint le cap des 190 buts marqués dans la compétition, un record aujourd’hui encore inégalé. Malgré ce record, son départ dans le football paulista lui coûte un titre de champion du Brésil, car Vasco a été champion cette année-là. Néanmoins, il peut se targuer du fait qu’aucun attaquant de cette équipe de Vasco n’a marqué plus de buts que lui durant le championnat. Bismarck en a marqué huit. Bebeto en a quant à lui inscrit six.

Roberto Dinamite avec le maillot de la Portuguesa

Le 21 octobre 1989, Roberto se rend à São Januário avec le maillot de la Lusa pour affronter son Vasco, et les supporters locaux ne manquent pas de rendre hommage à leur idole. C’est un match spécial pour lui. Durant la rencontre, lorsqu’il a bénéficié d’un coup franc, on a pu entendre le commentateur de Radio Globo, Washington Rodrigues, dire : « si Roberto marque, l’arbitre devra mettre sur la feuille de match que c’est un but contre son camp« . Au final, il n’a pas marqué. Sur une autre action, il s’est retrouvé en bonne position dans la surface, mais il est tombé tout seul. On aurait dit qu’il ne voulait pas marquer, et le match s’est terminé sur un score nul et vierge. Un résultat qui convenait à Roberto, qui n’a pas marqué contre son Vasco, mais qui n’a pas vu non plus son Vasco marquer contre sa nouvelle équipe.

L’année suivante, Roberto fait son retour à Vasco, il fait un bref passage à Campo Grande, une équipe de Rio, avant de définitivement raccrocher les crampons en 1993, peu avant son 39e anniversaire, lors d’un match amical au Maracanã contre l’équipe espagnole du Deportivo La Corogne, qui comptait à l’époque de grands joueurs comme Mauro Silva, Bebeto, Djukic et Fran. On a pu voir Zico, un ami de l’âge d’or du football brésilien, porter le maillot de Vasco pour rendre hommage à son ami. Le match s’est terminé sur une victoire 2-0 des Espagnols, mais peu importe. Tout le monde n’avait d’yeux que pour Dinamite, qui ce jour-là a dit au revoir aux supporters qui ont tant vibré avec lui, pendant deux décennies.

Une légende cruzmaltina

Roberto Dinamite lors de l'inauguration de sa statue à São Januário
Roberto Dinamite lors de l’inauguration de sa statue à São Januário.

Après avoir raccroché les crampons, Roberto est devenu politicien et a cumulé plusieurs mandats en tant que député d’État. Après s’être brouillé avec Eurico Miranda, il s’est présenté à la présidence de Vasco et a remporté les élections en 2008. Cependant, Roberto n’a pas connu le même succès que lorsqu’il était joueur et a vu son équipe être reléguée à deux reprises en Série B du championnat brésilien en 2008 et 2013. Son seul succès a été la victoire en Coupe du Brésil en 2011. Des années plus tard, Dinamite a été honoré d’une statue à São Januário pour immortaliser encore davantage ses prouesses. Le 8 janvier 2023, Dinamite est décédé à l’âge de 68 ans, après avoir souffert pendant plus de deux ans d’un cancer de l’intestin.

L’image qui restera gravée de lui est celle d’une idole, d’un buteur, d’un joueur qui a disputé plus de 1000 matchs sous les mêmes couleurs et qui aura été le symbole de toute une génération. Dinamite a marqué plus de 700 buts dans sa carrière (le chiffre exact reste un mystère, car il n’y avait pas de comptage officiel), il fait partie des plus grands attaquants de l’histoire du football brésilien. Une véritable légende du football.

Son parcours professionnel en bref

Les clubs où il a joué

  • Vasco da Gama (1971-1980, 1980-1989, 1990 et 1992-1993),
  • Barcelone (1980),
  • Portuguesa (1989),
  • Campo Grande (1991).

Palmarès

  • 1 Championnat du Brésil (1974),
  • 5 Championnats Cariocas (1977, 1982, 1987, 1988 et 1992),
  • 2 Trophée Ramón de Carranza (1987 et 1988).

Distinctions personnelles

  • Bola de Prata par la revue Placar : 1979, 1981 et 1984
  • Meilleur buteur du Championnat du Brésil : 1974 (16 buts) et 1984 (16 buts)
  • Meilleur buteur du Championnat Carioca : 1978 (19 buts), 1981 (31 buts) et 1985 (12 buts)
  • Meilleur buteur de la Copa América : 1983 (3 buts)
  • Meilleur buteur de Vasco lors de chaque saison entre 1973 et 1985
  • Meilleur buteur de l’histoire du Championnat du Brésil : 190 buts en 328 matchs
  • Meilleur buteur de l’histoire du Championnat Carioca : 284 buts
  • Meilleur buteur de l’histoire de Vasco da Gama : 702 buts en 1110 matchs
  • Meilleur buteur de l’histoire du stade São Januário : 184 buts
  • Joueur qui a le plus porté le maillot de Vasco da Gama dans l’histoire : 1110 matchs

Plus de chiffres

Roberto Dinamite a marqué 702 buts en 1110 matchs avec Vasco. Il en a inscrit 26 en 47 apparitions avec la Sélection du Brésil. Durant son court passage à Barcelone, il a marqué 3 buts en 10 matchs, et en a inscrit 9 en 17 matchs avec la Portuguesa. Au total, il aura marqué aux alentours de 740 buts dans sa carrière.

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Dener, le destin tragique d’un prodige du football brésilien

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Dener, le destin tragique d'un prodige du football brésilien

En 1994, Dener aurait pu contester le règne du jeune Ronaldo en tant que footballeur brésilien le plus prometteur de la fin du 20e siècle. C’était un joueur spectaculaire qui dribblait ses adversaires à une vitesse extraordinaire, dans le plus pur style de Mané Garrincha.

Il était l’un des meilleurs artistes du ballon rond que le Brésil a produit dans les années 1990, jusqu’à ce qu’un accident mortel écourte sa carrière fulgurante alors qu’il n’avait que 23 ans. À ce moment-là, un accord avait été trouvé pour qu’il rejoigne le VfB Stuttgart, et on disait même qu’il figurait sur la liste de Carlos Parreira pour disputer la Coupe du monde 1994 aux États-Unis.

Dener : le phénomène parti trop tôt

Au final, on a pu apprécier son talent que lors de 116 matchs en première division, durant lesquels il a inscrit 42 buts. Milieu de terrain extrêmement rapide et habile, considéré comme l’un des prodiges brésiliens les plus prometteurs de sa génération, il a également souffert de blessures, qui ont compliqué sa courte carrière. Il est également considéré comme le dernier grand joueur de l’histoire de la Portuguesa, où il était connu comme le « Reizinho do Canindé ».

Après l’élimination face à l’Argentine lors de la Coupe du monde en Italie, le football brésilien a commencé à envisager un sérieux nettoyage au sein de la Canarinha. Bien que la moyenne d’âge de l’équipe n’approchait pas la trentaine, celle-ci avait besoin de sang frais. Pour la Copa América 1991 au Chili, 15 nouveaux joueurs ont été appelés para rapport au Mondial 1990. Malgré son talent, Dener avait été laissé de côté car il était encore trop jeune. Pour faire ses débuts avec la seleção, il a dû attendre jusqu’au 27 mars 1991, date à laquelle le sélectionneur Paulo Roberto Falcão l’a lancé face à l’Argentine, lors d’un match passionnant qui s’est terminé sur le score de 3-3 sur la pelouse de Vélez Sarsfield. Dener était alors âgé de 20 ans.

