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Les clásicos les plus mémorables de l’histoire de la Copa Libertadores

Le football « est un jeu qui va avec l’histoire des gentils et des méchants. Pour en profiter dans sa plénitude, il faut désormais aimer une équipe et en détester une autre » a un jour déclaré Jorge Valdano. Pour un supporter, existe-t-il une sensation plus belle que celle d’éliminer son plus grand rival lors d’une compétition continentale ? On revient dans cet article sur les plus grandes confrontations entre rivaux dans l’histoire de la Copa Libertadores. Des affrontements tendus, âprement disputés, spectaculaires et décisifs.

Les plus grands clásicos de l’histoire de la Copa Libertadores

Boca Juniors x River Plate – finale, 2018

Aller : Boca 2 x 2 River
Retour : River 3 x 1 Boca

Le monde du football attendait cette superfinale, mais lorsque la rencontre du match aller a été reportée au lendemain en raison des pluies diluviennes sur Buenos Aires, on était encore loin de se douter qu’il s’agirait là de la première péripétie autour de cette finale.

Dans une ambiance de folie à la Bombonera, Boca Juniors a accueilli River Plate lors du match aller de finale de Copa Libertadores 2018, un jour après la date prévue en raison des pluies diluviennes qui s’étaient abattues sur Buenos Aires. Si la fête était totale dans les tribunes, elle ne l’a pas été sur le terrain pour l’équipe locale. Ramón Ábila a ouvert le score pour les Xeneizes, mais River a égalisé dès l’engagement par l’intermédiaire de Lucas Pratto. Dario Benedetto a ensuite redonné l’avantage à son équipe, mais un but contre son camp de Carlos Izquierdoz a permis aux Millonarios d’arracher l’égalisation. Avec ce résultat, le suspens restait intact pour le match retour qui devait se jouer le 24 novembre au Monumental. Mais le jour du match, le bus qui transportait les joueurs de Boca a été caillassé par des supporters de River et la rencontre a été suspendue. Au final, la CONMEBOL décidera de faire jouer la grande finale à Madrid, pour des raisons de sécurité.

Les passionnés de football qui ont attendu jusqu’au dimanche 9 décembre pour la finale la plus longue de l’histoire de la Libertadores n’ont pas regretté. De l’autre côté de l’Océan Atlantique, plus précisément au Santiago Bernabéu, River Plate et Boca Juniors ont réalisé un grand match, avec du drame et une fin heureuse pour les Millonarios, qui sont allé chercher le titre en prolongations. Benedetto avait ouvert le score pour les Xeneizes juste avant la pause, mais Pratto a égalisé en seconde période. Dans les prolongations, Quintero puis Pity Martinez ont marqué pour offrir le trophée à River.

Grêmio x Internacional – phase de groupes, 2020

Deuxième journée : Grêmio 0 x 0 Internacional

Si ce match n’était pas décisif, il représentait beaucoup pour les deux équipes de Porto Alegre, qui nourrissent une des plus grandes rivalités du continent. En effet, il s’agissait du tout premier Gre-Nal de l’histoire de la Copa Libertadores, surnommé le GreNal das Américas par la presse locale. Au moment du tirage au sort, lorsque l’on a vu que les deux équipes se sont retrouvées dans le groupe E, on s’attendait déjà à ce que les matchs soient explosifs… mais pas autant ! La rencontre disputée à l’Arena Grêmio s’est terminée sur un score nul et vierge, malgré le bon spectacle et les nombreuses opportunités d’ouvrir la marque de part et d’autre. Mais ce match restera gravé dans l’histoire pour des raisons plus négatives, car il s’est terminé sur une bagarre générale en fin de rencontre qui a engendré les expulsions de 8 joueurs : 4 de chaque côté.

Boca Juniors x River Plate – demi-finale, 2004

Aller : Boca 1 x 0 River
Retour : River 2 (4) x 1 (5) Boca

Avant la grande finale de 2018, ce match était considéré par beaucoup comme le plus grand Superclásico de l’histoire pour tout ce qu’il a impliqué. Il valait une place en finale de la Copa Libertadores, il y avait eu trois cartons rouges au match aller, il y en a eu deux autres au match retour, et une séance de tirs au but palpitante. À La Bombonera, Schiavi a ouvert le score pour Boca Juniors à la 28e minute. River, qui était déjà privé de Marcelo Salas, blessé, a également perdu Gallardo lorsque Cascini l’a taclé durement. Les deux se sont battus et ont été expulsés. Garcé a également reçu un carton rouge, et River s’est retrouvé avec un joueur en moins.

Le retour au Monumental n’a pas été moins épique. Au début de la deuxième mi-temps, Vargas a été expulsé côté Boca. Peu après, Lucho Gonzalez égalisait au cumul des scores. Soudain, tout a changé : Rojas s’est blessé au genou, a dû quitter le terrain et River avait déjà fait tous ses changements. Sambueza s’est fait expulser, et c’est maintenant les visiteurs qui se sont retrouvés en supériorité numérique. À la 44e minute, Tevez a égalisé et a célébré le but en imitant une poule ce qui lui a valu de se faire exclure à son tour.

Puis tout a changé à nouveau. Dans le temps additionnel, Nasuti a amené la demi-finale en prolongation, puis à une séance de tirs au but. Les neuf premières tentatives ont toutes été transformées, jusqu’au moment où ce fut le tour de Maxi Lopez. Abbondanzieri a repoussé son tir et Boca s’est qualifié pour la grande finale.

Barcelona x Emelec – quarts de finale, 1990

Aller : Emelec 0 x 0 Barcelona
retour : Barcelona 1 x 0 Emelec

Jamais auparavant, il n’y avait eu autant de matchs entre les deux plus grands clubs équatoriens en Libertadores qu’en 1990. Il y a eu deux rencontres en phase de groupe, avec une victoire d’Emelec et un match nul 0-0, et deux autres en quart de finale. C’était la première et la seule fois que les deux équipes se sont rencontrés dans une phase à élimination directe dans la compétition. Les matchs ont été tendus et très disputés. Le match aller au stade Modelo s’est terminé sur un score nul et vierge. Le retour, au Monumental, a été plus mouvementé. Carlos Gerardo Russo, qui jouera à Barcelone l’année suivante, a manqué un penalty pour Emelec. Dans la foulée, Manuel Uquillas a marqué de la tête le but qui a permis à Barcelone de se qualifier pour les demi-finales. Emelec s’est ensuite vengé quelques jours plus tard en s’imposant face à son plus grand rival sur le score de 6-0 dans le championnat équatorien. Mais en Copa Libertadores, c’est bien Barcelona qui a atteint la finale, lors de laquelle il s’est incliné face au champion Olimpia.

Rosario Central x Newell’s – phase de groupes, 1975

Match d’appui : Rosario Central 1 x 0 Newell’s

A l’heure actuelle, dans l’histoire de la Libertadores, il n’y a eu que trois rencontres entre les deux grands clubs de Rosario, un clásico qui fait partie des plus grandes rivalités du football argentin et les trois ont été disputées lors de la même édition. En 1974, Newell’s a remporté le Metropolitano et San Lorenzo le Nacional. La logique voulait que tous deux représentent le pays en Libertadores, mais l’AFA a insisté pour organiser un tournoi triangulaire avec Rosario Central, finaliste des deux tournois. L’équipe d’Almagro a alors terminé à la dernière place. Newell’s et Central se sont ainsi retrouvés en Libertadores, et se sont neutralisés sur le score de 1-1 lors de leurs deux matchs de poule. Les deux rivaux ont terminé avec le même nombre de points et ont dû disputer un match d’appui décisif pour une place en demi-finale. Au Gigante de Arroyito, Mario Kempes a marqué un coup franc qui a permis à Central d’arracher la qualification.