Dener lors de sa première sélection face à l'Argentine.

Le 28 mai, il a de nouveau porté la tunique jaune pour affronter la Bulgarie de Hristo Stoichkov. Ces matchs avec la Canarinha ont suscité l’intérêt d’Anderlecht et de Bruges, mais la Portuguesa a fini par le convaincre de rester au Brésil. Au total, il a fait neuf apparitions avec les U23 du Brésil, et deux matchs avec l’équipe principale sous la direction de Paulo Roberto Falcão.

Les origines humbles d’un garçon surdoué

Dener Augusto de Sousa est né le 2 avril 1971 à Vila Ede, un quartier pauvre de la banlieue nord de São Paulo. Comme beaucoup d’enfants brésiliens, il a eu une enfance difficile, mais il n’a jamais renoncé à son rêve de faire carrière dans le monde du football. Il a fait ses premiers pas avec le ballon en jouant au futsal jusqu’à l’âge de 11 ans, avant de rejoindre l’équipe de jeunes de São Paulo.

Dener avec son équipe de futsal

Dener répondait parfaitement au cliché du footballeur brésilien d’origine pauvre qui a grandi en jouant au football dans la rue. Sa mère a déclaré dans un reportage que le petit Dener jouait au foot avant de savoir marcher, si bien qu’il roulait avec son corps sur le ballon. Il combinait une vitesse hors du commun avec une coordination extraordinaire, un véritable manieur de ballon. Il était particulièrement impressionnant de par la coordination de sa vitesse et de son élasticité : il échappait aux coups adverses avec une plasticité rarement vue auparavant, avec un corps presque rachitique, résultat d’une alimentation déficiente, qui correspondait à la pauvreté dans laquelle il vivait.

En peu de temps, il a montré que sur ces petits terrains de futsal, il ne pouvait pas exprimer tout son talent, son style de jeu avait besoin de plus d’espace. Il est rapidement passé au football à 11, avec une équipe de Vila Ede. Sa position préférentielle était celle d’un meneur de jeu insaisissable, mais avec une certaine précision pour servir les attaquants et une efficacité intéressante devant le but. Mais la vie lui a réservé un autre revers, et le joueur, orphelin de père depuis l’âge de huit ans, a dû mettre temporairement de côté ses aspirations à devenir footballeur professionnel à l’âge de 15 ans afin de travailler.

Bien que ses frères lui aient initialement suggéré de continuer à jouer au football et d’essayer d’intégrer le centre de formation d’un grand club brésilien pendant qu’ils travaillaient, Dener a estimé que c’était injuste et a refusé. Le matin, il allait à l’école et le soir, il travaillait, tandis que le week-end, il jouait avec le Familia Vila Ede FC dans les championnats interscolaires. Taquá, coéquipier et ami de Dener dans cette équipe, se souvient d’une anecdote concernant ces tournois : « Dener était très petit physiquement et nous jouions contre des équipes qui avaient non seulement des joueurs plus grands que nous, mais aussi de meilleurs joueurs. Je me souviens d’une fois en particulier, contre une équipe qui avait un crack appelé Rodolfo. Dener savait que pour gagner, il fallait l’arrêter. Dans un duel, il a mis sa main au visage de Rodolfo et lui a mis son doigt dans l’œil. Rodolfo n’a pas pu continuer à jouer et nous avons gagné le match. Dener était très rusé. »

Dans ces championnats inter-scolaires, Dener était l’un des joueurs que tout le monde allait voir, mais sa situation économique est devenue de plus en plus compliquée et de notoriété publique. Après un match au Familia Vila Ede FC, il a été accusé d’avoir volé une montre, qui s’est retrouvée dans son sac à dos. Il a juré qu’il ne l’avait pas volé, que quelqu’un l’avait mise là, mais il a été suspendu pendant un certain temps et son équipe en a pâti. Il a fini par être pardonné et a recommencé à jouer. Ses frères, quand ils l’ont appris, n’ont jamais cru qu’il était coupable. Ils craignaient que le talent de leur frère ne s’égare. Ils ont parlé à leur mère et lui ont demandé de permettre au petit garçon de se dédier au football. C’est ainsi que Dener est allé faire un essai dans son équipe de coeur, São Paulo.

Un échec à São Paulo, un avenir prometteur à Portuguesa

Après avoir convaincu les entraîneurs des équipes de jeunes du Tricolor, il n’est resté au club que deux mois en raison de son manque de titularisation, et a préféré rejoindre les équipes jeunes de la Portuguesa, où il a fait ses débuts sous la direction d’António Lopes. Il se souvient : « À cette époque, un dirigeant m’avait demandé de le tester avec l’équipe première. Le jour du match, j’ai dit à l’intendant de lui donner son équipement, mais il est resté sur le côté et je ne m’en suis pas rendu compte. Je l’ai fait entrer en fin de match. Sur son premier ballon, il a fait un sombrero sur le défenseur central titulaire. Sur son deuxième, il a esquivé un tacle les deux pieds en avant. Je plaçais peu d’espoirs en lui quand je l’ai vu, il était petit avec des jambes frêles. Mais il a cartonné. J’ai immédiatement parlé au président, j’ai demandé qu’il soit logé dans la résidence du club et qu’il perçoive un bon salaire, beaucoup plus élevé que dans le futsal. »

Dener lors d'une rencontre entre la Portuguesa et São Paulo

Ses performances avec la Portuguesa ont commencé à impressionner, mais le club devait également faire avec son indiscipline. Tout le monde savait que Dener apportait quelque chose de plus à l’équipe. Capitao, alors l’un des joueurs les plus expérimentés de la Portuguesa, raconte que « nous demandions à l’entraîneur de ne pas le punir. Il arrivait en retard, parfois il disparaissait… mais c’était lui qui nous faisait gagner les matchs ». L’un de ces entraîneurs était José Macia, coéquipier de Pelé à Santos et entraîneur de Portuguesa en 1990. Pepe confirme les propos de Capitao : « Dener est le seul joueur pour lequel j’ai fait des exceptions dans toute ma carrière d’entraîneur. De ce que j’ai vécu et vu jouer, il était celui qui se rapprochait le plus de Pelé ».

Ses qualités lui ont valu d’être désigné comme le meilleur joueur de la Copa São Paulo Junior que son équipe a remportée. Ses performances spectaculaires et le style de l’école Ginga lui ont permis d’accéder à l’équipe première, où il a commencé à attirer l’attention de tout le Brésil avec ses dribbles endiablés. Il fait ses débuts avec l’équipe première en septembre 1989, en remplacement de Roberto Dinamite, et est resté dans le onze de départ jusqu’en 1993, disputant 47 matchs de Serie A brésilienne et marquant sept buts.

À la recherche d’un avenir meilleur

Dener lors d'une rencontre entre Grêmio et Flamengo.