São Paulo x Palmeiras – huitièmes de finale, 1994

Aller : Palmeiras 0 x 0 São Paulo
Retour : São Paulo 2 x 1 Palmeiras

La grande équipe que Parmalat a montée pour Palmeiras n’a jamais gagné la Libertadores, car sur sa route, elle a croisé une autre équipe spectaculaire. En 1994, l’alviverde était la meilleure équipe du Brésil, championne nationale en titre, et allait affronter São Paulo avec le statut de favoris en huitième de finale, bien que que son rival ait remporté les deux dernières éditions de la Libertadores. Le match aller au Pacaembu s’est terminé sur le score de 0-0 grâce à la superbe performance du gardien Zetti, qui a alors réalisé le match de sa vie. Lors du match retour, c’est Euller qui a été l’homme de la rencontre en inscrivant un doublé pour éliminer l’équipe dirigée par Vanderlei Luxemburgo. Un nouvel exploit pour l’équipe de légende montée par Telê Santana.

Cerro Porteño x Olimpia – quarts de finale, 1993

Aller : Olimpia 1 x 1 Cerro
Retour : Cerro 0 (4) x 0 (2) Olimpia

Seuls Peñarol et Nacional sont des rivaux qui se sont rencontrés plus souvent que Cerro Porteño et Olimpia en Libertadores. L’une de ces confrontations qui sort du lot de par son importance et sa tension est celle des quarts de finale de 1993. Le match aller s’est soldé par un nul 1-1 et le match retour par un 0-0, dans des rencontres disputées au Defensores del Chaco. La qualification s’est alors jouée aux tirs au but. Mondragón a tiré en premier et a marqué. Olimpia a égalisé. Arce a transformé le penalty du 2-1 pour Cerro Porteño. Olimpia a égalisé. Les deux équipes ont ensuite manqué leurs tirs au but. Puis le triple champion de la Libertadores n’en a plus marqué un seul. Après avoir transformé son penalty, Mondragón en a également repoussé un et a été le héros de la soirée.

Peñarol x Nacional – demi-finale, 1962

Aller : Nacional 2 x 1 Peñarol
Retour : Peñarol 3 x 1 Nacional
Match d’appui : Peñarol 1 x 1 Nacional

Lors des premières éditions de la Libertadores, seuls les champions nationaux disputaient la compétition. Il était difficile d’avoir un derby national. Comme Peñarol avait remporté la Libertadores et le championnat d’Uruguay, Nacional, en tant que deuxième du championnat, a pris une place et n’a pas déçu. Le Decano a terminé premier de son groupe devant Racing (Argentine) et le Sporting Cristal (Pérou) et a retrouvé son grand rival en demi-finale. Nacional a remporté le match aller 2-1. Mais avez-vous entendu parler d’Alberto Spencer ? L’attaquant a inscrit un doublé lors de la victoire 3-1 de Peñarol au match retour et une fois encore lors du match d’appui qui s’est terminé sur le score de 1-1. Grâce à une meilleure différence de buts, le champion en titre s’est qualifié pour la finale, lors de laquelle il s’est incliné contre le Santos de Pelé.

Lire aussi : Nacional – Peñarol : histoire du clásico uruguayen

Boca Juniors x River Plate – quarts de finale, 2000

Aller : River 2 x 1 Boca
Retour : Boca 3 x 0 River

Un autre match à élimination directe dramatique entre les deux géants argentins. Au Monumental, River Plate a gagné 2-1 grâce à des buts d’Ángel et Saviola tandis que Riquelme a réduit l’écart pour Boca. Le score du match retour ne reflète pas vraiment ce qu’il s’est passé durant la rencontre. Boca n’a réussi à égaliser qu’à la 59e minute de jeu, par l’intermédiaire de Delgado. À la 84e minute, alors que le match se dirigeait vers une séance de tirs au but, Riquelme a transformé un penalty qui a permis à son équipe de mener 2-0. Cependant, la belle histoire de la rencontre est le retour cinématographique de Martín Palermo. Après six mois d’absence pour cause de blessure, il est sorti du banc pour marquer le but décisif dans les derniers instants du match.

Corinthians x Palmeiras – demi-finale, 2000

Aller : Corinthians 4 x 3 Palmeiras
Retour : Palmeiras 3 (5) x (4) 2 Corinthians

Si l’on additionne les deux matchs, il est difficile de se souvenir d’un autre Derby Paulista plus important que celui-ci. Deux matchs avec beaucoup de buts et d’émotions disputés au Morumbi. Le Corinthians a mené 3-1 au match aller, mais n’est pas parvenu à conserver son avance et a fini par s’imposer avec un petit but d’écart. Palmeiras a égalisé sur une tête d’Alex, et un but d’Euller. Vampeta, a ensuite été chanceux pour inscrire le but de la victoire d’une frappe à l’entrée de la surface qui a été dévié et a trompé Marcos.

Au match retour, lorsque Luizão a redonné l’avantage à son équipe pour mener 2-1 en début de seconde période, on imaginait que c’en était fini pour Palmeiras. Mais une fois de plus, le Verdão n’a rien lâché et a fait basculer le match, grâce à un but d’Alex, puis de Galeano. La qualification s’est alors jouée aux tirs au but. Tous les joueurs ont converti leur tir puis vint le tour de Marcelinho Carioca. Le milieu de terrain a frappé et Marcos s’est transformé en héros en arrêtant son tir.

Fluminense x Vasco – phase de groupes, 1985

Première journée : Fluminense 3 x 3 Vasco

Vasco et Fluminense ont ouvert leur groupe de Libertadores 1985 avec un grand match, mais l’histoire a fini par être plus mélancolique. Dans un Maracanã plein à craquer, Roberto Dinamite a ouvert le score pour Vasco, et Romerito a égalisé puis a donné l’avantage au Flu. Nenê a remis les deux équipes à égalité avant la pause. En seconde période, le Tricolor a cru aller chercher la victoire grâce à un but de Leomir, mais dans les derniers instants de la rencontre, Nenê à une nouvelle fois rétabli la parité au tableau d’affichage. Toutefois, c’est Fluminense qui a fini par prendre les points du match car Vasco avait aligné Gersinho alors que ce dernier n’avait pas le droit de jouer. Au final, ce match n’aura servi à aucune des deux équipes car elles ont terminé dernières de leur poule.

Nacional x Peñarol – deuxième tour (demi-finale), 1983

Troisième journée : Nacional 1 x 2 Peñarol

Une autre place en finale de la Libertadores s’est jouée entre Nacional et Peñarol. Le club carbonero, champion en titre, a rencontré son plus grand rival lors des demi-finales, qui se disputaient en deux poules de trois équipes. L’Atlético San Cristóbal (Venezuela) était la troisième équipe du groupe. Peñarol a fait match nul face aux Vénézuéliens à l’extérieur et Nacional les a battus deux fois. Lors du premier face-à-face, les Carboneros se sont imposés 2-0. Lors de la dernière journée, Peñarol n’avait besoin que d’un match nul pour se qualifier, mais est allé chercher une victoire 2-1, avec des buts de Salazar et Aguirregaray (contre son camp). Luzardo a réduit l’écart pour Nacional, qui a ainsi été éliminé par son grand rival.

D’autres matchs vous viennent en mémoire ? N’hésitez pas à nous en parler en commentaire !

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Steve André
Steve André
Grand amateur de football, je me suis découvert depuis plusieurs années une passion pour le football sud-américain. La ferveur, l'ambiance, la garra, l'histoire, voilà ce que je veux partager sur ce site.
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