En 1993, le Corinthians s’est intéressé à lui, mais l’opération n’a finalement pas abouti en raison des exigences financières élevées de la Portuguesa, et il a fini par être prêté au Grêmio de Porto Alegre, avec qui il a remporté le championnat de l’État du Rio Grande do Sul. À 22 ans, le jeune joueur avait déjà le statut de star et c’est avec ele Tricolor qu’il a remporté son premier titre professionnel. Pour Grêmio, il a disputé 28 matchs et marqué 4 buts.

Après le prêt de 3 mois, Grêmio a voulu acheter Dener, mais le club n’était pas en mesure de payer le montant demandé pour s’offrir les services de la sensation nationale du football à cette époque. Le joueur est retourné à la Portuguesa où il a joué le championnat brésilien de 1993 dans lequel l’équipe a terminé à la 9ème place du classement. Lors de ses deux passages à la Lusa, il a participé à 101 matchs et a marqué 38 buts.

L’année suivante, il est prêté cette fois à Vasco, avec qui il a marqué 5 buts en 17 matchs, et remporté le championnat de l’État de Rio de Janeiro à titre posthume. À ce moment-là, il était déjà père de trois enfants avec sa femme de longue date.

La femme et les trois enfants de Dener

Il a brillé en conduisant l’équipe en finale du championnat carioca, un tournoi riche en clásicos qui donne lieu à la plus grande des rivalités. En l’occurrence, il a remporté la Taça Guanabara, une coupe précédant la finale quadrangulaire, contre Fluminense. Il a régalé sur le terrain et au micro : « Je pense que bien souvent un dribble est plus beau qu’un but », a-t-il déclaré dans une interview au début de 1994.

À l’époque, Maradona jouait pour le Newell’s Old Boys et Vasco est allé jouer un match amical à Rosario. Le match s’est soldé par un nul 0-0, mais Dener a effectivement montré qu’il n’était pas nécessaire de marquer pour épater quelqu’un, même Maradona. Lors d’une de ses chevauchées, il a dribblé la moitié de l’équipe argentine. Halluciné, Diego a cherché à en savoir plus sur ce phénomène. Le quotidien argentin Clarín a déclaré dans son compte-rendu de ce match que sur sa première chevauchée, il avait montré pourquoi il valait trois millions de dollars.

Son coéquipier à Vasco, l’attaquant Valdir, le compare toujours à Neymar : « Ils étaient tous deux des stars dans les grandes équipes brésiliennes, mais Neymar est parti à Barcelone et Dener n’a pas eu sa chance ». Valdir, tout comme d’autres coéquipiers de Vasco, affirme qu’à Rio de Janeiro, loin de chez lui et de ses amis de São Paulo, Dener était plus concentré. Il sortait moins et s’entraînait plus et mieux.

Mais quelque chose s’est produit ce week-end-là lorsqu’il était accompagné d’Otto Gomes Miranda, un ami de joueurs comme Romário et Edmundo, qui est mort des années plus tard dans une fusillade liée au trafic de drogue. « Je trouvais étrange qu’il vienne de Rio de Janeiro en voiture. Il est venu ce dimanche, je venais de terminer mon entraînement et nous nous sommes rencontrés sur le parking de la Portuguesa. Il m’a dit qu’il venait d’être vendu à Stuttgart. Mais pendant qu’il me parlait, un type, les pieds sur le tableau de bord, le pressait de partir. Quand j’ai vu la voiture partir, je me suis demandé pourquoi il ne prenait pas l’avion s’il devait s’entraîner le lendemain et j’ai eu un blanc, comme si je savais que c’était la dernière fois que je le voyais », raconte son coéquipier Tico.

Une fin tragique

Même s’il jouait pour Vasco, Dener appartenait toujours à la Portuguesa. Ainsi, le week-end des 16 et 17 avril 1994, il s’est rendu à São Paulo pour rencontrer les responsables du club afin de négocier son transfert en Europe, plus précisément dans le club allemand de Stuttgart. Cependant, alors que Dener rentrait de São Paulo direction Lagoa Rodrigo de Freitas le lundi 18 avril, il a été impliqué dans un terrible accident qui lui a coûté la vie. Le conducteur de la voiture s’est endormi au volant et Dener, qui dormait sur le siège passager, n’a pas résisté à l’accident.

Une voiture de sport Mitsubishi blanche, immatriculée DNR-0010, était encastré dans un arbre et la porte avant côté passager était entrouverte. L’autopsie a montré que le siège de Dener était incliné au moment de l’accident, ce qui a annulé l’efficacité de la ceinture de sécurité qui a fini par asphyxier le joueur et permis qu’il se soit cogné la tête sur le toit de la voiture. Luisinho, emblème de cette équipe Vasco, triple championne carioca, raconte : « On aurait dit qu’il dormait, je l’ai vu et j’ai voulu le réveiller, je lui ai même dit : ‘Allez, Dener, on va s’entraîner, on a un match dimanche’ ».

La voiture accidentée de Dener

Les hommages qui lui ont été rendus

Le décès prématuré de l’une des stars du football brésilien de l’époque a pris tout le monde par surprise. Pour rendre hommage à la courte histoire du joueur, la Copa Dener a été organisée en 1994. Un tournoi qui a réuni Cruzeiro, Atlético MG, Botafogo, Vasco, en plus de la Portuguesa et de Santos. Le Peixe a été le champion après une victoire 4-2 face au Galo.

En outre, une plaque a été placée sur le lieu de l’accident avec la phrase « Ici est mort un poète du football ». La plaque a inexplicablement disparu et à sa place a été peint un hommage au joueur.

En 2012, la Lusa a également rendu hommage au joueur en lançant un maillot commémoratif en référence au plus beau but de Canindé, dont une partie des ventes a été reversée à la famille de la star. En 2016, le livre Dener – o Deus do Drible a été lancé, une biographie du joueur écrite par Luciano Ubirajara Nassar.

Maillot Dener

Un autre hommage a été rendu par la Federação Paulista de Futebol et Globoepsorte.com qui ont créé le prix Dener, pour désigner les plus beaux buts de la Copa São Paulo de Futebol Júnior depuis l’édition 2019 de la compétition.

Et plus récemment, en 2021, à l’occasion du 27e anniversaire de la mort du joueur, la Fifa a publié sur son profil twitter officiel un hommage au jeune crack. Le message de l’instance dirigeante du football se lit comme suit : « Il était désigné comme le nouveau Garrincha. Il a impressionné pas moins que Diego Maradona avec ce dribble, lorsqu’il jouait pour Vasco da Gama, contre Newell’s Old Boys. Ce jour-là, en 1994, le prometteur brésilien Denner est décédé tragiquement dans un accident de voiture » accompagné d’une action du joueur lors du match entre Vasco et l’équipe de Maradona.

C’était l’histoire de la perte de l’un des joueurs les prometteurs du football brésilien.

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Natalio Pescia, la gloire de Boca qui a donné son nom à la tribune de La 12

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Natalio Pescia

Le deuxième bloc de la tribune nord, où se trouve La 12 lors de chaque rencontre de Boca à La Bombonera, porte un nom très spécial – même si aujourd’hui il n’est plus aussi visible qu’avant – en l’honneur de l’un des grands symboles de l’histoire xeneize : Natalio Pescia. Cependant, de nombreuses personnes, notamment les jeunes générations, ne connaissent probablement pas l’histoire de ce joueur historique, qui est né le 1er janvier 1922.

El Leoncito (comme le surnommaient les supporters) n’a connu qu’un seul club au long de sa carrière : Boca Juniors. C’est le seul maillot qu’il a porté en 14 ans de carrière (avec Antonio Ubaldo Rattín, ils sont les seuls à ne pas avoir joué pour une autre équipe), ce qui témoigne d’un enracinement et d’une fidélité qui ne sont pas légion de nos jours.

Son parcours a commencé dans les divisions inférieures du Xeneize à un très jeune âge (Séptima División, l’équivalent des U16) et à l’âge de 20 ans, le joueur né à Isla Maciel (Dock Sud) a réalisé son rêve de faire ses débuts sous les couleurs de l’équipe de La Ribera. C’était le 30 août 1942, contre Chacarita, un match que Boca a perdu 2-1. Malgré la défaite qui est venue gâcher la fête, les supporters ont pu voir le milieu gauche faire ses premiers pas.

Natalio Pescia, un représentant fidèle du style de Boca : personnalité, garra et dévouement

Ernesto Lazzatti, Natalio Pescia et Carlos Adolfo Sosa

S’il y a une chose qui a fait de Pescia l’une des plus grandes idoles de l’histoire de Boca, c’est bien sa personnalité pour représenter le maillot. Le milieu de terrain dynamique, dur sur l’homme, n’a jamais lésiné sur son engagement et les sacrifices, ce qui lui a permis de gagner le cœur des supporters de Boca.

Au fil des ans, El Leoncito, sept fois champion au long de ses plus de 14 ans passés sous les couleurs azul y oro, est devenu une référence – puis le capitaine – de l’équipe qui a marqué l’histoire du club. Avec Ernesto Lazzatti et Carlos Adolfo Sosa, Pescia a formé l’un des milieux de terrain les plus mémorables du football argentin entre 1943 et 1947, période durant laquelle le club de La Ribera a remporté deux championnats locaux et deux coupes nationales.

Les matchs, titres et buts de Natalio Pescia pour Boca

Natalio Pescia pour El Grafico en 1976

Au cours de son passage à Boca (son dernier match a eu lieu le 2 décembre 1956, lors d’une victoire 4-1 contre Huracán), Pescia a disputé un total de 365 matchs officiels et marqué neuf buts. Il a également été champion à sept reprises :

  • Tournoi local 1934, 1944 et 1954.
  • Copa Carlos Ibarguren 1944
  • Copa de Competencia Británica 1946
  • Copa Confraternidad 1945 et 1946

La tribune « Natalio Pescia » à La Bombonera

Source : TyC Sports

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Paulistão 2023 : le calendrier complet

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Paulistão 2023

La Fédération pauliste de football (FPF) a publié jeudi le tableau complet du championnat pauliste 2023. La compétition débutera le week-end du 14 et 15 janvier avec Santos et Palmeiras qui ouvriront le bal samedi, tandis que le Corinthians et São Paulo joueront le dimanche.

Le système est le même que ces dernières années : les 16 équipes sont réparties en quatre groupes de quatre équipes, qui affronteront uniquement des équipes en dehors de leur groupe. Les deux premières équipes de chaque groupe se qualifient pour les quarts de finale.

Ainsi, il y aura 12 journées, dont la dernière se jouera le dimanche 5 mars, avec tous les matchs à 16 heures.

Les groupes du Paulistão 2023

Groupe A

  • Santos
  • Botafogo-SP
  • Inter de Limeira
  • Red Bull Bragantino

Groupe B

  • São Paulo
  • Água Santa
  • Guarani
  • Mirassol

Groupe C

  • Corinthians
  • Ferroviária
  • Ituano
  • São Bento

Groupe D

  • Palmeiras
  • Portuguesa
  • Santo André
  • São Bernardo

Les dates et horaires de la première journée du Paulistão 2023

14/01 – samedi

  • 11h – Inter de Limeira x São Bernardo
  • 15h30 – Portuguesa x Botafogo
  • 16h – Santo André x Guarani
  • 18h30 – Santos x Mirassol
  • 20h30 – Palmeiras x São Bento

15/01 – dimanche

  • 11h – Água Santa x Ferroviária
  • 16h – Red Bull Bragantino x Corinthians
  • 18h30 – São Paulo x Ituano

Les dates et horaires de 11 autres journées

Calendrier Paulistão 2023
Calendrier Paulistão 2023

Télécharger le calendrier complet

De González Catán au Qatar : Gonzalo Montiel, tireur de penalty professionnel

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Gonzalo Montiel

Gonzalo Montiel est entré dans l’histoire du football argentin. Non seulement l’une des médailles des champions du monde porte son nom, mais il a également été chargé de tirer le penalty qui a apporté la gloire éternelle à l’équipe nationale et a scellé la victoire contre la France lors de la finale très disputée au stade de Lusail au Qatar.

A 25 ans et sans faire de bruit, il a su être performant chaque fois que l’entraîneur Lionel Scaloni lui a fait confiance pour remplacer Nahuel Molina. Il avait déjà montré son talent lors de la séance de tirs au but contre les Pays-Bas en quart de finale en convertissant son tir au but, et lors du match décisif, lorsqu’est venu son tour de tirer le penalty, les supporters de River ont su que l’Argentine allait être championne. Gonzalo, qui a fait ses débuts en 2016 avec le Millonario, n’a jamais manqué un penalty de toute sa carrière. Sur les 10 penaltys qu’il a tiré, il a marqué les 10. Une nouvelle fois, il a fait preuve de sérénité et a transformé le tir décisif en prenant le gardien Hugo Lloris à contre-pied, pour la plus grande joie de tout le peuple argentin qui a vu sa sélection remporter la Coupe du monde 36 ans après son dernier sacre mondial.

Le moment inoubliable pour Gonzalo Montiel et tout un pays : le tir au but qui a offert à l'Argentine le titre de championne du monde.
Le moment inoubliable pour Gonzalo Montiel et tout un pays : le tir au but qui a offert à l’Argentine le titre de championne du monde.

Sur les réseaux sociaux, l’ex-défenseur de River aujourd’hui à Séville a posté des photos d’une nuit inoubliable pour lui et tous ses coéquipiers. Des images avec le trophée tant convoité, avec Lionel Messi et sa famille sur la pelouse de l’immense stade qatari qui restera dans la mémoire de tous les Argentins. Son exploit a également été célébré dans le quartier Esperanza, un quartier humble de González Catán, témoin de ses sacrifices pour atteindre le sommet.

L’enfance de Gonzalo Montiel à González Catán

L’histoire de Gonzalo ressemble à celle de nombreux autres jeunes du football argentin. Il a grandi à González Catán, où son père était maçon et sa mère femme de ménage. Pendant que ses parents travaillaient, Gonzalo accompagnait son grand-père pour vendre des fruits. C’est d’ailleurs à lui qu’il doit son deuxième prénom, Ariel, en référence à Ariel Ortega. Alors que Gonzalo n’avait que 7 ans, son grand-père est mort suite à une querelle de voisinage. C’est à lui que Gonzalo dédie tous ses buts.

Des membres de la famille de Gonzalo Montiel vivent toujours dans ce quartier de La Matanza, située dans la banlieue ouest de Buenos Aires, ainsi que de nombreuses connaissances, amis et voisins qui l’ont vu faire ses débuts dans le football au Club Social y Deportivo El Tala, où il a commencé à jouer et à dessiner la carrière qui, des années plus tard, le mènera au sommet du football.

Le joueur a raconté le sacrifice de son enfance à un média local de La Matanza en 2018. « J’avais dix ans et je me rendais tous les jours de Virrey del Pino, à González Catán, à Villa Martelli, où s’entraînaient les équipes de jeunes de River. Au début, ma mère m’accompagnait, mais comme elle travaillait et devait demander des heures, je me suis débrouillé pour y aller tout seul ».

L'émotion de Gonzalo Montiel après avoir transformé son tir au but victorieux
L’émotion de Gonzalo Montiel après avoir transformé son tir au but victorieux

« J’allais à l’école, puis à l’entraînement et je rentrais le soir… Tous les jours. Comment était le voyage ? Je voyageais seul. Je prenais le bus 620, une camionnette jusqu’à Liniers et de là le bus 28. Deux heures et demi à l’aller et autant au retour. Je l’ai fait pendant près de deux ans, jusqu’à ce que je m’en lasse. J’ai dit à mes proches que je n’en pouvais plus et j’ai demandé à vivre dans la pensionnat de River. Ils me manquaient et j’avais besoin d’eux, même si je jouais les durs. Mais j’appréciais et savais qu’il y avait plus la-bas que ce que j’avais à la maison ».

Ses efforts ont fini par payer, et il a eu la chance de jouer pour le River de Gallardo. Dans les équipes de jeunes, il a joué dans toutes les positions de la défense, ainsi qu’au milieu de terrain. Il a été capitaine et champion en U17, une saison qui lui a permis de se faire remarquer auprès de l’entraîneur de l’équipe principale. En l’espace de trois mois, Gallardo l’a considéré comme un titulaire indiscutable et l’a qualifié de « pompier », car il pouvait le faire jouer à n’importe quel poste et il faisait le boulot.

En 2018, en plus de remporter la Copa Libertadores avec River, il a pu réaliser un autre de ses rêves : terminer la maison de ses parents. Depuis le jour où il est devenu joueur professionnel, ses deux objectifs ont été d’aider ses parents à finir leur maison, ainsi que de terminer le lycée, pour offrir le diplôme à sa mère.

Gonzalo Montiel pose avec la Coupe du monde aux côtés de Lionel Messi.
Gonzalo Montiel pose avec la Coupe du monde aux côtés de Lionel Messi.

Les habitants du quartier affirment que lorsque Gonzalo rentrait chez lui, il avait l’habitude de tirer des penaltys pour de l’argent sur les potreros de Catán. C’est peut-être la raison pour laquelle il a pu tirer sans pression ce qui était sans doute le penalty le plus difficile de sa carrière.

La peinture murale réalisée pour Gonzalo Montiel dans le quartier de González Catán où il a grandi.
La peinture murale réalisée pour Gonzalo Montiel dans le quartier de González Catán où il a grandi.

En 2021, le FC Séville l’a recruté en échange de 8,5 millions d’euros et cette année, et depuis ce 18 décembre, il sait combien pèse la Coupe du monde. Son tir décisif a plongé tout le pays, dont le quartier La Esperanza de González Catán, où, il y a quelques mois de cela, un artiste lui a rendu hommage en peignant une fresque à son effigie après son sacre en Copa América au Brésil sur laquelle on peut lire les mots « fierté d’un quartier ». L’œuvre, située à deux rues de la maison où il a grandi, est une source de fierté pour le voisinage. Une fierté qu’ils partagent désormais avec le reste du pays.

D’ailleurs, l’artiste Mauro Swam, qui avait peint cet hommage a de nouveau exposé son art dans le quartier immédiatement après le sacre mondial : il a dessiné Montiel avec le maillot albiceleste, la médaille de champion et la Coupe du monde dans la main. On peut également voir écrit « Esperanza, quartier d’un champion du monde ».

La nouvelle peinture murale en hommage à Gonzalo Montiel dans le quartier Esperanza de González Catán.
La nouvelle peinture murale en hommage à Gonzalo Montiel dans le quartier Esperanza de González Catán.

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Argentine – France : l’historique des rencontres

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Historique Argentine France

La sélection argentine disputera la finale de la Coupe du monde Qatar 2022 contre la France, un adversaire qu’elle a déjà affronté à d’autres occasions lors de la principale compétition du football mondial. Si l’Albiceleste a un net avantage sur son futur adversaire, la dernière rencontre avait tourné en faveur des Bleus qui s’étaient imposés 4-3 en huitième de finale lors de la Coupe du monde 2018 en Russie, et avaient donc éliminé l’équipe de Jorge Sampaoli. On revient sur toutes les confrontations entre les deux nations, qui comptent toutes deux, deux étoiles sur le maillot.

Argentine – France : qui a le plus gagné ?

Le bilan est clairement en faveur de la sélection argentine. Sur 12 matchs disputés, que ce soit en amical ou en Coupe du monde, l’Albiceleste compte 6 victoires, contre 3 pour la France et 3 matchs nuls.

La plus ancienne de ces rencontres date du 15 juillet 1930. La confrontation s’était soldée par une victoire 1-0 de l’Argentine lors de la Coupe du monde de cette année-là en Uruguay. Après plusieurs matchs amicaux, dont celui de la Coupe de l’Indépendance qui s’est terminé par un 0-0 en 1972, les deux équipes se sont retrouvées lors de la Coupe du monde 1978. L’équipe dirigée par Cesar Luis Menotti s’était alors imposée 2-1 grâce à des buts de Daniel Pasarella et Leopoldo Luque tandis que Michel Platini avait marqué pour les Bleus.

A titre individuel, Lionel Messi a disputé son premier match contre la France lors d’un match amical disputé au Stade Vélodrome le 11 février 2009, que son équipe a gagné 2-0, avec des buts de La Pulga et Jonás Gutiérrez. Diego Armando Maradona était alors le sélectionneur de l’Albiceleste.

Lors de la dernière confrontation en Coupe du monde, la sélection argentine s’est inclinée en huitième de finale contre la France, sur le score de 4-3. Les buts argentins ont été marqués par Ángel Di María, Gabriel Mercado et Sergio Agüero. Les buts de la France, qui est ensuite allé jusqu’au bout et a remporté la Coupe du monde 2018, ont été inscrits par Antoine Griezmann, Benjamin Pavard et Kylian Mbappé, auteur d’un doublé.

Tous les matchs Argentine vs. France

  • 15/07/1930 – Argentine 1-0 France – Coupe du monde (Montevideo, Uruguay)
  • 03/06/1965 – France 0-0 Argentine – Match amical (Paris, France)
  • 08/01/1971 – Argentine 3-4 France – Match amical (Buenos Aires, Argentine)
  • 13/01/1971 – Argentine 2-0 France – Match amical (Mar del Plata, Argentine)
  • 25/06/1972 – France 0-0 Argentine – Coupe de l’Indépendance (Salvador, Brésil)
  • 18/05/1974 – France 0-1 Argentine – Match amical (Paris, France)
  • 26/06/1977 – Argentine 0-0 France – Match amical (Buenos Aires, Argentine)
  • 06/06/1978 – Argentine 2-1 France – Coupe du Monde (Buenos Aires, Argentine)
  • 23/03/1986 – France 2-0 Argentine – Match amical (Paris, France)
  • 07/02/2007 – France 0-1 Argentine – Match amical (Saint-Denis, France)
  • 11/02/2009 – France 0-2 Argentine – Match amical (Marseille, France)
  • 30/06/2018 – France 4-3 Argentine – Coupe du monde (Kazan, Russie)

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Lionel Messi est le meilleur buteur argentin de l’histoire en Coupe du monde

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Lionel Messi

Lionel Messi est devenu le meilleur buteur de l’histoire de la sélection argentine en Coupe du monde après avoir transformé un penalty contre la Croatie en demi-finale (victoire 3-0). Avec ce but, il est passé devant Gabriel Batistuta, qui a marqué à 10 reprises dans la compétition.

Le nouveau record de Leo Messi

La Pulga avait égalé le record de Batigol lors de la rencontre face aux Pays-Bas, une nouvelle fois sur penalty, après avoir marqué contre l’Arabie saoudite, le Mexique et l’Australie, en plus d’avoir inscrit un but lors de sa première Coupe du monde (contre la Serbie), quatre au Brésil en 2014 (deux contre la Bosnie, puis face à l’Iran et le Nigeria) et un autre en Russie en 2018 (également contre le Nigéria).

Tous ces buts font de lui le meilleur buteur argentin de l’histoire des Coupes du monde. Il est suivi de Gabriel Batistuta, qui en compte dix, et de Diego Maradona et Guillermo Stábile, tous deux avec huit buts inscrits. Mario Kempes (6) et Gonzalo Higuain (5) complètent la marche. La Pulga est également passé devant Olivier Giroud au classement des buteurs de cette édition avec cinq buts.

Le message de Batistuta à Messi pour son record

« J’ai détenu le record pendant 20 ans et j’en ai profité. C’est maintenant un grand honneur et un plaisir de le partager avec toi, en espérant de tout cœur que tu pourras le battre dès le prochain match ! », avait écrit Batistuta sur son compte Twitter juste après la rencontre face aux Pays-Bas. C’est désormais chose faite.

Touché par ce message, Lionel Messi avait répondu à Batistuta :

« Merci beaucoup Bati, je suis fier de pouvoir le partager avec toi. Et l’important, c’est que notre équipe nationale continue à marquer beaucoup de buts en Coupe du monde, peu importe qui les marque. »

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Argentine – Pays-Bas : les banderoles « Videla asesino » qui ont scandalisé les militaires

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Banderole Videla Asesino déployée lors d'un match entre l'Argentine et les Pays-Bas

Un groupe d’exilés argentins en Europe a déployé des bannières anti-dictateur lors d’un match amical disputé en Suisse en 1979. Les autorités de Canal 7 ont tenté de les dissimuler, et la police suisse présente dans le stade a gazé les manifestants. On revient sur ce qu’il s’est passé cette soirée-là.

L’Argentine et les Pays-Bas se sont affrontés à cinq reprises en Coupe du monde, et chaque match a eu son importance : la finale de 1978 (quand l’Albiceleste a gagné sa première Coupe du monde), la demi-finale de 2014 au Brésil (Sergio Romero s’est mué en héros), les quarts de finale de 1998 en France (le coup de tête d’Ariel Ortega, le magnifique enchaînement de Dennis Bergkamp), le deuxième tour de 1974 en Allemagne (une défaite 4-0 au cours de laquelle les Argentins ont tardé à reprendre le jeu parce qu’ils craignaient une plus grosse raclée de la part de l’Orange mécanique de Johan Cruyff) et même un choc lors de la phase de poule en Allemagne en 2006 qui a marqué la première titularisation de Lionel Messi en Coupe du monde.

Argentine – Pays-Bas et la banderole Videla asesino

Cependant, le match le plus résonnant politiquement parlant entre l’Argentine et les Pays-Bas est souvent oublié, peut-être parce qu’il s’agissait d’un match amical ou peut-être parce qu’il s’est déroulé dans l’obscurité de la dictature. Durant cette rencontre disputée en Suisse le 22 mai 1979, un groupe d’exilés argentins en Europe en a profité pour déployer des banderoles « Videla asesino« , qui ont été vues à la télévision en Argentine et ont provoqué la fureur des autorités de canal 7 à Buenos Aires, logiquement aux mains des militaires. Pendant ce temps, au stade, la police suisse a tenté de disperser les manifestants argentins à l’aide de gaz lacrymogènes.

Un peu moins d’un an auparavant, la finale s’était jouée au Monumental. Ce match amical était donc une sorte de revanche avec un prétexte : la Coupe du 75e anniversaire de la FIFA. Les complications pour la dictature argentine ont commencé la veille, lors d’un gala au cours duquel la FIFA, fondée le 21 mai 1904, célébrait ses trois quarts de siècle dans son siège de Zurich. Parmi les activités, il y avait l’avant-première du film officiel de la Coupe du monde 1978, diffusée au cinéma Luxor. Il y avait 400 invités, parmi lesquels des représentants du régime de Jorge Rafael Videla et – bien sûr – des officiels de la FIFA, qui ont assisté à la première de « Copa 78, o poder do futebol« , l’œuvre d’un célèbre réalisateur brésilien, Mauricio Sherman.

L'équipe de l'Argentine pour affronter les Pays-Bas le 22 mai 1979
L’équipe de l’Argentine pour affronter les Pays-Bas le 22 mai 1979

De nos jours, cela parait incroyable, mais à l’époque les produits audiovisuels officiels n’étaient pas contrôlés avant leur sortie, et, à la surprise de tous, « Copa 78 » exposait clairement que la Coupe du monde avait été jouée sous un régime militaire. Il y avait même une partie romancée dans laquelle Rodolfo Galimberti, leader des Montoneros (organisation politico-militaire argentine péroniste), affirmait avoir conclu une trêve avec Videla pour ne pas boycotter la compétition. La colère des autorités argentines était telle que le président de la FIFA, João Havelange, a interdit le film, l’a immédiatement retiré de la circulation et l’a enlevé du catalogue de ses produits officiels. « La FIFA interdit un film sur la Coupe du monde argentine », a rapporté le journal espagnol Mundo Deportivo. Mais la plus grosse action contre la dictature, ou la revanche des exilés, est arrivé le lendemain, le jour du match contre les Pays-Bas.

Il y avait une certaine attente. L’Argentine n’avait joué qu’une seule fois après la Coupe du monde, lors d’une victoire 2-1 contre la Bulgarie au Monumental en avril. A Berne, à 123 kilomètres de Zurich, les champions du monde en titre ont aligné neuf titulaires de l’équipe qui s’est imposée en 1978, et deux nouveaux venus : Hugo Villaverde, un excellent défenseur qui évoluait alors à Independiente, et un certain Diego Maradona, star d’Argentinos Juniors, alors âgé de 18 ans. Ce que l’on ne savait pas, c’est que, dans les jours qui ont précédé le match, un groupe d’exilés argentins en Europe avait décidé de profiter du match pour afficher des banderoles contre la dictature. Le plan ne comportait aucune faille : ce qui était impossible à faire en Argentine (manifester contre Videla) pouvait être fait dans certains pays étrangers, comme par exemple en Suisse. L’éternelle caisse de résonance du football a assuré la diffusion de la contestation, ce cri désespéré lancé de loin contre les maîtres de la vie et de la mort en Argentine.

« Nous nous sommes positionnés derrière l’un des buts. Nous savions que lorsqu’il y aurait des attaques de ce côté, les caméras ne pourraient pas s’arrêter de nous filmer« , a déclaré Sergio Ferrari (Twitter : @playnrecsports), un journaliste basé en Europe qui a publié les images du match en 2021. « Une étudiant suisse ayant des amis parmi les Argentins m’a informé qu’ils voulaient exprimer leur désapprobation et m’a demandé de les aider à fabriquer une banderole. J’ai fait sept pancartes d’un mètre carré (pour former) VI-DE-LA-AS-ES-ES-IN-O. Je les ai roulés et leur ai donné un emballage bleu-blanc-bleu pour faire croire à des drapeaux argentins. C’est ainsi que nous sommes entrés, cinq Suisses et trois Argentins, pour assister au match Suisse-Islande (une sorte de pré-match à Argentine-Pays-Bas mais valable pour les qualifications pour l’Euro 1980). Chaque fois que le ballon et les caméras se dirigeaient vers notre but, nous levions le VI-DE-LA-AS-ES-IN-O puis nous le baissions quand ils s’éloignaient« , a publié « Ramón El Suizo » sur le site Resumen Latinoamericano, en 2020.

L’un de ces manifestants était Ángel Cappa, alors exilé en Espagne, qui a déclaré à TyC Sports en 2021 : « J’y suis allé parce que je voulais voir Maradona, qui était déjà très célèbre et que je n’avais jamais vu auparavant. Ma femme travaillait pour une compagnie aérienne et avait des billets gratuits. Ils m’ont trouvé un logement dans la maison d’un camarade activiste parce que je n’avais pas d’argent. Quand je suis arrivé, ils étaient en train de fabriquer cette banderole qu’ils ont déployé derrière le but. Je les ai accompagnés et plus tard, ils m’en ont donné le crédit. Le mérite leur revient”.

Sur YouTube et sur Playnrecsports, vous pouvez voir des images de la façon dont, en première mi-temps, l’Argentine a attaqué vers le but où les sept pancartes qui formaient deux mots, VIDELA ASESINO (VIDELA ASSASSIN), ont été affichées, et ont été très visibles à la télévision. Le match était retransmis par ATC, le nom de la chaîne 7 à l’époque, dont le contrôleur a appelé d’urgence le producteur chargé de la retransmission pour qu’il retire ou dissimule, d’une manière ou d’une autre, mais désespérément, cette bannière que tout le pays regardait, un pays sans liberté d’expression, ni liberté politique ou journalistique. « Mais le match se déroule en Suisse, nous ne pouvons pas enlever ces bannières« , a-t-on répondu au directeur. La solution a été un patch : dans une tentative grossière de dissimuler le « Videla Asesino », l’opérateur vidéo d’ATC a placé un graphique en haut à droite de l’écran annonçant en lettres capitales un programme sur la chaîne, « HOY, 22 HS, LES LUTHIERS ». Cependant, bien que quelque peu entravé, le message contre le dictateur a continué à s’afficher à l’écran.

L'annonce pour cacher la banderole VIDELA ASESINO
L’annonce pour cacher la banderole VIDELA ASESINO

Pendant ce temps, dans le stade, 20 minutes après le début de la première mi-temps, l’offensive de la police suisse en civil a commencé. Ferrari a reconstitué la scène : « Nous savions qu’une telle action pouvait générer des tensions, mais nous ne pensions pas qu’elle serait aussi violente, même avec des gaz lacrymogènes. Ils ont attrapé les lettres correspondant au mot Videla. Mais comme il y avait aussi une affiche avec son visage (une banderole dans le secteur supérieur qui disait “Militares son miseria y represión” – « Les militaires sont la misère et la répression »), en seconde période, nous avons fini par mettre le visage de Videla suivi du mot assassin, qui avait été laissé« . Ramón el Suizo » a ajouté : « En deuxième mi-temps, il nous a semblé qu’ils avaient fait venir des infiltrés lorsque les 15 à 30 hommes suspects ont commencé à arracher les deux premières pancartes de ASESINO et qu’une bagarre a commencé entre les Argentins et les Suisses contre les infiltrés« .

Le match s’est terminé sur un 0-0 et la sélection argentine a gagné 8-7 aux tirs au but, et pour la première et seule fois de la soirée, les supporters ont abandonné leur revendication contre la dictature et ont crié « Viva Argentina ».

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Enzo Fernández, le musicien de l’Albiceleste

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Enzo Fernandez

Pablo Esquivel a eu deux visions. La première il y a plus de 15 ans, à La Recova de San Martín. Il a vu un petit enfant de cinq ans (cinq ans !) différent des autres, il l’a vu comme un leader, il l’a vu à River. A ce même garçon, désormais âgé de 21 ans, il a envoyé un message sur WhatsApp pour lui dire de frapper au but, et qu’il allait marquer. Ce jeune joueur était au Qatar, partagé entre la joie d’avoir fait ses débuts dans une Coupe du monde avec l’équipe nationale argentine et la douleur de la défaite inattendue contre l’Arabie Saoudite. Il est entré en jeu une nouvelle fois contre le Mexique et a fait ce qu’on lui a dit, il a tiré au but. Aujourd’hui, tout un pays parle du golazo marqué par Enzo Jeremías Fernández.

Né le 17 janvier 2001 à San Martin, dans une famille ouvrière et fanatique de River Plate, Enzo Fernández doit son prénom à l’idole du club, Enzo Francescoli. Sa relation avec le ballon a officiellement commencé à l’âge de cinq ans au Club La Recova de San Martin. C’est là qu’il a été découvert par Pablo Esquivel, qui travaillait alors pour l’école de foot du club General Guido : « Enzo jouait avec l’équipe des 2000, et à l’âge de cinq ans, il faisait déjà la différence. Il était le leader, il faisait des passes très précises. Je pouvais voir qu’il était sur la bonne voie grâce au caractère qu’il avait déjà. Nous avons été très surpris par sa capacité à faire tout ce qu’on lui demandait ».

Enzo Fernandez avec ses parents Raúl et Marta
Enzo Fernandez avec ses parents Raúl et Marta

Enzo a attiré l’attention de Pablo, qui travaillait avec les catégories jeunes de River. Dès lors, Esquivel ne l’a pas lâché jusqu’à ce qu’il joue pour le Millo. Il a déclaré à TyCSports.com : « J’ai parlé à Gabriel Rodríguez, le coordinateur général, et je lui ai dit qu’il y avait un petit à La Recova qui était excellent, que nous devions le recruter. J’ai commencé à enquêter sur l’endroit où il vivait et je suis allé chez Enzo pour parler à Raúl et Marta, ses parents. Il allait à l’école maternelle. Au début, ils m’ont dit non, car ils pensaient qu’il était trop jeune pour jouer sur un terrain de football à 11. Nous avons discuter, mais cette année-là, ils ne l’ont pas fait signer. Heureusement, ils l’ont pris l’année suivante ». L’histoire d’Enzo avec La Banda a alors commencé.

Enzo Fernández « le musicien »

Raúl, son père, a raconté dans une interview que, durant ses premières années à River, Enzo était surnommé le « Musicien », « parce qu’on disait qu’il dirigeait l’orchestre ». À l’âge de 9 ans, il est entraîné par Bruno Quinteros, qui, le caractérise comme un joueur surdoué : « Il était le 5 de l’équipe. Il a toujours été un leader au sein du groupe, avec beaucoup de personnalité. Il prenait des décisions que l’on prendrait de l’extérieur, en regardant plus calmement le jeu. Mais il l’a fait à un si jeune âge, comme s’il comprenait le jeu avec un niveau d’intelligence supérieur. En plus de cela, il faut ajouter le fait qu’il était un très bon passeur, et qu’il avait une jolie frappe à mi-distance pour un joueur de son âge », a-t-il expliqué. On a pu le constater face au Mexique.

Enzo Fernández, quatrième à partir de la gauche, avec les Inferiores de River.
Enzo Fernández, en haut, quatrième à partir de la gauche, avec les Inferiores de River.

Durant ces années, tout en se donnant à fond dans le foot, Enzo « était aussi indiscipliné que n’importe quel enfant de 10 ans », a déclaré Quinteros. Lors de ses voyages à travers le pays, lorsqu’il devait dormir sur des lits superposés, « ils posaient les matelas sur le sol et sautaient du lit supérieur ». C’est fou ! Mais il existe une autre « folie » qui décrit parfaitement sa soif de vaincre. Lors d’un voyage à Neuquén en plein hiver, où la température matinale avoisinait les moins sept degrés, « Enzo est venu me dire qu’il voulait aller s’entraîner, si nous pouvions trouver un endroit pour le faire. Bien qu’il était un enfant et qu’il voulait s’amuser et passer du bon temps avec ses coéquipiers, il était également clair pour lui que, pour continuer dans cette voie, il devait s’entraîner, malgré la température négative. Et bien, nous avons fini par aller dans une église qui avait un petit terrain et, malgré le froid, nous avons fini par nous y entraîner ».

Le déclic qui a lancé sa carrière

Depuis ses débuts avec les pré-débutants, il a toujours été titulaire. Avec les débutants, aussi. « Il faisait la différence, il était toujours protagoniste », a assuré Pablo Esquivel, qui l’a découvert. « Il était au dessus des autres« , a ajouté Bruno Quinteros. Cependant, lorsqu’il est passé des Infantiles aux Juveniles, il ne jouait plus beaucoup : « Peut-être parce qu’il n’avait pas un développement physique approprié, et comme River faisait venir beaucoup de jeunes joueurs de l’intérieur du pays, il y a eu des moments où il a été plus mis de côté, où il a dû jouer dans la Liga Metropolitana au lieu du tournoi de l’AFA », a essayé de comprendre Bruno.

Un petit selfie au Monumental
Un petit selfie au Monumental

À ce moment-là, il a dû mettre les bouchées doubles : « Il a commencé à s’entraîner plus dur, à aller dans un centre d’entraînement, à avoir une nutrition appropriée pour un joueur de football. En Octava (moins de 15 ans), avec Tapón Gordillo comme entraîneur, il a gagné sa place et son évolution a été terrible. En Séptima (U16), il s’entraînait déjà avec l’équipe réserve, il était déjà préparé« , explique Pablo, tandis que Bruno ajoute un autre facteur clé : « Il a toujours eu sa famille derrière lui pour être toujours présent à l’entraînement. Ce contexte familial, notamment dans les moments où il ne jouait pas si souvent, a permis à Enzo de ne pas abandonner et d’attendre sa chance ».

Après avoir fait ses débuts professionnels avec River en 2020, le joueur a été prêté à Defensa y Justicia avec l’accord de Marcelo Gallardo, qui lui a conseillé d’aller chercher du temps de jeu dans le club de Florencio Varela, présent parmi l’élite du football argentin depuis 2014.

Sous la houlette d’Hernán Crespo, autre pépite issue de la formation riverplatense, Enzo Fernández a réalisé une saison inoubliable avec le Halcón, avec qui il a remporté la Copa Sudamericana et attiré l’attention de son club formateur, qui a décidé de le faire revenir en juin 2021.

Il n’a pas fallu longtemps pour qu’il s’accapare un poste qui était resté vacant depuis le transfert d’Exequiel Palacios au Bayer Leverkusen. Avec un autre Enzo, l’expérimenté Pérez, comme guide, ils ont formé un duo qui a assuré l’ordre et l’organisation de l’équipe.

En six mois seulement, avec le titre local de la Liga Profesional 2021 en poche et de nombreuses éloges de la presse pour ses performances, le milieu de terrain a également tapé dans l’œil de Lionel Scaloni, qui l’a convoqué pour disputer les matchs contre l’Uruguay et le Brésil, dans le cadre des éliminatoires sud-américaines.

Ses performances ont également suscité la convoitise des plus grands clubs européens, dont le Real Madrid, Wolverhampton, Milan, le PSG, et Benfica. C’est finalement le club lisboète qui a décroché la timbale en faisant signer le prodige joueur argentin.

16 ans plus tard : « Pegale, vas a hacer un gol »

« Gordo, je ne t’ai pas écrit avant parce que je suis sûr que tu as reçu beaucoup de messages. L’autre jour, quand je t’ai vu entrer sur le terrain, j’ai eu la larme à l’œil. Tu le mérites. Continue comme ça, mon ami. Si tu joueras titulaire samedi, je n’ai aucun doute sur le fait que tu vas tout casser, c’est le type de matchs que tu aimes jouer ». C’est le premier message qu’Esquivel a envoyé à Enzo vendredi, la veille du match contre le Mexique, et il l’a montré à TyCSports.com. Puis, il a ajouté sa vision : « Ah, et tire de loin, je sais que tu vas marquer un but ».

Le « Gordo » a répondu quelques heures plus tard : « Merci beaucoup, mon ami !!!!. Je t’aime », avec un cœur ainsi que des mains levées. Il a également répondu à la prédiction par « Je l’espère ». Puis ce qui devait arriver arriva. Le « musicien » qui était prometteur à La Recova a accompli la prophétie et, sur sa meilleure mélodie, a marqué un des plus beaux buts de la Coupe du monde pour sceller une victoire difficile contre le Mexique qui a donné vie à l’Argentine dans la compétition.

Suite à ce match, il a gagné sa place de titulaire au sein de l’Albiceleste, et continue à jouer sa partition à merveille lors de ce Mondial au Qatar. A l’heure où j’écris cet article, l’Argentine s’apprête à affronter les Pays-Bas en demi-finale, avec Enzo Fernández qui devrait une nouvelle fois débuter titulaire pour, pourquoi pas, conduire son équipe sur le toit du football mondial.

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